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28 mars 2026

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

À l’entrée en prison, de nombreuses personnes détenues présentent des marqueurs de vulnérabilité psychique, tels qu’un passé de troubles psychiatriques ou d’addictions. De nouveaux travaux révèlent que les semaines qui suivent cette période sont des moments clés en matière de prévention du suicide et de sevrage. Ils indiquent aussi que, si la prévalence des troubles psychiatriques semble globalement stable au cours de l’incarcération, les situations varient largement d’une personne à l’autre.

S’il est bien établi que les troubles psychiatriques sont surreprésentés dans les prisons françaises, aucune recherche n’avait jusqu’à présent suivi l’évolution de la santé mentale en milieu carcéral.

C’est à cette lacune que répond l’étude « Épidémiologie psychiatrique longitudinale en prison » (EPSYLON) menée entre 2022 et 2025 dans près d’une dizaine de maisons d’arrêt. Voici ses conclusions.

Une vulnérabilité majeure dès l’entrée en détention

Ce projet national s’est appuyé sur une enquête sociologique et une étude épidémiologique menée en trois temps de mesure, auprès de 1 000 personnes détenues au sein de sept établissements pénitentiaires répartis sur quatre directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP). Pour ce volet quantitatif, toutes les personnes entrantes dans les établissements qui ont fait l’objet de l’enquête ont été successivement incluses (entre janvier et juillet 2024 pour les hommes, et entre janvier et septembre 2024 pour les femmes). Elles ont ensuite bénéficié de trois entretiens d’évaluation de leur santé mentale avec des enquêtrices indépendantes (à l’entrée en prison, à trois mois et à neuf mois).

Le premier résultat marquant de l’enquête réside dans les multiples marqueurs de vulnérabilité identifiés dès l’entrée en prison. À l’arrivée en détention, plus des deux tiers des répondants présentent un trouble psychiatrique ou addictologique, actuel ou passé. Plus d’un répondant sur dix a déjà été hospitalisé en psychiatrie et la quasi-totalité des personnes interrogées a été exposée à des évènements potentiellement traumatiques.

Cette vulnérabilité s’accompagne de niveaux élevés de précarité sociale : une personne sur deux vivait hors logement personnel avant l’incarcération et 30 % des répondants étaient au chômage. À cela s’ajoutent des parcours judiciaires précoces, 27 % des personnes ayant connu au moins une mesure pénale durant leur minorité.

Une apparente stabilité qui cache une réalité contrastée

Dans l’ensemble, notre étude met en évidence une relative stabilité de la prévalence des troubles psychiatriques en maison d’arrêt au cours du temps : à chacun des temps de mesure – à l’entrée, à trois mois et à neuf mois – environ 40 % des personnes évaluées présentent un trouble psychiatrique ou addictologique actuel.

Seules les prévalences du risque suicidaire et des addictions diminuent au cours des trois premiers mois de détention. Ces risques restent cependant particulièrement élevés, y compris après les premiers mois de détention, tout comme les niveaux des troubles psychiques.

Ce phénomène semble traduire les difficultés spécifiques de l’entrée en prison. Il souligne combien cette période constitue un moment clé du parcours carcéral, appelant une vigilance accrue en matière de prévention du suicide et de prise en charge du sevrage.

Ce constat est largement étayé par le volet qualitatif de notre enquête, qui montre que l’entrée en détention est vécue comme une expérience profondément déstabilisante, tant du fait des ruptures qu’elle génère dans les parcours biographiques des personnes détenues que des conditions d’incarcération au sein du quartier nouveaux arrivants, systématiquement décrites comme particulièrement éprouvantes.

Par ailleurs, l’apparente stabilité de la fréquence des troubles au cours de la détention masque en réalité des trajectoires individuelles extrêmement variées, marquées par des améliorations ou des dégradations de la santé mentale.

Ces résultats peuvent être interprétés à la lumière de facteurs propres à l’environnement carcéral. Le sentiment d’isolement évoqué par un tiers des répondants est par exemple associé à une détérioration de la santé mentale. Il en est de même pour l’expérience de violences en détention, rapportée par un participant sur cinq.

Notre enquête met également en évidence l’insuffisance de l’accès au travail, à une formation ou à des activités, alors même qu’il s’agit d’un déterminant de la santé mentale bien identifié en milieu pénitentiaire.

Quelles pistes d’amélioration ?

Alors que le ministère de la Justice a annoncé en début d’année vouloir mettre en place des établissements pénitentiaires consacrés à l’accueil des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques, notre enquête montre à quel point l’environnement carcéral peut être délétère pour la santé mentale.

Nos résultats permettent d’envisager plusieurs axes d’amélioration, respectueux des grands principes éthiques du soin en prison. Il apparaît indispensable d’accompagner l’entrée en prison, d’améliorer les conditions de détention et d’optimiser l’accès aux soins en milieu pénitentiaire afin de garantir une qualité de soins équivalente à celle offerte en population générale.

Pour autant, ces mesures, seules, ont toutes les chances de s’avérer insuffisantes dans un contexte où les prisons françaises font face à une surpopulation carcérale inédite. Au-delà des soins en prison, il importe donc de repenser l’amont en luttant contre les inégalités sociales de santé afin d’améliorer le dépistage et la prise en charge des troubles psychiatriques, mais aussi faciliter l’orientation des personnes souffrant de troubles sévères vers des dispositifs sanitaires.

Cet article a été co-rédigé par Kevin D'Ovidio, épidémiologiste statisticien, Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France (F2RSM Psy).

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

15 février 2026

Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique

TRIBUNE

Avec la création d’établissements pénitentiaires spécifiques pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger plutôt que comme une souffrance à accompagner, déplore un collectif de psychiatres et de magistrats, dans une tribune au « Monde ».

Publié le 04 février 2026

Alors que le gouvernement a proclamé 2025 « année de la santé mentale » et a décidé de la prolonger en 2026, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, propose de créer des établissements pénitentiaires spécifiquement destinés aux personnes incarcérées souffrant de troubles psychiatriques. Ce choix, parce qu’il inscrit la prise en charge dans un cadre carcéral, dans un contexte où la psychiatrie publique de droit commun est profondément fragilisée, place d’emblée la souffrance psychique sous une logique de gestion du risque plutôt que dans celle du soin. Il ne s’agit pas ici de nier la souffrance des prisons françaises, ni de céder à la tentation d’opposer la sécurité aux soins. Il s’agit d’expliquer pourquoi la proposition avancée constitue une entrave au principe du soin, mission essentielle d’Etat.

L’idée avancée paraît simple : regrouper ces personnes dans un même lieu permettrait de mieux les prendre en charge. Mais c’est précisément cette inversion qui pose problème. Dès lors que le cadre est pénitentiaire, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger à organiser plutôt que comme une souffrance à accompagner. C’est d’ailleurs une tension qui encombre chaque jour les soignants en milieu pénitentiaire, dans les dispositifs de soins psychiatriques implantés dans les prisons, comme dans les neuf unités hospitalières spécialement aménagées.

La simple phrase : « Avez-vous bien pris votre traitement ? », prononcée en prison dans un quotidien rythmé par l’enfermement, les contrôles et les mesures d’ordre risque systématiquement d’éloigner la personne détenue du soin en l’associant à ces enjeux judiciaires. Cela risque également de fragiliser l’établissement d’une confiance et d’empêcher ainsi la mise en place d’une réelle alliance thérapeutique avec les soignants, ces derniers ayant pour mission principale l’apaisement d’une souffrance personnelle...

« Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique »

22 janvier 2026

Le Monde.fr : La prison, un "nouvel asile" au bord de l’implosion

Par Grégoire Biseau et Camille Stromboni ; Publié le 29 décembre 2025

Surpopulation carcérale, pression sécuritaire, crise de la psychiatrie… les professionnels de la santé et de l’administration pénitentiaire dénoncent une situation alarmante et le silence des politiques.

Le jeudi 11 décembre après-midi, à la maison d’arrêt d’Argentan (Orne), les surveillants ont découvert le corps de Yanis, 22 ans, pendu, au milieu de sa cellule. Toujours en vie, mais inanimé, il est transporté en urgence à l’hôpital d’Alençon, où il meurt deux jours plus tard. Incarcéré depuis janvier 2024 à la prison d’Evreux (Eure), il avait été transféré en novembre de la même année au centre pénitentiaire d’Argentan, après une double condamnation (à quinze mois de prison ferme), pour vol aggravé et recel.

Cela faisait plusieurs mois déjà que l’état psychologique de Yanis se dégradait. A plusieurs reprises, il a fait état à ses proches d’un sentiment de persécution de plus en plus prononcé. En juin, sa famille, relayée par son avocat, Eric Plouvier, alerte la direction de la prison et demande un transfert d’établissement. Sans réponse. L’été se passe et l’état dépressif de Yanis se détériore. Il est hospitalisé une première fois le 28 octobre, au centre psychothérapique de l’Orne, à Alençon, puis le 6 novembre au centre hospitalier d’Argentan. Après chaque séjour, c’est le retour en cellule.

Le dimanche 7 décembre, sa mère lui rend visite et s’aperçoit qu’il tient des propos suicidaires, entend des voix et refuse de s’alimenter depuis plusieurs jours. A la sortie, elle exige une intervention médicale en urgence. Le lendemain, Me Plouvier écrit au directeur de l’établissement un courrier, que Le Monde a pu consulter, dans lequel il demande « la mise en œuvre sans délai de toutes les mesures susceptibles de préserver son intégrité physique ». « Un examen urgent par un psychiatre ou un psychologue apparaît également indispensable », est-il ajouté.

Le courrier reste sans réponse et, deux jours plus tard, Yanis se pend dans sa cellule. « Aujourd’hui, on préfère laisser les détenus atteints de troubles psychiques mourir en prison plutôt que de les soigner en hôpital », condamne Eric Plouvier, qui compte attaquer l’Etat en responsabilité.

.../...

https://sante-secu-social.npa-lanticapitaliste.org/spip.php?article11809

11 juillet 2025

Un rapport parlementaire tire la sonnette d'alarme sur les troubles psychiatriques en prison

À leur sortie de détention, deux tiers des hommes et trois quarts des femmes présentent un trouble psychiatrique ou addictif.

De "multiples dysfonctionnements". Un rapport parlementaire rendu public jeudi 10 juillet tire la sonnette d'alarme sur la santé mentale en prison, où les troubles psychiatriques sont trois fois plus présents qu'à l'extérieur et la prise en charge ne cesse de se dégrader(Nouvelle fenêtre). Le rapport de 244 pages déclinant "100 propositions pour sortir de l'impasse" a été présenté en conférence de presse à l'Assemblée nationale par ses co-rapporteuses, les députées Josiane Corneloup (LR) et Elise Leboucher (LFI).

Les professionnels dénoncent depuis des années la présence en prison d'un nombre croissant de personnes qui n'y ont pas leur place. La mission a abouti à un constat "totalement unanime" d'une situation fortement dégradée où les "troubles psychiques explosent", a déclaré Josiane Corneloup, alors que "la santé mentale a été désignée grande cause nationale en 2025".

Parmi les facteurs aggravants : la surpopulation carcérale "spectaculaire" qui bat chaque mois de nouveaux records historiques, et une pénurie toujours croissante de moyens - en termes de lits dédiés à la psychiatrie ou du nombre de psychiatres - a aussi conclu la mission. Elle dresse un tableau très sombre de la situation, en dehors de quelques initiatives locales et individuelles(Nouvelle fenêtre).
Une politique publique "minée par l'incompréhension"

"Il faut presque tout renverser, changer de braquet dans la vision de ces prises en charge", a résumé Elise Leboucher, dénonçant de "multiples dysfonctionnements". Cette politique publique est "minée par le cloisonnement et l'incompréhension", avec un "pilotage aveugle sans aucune culture de l'évaluation", en cogestion entre les ministères de la Santé et de la Justice, à qui le rapport sera transmis, a complété Josiane Corneloup.

A leur sortie de prison, deux tiers des hommes et trois quarts des femmes présentent un trouble psychiatrique ou addictif. Les deux députées espèrent que leur constat sera entendu, même si les discours gouvernementaux sont plus à la fermeté qu'à la prévention ou la dignité des conditions de détention.

"Les sujets ne sont pas antinomiques, je suis très attachée à la sécurité et nous devons être exemplaire par rapport aux sanctions", a commenté Josiane Corneloup. Pour autant, "le but n'est pas d'aggraver" l'état de santé des détenus, mais de "faire en sorte qu'ils aillent mieux en sortant que quand ils sont rentrés, alors qu'aujourd'hui on est plutôt dans une spirale infernale".

11 juin 2025

Des patients psychiatriques sont envoyés en prison car les hôpitaux ne veulent plus les reprendre

Médecin psychiatre à la prison des Baumettes de Marseille depuis 25 ans, le Dr Eric Kania a été témoin de la part grandissante de détenus pris en charge pour des troubles psychiatriques.

Dans un entretien à Medscape édition française, il relate comment les équipes soignantes s’organisent pour les prendre en charge dans des prisons souvent surchargées, et décrit la surveillance particulière qui peut être mise en place pour protéger les détenus les plus fragiles du risque de suicide.

Lire l'article

Des patients psychiatriques sont envoyés en prison car les hôpitaux ne veulent plus les reprendre

13 février 2025

Troubles psychiques et emprisonnement : des questions sans réponse

Dossier : Au Cœur de la Bioéthique par Ophélie Gobinet, correspondante à Strasbourg

S’informer, échanger, bousculer les certitudes sur des questions qui dérangent… Telle est l’ambition du Forum européen de bioéthique de Strasbourg. 
Au programme de cette quinzième édition, du 29 janvier au 1er février 2025 : la santé mentale.

Août 2024. A Bâle, en Suisse, le meurtre d’une femme de 75 ans fait la une des médias. L’auteur des faits, un homme de 32 ans, atteint de schizophrénie paranoïde et de troubles de la personnalité, était traité à la clinique psychiatrique universitaire de Bâle (UPK). C’est lors d’une sortie non accompagnée que le trentenaire est passé à l’acte. En 2014, il avait déjà tué deux femmes, selon la Télévision suisse romande. Dans la Confédération, un choc, de la stupeur et cette question : comment cet homme a-t-il pu être autorisé à sortir seul ? Plus largement, comment prendre en charge les patients atteints de troubles mentaux ? Et comment trouver l’équilibre entre les droits de l’individu et les préoccupations de sécurité publique ? Ces liens entre santé mentale, justice et libertés seront discutés au cours d’une table ronde à Strasbourg, le 30 janvier.

Interrogé par la presse suisse sur l’éventualité d’un «échec du système» qui aurait conduit au meurtre de la septuagénaire, Panteleimon Giannakopoulos, professeur de psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Genève, a répondu que le «risque zéro» n’existait pas. Figure de Curabilis, établissement fermé détenant des personnes condamnées et suivies pour des troubles psychiatriques graves, Pantaleimon Giannakopoulos considère que la progression d’une personne condamnée et atteinte de troubles ne peut que se faire si le monde carcéral et le monde du soin s’entendent. «Il faut un regard pluriel, chose qu’on ne peut pas faire si le carcéral prédomine», estime pour Libération le psychiatre. Il le reconnaît : en Suisse, comme ailleurs en Europe, la prise en charge de ces patients atteints de troubles mentaux est conditionné par l’opinion publique, les choix politiques et les moyens investis.

«Il est avéré que la détention aggrave les fragilités préexistantes»

Sur ce point, Manuel Orsat, psychiatre, expert près la cour d’appel d’Angers dresse ce constat : «L’expertise psychiatrique se situe au carrefour, entre la misère de la psychiatrie et l’infortune de la justice». En France, en vingt ans, le nombre d’experts psychiatres est passé de 800 à 300, entre 2002 et 2022, alors même que le nombre d’expertises demandées par les juges ne cesse de croître. Secrétaire général de la Compagnie nationale des experts psychiatres près les cours d’appel, le médecin insiste sur l’importance des experts psychiatres pour éclairer les juridictions et plus largement, porter cette question : «Que fait-on de nos fous qui passent à l’acte ? Et comment s’y prend-on pour les identifier ?».

«Les prisons sont souvent celles de la misère», estime Catherine Paulet, également participante à la table ronde. Dans une interview accordée en 2023 au Centre Osiris, une association spécialisée dans le soin thérapeutique aux victimes de tortures, elle estime «essentiel de laisser la lumière allumée dans le “closed and dark world”», que sont les populations atteintes de troubles mentaux. Psychiatre en milieu pénitentiaire depuis 1991, Catherine Paulet a signé en 2015 l’appel du Nouvel Obs sur les conditions de détention dans les prisons en France. «Il est avéré que la détention aggrave les fragilités préexistantes et favorise les épisodes de décompensation psychiatrique», indique-t-elle. Engagée personnellement dans le combat pour les droits des personnes privées de liberté, elle a fait sienne cette citation de Gandhi : «Tout ce que tu feras sera dérisoire mais il est essentiel que tu le fasses».

Troubles psychiques et emprisonnement : des questions sans réponse – Libération

31 octobre 2024

Michel David : défenseur de la psychiatrie en milieu pénitentiaire

Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) depuis février dernier, le psychiatre Michel David est un fin connaisseur d’un univers carcéral mal connu, caricaturé par les fausses représentations et sujet à fantasme.

Aujourd’hui praticien hospitalier à la Fondation Bon Sauveur de la Manche, intervenant à la maison d’arrêt de Coutances, ce farouche défenseur des droits des détenus et de la psychiatrie en général revient sur sa trajectoire professionnelle 

On retrouve dans le portrait de cet intellectuel engagé, passionné de philosophie, les questions qui lui tiennent à cœur, et dont il s’est toujours fait le porte-parole, comme les dysfonctionnements actuels de la psychiatrie dans les prisons ou encore l’atteinte au secret médical, notamment dans le contexte actuel de menace terroriste.

Sur les traces de Michel Foucault...

07 juillet 2024

[Santé mentale] : La prison, un lieu de soin ?

Pourquoi trouve- t-on une part si importante de personnes présentant des problèmes psychiatriques parmi la population incarcérée ? C’est la question que se sont posée Thomas Fovet, chercheur et psychiatre en établissement pénitentiaire à Lille, et Camille Lancelevée, sociologue et spécialiste du milieu carcéral à Strasbourg.

"Vous placez des gens fragiles dans l’environnement riche en facteurs de stress qu’est la prison : tout est réuni pour faire émerger des troubles psychiatriques".