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Affichage des articles dont le libellé est trouble psychique. Afficher tous les articles
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22 mai 2026

"La radicalisation n’est pas un trouble psychiatrique !"

L’Assemblée nationale a adopté, le 5 mai une proposition de loi controversée qui vise à prévenir les risques d’attentat. 

Le texte, censé combler les "angles morts" du droit, crée une confusion entre radicalisation et troubles psychiques selon un collectif de vingt-neuf organisations de professionnels de la santé mentale et d’usagers. Dans un nouveau communiqué, ils réaffirment que "la radicalisation n’est pas un trouble psychiatrique" et rappellent leur ferme opposition à ce projet de loi qui doit être examiné en séance publique au Sénat à compter du 20 mai ...

21 mai 2026

[Sélestat] : Pour la conseillère municipale Anne Wieder, "il faut déstigmatiser le handicap psychique"

Psychologue à l’antenne sélestadienne du centre hospitalier d’Erstein depuis 21 ans, Anne Wieder s’est vu confié le poste de conseillère municipale déléguée en charge de la santé, de la prévention et du handicap.

Tous les jours, de nombreux Sélestadiens passent devant le centre de jour Liberté, à l’angle du boulevard Foch et de l’avenue de la Liberté, sans savoir qu’il abrite l’antenne sélestadienne du centre hospitalier (CH) d’Erstein. C’est là où Anne Wieder, nouvelle conseillère municipale déléguée (CMD) en charge de la santé, de la prévention et du handicap de la Ville de Sélestat, travaille en tant que psychologue.

« Cela fait 21 ans que j’occupe ce poste », souligne-t-elle. Quand elle a commencé à travailler pour le CH, Anne Wieder, 46 ans cette année, habitait encore à Saint-Louis. Et devait se rendre tous les jours à Erstein, soit une centaine de kilomètres aller, la même chose retour. « J’ai fait les trajets pendant trois ans », confie-t-elle...

Sélestat. Pour la conseillère municipale Anne Wieder, « il faut déstigmatiser le handicap psychique »

18 mai 2026

[Enquête] : Donner la parole aux personnes vivant avec un trouble psychique

Nous vous relayons cette proposition...

Madame, Monsieur,

Je vous écris pour vous transmettre un questionnaire intitulé :
« Mieux accompagner les personnes vivant avec un trouble psychique ».

Je m’appelle Alexandre Haÿs. Je suis pair-aidant en santé mentale et co-fondateur de l’association poitevine Les (Im)patients.

Ce questionnaire s’adresse aux personnes qui vivent avec un trouble psychique.

Si c’est votre cas, vous pouvez y voir une occasion de partager votre expérience, avec vos propres mots : ce qui vous a aidé, ce qui vous a blessé, ce qui vous a soutenu, ce qui vous a redonné confiance, ou ce qui a parfois rendu votre parcours plus difficile.

Cette démarche part d’une idée simple : pour mieux accompagner les personnes concernées, il faut d’abord les écouter. Souvent, on parle d’elles, sur elles, ou à leur place. Ici, l’objectif est de partir de votre vécu, de votre quotidien, de votre rapport aux soins et à l’accompagnement.

Les réponses sont anonymes. Vous pouvez répondre librement, passer certaines questions, prendre votre temps et partager ce que vous voulez.

Voici le lien :
https://forms.gle/cwFZFHpiukxix6BX9

Si vous recevez ce message en tant que structure, association, professionnel ou proche, auriez-vous la gentillesse de transmettre ce formulaire aux personnes directement concernées qui pourraient souhaiter y répondre ?

Les réponses recueillies permettront de faire émerger des repères concrets pour mieux accompagner les personnes vivant avec un trouble psychique, mieux outiller les proches et les professionnels, et encourager des pratiques plus justes, plus respectueuses et plus humaines.

Je vous remercie sincèrement pour votre lecture, votre réponse éventuelle ou votre relais.

Bien cordialement,

Alexandre Haÿs

Pair-aidant en santé mentale. Mail : hays86000@gmail.com

Co-fondateur de l’association Les (Im)patients, engagée auprès des personnes atteintes de troubles psychiques
www.impatients-entraide-psy.fr

28 juin 2025

Comment savoir si vous êtes vraiment paranoïaque ?

Publié le 25 févr. 2025 par Manon Duran en collaboration avec Dr Dominique Boyer (psychiatre et psychothérapeute)

La paranoïa est un terme souvent utilisé à tort pour décrire une simple méfiance ou une tendance à l’anxiété. Pourtant, il s’agit d’un trouble bien réel qui peut aller d’une simple hypersensibilité à des délires de persécution.

Sommaire

-Rappel : qu’est-ce que la paranoïa ?

-Test : êtes-vous paranoïaque ou simplement trop méfiant(e) ?

-Calcul et interprétation des résultats du test !

-Paranoïa : tests diagnostiques et examens | Santé Magazine

04 mars 2025

Le trouble panique, un mal foudroyant

Souvent méconnu, il bouleverse le quotidien par la répétition de crises d'angoisse aussi soudaines qu'intenses. Et si on en parlait ?

1. C'est bien plus que du stress !

Le trouble panique est un trouble anxieux marqué par :
-des crises d'angoisse (attaque de panique AP) soudaines et récurrentes
+
-une forte anticipation des prochaines AP entraînant des comportements d'évitement

2. Une attaque de panique (AP), c'est bien plus qu'une simple peur !

Une AP est :
-montée soudaine de malaise et de peur intense, brutale
-pic atteignant son max en moins de 10 min
-symptômes physiques (étouffement, douleurs...)
-symptômes psychiques (déréalisation, peur de mourir…)

3. Les attaques de panique ne surviennent pas que dans les situations stressantes !

Un problème majeur, les AP peuvent se déclencher sans raison apparente
- conditionnement cognitif avec "anticipation anxieuse" (peur d'avoir peur)
- sur-vigilance aux sensations corporelles

4. Les personnes atteintes de trouble panique ne sont pas toujours en crise.

Les AP ne surviennent heureusement pas en permanence !
Si l'angoisse peut s'apaiser entre les crises, la souffrance et l'anticipation demeurent souvent : culpabilité, perturbation des habitudes de vie…

5. Les attaques de panique ne sont pas dangereuses et elles cèdent.

Malgré des symptômes effrayants comme la sensation de mort imminente, les difficultés respiratoires ou les douleurs thoraciques, une AP ne mène pas à une attaque cardiaque et on en récupère.
Important à savoir !

6. Un impact majeur sur la vie quotidienne

La "peur d'avoir peur" peut entraîner des conséquences délétères :
-évitement de lieux, activités, situations par crainte de nouvelles crises (conduite, sortir seul...)
-impact négatif sur le travail, les relations et la qualité de vie

7. Le trouble panique peut se compliquer d'agoraphobie.

La "peur d'avoir peur" fait tâche d'huile, avec le risque de développer la peur de faire une AP dans un lieu où la personne pense ne pas pouvoir être secourue: c'est l'agoraphobie.
=> évitement foule, lieux clos, transports…

8. Pour arrêter un trouble panique, il ne suffit pas d'apprendre à se calmer.

Les injonctions comme "Tu as peur? Calme-toi" sont non seulement improductives, mais peuvent être même carrément contre-productives.
Un accompagnement spécialisé est souvent nécessaire.

9. Un trouble panique peut se soigner !

Les recommandations sont :
-psychoéducation sur l'anxiété
-en 1e intention: psychothérapie TCC + 💊 antidépresseur (IRS ou clomipramine), éviter BZD
-à défaut, TCC seule
-en ambulatoire
=> voir un psychologue +/- psychiatre

10. Un trouble panique, on peut s'en rétablir !

Avec un suivi, l'acquisition de techniques de gestion du stress et un 💊 approprié, la fréquence des AP peut diminuer ainsi que le niveau d'anticipation de celles-ci.
Il est tout à fait réaliste d'améliorer sa qualité de vie!

Il est tout à fait possible de diminuer le nombre d'orages du trouble panique et de mieux se protéger de la foudre de l'angoisse.

20 novembre 2024

"Ce sont des personnalités singulières" : comment annoncer un trouble psychique à un nouvel amour ?

PSYCHOLOGIE - Informer un partenaire que l'on est atteint de schizophrénie ou de troubles bipolaires est une question de tempo... et de confiance.

Nouer une relation amoureuse, la broder et l'enrichir relève rarement du long fleuve tranquille. Cela peut s'avérer encore plus compliqué pour les personnes atteintes d'un trouble mental, à l'instar de 13 millions de Français, dont 3 millions souffrent de troubles psychiques sévères.

La première embûche est de choisir le moment adéquat pour en parler à son partenaire. "Cela ne sert à rien de l'évoquer avant que la relation ne s'installe dans la durée", affirme Anne-Victoire Rousselet, psychologue et psychothérapeute spécialisée en thérapie comportementale et cognitive, autrice de "Mieux vivre avec la schizophrénie" (Dunod). "Certains malades ont l'impression d'être malhonnêtes s'ils ne le révèlent pas immédiatement, mais ce n'est pas exact. Il faut qu'une relation de confiance se construise avant d'aborder cette vulnérabilité." 

12 janvier 2024

[Webinaire] : Troubles psy et parentabilité


Jeudi 25 janvier à 18h

Une sacrée équation… En effet, on entend souvent dire «Quand on a un trouble psy, on ne fait pas d’enfant.» Et pourquoi donc ?... Quel médecin ou professionnel pour suivre la future mamanb ? La grossesse est-elle à risquen ? Quel accompagnement avant et après la naissance ? L’enfant sera-t-il en bonne santé ? Qui va s’en occuper, en prendre la responsabilité ?

Des experts de vécu, des proches et des professionnels échangeront librement et répondront aux questions que vous nous aurez préalablement posées sur ce sujet.


INSCRIPTION :

06 juillet 2023

Émotions : le fait de ne plus rien ressentir porte un nom

Cette incapacité à ressentir des émotions positives lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes est un symptôme central de la dépression.

Il arrive à certaines personnes de ne plus éprouver d’émotions, ou uniquement des émotions négatives. Elles n’apprécient plus rien, même pas un bon repas au restaurant, une soirée entre amis ou une promenade sur la plage. Et elles n’ont plus envie de rien… 
Cette perte de plaisir, de désir et d’élan vital s’appelle l’anhédonie, un terme inventé par le psychologue français Théodule Ribot en 1896 – du grec a, «"sans", et hêdonê, "plaisir" – en référence à l’analgésie (perte de sensibilité à la douleur). L’anhédonie est un symptôme clé de la dépression, et elle intervient dans d’autres maladies neuropsychiatriques, comme la schizophrénie. En 2021, des chercheurs australiens ont découvert qu’elle touchait aussi les personnes atteintes de démence précoce, une dégénérescence cérébrale pouvant survenir dès 40 ans. 

L’imagerie cérébrale a montré qu’en cas d’anhédonie, la densité de matière grise baissait dans des "points chauds hédoniques" (cortex préfrontal, insula, striatum…) liés au système de récompense, circuit du plaisir et de la motivation dans le cerveau. Ces zones sont distinctes de celles de l’apathie (déficit de motivation) et de la dépression. Leur découverte ouvre de nouvelles perspectives de soin : ces scientifiques viennent d’élaborer un recueil de conseils pour susciter l’engagement des personnes anhédoniques.



05 juillet 2023

Handicap psychique : l’intérêt du triptyque "Personne concernée – proche aidant.e – professionnel.le"

L‘accompagnement social dans le milieu de vie des personnes en situation de handicap psychique s’appuie sur un triptyque qui réunit trois catégories d’acteurs : les personnes concernées, les proches aidants et les professionnels. Une recherche* ambitionne de tirer des conclusions utiles pour l’évolution des pratiques et des modalités d’intervention, à partir de l’analyse des freins, des barrières et des leviers identifiés dans un processus participatif.

Le point de départ de cette recherche est d’étudier les transformations de l’intervention sociale induites par le virage inclusif dans le champ de la santé mentale. Un certain nombre d’évolutions législatives, d’orientations de l’action publique et de revendications de mouvements d’usagers, porte un changement « d’esprit » quant aux places respectives des professionnels et des usagers dans la construction de l’intervention. Ce mouvement affiche en effet une volonté de tendre vers davantage d’égalité, de symétrie, de reconnaissance des savoirs d’expérience, d’autonomie de vie et de décision pour les personnes usagères de la psychiatrie et de services liés à la santé mentale.

Située au croisement d’une sociologie de l’intervention sociale, des mouvements sociaux et des professions, cette recherche visait une analyse de la co-construction de l’intervention autour de deux grands axes, articulés entre eux : la mobilisation et la reconnaissance des savoirs experts de chacun des acteurs, et l’évolution de l’équilibre des pouvoirs et de l’asymétrie des places. Nos terrains d’enquête ont été les services d’accompagnement à domicile (SAVS, SAMSAH), emblématiques du virage inclusif de l’intervention sociale en France.

« Ce projet ambitionne de tirer des conclusions utiles pour l’évolution des pratiques et des modalités d’intervention, à partir de l’analyse des freins, des barrières et des leviers identifiés dans un processus participatif »

Un des apports phare de la recherche a été d’informer sur les transformations institutionnelles de la prise en charge du handicap psychique dans un contexte général de ce qui est communément admis d’appeler la « désinstitutionnalisation », en portant la focale essentiellement sur l’accompagnement dans le milieu de vie des personnes. Ce modèle dit « inclusif » se fonde, pour les personnes concernées, sur un droit de vivre dans la société, avec la même liberté de choix que les autres personnes. Par cette entrée, il s’est agi de regarder comment les personnes concernées et leur écosystème (intervenants, proches) vivent ces transformations.

La recherche explore dans quelles mesures ces reconfigurations institutionnelles peuvent concourir aux objectifs d’autonomie de vie des personnes en situation de handicap psychique, d’inclusion dans la société, de liberté de faire selon leurs propres choix et dans le respect de leur dignité. Sommes-nous seulement face à une belle utopie ? Quels sont les leviers/supports mais aussi les freins à la mise en œuvre de ces grands principes ?

« La relation aux proches aidants déstabilise les professionnels puisqu’on leur enjoint de les prendre en compte dans leurs pratiques professionnelles, tout en leur demandant de favoriser l’autonomie des personnes usagères, y compris dans leurs demandes d’indépendance vis-à-vis de leurs proches. »

A l’issue de cette recherche, il ressort comme élément phare que la place des proches-aidants dans le mouvement d’inclusion et de « désinstitutionalisation » de l’intervention sociale reste largement impensée. Acteurs – et surtout actrices – indispensables du maintien des personnes concernées par les troubles psychiques dans leur milieu de vie, les proches sont pour autant majoritairement tenus à l’écart des décisions qui concernent l’accompagnement. Au terme de cette enquête, il est également relevé un décalage certain – plus ou moins fort selon les sites d’enquête – entre l’idéal normatif de la symétrie et de la reconnaissance des expertises de chacun et le déroulement concret dans le quotidien des services.

Cette enquête montre ainsi des accompagnements incontestablement soucieux de soutenir les personnes dans leurs choix et leur milieu de vie, ainsi que d’associer les expertises usagères aux délibérations nécessaires au jugement professionnel. Elle montre aussi tous les défis et les difficultés que rencontrent ces objectifs, et quelles sont les pratiques qui viennent limiter ou fragiliser le plein accès aux droits sociaux et le plein exercice des droits humains pour les personnes en situation de handicap psychique.

La recherche a ainsi débouché sur la production de supports vidéo de formation et d’auto-formation, souhaitant soutenir la réflexivité des différents acteurs et identifier des pistes pratiques pour l’action face aux défis de la co-construction de l’intervention sociale en santé mentale et aux épreuves qu’elles engendrent pour chacun des acteurs.

• Le triptyque « Personne concernée – proche aidant.e – professionnel.le » dans l’intervention dans le milieu de vie de personnes handicapées psychiques : co-construction de l’intervention et expertises multiples, Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap (Firah). Cette recherche est portée par le CERA-BUC Ressources et l’ESPASSENSEIS (avec la participation de l’ARFRIPS), en partenariat avec le CRI-EPSS (Centre de recherche intégrée école pratique de service social).

30 juin 2023

Apathie : définition, que faire quand on a envie de rien ?

La personne apathique est insensible à la motivation ou à la passion, et peut ressentir une grande fatigue. Découverte de ce trouble avec Dina Karoubi-Pecon, psychanalyste et psychothérapeute.


Qu'est-ce que l'apathie ?

"L'apathie désigne une difficulté à se mobiliser pour des activités, causée par un manque d'intérêt émotionnel, et non d'une cause physique", explique Dina Karoubi-Pecon, psychanalyste et psychothérapeute. Concrètement, les patients sont indifférents à tout, aux émotions et aux désirs, et n'ont envie de rien. Ils ne ressentent donc plus d'intérêt à bouger, se mobiliser, et se sentent généralement très fatigués. "La personne est comme gelée. Cela se fait, bien sûr, contre sa volonté. Ce manque d'intérêt peut se répercuter sur sa vie quotidienne, se traduisant par des difficultés au travail ou par un éloignement de ses proches. Souvent, les patients et leur famille en souffrent énormément", précise la spécialiste. Mais certains apathiques n'ont pas conscience de leur état avant que des proches les poussent à consulter. "Cela peut résulter d'une maladie mentale en train de se déclarer ou déjà installée", ajoute-t-elle.

Lire la suite...

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-psycho-psychiatrie/2556804-apathie-envie-de-rien-faire/

09 juin 2023

Après 20 ans de catatonie, une femme se réveille grâce à un traitement contre le lupus

Alors qu’elle était internée en psychiatrie depuis 20 ans, une femme s’est réveillée et réadaptée à la vie, après avoir reçu des traitements ciblés pour un lupus dont elle souffrait également. De quoi remettre en centre de la discussion le rôle des maladies auto immunes dans le diagnostic psychiatrique.

Elle s’appelle April Burrell et son histoire racontée dans le Washington Post semble sortie d’un film un peu angoissant. A 21 ans, il y a de cela 20 ans, cette étudiante américaine en comptabilité développe une psychose à l’issue d’un traumatisme et reçoit un diagnostic de schizophrénie sévère. La jeune femme se mure alors dans un état de sidération, la catatonie, coincée dans son esprit, incapable de communiquer ou de prendre soin d'elle-même. Elle est internée en psychiatrie depuis, sans réel progrès. Mais en 2018, c’est un autre diagnostic qui change toute la donne.

Elle retrouve ses fonctions cognitives après un traitement contre une inflammation

Lire toute l'histoire...

02 mars 2023

[Podcast] : Aria souffre de TDI ou “trouble dissociatif de l’identité”

Aria souffre de TDI ou “trouble dissociatif de l’identité” : plusieurs personnalités cohabitent dans sa tête. Ce trouble est méconnu, mais Aria découvre sur internet l'existence d'une communauté qui échange sur le sujet, lui permettant de mieux comprendre son trouble.

Récit signé Jeanne Mayer

Pour Aria tout commence lorsqu'elle s'aperçoit qu'elle souffre d'amnésies inquiétantes : "Parfois on va me demander comment je m'appelle et je ne vais pas savoir répondre."

Elle souligne qu'il ne s'agit pas de différentes facettes d'elle-même, mais bien de plusieurs personnes qui vivent en elle : "C'est un peu comme si mon corps était une sorte de voiture, et il y a une personne au volant puis ceux qui sont à l'arrière et de temps en temps, on change de place."

Aria et ses 28 colocataires de cerveau, comme elle les appelle, vivent et évoluent ensemble. Elle raconte que la cohabitation est parfois difficile car les personnalités de chacun sont différentes : "Par exemple, on a le patron. C'est une sorte de mec qui en général est chiant, sérieux, ennuyeux, discipliné, et qui passe son temps à donner des ordres à tout le monde. Il y a aussi une anglophone, qui bien évidemment vient uniquement quand on a besoin de parler en français…On a également une fille un peu hyperactive, qui a une passion pour les réseaux sociaux.

La jeune fille s'interroge sur cette étroite cohabitation de personnes dans sa tête, et commence à faire des recherches sur internet. "J'ai toujours considéré que tout le monde avait ça, mais en même temps on trouvait étrange parce que personne n'en parlait jamais. Pourtant, il y a un an et demi, en traînant sur YouTube, j'ai découvert une certaine Olympe qui a été diagnostiquée d'un "TDI". Je me suis dit : "Enfin quelqu'un qui parle de ses colocataires de cerveau en ligne". 

Plus tard, une psychiatre pose un vrai diagnostic : Aria souffre bien de ce trouble dissociatif de l'identité. On lui explique que ce trouble naît régulièrement après des traumatismes vécus dans l'enfance : "Cette maladie implique des traumatismes suffisamment graves pour que notre cerveau se dise : " Je ne peux pas gérer ça seul il faut qu'il y ait plus de monde dans cette tête. Ça m'a fait un gros morceau à avaler de me dire que mon cerveau ne tournait pas comme les autres."

Aria continue de s'intéresser à la Youtubeuse Olympe et découvre qu'il existe une très grande communauté qui suit cette jeune fille et qu'une conversation rassemblant plus de 4000 personnes est active : "On était content de trouver une communauté qui fonctionne un peu comme nous, et qui en parle librement sans être stigmatisés".

En suivant cette conversation et Olympe, la jeune youtubeuse qui parle de son TDI sans tabou sur les réseaux et sur des plateaux télé où elle est invitée, Aria prend conscience de la fascination pour la folie. : "On s'est rendu compte qu'il y avait vraiment un fantasme sociétal sur le fou, sur le fait de pouvoir l'observer."

A écouter ICI (30mn):


https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/aria-et-ses-colocataires-de-cerveau-2856964

08 décembre 2022

Tendre le dos / Serrer les fesses / Raser les murs

(REV = Réseau français sur l’entente de voix)

Le contexte, le contexte ! Changer, c'est d'abord changer de contexte...

Dans un monde centré sur l'individu, attirer l'attention sur le contexte, l'environnement dans lequel nous évoluons, peut paraître incongru... et pourtant !

Très régulièrement depuis la création du REV, j'y rencontre des familles au sein desquelles un diagnostic psychiatrique a été posé. Souvent qualifiées de "crises", les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes concernées par la situation seraient, dès lors, l'expression d'un processus pathologique. Telle personne serait "trop sensible" ou "incapable de gérer ses émotions" ou bien encore "pas assez rationnelle". J'ai même entendu un jour un psychiatre dire à l'une de ses patientes : "Vous manquez de rigueur". Bref, autrement dit, dès le diagnostic posé, le "problème" se retrouve localisé dans UNE personne qui "ne va pas bien".

Des années (voire des décennies) plus tard, ses proches arrivent au REV en recherchant "une autre voie", ayant fait l'expérience (pour ce qui les concerne) d'une forme répandue d'impasse psychiatrique : l'expression du "processus pathologique" est "matée" à coups de neuroleptiques, plus aucune émotion ne fait surface, l'hyper-rationalité prend le dessus et - hors "crises" (qui continuent de se produire à intervalles plus ou moins réguliers) - tout le monde tend le dos, serre les fesses et rase les murs... jusqu'à la prochaine crise quand, à nouveau, "démonstration" sera faite qu'il est impossible de faire quoi que ce soit d'autre que... donner plus de médicaments ! CQFD : c'est un processus pathologique qui est localisé dans UNE personne... dite "malade".

Et s'il était possible de formuler les choses autrement ? Si, par exemple, il était envisageable de regarder le problème comme le problème, pas du tout localisé dans UNE personne, mais au contraire indépendant des personnes ? Et que les personnes impliquées dans la situation saisissent, hors des "crises", toute occasion favorable pour tenter de formuler le problème d'une façon qui ait du sens pour chacun.e d'elles ? Puis de considérer en quoi ce problème les concerne, quelle place elles tiennent dans cette situation, quelles responsabilités elles auraient envie de prendre pour transformer le "problème" en opportunité d'avancer vers ce qui est important pour elles, ce qu'elles auraient envie de vivre ou d'avoir dans leur vie ?

Si cette évocation vous parle, saisissez l'occasion de notre atelier à destination des familles, le week-end prochain, les 10 et 11 décembre à Orléans ! Il fait suite aux ateliers de 2015, 2016 et 2018 qui avaient eu un franc succès et nous essayons de les relancer régulièrement : profitez-en :-)

Peut-être aussi que cette construction temporelle à forme de "sédimentation" (les difficultés s'accumulent, chacun.e y réagit du mieux qu'il/elle peut, puis cela prend un forme en apparence incompréhensible ou inaccessible) vous fera penser - non sans raison ! - à la construction historique de la "pensée psychiatrique" ? Pour en savoir plus, participer à notre Forum en ligne samedi 10 décembre à 17h en compagnie d'Anna Baleige !

Peut-être encore que cela vous donnera envie de vous former à des modalités d'accompagnement pragmatiques et respectueuses des dynamiques émotionnelles et relationnelles vivant en chacun.e de nous ? Dans ce cas, notre formation longue, démarrant le 16 janvier 2023 à Paris, est faite pour vous ! Nous avons encore des places pour vous accueillir et nous offrons des "tarifs réduits" afin de la rendre accessible au plus grand nombre ! Contactez-moi à yann@vivremavie.fr pour en savoir plus et candidater ;-)

Enfin, peut-être que tout cela vous donne envie de contribuer au Congrès mondial Intervoice, organisé par le REV, et qui se tiendra à Paris les 26 et 27 octobre 2023 ? Retrouvez l'appel à contributions ici et écrivez-nous !!

25 juillet 2022

[Vidéo] : Un polar déstigmatisant !

Vous aimez les séries policières ? Celle-ci est faite pour vous !

Astrid et Raphaëlle



Lorsque la commandante Raphaëlle Coste s’adresse au service des archives judiciaires de la police pour les besoins d’une de ses enquêtes, elle ne se doute pas qu’elle va rencontrer une jeune femme aussi brillante que déroutante, Astrid. Encyclopédie vivante des enquêtes criminelles, cette dernière, âgée de 30 ans, a un signe particulier : elle est autiste Asperger, un syndrome qui la rend spéciale, et précieuse dans certaines circonstances. Elle lui prête main forte pour mener à bien ses investigations.

Toutes les informations sur la série :

06 juillet 2022

Comment la phénoménologie inspire-t-elle une posture d’attention et de présence au patient qui est une voie de soin ?

Dès le début du 20e siècle, la phénoménologie s’est intéressée à la santé mentale et au soin psychique. Philosophes et psychiatres ont cherché ensemble des voies nouvelles de soin et de compréhension de la souffrance psychique et de l’existence. Le psychiatre Jean Naudin explique l’apport de la phénoménologie à son métier :

 “Ce qui caractérise l'intérêt des psychiatres pour la phénoménologie et l'intérêt de la phénoménologie pour l'expérience psychiatrique, c’est l’intérêt commun fait pour le style. C'est une approche esthétique du monde qui fait que j'ai choisi ce métier-là.”

Une approche que rejoint Claudia Gaulé, psycho-praticienne en Gestalt-thérapie : “Une des racines de la phénoménologie, c’est l'esthétisme, c'est cet instant de rencontre avec l'autre, de rencontre avec l'environnement où il se passe un moment fait de vibrations émotionnelles. Le message qui est adressé est plus un message de l'ordre poétique plutôt qu'un discours ou un récit, c’est un moment où l’on fait passer quelque chose.

Deux ouvrages inédits de Michel Foucault publiés fin 2021 ont révélé l’intérêt du philosophe pour ces nouvelles approches inspirées de la phénoménologie.

Dans cet épisode, nous explorons différentes pratiques de thérapeutes inspirés par la phénoménologie comme l’analyse existentielle créée par Ludwig Binswanger que la psychanalyste Caroline Gros définit ainsi : “L'analyse existentielle au sens de Ludwig Binswanger, c'est la réunion de courants qui ne sont pas antagonistes, mais qui se marient, qui convergent, qui se sollicitent mutuellement. La psychanalyse d'un côté, la phénoménologie de l'autre. Et c'est avec l'apport de ces deux grandes sources que l'on peut travailler en analyse existentielle”.

Nous parlerons également de la Gestalt thérapie inspirée de la théorie de la perception, de la psychiatrie phénoménologique et serons notamment invités à suivre une séance à l’hôpital de Marseille avec Jean Naudin, et l’un de ses patients.

Un documentaire d’Élise Gruau, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.


Une approche existentielle du soin psychique (radiofrance.fr)

12 juin 2022

[Témoignage] : Handicap psychique en colocation : être "chez soi d’abord"

Se sentir "chez soi", "retrouver une vie sociale", ne plus être "stigmatisé"... Les personnes handicapées psychiques accueillies en habitat partagé retrouvent "une vie la plus normale possible" hors de l'hôpital et des institutions spécialisées.

"Je fais partie des meubles", s'amuse Ariane Bordat, 39 ans, qui vit depuis son ouverture en 2011 dans une ancienne résidence étudiante transformée en colocation de vingt studios au Havre. Les vingt résidents de cet habitant partagé ont en commun d'être porteurs d'un handicap psychique, englobant des troubles qui touchent trois millions de personnes en France, selon l'Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam).


Retrouver une vie sociale


Ariane souffre depuis son adolescence d'un "trouble de la personnalité borderline", avec des symptômes de schizophrénie et bipolarité. Déscolarisée, rencontrant des difficultés à nouer des attaches sociales, à vivre de manière autonome, elle a intégré le Dispositif habitat Côté cours de l'association Vivre et devenir. Comme ses colocataires, elle dispose d'un studio avec kitchenette ainsi que d'un espace collectif au rez-de-chaussée où sont pris en commun les repas du midi. Deux auxiliaires de vie accompagnent les résidents cinq jours sur sept. La nuit et les weekends, les colocataires sont autonomes. "On nous demande de nous impliquer dans la vie collective" en participant aux tâches ménagères. Il n'y a pas de contrôle au niveau des sorties, explique Ariane qui confie : "Habiter ici m'a permis de retrouver une vie sociale". Pour preuve, la jeune femme a un petit ami, elle a décroché un emploi de secrétaire en CDI au sein de l'association. Par ailleurs, son suivi médical est désormais très allégé, elle voit sa psychiatre tous les deux ou trois mois, contre une fois par semaine quand elle était adolescente.


Pour vivre en milieu ordinaire


Le Dispositif habitat Côté cours a été créé dans les années 2000 par l'hôpital psychiatrique du Havre qui souhaitait proposer une "réhabilitation psychologique" post-hospitalière aux personnes en situation de handicap psychique. Environ 400 patients sont accompagnés aujourd'hui. Le dispositif propose 125 logements dont huit maisons (bientôt dix en 2023) en habitat partagé. "Les personnes qui ont des troubles psychiques sont très stigmatisées. Longtemps, elles ont été orientées vers l'hôpital ou les institutions du type foyer. Or elles peuvent vivre en milieu ordinaire si elles sont accompagnées", explique la directrice de ce dispositif, Marie Delaroque. Avec comme premier impératif le fait "que la personne ait un toit sur la tête", insiste-t-elle. Les partenariats noués permettent ensuite un accompagnement des colocataires par des services d'aide à domicile (SAAD) et des services d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH), qui jouent un rôle de "filet de sécurité".


Objectif autonomie !


De nombreux médecins constatant que le bénéfice des soins était perdu après une hospitalisation faute de possibilité d'hébergement, le psychologue américain Sam Tsembéris a initié dans les années 1990 le programme "Housing First" ("un chez soi d'abord"). Alliance d'un logement et d'un accompagnement qui littéralement "enveloppe" la personne ("wraparound services"), "Housing First" est devenu une politique internationale recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ONU. En France, dans le prolongement de la loi Elan de 2018, qui instaurait un "forfait habitat inclusif", une "aide à la vie partagée" (AVP) a commencé à être déployée à compter du 1er janvier 2021 (article complet et vidéo explicative en lien ci-dessous). La prise en charge de son coût est assurée par les départements (70 sont engagés à ce jour) et la Caisse nationale de la solidarité pour l'autonomie (CNSA). "On est rentré dans un mouvement de généralisation de l'habitat inclusif", se réjouit Patty Manent, directrice du développement de Vivre et devenir. "L'objectif est d'autonomiser au maximum la personne et de lui offrir l'accompagnement dont elle a besoin pour pouvoir s'épanouir et vivre une vie la plus normale possible".



Handicap psychique en colocation : être "chez soi d'abord"

02 octobre 2021

Prévention du suicide : lancement du numéro national 3114

Un numéro d'écoute à l'attention des personnes souffrant d'idées suicidaires, de leurs proches de personnes ou de personnes endeuillées par le suicide, a été lancé ce vendredi 1er octobre alors que 9 000 personnes mettent fin à leurs jours chaque année.

Écouter mais aussi orienter : le 3114, numéro national de prévention du suicide, a été lancé depuis Lille ce vendredi dans le cadre d'une stratégie visant à "casser la courbe" des suicides en France, où ils sont responsables de 9 000 morts par an.

Ce nouveau numéro gratuit garantit une écoute "professionnelle et confidentielle" 24h/24 et 7 jours/7, par des infirmiers et psychologues formés comme répondants.

Il vise les personnes souffrant d'idées suicidaires mais aussi leurs proches et les personnes endeuillées par un suicide.

300 personnes dans le réseau à terme

Au total, dix centres ouvrent leurs portes vendredi à travers le pays et seront rejoints par neuf autres d'ici le début de 2022, pour constituer un réseau employant à terme 300 personnes. Un tchat doit également être lancé en 2022.

Promis dans le cadre du "Ségur de la santé" et coordonné par le CHU de Lille, ce numéro vient compléter, entre autres, le système de suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide VigilanS, créé en 2015 dans les Hauts-de-France.

Le centre de Lille assurera aussi, comme ceux de Brest et Montpellier, la réception des appels pendant la nuit.

"Casser la courbe" des suicides

L'ensemble de la stratégie nationale de prévention du suicide a pour objectif d'"arriver à une cassure de la courbe des décès par suicide", a expliqué lors d'une présentation à la presse le professeur Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrie du CHU de Lille et coordinateur national du projet.

"ll y a encore 9 000 décès par suicides par an sur le territoire, c'est énorme, ce sont des décès évitables", a-t-il ajouté.

Pour le Dr Charles-Edouard Notredame, psychiatre et coordinateur-adjoint du projet, "la grande différence par rapport aux lignes d'écoute existantes en prévention du suicide, c'est que celle-ci est professionnelle alors que la plupart sont bénévoles et qu'elle a davantage une logique d'intervention et d'action, notamment dans le secours grâce à une collaboration très étroite avec le Samu".



17 juin 2021

Comment savoir si son enfant est atteint d'un trouble de l'attention (et l'aider le cas échéant)

Difficultés de concentration et impossibilité de se tenir tranquille font partie des symptômes du TDAH.

Un enfant qui bouge de façon excessive, ne parvient pas à attendre son tour, se montre impulsif ou est régulièrement dans la lune est souvent étiqueté comme mal élevé. Pourtant, l'origine de ces comportements peut être tout autre: il arrive qu'ils cachent en réalité un trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Loin d'être le fruit de notre société moderne, ce trouble a été décrit scientifiquement dès la fin du XVIIIᵉ siècle. Il est caractérisé par des symptômes d'agitation motrice, une impulsivité et des difficultés à maintenir son attention sur des périodes plus ou moins longues ou répétitives.

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http://www.slate.fr/story/210737/enfant-bouge-dans-la-lune-difficultes-concentration-trouble-attention-hyperactivite-tdah