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03 février 2024

Troubles psychiatriques : le stress à l'adolescence bouleverse le cerveau !

Une étude révèle qu’un stress intense vécu pendant l’adolescence, période décisive pour la plasticité du cerveau, peut impacter ce dernier, et favoriser l’apparition de problèmes de comportement et de troubles psychiatriques à l'âge adulte.

L’adolescence est une période cruciale pour la plasticité cérébrale. Ce terme désigne la capacité du cerveau à remodeler ses connexions - il est doté d’environ 100 milliers de milliards de connexions - en fonction de l'environnement et des expériences vécues.

Or, des chercheurs ont découvert qu’un stress important vécu pendant l’adolescence pouvait impacter ce fonctionnement. Leur étude a été publiée dans la revue Translational Psychiatry.
Un impact sur les cellules du cerveau

Le cerveau en développement de l’adolescent est très sensible aux expériences sociales et aux insultes environnementales, ce qui influence la façon dont les traits de personnalité émergent”, ont écrit les auteurs.


Ils ont étudié l’impact d’un stress intense sur le cerveau de rongeurs adolescents. “Comme le cerveau humain, le cerveau d'un rat adolescent est très plastique. Cette plasticité se voit au niveau moléculaire et en termes de comportement”, a indiqué Thamyris Santos-Silva, premier auteur de l'article, dans un communiqué.

Les scientifiques ont ainsi découvert que ce stress excessif pouvait, par un processus complexe, entraîner l’apparition de troubles du comportement et de problèmes psychiatriques. Comment ? Selon leurs observations, le stress peut altérer le profil de certains gènes exprimés dans le cerveau et qui jouent un rôle dans la respiration cellulaire. Celle-ci est essentielle car elle permet de créer de l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules humaines, y compris des neurones.

“L'analyse a montré des altérations des gènes (...) chez les animaux stressés. Parmi les dix gènes les plus touchés, plusieurs étaient associés à des voies liées au stress oxydatif (qui agressent les cellules, ndlr) et à la fonction mitochondriale (qui permet la respiration cellulaire, ndlr), un composant cellulaire clé de la production d'énergie pour le cerveau”, a détaillé Felipe Villela Gomes, dernier auteur de l'article et professeur au département de pharmacologie de la FMRP-USP.

Ces changements au niveau des gènes "entraînent des altérations de la connectivité des cellules cérébrales, qui se propagent de manière systémique et peuvent produire des altérations persistantes à l'âge adulte en corrélation avec des troubles psychiatriques”, a résumé sa consœur.



24 août 2023

Prévenir le stress post-traumatique après Wintzenheim : « De l'observation et du sur-mesure »

Interview du Dr Hingray, responsable de la Cump de Nancy

Onze personnes, dont dix en situation de handicap, sont décédées le mercredi 9 août dans l’incendie d’un gîte à Wintzenheim (Haut-Rhin). La Dr Coraline Hingray, psychiatre au centre du psychotraumatisme de Nancy (CPN) et au CHRU, responsable médicale de la Cellule d'urgence médico-psychologique (Cump) de Meurthe-et-Moselle (54), revient pour le « Quotidien » sur les spécificités de la prise en charge psychologique des victimes.

LE QUOTIDIEN : Comment s’est structurée l’intervention de la Cump 54 ?

Dr HINGRAY : La Cump 54 a été déclenchée par la préfecture et le Samu dès le mercredi matin (9 août), lorsqu’on a compris qu’au moins quatre victimes venaient de Meurthe-et-Moselle.

Le premier défi de toute Cump est de trouver rapidement le dispositif le plus adapté à l’évènement, alors que les informations arrivent au compte-goutte et sont changeantes. En quelques heures, j’ai dû passer plus d’une trentaine de coups de téléphone, pour déterminer comment intervenir au mieux, de quelle manière, auprès de quel public, à quel endroit, dans quel délai… et pour mobiliser les volontaires.

J’étais aussi en contact avec la Cump locale du 68 (Haut-Rhin), qui s’est rendue immédiatement à Wintzenheim, pour savoir si ses professionnels avaient reçu des personnes du 54 et éventuellement identifié des signes d’alerte, par exemple un état aigu de dissociation péri-traumatique, facteur de risque de troubles post-traumatiques.

Très vite, nous avons décidé de mettre en place un poste d’urgence médico-psychologique (Pump) téléphonique (assuré par un médecin et des psychologues), pour les proches dispersés sur le département.

Puis dès le jeudi, nous sommes allés avec des infirmiers volontaires et formés à la rencontre des familles, rassemblées à l’occasion de la venue de la ministre du Handicap Fadila Khattabi. Nous avons pu mener des entretiens individuels et familiaux, tandis que le Pump téléphonique rappelait les personnes déjà vues. Nous avons aussi mis en place une cellule dans le nord du 54, sous la direction du Dr Stéphane Keller, au sein du foyer de victimes décédées, pour les co-résidents et professionnels.

Cette fin de semaine et la semaine prochaine, nous préparons plusieurs interventions dans les différents foyers et les établissements et services d'aide par le travail (Esat) pour les résidents et professionnels présents ou de retour de vacances.

Lire la suite sur le site du Quotidien



11 avril 2023

[Recherche] : Une expérience révèle les effets d’une heure passée en forêt sur le cerveau

Plusieurs études ont montré une association entre la vie urbaine et un risque accru de troubles mentaux tels que les troubles anxieux, la dépression et la schizophrénie. Il est par conséquent essentiel de comprendre comment l’exposition aux environnements urbains et naturels affecte la santé mentale et le cerveau. Une équipe de l’Institut Max Planck pour le développement humain s’est penchée sur la question : dans une nouvelle étude, elle montre comment une heure passée dans la nature peut suffire à diminuer le stress.

Le cerveau humain est depuis toujours façonné par son environnement. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes, et ce nombre devrait frôler les 70% d’ici 2050. Or, il a été démontré que vivre en ville constitue un facteur de risque pour la santé mentale : l’anxiété, les troubles de l’humeur, la dépression majeure et la schizophrénie sont jusqu’à 56% plus fréquents en milieu urbain qu’en milieu rural.

À l’opposé, un nombre croissant de recherches a démontré les avantages cognitifs et affectifs de l’exposition aux environnements naturels. Il a notamment été démontré que l’exposition à la nature améliore la capacité de mémoire de travail, favorise la restauration de l’attention et permet de soulager le stress. Les preuves de ces effets bénéfiques ont été observées tant par des évaluations psychologiques que par des indicateurs physiologiques (fréquence cardiaque, taux de cortisol, etc.).




17 novembre 2021

[Recherche] : Efficacité du jeûne intermittent sur le stress, l'anxiété et la dépression

Etude montrant l'efficacité du jeûne intermittent sur le stress, l'anxiété et la dépression.
(communiqué par le Dr Guillaume FOND)

Article publié dans la revue scientifique Nutrients le 2 novembre 2021

https://www.mdpi.com/2072-6643/13/11/3947


Vidéo d'explication par le Dr Elisa BERTHELOT

https://www.youtube.com/watch?v=8dqRkbwWkhY



24 mars 2021

[Livre] : Covid-19 et détresse psychologique – 2020, l’odyssée du confinement

 Auteur : Nicolas FRANCKéditeur Odile Jacob, paru le 28/10/2020

Résumé :

Quels sont les effets psychologiques et psychiatriques du confinement sur notre santé ? Et quelles sont les attitudes permettant de faire face aux conséquences de ce stress ?
Cet ouvrage nous conduit au cœur d’une vaste enquête sur le bien-être mental menée pendant le printemps 2020, auprès de 20 000 participants.


Le professeur Nicolas Franck décrypte les conséquences sur la santé mentale de la crise sanitaire consécutive à la pandémie de coronavirus et les compare à d’autres situations d’isolement, telles que celles qui sont vécues par les astronautes, les navigateurs solitaires ou les spéléologues. Des situations qui aident à comprendre comment le stress affecte notre corps et notre activité mentale.


Ce livre clair et précis permet de dégager des recommandations pour affronter au mieux les situations futures de crise sanitaire.