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03 avril 2026

Les directives anticipées en psychiatrie (DAP) : qu'est-ce que c'est ?

L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) publie deux nouvelles ressources pour accélérer le déploiement des Directives anticipées en psychiatrie (DAP) : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Encore peu déployées dans les établissements malgré des bénéfices démontrés, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) constituent un levier majeur pour améliorer les parcours de soins et renforcer les droits des usagers.

Dans la continuité de sa webconférence de juillet 2025, l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) en collaboration avec le « Collectif national pour le déploiement des Directives Anticipées en Psychiatrie (DAP) » publie deux nouvelles ressources pour accélérer leur déploiement : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Ces outils sont destinés aux directions d’établissement, CME, Commission de Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques, encadrements médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs.

Outils reconnus de santé publique, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) contribuent à prévenir les situations de crise, à renforcer l’alliance thérapeutique et à réduire les hospitalisations sans consentement (–23 à –25 %). Elles permettent également de diminuer le recours à l’isolement et à la contention.
Pourtant, malgré ces bénéfices démontrés, leur mise en oeuvre reste inégale, peu structurée et souvent marginale dans les pratiques. Les freins sont multiples : manque d’outillage, absence de pilotage institutionnel, formation insuffisante des professionnels, difficulté à intégrer le savoir expérientiel des personnes concernées et à mesurer l’impact réel du déploiement.

Un partage de trois retours d’expérience

Le webinaire et le guide de l’Anap ont pour objectif de mettre en lumière les leviers d’un déploiement réussi à travers 3 outils consolidés de mesures ou directives anticipées en psychiatrie :– DAiP (Directives anticipées incitatives en psychiatrie) : cet outil est déployé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences. Son déploiement s’appuie sur un engagement fort de l’établissement, un pilotage structuré, la formation des équipes et l’intégration dans le dossier patient.

Deux dates pour le webinaire :
15 avril de 13h à 14h

24 janvier 2026

Passport BP : un parcours innovant pour les patients bipolaires

Publié le 13 janvier 2026

Lancée en 2019, l’expérimentation nationale Passport BP (pour « parcours de soins innovant dédié aux personnes atteintes de troubles bipolaires ») conduite par la Fondation FondaMental en partenariat avec Sêméia (1) repose sur une organisation inédite : un suivi personnalisé assuré par des infirmiers « case managers » spécialement formés, appuyé par des outils numériques de télésuivi, de psychoéducation et de remédiation cognitive.

Plus de 1000 patients ont ainsi bénéficié de ce suivi au sein de plusieurs établissements hospitaliers de référence, dont les Hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, le CHU de Clermont-Ferrand, le CHU de Besançon et le Centre Hospitalier Le Vinatier à Lyon.

14 novembre 2025

Accès aux soins pour les personnes en situation de handicap : état des lieux et solutions

Vingt ans après la Loi Handicap, les inégalités persistent. De nombreuses personnes en situation de handicap rencontrent encore des obstacles dans leur parcours de soins. 

Quelle est la réalité de ces inégalités aujourd’hui ? Quelles solutions existent pour un accès aux soins équitable et sans entrave ? C’est ce que propose de découvrir « Handicap & Santé », une série de cinq reportages réalisés par Doctissimo, avec le soutien de Sanofi.

Épisode 4 - Handicap psychique et neurologique : lever le tabou


Comment sortir des tabous et améliorer l’accès aux soins de santé ?

13 juillet 2025

Psychotropes : les pénuries de médicament persistent, les médecins à bout de solutions

Les difficultés d'approvisionnement en psychotropes persistent en France, malgré « une amélioration progressive de la disponibilité de certains médicaments », a indiqué l'agence du médicament. Les médecins ne savent plus quoi prescrire.

Ce constat fait suite à une cinquième réunion, le 10 juillet, avec les représentants des professionnels de santé, des patients et de la chaîne du médicament.

Alors que la santé mentale est « grande cause nationale » en 2025, une quinzaine de tensions d'approvisionnement et ruptures de stock en psychotropes ont été signalées par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) depuis début janvier.

Après la quétiapine - neuroleptique souvent prescrit pour traiter la schizophrénie, la bipolarité et certaines dépressions -, les tensions d'approvisionnement ont touché le teralithe - sels de lithium contre la bipolarité - ou des antidépresseurs courants, la sertraline et la venlaxafine.

Pour la quétiapine, la situation reste « dégradée » pour les dosages de 300 et 400 mg, les laboratoires exploitants « ne peuvent pas nous donner de certitude sur leurs prochains approvisionnements », explique l'ANSM. En revanche, la situation « continue de s'améliorer » pour le dosage de 50 mg de ce médicament à libération prolongée, tout comme pour la sertraline en 25 mg et 50 mg.

Des difficultés d'approvisionnement "temporaire"

En ce qui concerne le téralithe, « la situation est en train de revenir progressivement à la normale » pour le dosage 250 mg, tandis qu'elle « s'améliore significativement au niveau du laboratoire » pour le dosage de 400 mg.

Plus tôt dans la journée, l'ANSM avait indiqué que les difficultés d'approvisionnement pour le médicament Zypadhera, s'aggravaient et avait appelé les médecins à ne plus entamer de traitement avec ce produit destiné à traiter la schizophrénie.

Ce médicament est mal approvisionné depuis déjà plus d'un an, mais l'ANSM disait dans un communiqué avoir « été informée par le laboratoire Cheplapharm et par des remontées de terrain d'une aggravation de ces tensions ».

Le laboratoire Cheplapharm « évoque des difficultés de production temporaires et l'évolution de ses process en vue de renforcer la qualité », précise l'agence du médicament. « Le laboratoire indique qu’il sera en mesure de commencer à remettre à disposition le médicament à partir de septembre 2025. »

Le Zypadhera, traitement à base d'olanzapine, est donné sous forme injectable, de manière à agir de façon prolongée.

La molécule existe aussi sous forme orale, mais cela suppose de la prendre plus souvent. Le risque est que le patient, souvent instable mentalement, ne suive plus son traitement de manière assidue.

Psychotropes : les pénuries de médicament persistent, les médecins à bout de solutions

01 juillet 2025

Schizophrénie : quelle place pour des thérapies cognitives et comportementales spécialisées ?

À l’image des thérapies cognitives et comportementales (TCC) appliquées à la psychose, des psychothérapies spécialisées et validées scientifiquement ont un rôle à jouer pour accompagner les personnes qui souffrent de schizophrénie, en complément d’autres formes de prise en charge. Les TCC mettent l’accent sur la qualité de vie, l’autonomie et les projets personnels, au-delà de la seule stabilisation clinique.

Lorsque Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, alerte, le 26 mars 2025, sur les insuffisances de la prise en charge des troubles psychiatriques sévères en France, ses propos doivent être replacés dans le contexte des connaissances actuelles.

Revenir sur les données scientifiques disponibles concernant l’efficacité des psychothérapies permet de mieux comprendre les enjeux cliniques et les recommandations fondées sur les preuves, notamment pour les troubles du spectre de la schizophrénie.

L'article tente de répondre à ces questions :

- Que sait-on aujourd’hui de la schizophrénie ?
- Des psychothérapies spécialisées, mais pas que…
- Des programmes efficaces… mais peu accessibles
- Les thérapies cognitives et comportementales sont-elles adaptées à la schizophrénie ?
- À l’étranger, quelques programmes ont fait leurs preuves
- Où en est-on en France ?
- Pour des approches spécialisées et validées scientifiquement

LIRE L'ARTICLE COMPLET :

Schizophrénie : quelle place pour des thérapies cognitives et comportementales spécialisées ?

16 juin 2025

Yannick Neuder veut avancer sur les psychothérapies spécifiques pour troubles psychiques

Le ministre chargé de la Santé a évoqué les perspectives de la profession de psychologue, souhaitant notamment travailler à renforcer l'accès et la prise en charge des psychothérapies spécifiques pour les troubles psychiques. Il fait aussi "une priorité" de la poursuite de la montée en charge du dispositif Mon soutien psy.

05 juin 2025

[Podcast] Schizophrénie : de nouveaux visages thérapeutiques

Diagnostiquer, soigner, déstigmatiser, humaniser : les défis à relever sont nombreux pour une meilleure prise en charge des patients atteints de schizophrénie.

Avec Boris Chaumette, enseignant à l'Université Paris Cité, chercheur à l'Institut Pasteur et à l'INSERM et psychiatre à l'hôpital Sainte Anne
Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l'Université Paris-Descartes et responsable du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne

La schizophrénie, littéralement "esprit divisé", n'affecte qu'environ 1 % de la population française. Pourtant, cette maladie mentale reste profondément stigmatisée : comment améliorer sa prise en charge ?

Cette pathologie est mal diagnostiqué et mal comprise car ses manifestations sont très variées. On devrait presque parler de spectre de la schizophrénie. Cette pathologie d’accès à la conscience se traduit par une altération du rapport au réel. Actuellement, environ 30 % des patients répondent bien aux antipsychotiques dopaminergiques. Pour les 70 % restants, il est urgent de trouver des approches plus adaptées. Mais pour cela, il faut encore étudier théoriquement cette psychose. Car aujourd'hui, nous traitons les symptômes sans en connaître les causes.

24 avril 2025

Suivi gynécologique au naturel : quels produits et pratiques avec un handicap psychique ?

Souvent invisibilisées dans les politiques de santé, les femmes en situation de handicap psychique rencontrent des obstacles importants dans l’accès au suivi gynécologique. Anxiété, troubles relationnels, phobies médicales ou méconnaissance des besoins spécifiques compliquent leur prise en charge. Pourtant, des pratiques plus douces, naturelles et personnalisées peuvent permettre un accompagnement plus respectueux et efficace.

Le suivi gynécologique des femmes en situation de handicap psychique reste aujourd’hui très insuffisant. Une étude de 2022 menée en Île-de-France par Handiconnect (2016-2017) a révélé que seules 58 % d’entre elles bénéficient d’un suivi régulier, contre plus de 80 % dans la population générale.

.../...

Lire l'article : 

https://handinova.fr/suivi-gynecologique-au-naturel-quels-produits-et-pratiques-avec-un-handicap/

16 avril 2025

Traitement contre les maladies mentales : malgré leur efficacité thérapeutique, certains centres experts sont menacés de fermeture

Alors qu'ils ont montré leur efficacité selon les psychiatres qui y travaillent, plusieurs des 54 centres experts que compte le pays pourraient fermer leurs portes dès cette année, faute de dotation.

Article rédigé parAnne-Laure Dagnet Radio France Publié le 14/04/2025

Ils sont essentiels pour tous ceux qui souffrent de graves maladies psychiatriques comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Les centres experts sont menacés car leur mode de financement a changé cette année et certains des 54 établissements sont privés de dotations publiques. Or ce sont les seuls à fournir aux malades un bilan complet et des thérapies innovantes.

franceinfo a rencontré des patients et des équipes qui les suivent à l'hôpital Albert Chenevier de l'AP-HP à Créteil, dans le Val-de-Marne.

Dans le bâtiment un peu décrépit du pôle psychiatrie, un père et son fils de 26 ans ont rendez-vous avec l'un des psychiatres du centre. "Aujourd'hui, c'est une consultation qui va durer à peu près une heure, explique le docteur Franck Schürhoff. Après, on fera le bilan." Ce père est venu à l'hôpital Albert Chenevier de l'AP-HP de Créteil sur recommandation du psychiatre qui suit son fils en ville. "On veut définir exactement ce qui se passe pour pouvoir trouver une parade à tous ses freins", dit-il. "Ce qui me gêne actuellement, ce sont des pensées intrusives... complète son fils d'un ton hésitant. J'ai un trouble aussi un peu délirant. J'ai une mauvaise mémoire..."

Et son père de reprendre : "En fait, il s'apercevait qu'il ne pouvait pas être avec les autres, et qu'il avait l'impression d'être vu, regardé, qu'on va l'attaquer, qu'il est sous écoute... Ça a été très dur."

Un bilan global

Ce jeune homme est schizophrène et son traitement ne suffit pas à canaliser ses troubles. Ce jour-là, c'est le psychiatre qui coordonne le centre expert de Créteil qui le reçoit dans une petite salle, équipée d'une table et d'un ordinateur : "On va faire un point général sur l'histoire des problèmes psychologiques. Là, j'ai cru comprendre que ça avait démarré depuis à peu près deux ans. Et ensuite, je vous listerai tout un tas de symptômes, qu'on voit dans différentes pathologies d'ailleurs, et, pour chacun, vous me direz si vous les avez déjà eus ou si vous les avez actuellement."

Après cette consultation, le professeur Franck Schürhoff dressera un bilan global avec un infirmier pour des analyses de sang, une prise de tension, un électrocardiogramme. Il fera aussi intervenir un neuropsychologue. Et à l'issue de ce bilan étalé sur deux jours, le psychiatre proposera à ce jeune homme toute une gamme de soins, c'est ce qui rend ces centres experts uniques. "On est indispensable parce qu'on propose une amélioration dans la prise en charge des patients avec des armes thérapeutiques qui n'existent pas forcément ailleurs", soutient Franck Schürhoff.

"Améliorer la mémoire des patients, améliorer leurs capacités intentionnelles, améliorer leur fonctionnement dans le quotidien, leur façon de penser quand elle est pathologique. On peut travailler avec les patients sur leur capacité à sortir de l'isolement social, du repli."

L'équipe à Créteil reçoit une dizaine de nouveaux patients par semaine pour réaliser ces bilans particulièrement poussés. Et dans toute la France, ce sont plus de 20 000 personnes qui ont été évaluées par les 54 centres experts en psychiatrie.

Plébiscité par les patients et les médecins

Les centres experts s'occupent aussi de l'autisme et des dépressions sévères. Ils sont plébiscités par les patients, parce que cela fonctionne. Cela a permis à Patricia, professeure d'histoire à la retraite bipolaire, de maîtriser sa maladie. Elle a été suivie pendant trois ans par un centre expert qui lui a recommandé un médicament qui lui a changé la vie. "Ça m'a donné des outils pour pouvoir reprendre ma vie en main, dans le sens où quand j'ai été diagnostiquée bipolaire, le monde s'est écroulé. C'est-à-dire qu'en fait, je ne savais plus qui j'étais. J'étais persuadée que j'étais folle. Ce qui n'est pas le cas. Mais quand on a un diagnostic comme ça, on ne sait pas", explique-t-elle.

Le ministère de la Santé a en effet modifié leur mode de financement, mais la dirigeante de la fondation FondaMental a des arguments pour défendre son réseau : "On a montré qu'il y a une diminution de 50% des journées de réhospitalisation, 12 mois après un passage sur un centre expert. Donc, on imagine bien que si ses patients vont mieux, le système global s'améliore parce qu'ils vont moins aux urgences, parce qu'ils coûtent moins cher et qu'on peut réallouer des budgets à d'autres choses. Donc globalement, ce système a montré toute son efficacité", affirme la psychiatre.

Faute de dotations suffisantes pour les hôpitaux dont ils dépendent, certains centres experts comme ceux de Clermont-Ferrand ou de Strasbourg pourraient fermer leurs portes dès cette année.

REPORTAGE. Traitement contre les maladies mentales : malgré leur efficacité thérapeutique, certains centres experts sont menacés de fermeture

25 décembre 2024

Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire…

La Haute Autorité de santé fait le point sur les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification dans les établissements de santé recueillis en 2024. En hospitalisation temps plein en psychiatrie malgré de gros efforts réalisés pour la prise en charge somatique, les indicateurs restent en deçà des attentes et les établissements de ce secteur connaissent encore des difficultés en matière de certification.

Indicateurs de qualité et de sécurité des soins : que retenir en 2024 ?

Le recueil des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification des établissements de santé sont deux dispositifs incontournables mis en place par la Haute Autorité de santé (HAS) pour améliorer la qualité des soins. En cette fin d’année, l’agence présente sur le service en ligne Qualiscope, les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins recueillis en 2024 et précise que près de 70 % des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. « Ces résultats donnent une photographie à un moment donné du niveau de qualité des soins, dès lors que la prise en charge est engagée », souligne le Pr Lionnel Collet, président de la HAS. Ils permettent ainsi aux professionnels « de faire le point sur leurs pratiques, leurs difficultés mais aussi leurs réussites. »

En 2024, 21 indicateurs ont été mesurés par la HAS, dans quatre secteurs d’activité : la médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), dont la chirurgie ambulatoire, les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie. Les données sont issues, selon les cas, de questionnaires patients (e-Satis), des dossiers patients, de questionnaires établissements et du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

L’hospitalisation à temps plein en psychiatrie : des indicateurs en deçà des attentes

En psychiatrie, la HAS pointe que l’espérance de vie d’un patient souffrant de pathologie psychiatrique sévère est de 20 % inférieure à celle constatée en population générale. La première cause de surmortalité est le suicide mais les accidents et les causes médicales sont également surreprésentés, tout particulièrement les maladies cardiovasculaires et respiratoires dont le taux de comorbidité est compris entre 30 et 60 %. C’est pour ces raisons que la HAS a développé des indicateurs autour de ces thématiques. Sur cette deuxième mesure, on constate que les établissements ont pu structurer leurs dossiers et que l’année 2024 a été marquée par une progression notable liées aux très gros efforts mis en place sur le terrain.
– L’évaluation cardiovasculaire et métabolique chez les patients adultes est réalisée chez 69% des patients, soit +9 points par rapport à 2021
– L’évaluation gastro-intestinale est faite chez 46 % des patients1, soit +17,5 points
– Le repérage et la proposition d’aide à l’arrêt des addictions sont effectifs chez 65% des patients (+10,6 points)

Certification des établissements : les établissements spécialisés en psychiatrie plus en difficultés

En cette fin d’année 2024, près de 70% des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. 87 % des établissements affichent de bons ou très bons résultats. Les CHU et centres de lutte contre le cancer obtiennent les meilleurs résultats et sont plus nombreux à obtenir la mention « Haute qualité de soins » que les autres établissements. D’autres types d’établissements connaissent plus de difficultés. C’est le cas des établissements spécialisés en psychiatrie.

Perspectives

Dans ce contexte, des analyses complémentaires sont attendues en 2025 pour les indicateurs en hospitalisation à temps plein en psychiatrie. « Dès l’année prochaine, les deux dispositifs de la HAS continueront de se développer, avec notamment la mise en place d’un nouveau référentiel pour la certification des établissements de santé. Ces évolutions viendront par exemple fournir des résultats dans le programme Santé mentale et Psychiatrie 2025-2030 publié prochainement », conclut le Pr L. Collet.

Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire... - Santé Mentale

23 décembre 2024

Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues

Dans un guide de bonnes pratiques, la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) précise les grands principes pour la prise en charge des personnes détenues hospitalisés sans consentement en psychiatrie. Le document rappelle leurs droits fondamentaux et décline des modalités concrètes d’organisation.

Mieux prendre en charge les personnes détenues hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement nécessitent de mieux connaître le profil de ces patients et leurs statuts, afin d’éviter la stigmatisation, rappelle la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans un guide de bonnes pratiques publié via le Bulletin officiel Santé, protection sociale, solidarité. Issu d’un groupe de travail sur la santé mentale des détenus, ce document d’une trentaine de pages précise les modalités d’organisation de ses prises en charge particulières dans les services de psychiatrie ou les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA).

Assorti de quelques vignettes cliniques ou retours d’expériences, il se découpe en quatre grands chapitres :

Le parcours des personnes détenues relève à la fois du judiciaire (les différents établissements pénitentiaires sont précisés : maison d’arrêt, centres de détention, centres pour mineurs…) et du sanitaire. Les soins aux détenus doivent être équivalents à ceux prodigués à la population en milieu libre. La vocation d’abord « thérapeutique » est rappelé, ce qui suppose de chercher à établir une relation de confiance et de recherche le consentement libre et éclairé de la personne.

 Les droits du patients sont les mêmes que n’importe quel patient, « en tenant compte des restrictions liées à leur statut » et à leur état de santé. En cas de soins sans consentement, les détenus doivent être informés des diverses voies de recours et peuvent notamment alerter le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).

 Les relations partenariales et la communication entre acteurs sanitaires et pénitentiaires concernent notamment la transmission des informations et le respect du secret médical. L’importance des relais avant, pendant et après l’hospitalisation est pointée pour éviter les ruptures de soins.

L’organisation matérielle rappelle les conduites à tenir en cas d’incidents (sortie non prévue, vol…) et règles de transport : selon la situation de la personne, elles différent dans l’organisation et le type d’escorte (agents pénitentiaires seuls, personnels hospitaliers seuls ou escorte mixte).

Note d’information n° DGOS/P3/2024/161 du 4 nov. 2024, BO SPSS,n° 2024/31 du 15 nov. 2024, portant guide des bonnes pratiques et principes fondamentaux relatifs à la prise en charge en soins psychiatriques sans consentement des patients détenus au sein d’établissements de santé autorisés en psychiatrie, selon les dispositions de l’article R. 6111-40-5 du Code de la santé publique, https://sante.gouv.fr

Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues - Santé Mentale

03 juillet 2024

Ancrage : des techniques pour aller mieux...

Ces techniques visent à soulager les états de détresse émotionnelle et à lutter contre la dissociation. Ces techniques doivent être répétées très régulièrement, notamment en dehors des crises, pour être efficaces.

Cliquer sur le tableau pour l'agrandir...



29 juin 2024

[Dossier] : Dynamique des équipes mobiles

Revue : Santé mentale N°289- juin 2024

Les équipes mobiles sont "à la mode". Elles font souffler un vent nouveau et constituent une réelle source de créativité clinique. Cette appellation recouvre une grande diversité de pratiques, de dispositifs et de publics concernés. Seul dénominateur commun, la mobilité, qui apparaît comme une redécouverte et un enrichissement de l’ADN du soin. A quels besoins répondent les équipes mobiles ? Avec quels types de professionnels et quelles références théoriques ? Quelle place pour le travail en binôme ? Comment circonscrire ce phénomène ?

17 juin 2024

Usage de l'isolement et de la contention en psychiatrie : des chiffres inédits !

La France s’est fixé l’objectif de réduire les pratiques d’isolement et de contention en psychiatrie au début des années 2010. Plus d’une décennie plus tard, le défi est toujours d’actualité dans un secteur en crise. Mais des lueurs d’espoir pointent. 

Entretien avec Coralie Gandré, chercheuse en santé publique et géographie de la santé à l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) et Magali Coldefy, docteure en géographie et chercheuse associée à l’Irdes.

LE QUOTIDIEN : En 2022, 76 000 personnes ont été hospitalisées sans leur consentement en psychiatrie, selon votre dernière publication. Parmi elles, 37 % (28 000 personnes) ont été placées à l’isolement, 11 % (8 000) ont connu la contention mécanique. Des chiffres inédits ?

CORALIE GANDRÉ : C’est en effet la première fois que sont publiés des chiffres nationaux détaillés sur l’isolement et la contention en psychiatrie, les caractéristiques des personnes qui en font l’objet et les variations entre établissements. Ceci grâce à la loi de modernisation de notre système de santé de 2016, qui a rendu obligatoire le recueil de ces informations par les établissements de santé depuis 2018.

Ces données montrent que les personnes concernées sont plus souvent de sexe masculin, relativement jeunes ; elles arrivent plus fréquemment par les urgences. Elles connaissent des hospitalisations plus longues en moyenne sur l’année. Les patients mis à l’isolement sont également plus vulnérables socio-économiquement.

On observe par ailleurs des variations très marquées dans l’usage de ces pratiques – en théorie de dernier recours – entre établissements : certains n’y recourent pas, d’autres ont des taux très élevés.

Quelles sont les hypothèses pour expliquer ces disparités ?...

09 juin 2024

Patients "en rupture de soins" : quelles solutions ?

Interne en psychiatrie, Pauline Duplantier s’est intéressée à la réhospitalisation des patients pour « rupture de soins ». Un travail mené sur trois mois qui propose des pistes d’actions pour consolider le suivi et ainsi mieux sécuriser les parcours.

La compliance au traitement est un défi pour toutes les spécialités médicales* et la psychiatrie n’échappe pas à la règle. Ainsi, alors que la discipline est confrontée à une période difficile en terme de démographie soignante, le nombre de réhospitalisations de patients est un sujet particulièrement d’actualité. L’objectif de l’étude observationnelle menée sur une période de trois mois (de juin à août 2023 ) au sein d’une Unité d’Hospitalisation Temps Plein (UHTP) en psychiatrie (Saint-Denis – 93) – était d’étudier les caractéristiques des patients réhospitalisés en psychiatrie dont le motif de la décompensation clinique spécifiait « rupture de soins ».

Discussion

Au vu de ces premiers résultats, différentes solutions peuvent ainsi être mises en pratique.

Pour les soignants

Avant la sortie (par l’équipe de l’UHTP) :
– prendre contact avec la famille ou les proches aidants avant la sortie d’hospitalisation ;
– envoyer une lettre de liaison de l’UHTP vers le CMP au psychiatre référent à la sortie du patient ;
– assurer un lien téléphonique de relai pour informer le psychiatre référent de la sortie du patient ;
– assurer un lien téléphonique et par le dossier partagé avec le médecin traitant généraliste.

Après la sortie (par le CMP) :
– reprogrammer le patient quand un RDV a été manqué dans les 15 jours (envoyer un message, un courrier ou avoir le patient au tel pour essayer de comprendre pourquoi il n’a pas honorer le rdv) et s’appuyer sur le travail de l’équipe mobile psychiatrie et précarité (ESTIM 93)
– envisager pour ces patients « à risque de rupture » (ceux ayant déjà été hospitalisés pour rupture de soins) sur le CMP un suivi par une infirmier de pratique avancée (IPA) ;
– mettre en place des passages d’IDE à domicile pour faciliter la prise du traitement ;
– favoriser le relai thérapeutique par la mise en place d’un traitement antipsychotique à action prolongée ;
– si pas de réponse du patient malgré les différentes sollicitations programmer une visite à domicile (VAD)
– envoyer un message de rappel ou appeler le patient avant la consultation ;

En prévention pour les patients

– faire intervenir des pairs aidants afin de témoigner de l’efficacité du traitement ;
– proposer un programme d’éducation thérapeutique au patient et ses proches, avec une séance annuelle de consolidation
– groupes de soutien.

Conclusion

La rupture de suivi psychiatrique ou l’arrêt de traitement médicamenteux sont les deux causes principales de rechute dans la schizophrénie. Des solutions peuvent être mises en place notamment en s’appuyant sur les équipes de soins ambulatoires, les proches des patients (famille ou personne de confiance) avec l’aide de l’éducation thérapeutique ou du médecin traitant. Ces mesures devraient permettrent d’anticiper ou de diminuer les risques de perte de vue des patients à risque.

28 mai 2024

Les urgences psychiatriques en médecine générale

De plus en plus sollicités pour des questions de santé mentale, les généralistes peuvent être confrontés à différentes situations d’urgences psychiatriques. Conduites suicidaires, agitation, délire aigu ou attaques de panique : la prise en charge initiale doit permettre de préciser le contexte étiologique, d’évaluer le degré d’urgence et le risque d’auto- ou hétéro­agressivité et de soulager le patient. Un avis psychiatrique en urgence, voire une hospitalisation, sont souvent nécessaires.

Dr Nicolas Bonfils (psychiatre et addictologue, docteur en neurosciences, ancien chef de clinique des Hôpitaux de Paris - Cabinet médical : 4, rue Chomel 75007 Paris)

INTRODUCTION

Près d’un tiers des consultations en médecine générale concernent une plainte psychologique (contre 11 % avant les années 2000) et les troubles psychiatriques constituent désormais le deuxième motif de recours au généraliste, voire le premier chez les 25-60 ans.

Le généraliste est donc de plus en plus susceptible d’être confronté à des situations d’urgences psychiatriques. Par exemple, dans une tentative de suicide sur deux, il est le premier intervenant sollicité. Nonobstant, 78 % des généralistes confient avoir des difficultés à évaluer le risque suicidaire.