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05 janvier 2025

Dépister des troubles psychotiques avec un test de la vision ?

Des erreurs dans l'interprétation visuelle pourraient aider à détecter des troubles psychotiques comme la schizophrénie, selon une étude de l'école de médecine de Yale.
L'étude suggère que les symptômes de schizophrénie, souvent liés aux interactions sociales, pourraient provenir d'erreurs dans l'échantillonnage visuel. Très peu de personnes atteintes de cécité congénitale développent une schizophrénie, ce qui renforce cette hypothèse.
Ces travaux ouvrent la voie à des tests visuels simples pour évaluer le risque de psychose et inspirer de nouveaux traitements.

Et si un simple test de perception visuelle pouvait détecter des troubles mentaux complexes ? Des chercheurs de l’école de médecine de Yale, aux Etats-Unis, ont mené une étude inédite sur la manière dont les individus perçoivent une interaction sociale simulée à l’aide de points mouvants. Leurs travaux, publiés dans la revue Communications Psychology, mettent en lumière le lien entre perception visuelle, pensée paranoïaque et schizophrénie.

Décrypter les erreurs de perception visuelle

Les participants à l’étude étaient invités à observer des points se déplaçant sur un écran et à déterminer si l’un des points en poursuivait un autre. Ceux qui avaient des tendances paranoïaques ou une pensée téléologique (qui attribue une intention excessive aux événements) identifiaient plus fréquemment une poursuite inexistante, souvent avec confiance. Ces schémas de pensée, bien que différents, partagent un point commun : la mauvaise attribution des intentions.

D’après les scientifiques, ces résultats sont pertinents car ils montrent que des comportements complexes, habituellement perçus comme étant d’ordre supérieur, peuvent être détectés à un niveau basique dans le cerveau, au sein de la vision.

Lorsqu’on demandait aux participants d’identifier quel point poursuivait l’autre, les différences entre paranoïa et téléologie devenaient évidentes. Ceux ayant une forte tendance à la paranoïa avaient du mal à déterminer quel point était poursuivi, tandis que les penseurs téléologiques peinaient à identifier le point poursuivant. Ces divergences soulignent que ces schémas de pensée sont distincts, avec des implications potentielles pour le diagnostic et le traitement.

24 octobre 2022

[ProPSY] : Il n’y a pas de santé sans santé mentale

Pour des diagnostics plus précis et des traitements individualisés, la recherche française en psychiatrie se dote d’un vaste projet, ProPSY, financé sur cinq ans. Copiloté par l’Inserm et le CNRS, en partenariat avec la fondation FondaMental, plusieurs universités et centres de recherche, il cible quatre pathologies mentales classées parmi les plus invalidantes parce qu’elles altèrent gravement la vie des patients sur tous les plans (familial, social, professionnel). Il s’agit de la dépression résistante (qui affecte chaque année près de 3 millions de personnes), des troubles bipolaires (1,6 million), des troubles du spectre autistique (700 000) et des schizophrénies (600 000).

« Toutes sont des affections sévères, fréquentes, complexes, multifactorielles, débutant le plus souvent chez l’enfant ou le jeune adulte, et leur prévalence ne diminue pas, voire tend à augmenter », commente Pierre-Michel Llorca, professeur de psychiatrie à l’université Clermont-Auvergne et membre de l’Institut Pascal.

Le paysage psychiatrique pourrait-il changer de visage grâce à ProPSY ? Les acteurs chargés de la gouvernance du projet l’espèrent. 

« Pour les maladies cardiovasculaires et le cancer, les progrès accomplis permettent désormais de définir les traitements de manière plus sélective et individualisée, avec une amélioration notable du pronostic. Il est de la même façon urgent de déployer la “médecine de précision en psychiatrie” », argumente ainsi Pierre-Michel Llorca.

L’ambition cardinale de ProPSY est de "mieux classer les patients en créant des sous-familles distinctes des quatre maladies mentales retenues afin de proposer les meilleures stratégies possible de prévention, de dépistage, de diagnostic et de suivi", explique Renaud Jardri, professeur de psychiatrie à l’université de Lille. « À cette fin, il importe d’identifier des biomarqueurs spécifiques de chaque sous-groupe, qu’ils soient génétiques, moléculaires, de neuro-imagerie, de neuro-inflammation, chronobiologiques, cognitifs, psychologiques, électrophysiologiques… Cela permettra notamment de porter un diagnostic précoce et précis sans avoir à se fonder quasi exclusivement sur l’observation clinique, fondée sur des critères subjectifs, qualitatifs (essentiellement le comportement et la parole du patient, Ndlr), comme c’est actuellement le cas », insiste-t-il...

06 mai 2022

[Communiqué de presse] : Cancer et handicap : tous dépistés !

Les personnes en situation de handicap participent deux fois moins aux dépistages nationaux de cancers.


Face à ce constat qui confirme que l’accès aux soins n’est pas le même pour tous, une équipe de recherche coordonnée par la fédération, publie, en avril 2022, un rapport intitulé « Prévention des cancers pour les personnes handicapées vieillissantes en structures médico-sociales et à domicile : promouvoir et accompagner le dépistage ». Elle identifie grâce à cette recherche les raisons de la faible participation aux dépistages et formule des propositions pour y remédier. L’équipe a également créé une palette d’outils adaptés à l’adresse des professionnels de la santé et du médico-social, ainsi que des personnes en situation de handicap et leurs aidants.


CP-cancerEThandicap-04042022.pdf (ancreai.org)