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01 mai 2023

Handicap : des annonces qui manquent d’ambition

La 6e Conférence nationale du handicap (CNH), le 26 avril dernier, sous l’autorité du Président de la République, a été l’occasion pour le Gouvernement de rappeler que « ce rendez-vous fonde l’acte II de notre politique. C’est un jalon sur le chemin de l’effectivité des droits fondamentaux et universels, de l’école à l’emploi, de la maison à la cité. » 

Des annonces concernant la création de nouvelles solutions d’accompagnements pour les adultes et les enfants handicapés d’ici 2030 ainsi que le lancement d’une mission sur l’enfance et le handicap, n’ont pas permis de pacifier les relations, tendues, avec les associations, et notamment le collectif Handicaps qui avait choisi de boycotter la Conférence, tout comme l’Unafam dénonçant "l’inaction du Gouvernement sur le handicap psychique".

Rappelons que l’ambition de cette Conférence était de débattre des orientations et des moyens de la politique concernant les personnes en situation de handicap. Emmanuel Macron l’a souligné, "Nous souhaitons donc que cette CNH soit celle d’un changement de paradigme, à la hauteur des enjeux sociétaux. Qu’elle trouve dans la conscience de chaque citoyen un allié véritable, fondamental, engagé. Qu’elle soit soutenue par une société concernée par le respect des droits fondamentaux de chacun, le bien vivre ensemble de tous les membres qui la constituent, et qui la font avancer".

Selon le Collectif Handicaps, "malgré des mesures intéressantes, le discours du président de la République, n’arrivant souvent pas à dépasser les déclarations d’intention, déçoit par son flou et l’absence d’une programmation budgétaire pluriannuelle".

Toutes les informations...



28 mars 2022

Handi’consult : des consultations adaptées aux personnes atteintes d'un handicap

Offrir des soins aux personnes souffrant d'un handicap et éloignées d'une prise en charge médicale : c'est la vocation d'Handi'consult, récemment créé à l'hôpital du Havre.

Deux infirmiers, une cadre de santé, un médecin et un aide-soignant ont désormais du temps dédié pour prendre en charge les patients au sein du dispositif. 

Un rendez-vous avec un gynécologue disposant du temps et du matériel nécessaire pour prendre en charge une patiente en fauteuil roulant ; la possibilité d’organiser une « consultation blanche » pour rassurer une personne souffrant d’un handicap psychique, avant la vraie consultation médicale qui peut être pour elle source de stress et d’angoisse : c’est ce que propose désormais une unité qui vient d’être créée au sein de l’hôpital Flaubert, au Havre (Seine-Maritime).


Pour l’heure, soins gynécologiques, ophtalmologiques, neurologiques, dentaires et généralistes sont possibles. Particularité de l’unité : chaque praticien se déplace ici, dans les salles de consultation spécialement aménagées au sein du pavillon France. Outre les spécialistes, les patients sont accompagnés par une équipe dédiée composée d’un médecin, d’infirmiers et aides-soignants expérimentés dans la prise en charge du handicap, aussi psychique que moteur et cognitif.

 « Le but n’est pas de se substituer à une prise en charge qui pourrait exister par ailleurs, mais de s’adresser à ceux qui n’ont pas de solution pour réintroduire un suivi de qualité », insiste le médecin. Une initiative qui vient également soulager « certains médecins qui rencontrent des difficultés lors des consultations classiques, faute de temps, de formation aux gestes nécessaires à la manipulation des patients… »

Au-delà des rendez-vous, c’est une premier pas vers un retour à un parcours de soins classiques que vise Handi’consult. 


Contact : handiconsult@ch-havre.fr


Au Havre, l'hôpital propose des consultations adaptées aux personnes atteintes d'un handicap | 76actu

01 novembre 2020

Reconfinement et santé mentale : "Il n'y a pas de honte à consulter"

Ce jeudi, à minuit, la France sera reconfinée pour une durée de quatre semaines au moins. Anne Giersch, chercheuse à l'Inserm, revient sur les effets d'une telle mesure sur la santé mentale.

Plus que quelques heures avant le reconfinement. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui partagent leur inquiétude à l'idée de revivre une telle situation. Angoisse, stress, sentiment d'isolement... Autant de symptômes qu'Anne Giersch a pu observer en mars. Directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie à Strasbourg, elle a mené une étude auprès de 150 volontaires pour explorer les effets du confinement, notamment sur la santé mentale. 


Dessin de Coco, mars 2020. Crédits :  Coco / Compte Instagram @cocoboer

Interview

Quels effets sur la santé mentale avez-vous observés lors du premier confinement ?
Notre étude ne concerne qu’un effectif assez modeste, mais ce qu’on a constaté a aussi été trouvé par des études épidémiologiques. Les symptômes les plus partagés étaient le stress et l'anxiété, plus que la normale. On a aussi observé un taux plus élevé de dépression, voire de symptômes pré-psychotiques. Le sommet de ces manifestations était au tout début du confinement. 

Qu'est-ce qui est à l'origine de ces symptômes ? 
L'inquiétude vis-à-vis de la pandémie est ce qui semble avoir un effet maximal, avec le sentiment d'isolement. Nous ne sommes pas tous exposés au même degré de stress de la même façon. Certaines personnes sont donc plus vulnérables et risquent de ressentir l'isolement plus fortement. Par exemple, les soignants, les gens qui ont peur pour leur emploi, ceux qui ont des parents proches malades ou qui meurent, mais aussi les personnes ayant des facteurs de risque et qui ont peur de tomber malades... Tous ces facteurs peuvent contribuer à accentuer l'angoisse.

Le reconfinement risque-t-il d'être plus difficile à vivre qu'en mars ?
Pour certains cela va être plus facile parce qu’ils vont pouvoir travailler et c’est ce qu’ils voulaient. Pour d’autres, ça va encore plus fragiliser leur situation économique… Le reconfinement peut aussi faire revivre un traumatisme à ceux pour qui ça s'était mal passé en début d'année. 

 Comment réagir face à de tels symptômes ?
Un moyen de faire face, c’est de faire en sorte d’être le moins isolé possible. C’est bien pour ça que les Ehpad restent ouverts. Globalement, on a constaté que l'angoisse et le stress avaient diminué au fil du confinement. Le facteur qui a le plus contribué à cette amélioration est le renforcement des connexions avec la famille. Le fait de parler avec les proches fait diminuer l'anxiété. Isoler les gens est nocif. On peut s’en protéger en communiquant, même si ce n’est pas aussi satisfaisant qu’autour d’un café ou dans un bar. 
Si on se sent vraiment mal, il ne faut pas hésiter à aller voir un médecin, il n'y a pas de honte à consulter. Ça peut arriver à tout le monde de paniquer à un moment donné, on peut tous être vulnérables. Les services de psychiatrie et d’urgence restent ouverts et on ne soigne pas seulement le Covid. Je pense que les psychiatres vont de nouveau mettre en place des plateformes de télémédecine, ou que la ligne CovidEcoute sera joignable.


Lu pour vous dans Libération le 29 octobre 2020

Dessin de Coco, mars 2020. Crédits :  Coco / Compte Instagram @cocoboer