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04 mars 2026

"Soyons fous" : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés

Un long métrage documentaire suit la création d'un court métrage par des personnes vivant avec un trouble psychique. Entre transmission, altitude et émotions brutes, "Soyons Fous" veut bousculer les préjugés sur la santé mentale.

Peut-on faire du cinéma quand on vit avec un trouble psychique et qu'on n'a jamais touché une caméra ? C'est le point de départ de Soyons Fous, documentaire réalisé par Quentin Perez et produit par Beyond Productions, né d'un autre constat : « les troubles psychiques isolent, et incitent à se taire pour ne pas être davantage isolé ».
En salles fin d'année 2026, ce film prend le contre-pied de cette triste réalité pour retracer toutes les étapes de fabrication d'un court métrage par une équipe dont la plupart des membres vivent avec une maladie mentale. Des premières réunions d'écriture à la diffusion en festival, la caméra suit un processus qui s'échelonne sur plus d'un an.

Corinne Masiero et Emmanuelle Bercot en coulisses

Avant le tournage, des professionnels du cinéma dont Corinne Masiero, Emmanuelle Bercot et le chef opérateur Philippe Rousselot ont pu transmettre les bases techniques et artistiques à l'équipe d'une quinzaine de participants. Le film a ensuite été tourné dans les Hautes-Alpes, à 2 800 mètres d'altitude, en autonomie. Apprendre à raconter une histoire, à défendre un point de vue, à travailler ensemble… Plus qu'un film, ce projet est vecteur d'insertion socio-professionnelle. Objectif ? « Tordre le cou à l'essentialisation », explique le réalisateur, autrement dit éviter de réduire une personne à son diagnostic. Le film montre le processus, avec ses contraintes, ses désaccords et ses ajustements.

Un projet de sensibilisation structuré

Labellisé « Grande Cause Nationale », ce long métrage documentaire a vocation à devenir un outil de sensibilisation. La tournée d'avant-premières a débuté en octobre 2025 et va se poursuivre dans les prochains mois dans plusieurs villes, en novembre 2025. Une avant-première est prévue le 17 février 2026 au cinéma Alésia à Paris, en présence de l'équipe du film. D'autres actions sont envisagées auprès des jeunes publics, avec l'objectif affiché de contribuer à faire évoluer les représentations du handicap psychique.

©Beyond Productions

Soyons fous : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés

25 juin 2025

[Documentaire] : Handicap, aux origines du combat

À l'occasion des 50 ans de la loi sur le handicap, La Chaîne Parlementaire (LCP) diffuse ce documentaire (52mn) réalisé par Laetitia Møller et raconté par Jérémie Elkaïm.

Disponible du  au 

C'est un combat de près d'un siècle, qui n'a jamais été raconté en documentaire, celui que les personnes handicapées physiques ont mené pour revendiquer un droit simple, celui d'exister. De l'entre-deux-guerres où quelques visionnaires prêchent dans le désert, à la première politique nationale du handicap votée en juin 1975, se dévoilent des décennies de luttes, d'émancipation et d'éveil politique. Éclairé par des militants handicapés d'hier et d'aujourd'hui confrontés à des archives méconnues, ce projet mémoriel inédit croise l'intime et le politique. Il décrypte les racines d'un débat très actuel.

De la rééducation des mutilés de la Première Guerre mondiale aux revendications radicales des « Handicapés Méchants » dans les années 1970, en passant par l'injonction à marcher imposée aux polios dans les années 1950, ce film retrace une histoire faite de ruptures, de mobilisations et de revendications identitaires. De l'entre-deux-guerres aux lois fondatrices de juin 1975 - dont on célèbre aujourd'hui le cinquantenaire - les personnes handicapées se battent pour leur droit à exister, à être visibles, à vivre dignement. À travers des archives rares et les voix de militantes et militants d'hier et d'aujourd'hui, le film explore les racines d'un débat toujours actuel, autour de l'antivalidisme, de la vie autonome ou de la fermeture des institutions.

13 mars 2025

Zone interdite : ce reportage choc sur les "malades dangereux" glace les internautes, "Ils peuvent tuer sur un coup de folie"

Ce dimanche, le magazine de M6 Zone Interdite a diffusé une enquête sur les troubles psychiatriques qui a provoqué l'effroi.

C’est un système à bout de souffle dont on ne sait pas grand-chose. En 2023, les capacités d'accueil en psychiatrie se répartissent entre hospitalisation complète (369 400 lits) et hospitalisation partielle (88 500 places), rapporte la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques). Entre 2008 et 2019, le nombre total de lits en psychiatrie a diminué de 6,1 %, passant de 65 600 lits à 61 600 lits.

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06 juillet 2024

[Vidéo] : Joseph à la folie

Joseph est fou. Fou d'amour pour sa famille. Mais sa famille est séparée. Fou d'admiration pour son père. Mais son père est malade. Fou d'inquiétude pour l'avenir. Que deviendra-t-il quand sa mère ne sera plus là ? Le documentaire interroge la place de la folie dans la société, et questionne, au travers du parcours singulier de Joseph, les enjeux collectifs de la marginalité, de la dépendance et de la responsabilité.

Disponible jusqu'au 02/01/2025
Réalisé par : Eden Shavit


https://www.france.tv/france-3/nouvelle-aquitaine/l-heure-d/6178220-joseph-a-la-folie.html

29 mai 2024

[Podcast] : Documentaire-témoignage sur les troubles bipolaires

Sur le fil...

Depuis toujours je suis persuadée qu’une malédiction plane sur ma famille. Elle a tué mon grand-père, ma grand-mère et a presque failli avoir ma mère. Et si cette malédiction était une maladie mentale transmissible ? 
Sur les traces de mon héritage familial, je mène une enquête pour savoir comment y échapper et protéger mon fils. Sur le fil est une série documentaire sur les troubles psychiatriques qui rongent ma famille depuis toujours et dont les effets dévastateurs se sont furieusement accélérés ces derniers temps, me poussant finalement à m’interroger sur cette maladie mentale qui semble aussi contagieuse que fatale : la bipolarité
C'est une enquête personnelle et intime sur un mal à la fois inconnu et célèbre dont Kanye West est le fier représentant. À travers les fantômes de la maladie mentale et ceux de ma famille, les discussions avec mes proches, mon psy, des psychiatres et les témoignages de personnes porteuses de troubles bipolaires, je vais tenter de comprendre comment vivre avec cette maladie et surtout comment faire pour ne pas la déclencher à mon tour. 
Ce projet interroge les démons familiaux et ceux de la maladie mentale, mais aussi les soins proposés par la société et le corps médical. Me permettra-t-il de sortir de ce qui, pour l'instant, me semble être une malédiction ? Me permettra-t-il de comprendre un mal qui a empoisonné toute ma famille et d’ainsi conjurer le sort ?

Par Laetitia Druart

4 épisodes (20-30mn) à écouter sur ARTE-RADIO


16 avril 2024

[Cinéma] : La psychiatrie, un système en détresse au cœur d'un documentaire choc

Dans un état critique, la santé mentale est devenue un cas d’urgence. Le triptyque documentaire sur la psychiatrie réalisé par Nicolas Philibert, dont le dernier volet sort au cinéma ce mercredi 17 avril, montre des soignants résistants à l’effondrement pour prendre en charge les malades, la souffrance et les fragilités de la vie, au sein d’un secteur en détresse.

Que se passe-t-il en psychiatrie, alors que rien ne va ? Comment font les soignants ? Comment font les malades ? Comment font-ils avec le manque de tout, de places, de personnels, de moyens ? C’est ce qu’est allé filmer Nicolas Philibert, au cœur d’un secteur de la santé en déclin, faute de ressources humaines et matérielles suffisantes.

Le cinéaste boucle avec La Machine à écrire et autres sources de tracas, en salles ce mercredi, son exploration de la psychiatrie après Averroès & Rosa Parks, tourné au sein de deux unités de soins de l’hôpital Esquirol en banlieue parisienne, et Sur l’Adamant, sacré Ours d’Or à Berlin en 2023, sur un centre de jour installé dans un bateau sur la Seine, en plein Paris.
Face au marasme résiste une psychiatrie engagée, entre vaillance et bienveillance."Des gens essaient encore, dans un contexte d’effondrement, de faire une psychiatrie humaine. Elle repose en grande partie sur la parole, et considère que les médicaments ne suffisent pas", dit Nicolas Philibert.

25 mars 2024

Prise en charge du handicap : ce qu'il faut retenir du documentaire choc de M6

Le numéro de Zone interdite, diffusé ce dimanche 24 mars sur M6, a mis en lumière les défaillances de l’État dans la prise en charge des personnes handicapées en France. Un documentaire édifiant et bouleversant. 

Les images et témoignages sont choquants, même révoltants. Ce dimanche soir, M6 a diffusé un nouveau numéro de Zone interdite, présenté par Ophélie Meunier, dénonçant les manquements de l’État dans la prise en charge des personnes en situation de handicap en France.

Une équipe de journalistes a suivi pendant plus d’un an le quotidien et le combat de ces personnes handicapées et de leurs proches. Le constat est édifiant : manque de structures d’accueil, manque de places, manque de personnel qualifié : 30 000 enfants et leurs familles sont laissés sans solution et isolés.

Pour voir le replay, il suffit de se créer un compte gratuit.

https://www.6play.fr/zone-interdite-p_845/scandales-et-defaillance-de-letat-les-dossiers-noirs-du-handicap-c_13060525

12 avril 2023

[Podcast] : "Nos folies ordinaires" : lever le voile sur les troubles psychiques

Ils s’appellent Hana, Maximilien, Arnaud, Imelda. Ils sont jeunes, une vingtaine d’années pour l’un, trente ans à peine pour les autres. Ils ont en commun de souffrir d’une maladie psychique sévère, bipolarité, schizophrénie, dépression, trouble borderline, et d’en parler à visage découvert.

Quatre-vingts secondes ce matin sur le très bon documentaire Nos folies ordinaires sur France 2 dont le premier mérite est précisément de nous montrer ces quatre visages et, à travers eux, de dissiper une partie du cercle de méconnaissance et surtout de honte qui entoure trop souvent encore la maladie mentale en France.

Pourtant trois millions de personnes souffrent d’un trouble psychique sévère dans notre pays

Un Français sur cinq y sera confronté au cours de sa vie. Si l’errance médicale et le retard au diagnostic peuvent avoir des conséquences graves, si la guérison n’est pas un mot à l’ordre du jour, les quatre témoins décrivent, sans peinture rose mais avec réalisme, des vies qui retrouvent de l’équilibre, des chutes qui ne sont plus des gouffres, des structures, aussi, où il est possible d’échanger pour se rendre compte qu’on n’est pas seul à vivre ce qui peut parfois prendre la forme d’une expérience de solitude radicale.


https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/les-80/les-80-de-nicolas-demorand-du-mardi-11-avril-2023-9525588

Retrouver les infos dans notre article :

https://psy-partenaires.blogspot.com/2023/03/documentaire-nos-folies-ordinaires.html

Le documentaire à voir ici :

 https://www.france.tv/france-2/infrarouge/4698787-nos-folies-ordinaires.html





31 mars 2023

[Documentaire] : "Nos folies ordinaires" réalisé par Adèle Flaux, Jérémy Frey

Hana, Maximilien, Arnaud et Imelda souffrent tous d'un trouble psychique : schizophrénie, bipolarité, dépression grave ou encore trouble borderline. 

Ils ont accepté de raconter leur quotidien à visage découvert dans l'espoir de combattre les discriminations et l'ignorance. Ils sont fatigués de se cacher et veulent montrer leur réalité. Souffrant de troubles psychiques plus ou moins handicapants, ils ont dû affronter les mêmes galères, la même errance de diagnostic et les mêmes discriminations. 
Comment parviennent-ils à sortir de ce cercle infernal ? 
Comment ont-ils repris le pouvoir sur leur vie?

Diffusé dans le cadre de l'émission Infrarouge sur France 2 le 22/03/22 (70mn)
Disponible en replay jusqu'au 30/07/23

30 mars 2023

[Documentaire] : Irresponsabilité pénale, ils ont tué mais n’ont pas été condamnés

Après la mort brutale d’un enfant, d’une mère ou d’un frère, la justice décide si le tueur est responsable ou non de ses actes. Ira-t-il en prison ou à l’hôpital psychiatrique ? Voici trois bonnes raisons de regarder "Irresponsables", un documentaire sans langue de bois.

Jugés irresponsables de leurs actes malgré leurs crimes, ils seront envoyés en hôpital psychiatrique. Nombreux sont ceux à avoir témoigné dans ce documentaire : familles de victimes et de meurtriers, psychiatres, magistrats, avocats, surveillants pénitentiaires et universitaires. Tous mettent en lumière la situation actuelle en France, avec leurs doutes, leurs craintes ou leur colère.

Voici trois bonnes raisons de regarder le documentaire poignant du journaliste lorrain Alain Morvan, "Irresponsables".

1. Pour comprendre la douleur des familles

"Il s’est acharné sur notre fils." Voici les premiers mots de Natacha Leroy, la mère du petit Luca poignardé en pleine rue à Jœuf (Meurthe-et-Moselle) en 2015. Son meurtrier a été jugé irresponsable car selon ses parents, "il est schizophrène, c’est pas de sa faute." En plus de la douleur insoutenable d’avoir perdu leur enfant, les parents de Luca découvrent que l’auteur des faits avait déjà tenté de tuer quelqu’un. La famille se sent abandonnée par l’État qui selon eux n’a pas su protéger leur fils.

Depuis 1994,"les experts doivent déterminer si le discernement a été altéré et non aboli au moment des faits." Face à la pression de l’opinion publique, les experts-psychiatres penchent plus facilement pour une altération du discernement. Ainsi, en 20 ans, le taux d'irresponsabilité pénale est passé de 3% à 0,2%. Et pourtant, selon Anne-Lise Trudon, avocate, "si la personne n’est pas en capacité de comprendre ce qu’elle a fait de mal, il n’y a aucun intérêt à la juger."

2. Pour en savoir plus sur ces meurtriers

Pour Guillaume Vlaminck, expert-psychiatre, "les irresponsables pénaux sont des personnes qui souffrent de psychoses chroniques. Elles entendent des voix et vont se sentir menacées." Georgio fait partie de ces personnes. Ce SDF allemand a tué une femme de ménage à Metz en 2020 et admet : "je n’avais pas l’intention de tuer cette personne, mais j’ai fait ce que les voix m’ont dit de faire."

Ces passages à l’acte arrivent lorsque le patient n’est plus hospitalisé et qu’il ne prend plus son traitement. Jean Schreiber, meurtrier d’Alexis Goeury dans les Vosges en 2019, n’a pas été hospitalisé avant son passage à l’acte. Mais ses parents "regrettent le manque de suivi régulier de leur enfant par les institutions." Ils se demandent s’il serait passé à l’acte s’il avait été mieux soigné.

3. Pour s’interroger sur le système judiciaire

Comment prendre en charge ces malades meurtriers ? Où doivent-ils aller ? Comment faire pour qu’ils ne recommencent pas ? Pour le réalisateur Alain Morvan, "la sécurité a pris le pas sur le soin." Selon Fadila Doukhy, surveillante pénitentiaire, les soins psychiatriques en prison restent très limités. Et "c’est en prison que les symptômes se développent et s’accentuent. Le fait de ne pas les voir et les mettre derrière un mur, ça les arrange."

Pour Fréderic Grosjean, dont le frère a tué leur mère, "une négligence administrative a conduit à l’homicide de ma mère". Son frère n’était pas stabilisé mais a pourtant pu sortir de l’hôpital. Pour certains professionnels de santé, il faudrait restaurer l’hôpital psychiatrique. Mais les moyens sont pour le moment insuffisants.

28 février 2023

[Cinéma] : A la Berlinale, le documentaire "Sur l'Adamant" du Français Nicolas Philibert remporte l'Ours d'or

Dans son film, l'équipe de Nicolas Philibert monte à bord d'une péniche qui accueille des personnes souffrant de troubles psychiques à Paris. Le cinéaste va à la rencontre des patients et des soignants qui « tentent de résister autant qu'ils peuvent au délabrement et à la déshumanisation de la psychiatrie », selon le synopsis du long-métrage.

Deux décennies après l'immense succès de "Etre et avoir", le documentariste de 72 ans quitte les bancs de l'école pour cette plongée dans l'univers psychiatrique, premier film d'une trilogie à ce sujet. « J'ai tenté d'inverser l'image que nous avons toujours des fous, si discriminante », a déclaré Nicolas Philibert, lisant un petit discours préparé en anglais après avoir reçu son prix. « Je veux que nous soyons capables, si nous ne sommes pas capables de nous identifier à eux, au moins reconnaître ce qui nous unit au-delà de nos différences, quelque chose comme une humanité commune », a-t-il ajouté. « Comme nous le savons tous, les gens les plus fous ne sont pas ceux que nous croyons », a-t-il conclu sous des tonnerres d'applaudissements.

15 février 2023

[Documentaire] : "En vie !", passer son bac à l’hôpital psychiatrique

Au Centre Soins-Études Pierre Daguet de Sablé-sur-Sarthe, des élèves souffrant de troubles psychiques poursuivent leur scolarité. Un dispositif innovant qui permet à ces jeunes de reprendre le chemin de l'école pour décrocher leur bac tout en étant hospitalisés à plein temps. C’est pour eux la dernière chance de ne pas décrocher et de rester En vie !

Le documentaire "En vie !", réalisé par Réjane Varrod, co-produit par par Cathy Palumbo et Victor Robert de 10.7 Productions, et France Télévisions a été diffusé jeudi 9 février à 23h30 sur France 3 Pays de la Loire.

► À voir en replay sur france.tv dans la collection La France en Vrai

14 février 2023

Maladie mentale : un documentaire sur l’irresponsabilité pénale

Dans certains cas de meurtres, la justice déclare les auteurs irresponsables de leurs actes. Parmi eux, des personnes souffrant de troubles psychiques et notamment de schizophrénie paranoïde. Un documentaire analyse ce sujet sensible, plus complexe qu’il n’y paraît.

« N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. » L’article 122-1 du Code pénal fonde l’irresponsabilité pénale. En clair : juger les “fous” n’aurait pas de sens.

Le documentaire Irresponsables, du réalisateur Alain Morvan, explore, via trois affaires, la prise en compte de ces meurtriers particuliers par le système judiciaire et de santé.

Des auteurs de crimes en rupture de soins

Les témoignages poignants de familles de victimes et de familles d’auteurs de crimes révèlent la détresse et l’incompréhension immenses face à des actes qui échappent à la raison. Une incompréhension que vivent également leurs auteurs. « J’ai fait ce que les voix m’ont dit de faire. Je n’ai rien pu faire pour l’empêcher. J’ai peur de moi-même», confie Georgio, SDF allemand meurtrier d’une femme de ménage à Metz en 2020. Magistrats, avocats, surveillante, psychiatres, les mettent en perspective. On découvre les services de détention à l’hôpital et les services de santé en prison. On apprend que la plupart des auteurs sont schizophrènes paranoïdes et en rupture de soins au moment des faits.

Des cas reconnus pénalement irresponsables moins nombreux

Mais aussi que le nombre de cas reconnus comme pénalement irresponsables s’est effondré, notamment au profit de la simple altération du discernement, qui ne dispense pas de condamnation mais l’allège. Ce mouvement devrait s’accentuer. Depuis la loi du 24 janvier 2022 – post affaire Sarah Halimi, tuée en 2017 lors d’une bouffée délirante du meurtrier ayant consommé du cannabis –, l’irresponsabilité pénale ne s’applique plus si un lien est établi avec la consommation de substances psychoactives juste avant les faits « dans le dessein de commettre l’infraction ou une infraction de même nature ou d’en faciliter la commission ».

Des questions multiples

Les questions se bousculent. La personne serait-elle passée à l’acte si elle avait été bien prise en charge d’un point de vue psychiatrique ? Admettre qu’elle est, d’abord, malade, peut-il atténuer la douleur des familles ? La prison peut-elle être un lieu de soins psychiatriques ? Quel accompagnement des familles, celles des victimes et celles des meurtriers ?

Le documentaire a le mérite de ne pas trancher. Une seule certitude : la trop faible prise en charge de la maladie mentale dans notre société.

Documentaire de la société de production Nomades, diffusé sur France 3 Grand Est, jeudi 9 février 2023, à 22h50, puis en replay sur le site de France Télévisions. Suivi d’un débat en plateau.

Élise Descamps

05 février 2023

[Documentaire] : "Fréquence Julie" : une singulière quête de normalité au-delà de la schizophrénie

Un jour, Julie a entendu des voix qui la menaçaient. Des médecins lui ont fait des électrochocs, des marabouts ont tenté de l’exorciser, elle a avalé plein de médicaments, bu tout un tas de potions, passé des jours à l’hôpital et de longues heures enfermée chez elle à tenter d’oublier le passé et d’imaginer l’avenir. Administrativement parlant, elle est depuis sa première hospitalisation une « handicapée » à 80%. A mes yeux, souligne la réalisatrice Mia Ma, "elle est une amie précieuse, une âme sensible, une résistante qui a décidé qu’elle ne ferait pas "une carrière de victime". Depuis cinq ans, je la filme" . Au travers de ce film/documentaire intitulé "Fréquence Julie", nous plongeons dans son passé et découvrons l’histoire d’une héroïne.

« Bonjour, je m’appelle Julie et je suis schizophrène ». Avant c’était presque ma carte de visite. Tu te souviens ? Je le disais presque avant de dire bonjour. Maintenant je veux plus ça. C’est fini. Je veux plus que ça me définisse d’abord. Je suis Julie c’est tout. »

Fréquence Julie est un film sur une renaissance, une singulière quête de normalité au-delà de la schizophrénie et en dépit des violences du passé. C’est aussi un film sur l’amour, celui entre deux amies réunies de part et d’autre d’une caméra, celui des proches, au-delà de la souffrance, et celui de Julie, amour retrouvé pour le futur, et pour la vie. 

"Tout au long de la création, explique Mia Ma, la réalisatrice, j’ai senti comme une responsabilité de protéger la dignité de mon amie, de la montrer – même lorsqu’elle était la plus vulnérable – comme je la vois, une force de la nature et l’héroïne de son histoire. La question de la réception du film par Julie a toujours été primordiale. En même temps, j’avais la conviction qu’en me posant des questions de cinéma et uniquement de cinéma (et donc d’éthique), le film ne pourrait jamais fragiliser Julie, mais qu’au contraire il pourrait lui donner de la force. A posteriori, je pense avoir eu raison de ne pas chercher à dissocier mes questions de réalisatrice et mes états d’âme d’amie, car le film trouve sa justesse au point exact de leurs jonctions" .

« On me pose parfois cette question : « Pensez-vous que le film a joué un rôle thérapeutique pour Julie? » C’est une question à laquelle je ne sais pas vraiment répondre. Mais je la trouve intéressante parce qu’elle me fait réfléchir à ce qui fait la singularité de ce film, qui n’est pas un film d’art-thérapie mais un documentaire de cinéma qui s’adresse à tous, schizophrène ou non, enfant d’immigré ou non, et surtout un film qui confère à l’amitié une dimension politique ».

« Tout au long du film, j’ajuste mon écoute à son égard, comme si je tournais minutieusement le bouton du transistor pour ne pas perdre la juste fréquence qui me relie à elle, noyée dans la cacophonie de la radio du monde. » Mia Ma

Sélections en festivals

- Première française aux Ecrans Documentaires d'Arcueil, Arcueil, 2021
- Première internationale au Sheffield Doc Fest, Sheffield, 2022
- Festival Psy de Lorquin- Lorquin, 2022
- DokuBaku Film Festival - Bakou, Azerbaïdjan, 2022

Distinctions

- Prix des Ecrans Documentaires d'Arcueil 2021 et mention spéciale du jury étudiant
- Mention spéciale catégorie Premier long métrage,Sheffield Doc Fest 2022

Le film sera diffusé le 2 février à 21heurees sur Lyon Capital TV et sera projeté dans différents lieux lors de la 20e édition des Journées de la schizophrénie qui auront lieu du 18 au 25 mars 2023.



• Documentaire 78′, France, 2021, Auteure-réalisatrice : Mia Ma. HD 16/9 DCP – Couleur. VO Français, version sous-titrée Anglais/Français. Production, distribution et partenariat Vrai Vrai Films .

05 janvier 2023

[Documentaire] : Quelqu'un à qui parler

Plus de trois millions d'appels par an font retentir nuit et jour les lignes d'écoute et de soutien en santé mentale. Il y a là toujours le même espoir de secours, celui de trouver au bout du fil une voix humaine, un soutien bienveillant qui répondra, écoutera, aidera, et peut-être permettra de desserrer quelques instants l'étau d'une peine qui peut être colossale. Les écoutants sont les veilleurs consolants de notre époque, qui accueillent avec patience et altruisme toutes les peines et les tourments de notre société. 
C'est au travers de leurs écoutes et des mots qu'ils prononcent que l'on perçoit, en creux, tous les maux profonds dont souffre notre époque, ses blessures et le besoin patent d'un supplément d'humanité.

Diffusion le 04/01/23 à 22h55, disponible jusqu'au 12/05/23

28 octobre 2022

[Au cinéma] : "Habités" ou comment font-ils avec leur folie ?

"Habités" long métrage de la réalisatrice Séverine Mathieu, est sorti en salle le mercredi 19 octobre 2022. 

(Pour info, UNE seule salle, à Marseille ! Il faudra attendre que ça passe à la télé pour le voir...)

Il retrace la rencontre de la cinéaste avec quatre habitants de Marseille qui vivent entre raison et déraison. Considérés comme « fous » par la société, alternant périodes dʼhospitalisation et vie dans la cité, accompagnés par des soignants, ils tentent de sʼélancer vers le monde commun. Riches de leur lucidité particulière, ils sʼarriment à notre réalité. Le film suit dans la ville la chorégraphie singulière de leur corps.

Lire l'entretien avec la réalisatrice :

https://www.santementale.fr/2022/10/au-cinema-habites-ou-comment-font-ils-avec-leur-folie/

15 septembre 2022

[Film] : "L’énergie positive des dieux"

Sortie en salle du film "L’énergie positive des dieux", consacré au groupe de rock Astéréotypie.

Stanislas, Yohann, Aurélien et Kevin sont les chanteurs du groupe Astéréotypie. Issus d’un institut médico-éducatif accueillant de jeunes autistes, ils dévoilent sur scène leurs univers détonants, encouragés par Christophe, un éducateur plus passionné d’art brut que de techniques éducatives. Une aventure collective comme un cri de liberté.

https://youtu.be/ntrCXoCl-s0


Retrouvez l'interview des réalisateurs sur France Culture :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/par-les-temps-qui-courent/laetitia-moller-documentariste-1204186

26 août 2022

[Documentaire] : Mon enfant après moi

"Tous les parents qui ont des enfants handicapés gardent toute leur vie un fond d’inquiétude. Quand on avancera en âge, que deviendra notre enfant ?

Parents vieillissants d’adultes handicapés, ils s’inquiètent de la vie de leur enfant après leur disparition. Une plongée bouleversante dans le quotidien d’une maison d’accueil familial en Vendée, qui leur offre la perspective d’un avenir apaisé.

Adoptée à 3 mois et victime d’une agression en 2016 qui l’a privée de son autonomie et l'a "stressée", répète-t-elle, Marie-Madeleine, trisomique, vit sous le regard aimant et protecteur de sa mère, Annie. Laquelle, à 74 ans, sent son énergie décliner et son inquiétude croître pour l’avenir de sa fille trentenaire, amenée à lui survivre après sa disparition. Dédiée aux parents isolés en charge d’enfants handicapés, la maison d’accueil du Boistissandeau, en Vendée, leur apporte alors le réconfort d’une solution, quand les pouvoirs publics tardent à prendre la mesure du désarroi des familles confrontées à cette situation. Dans un château entouré d’un parc arboré, l’institution aux allures de foyer collectif croise les destins de ces parents démunis et de leurs enfants qu’elle accompagne avec douceur, entre sorties, piscine, Scrabble et confiance partagée. À 103 ans, la vaillante doyenne, Odette, sait désormais qu’elle peut partir en paix, avec la certitude que son fils Pascal, 63 ans, sera bien entouré dans ce lieu où il a trouvé ses repères.

Passage de relais

Avec sensibilité et à juste distance, Martin Blanchard a suivi cette fragile communauté mouvante, composée par une structure unique, qui assiste les familles dans un délicat passage de relais, entre soulagement et apprentissage des règles de la collectivité, fin de l’isolement et difficultés à renoncer au lien d’exclusivité unissant les parents aux enfants. Mettant en lumière un enjeu de société rarement abordé, le film souligne aussi l’urgence de s’en préoccuper, à l’heure où l'espérance de vie des personnes handicapées ne cesse de progresser. Irriguée par les torrents d’amour entre ses protagonistes, combattants fourbus du quotidien pour les plus anciens, une émouvante ode à la vie malgré tout, en même temps qu’un éloge discret de la différence.

Réalisation : Martin Blanchard

A voir sur Arte

09 juin 2021

[Documentaire] : “Folie meurtrière” sur France 5 : faut-il juger les fous ?

Présentation par Télérama du 12 juin :

Chaque année, trois cents dossiers de crimes commis par des malades psychiatriques arrivent devant la justice. Le documentaire Folie meurtrière, d’Olivier Pighetti, diffusé sur France 5, décrit bien la complexité qui incombe aux juges, où se mêlent la douleur des familles de victimes et la pression de l’opinion. 
Soustraire les fous au droit est hautement inflammable, on l’a de nouveau constaté avec Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi, reconnu en état de « psychose aiguë » au moment des faits, et donc pénalement irresponsable. L’émotion est telle qu’Emmanuel Macron a promis de modifier la loi. Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, souhaite pour cela s’appuyer sur l’origine du trouble mental comme la consommation de drogues. « Il y a un effet de société, nous explique la sociologue Caroline Protais, chercheuse associée au Cermes3 (CNRS-Inserm-EHESS). 
De nos jours, les psychiatres prennent quotidiennement en charge des patients jeunes, schizophrènes, par ailleurs consommateurs de cannabis et de diverses substances. Ils sont davantage toxicomanes que la population générale. La psychose se développe souvent lorsqu’il y a une prise de psychotropes, mais dans la plupart des cas ils ne jouent qu’un rôle facilitateur. La psychose est déjà là. »


Diffusé le mardi 08.06.21 à 20h55

A voir en Replay (disponible jusqu'au 07.08.21)

04 juin 2021

[Documentaire] : Mon père est sur écoute

Mon père souffre de délires de persécution

Comment épauler un proche qui peu à peu, perd pied ? Le réalisateur Théo Fortunato raconte pour Arte Radio son parcours d’aidant dans un documentaire audio émouvant.

Il a la voix douce, teintée d’un léger accent portugais. Quand il raconte ses délires de persécution, son timbre ne change pas ; il est sincère. « La nuit, il se fait harceler par des gens qui tapent sur le toit », explique son fils au psychiatre. Désemparé face aux troubles de son père, Théo Fortunato, qui a réalisé lui-même le documentaire, cherche à l’aider et à comprendre. Les rôles semblent s’inverser : le jeune homme se retrouve dans celui du parent, à prendre soin de son géniteur terriblement fragilisé. 

Avec "Mon père est sur écoute" (sur Arte Radio), il nous ouvre les portes d’un monde un peu différent. « Quand une personne souffre d’une maladie psychique, on est dans une réalité hors du sens commun, mais c’est la sienne. » Les échanges avec les médecins sont précieux et apaisent la colère et l’incompréhension. Mais en filigrane, derrière les longues minutes de musique d’attente téléphonique, se dessine un hôpital psychiatrique en manque criant de moyens. L’auditeur se trouve touché au cœur par la fragilité du père, autant que par la relation complice qu’il entretient avec son fils.