Par Le Figaro avec AFP
Les approvisionnements de médicaments à base de quétiapine, souvent prescrits pour traiter la schizophrénie et les troubles bipolaires, vont rester compliqués au moins jusqu’à la fin de l’année.
Les signataires d’une tribune soulignent que l’adoption d’une telle mesure pourrait «partiellement pallier la pénurie de psychotropes frappant le pays» depuis le début de l’année.
Un collectif de professionnels de santé appelle l'État à autoriser le remboursement de certains médicaments prescrits en psychiatrie même lorsque leur indication ne correspond pas à celle pour laquelle ils sont autorisés, dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde* daté de mercredi.
Les signataires - des psychiatres dont le professeur Antoine Pélissolo, des pharmaciens et pédopsychiatres, l'association Bicycle etc... - déplorent que «certains psychotropes ne sont en effet pas remboursés par la sécurité sociale dans le cadre de leurs usages en psychiatrie, et ce malgré le niveau de preuve tels qu'ils sont mondialement recommandés».
Ils soulignent que cette rigidité «exclut les patients les plus démunis de l'accès à des traitements qui sont parfois les seuls efficaces», «une situation particulièrement vraie en médecine extra-hospitalière où les psychiatres sont plus susceptibles d'être contrôlés par la Caisse d'assurance maladie pour des prescriptions hors AMM», c'est-à-dire des médicaments prescrits pour une maladie ou un trouble autre que celui officiellement autorisé par les autorités sanitaires.
Une pénurie de psychotropes en France
Or, en psychiatrie, 43,5% des prescriptions se font hors autorisation de mise sur le marché (AMM), précisent-ils. Ces molécules «parfois indispensables» diminuent selon eux, «considérablement le recours à d'autres prises en charge (bien plus coûteuses quoique remboursées)» mais aussi le taux d'hospitalisation, la fréquence de consultations et des arrêts de travail. «La possibilité pour un praticien de faire accéder son patient au remboursement de ces molécules sans être inquiété par la CPAM est une mesure peu coûteuse pouvant être adoptée sur directive ministérielle», écrivent-ils.
L'adoption d'une telle mesure, pourrait aussi, selon eux «partiellement pallier la pénurie de psychotropes frappant le pays» depuis le début de l'année. Ils demandent que «soit établie la liste des médicaments dont les patients de psychiatrie doivent pouvoir bénéficier quelles que soient leurs ressources, y compris si cela implique une prise en charge par la CPAM alors que la molécule n'a pas d'AMM dans cette indication».
Les approvisionnements de médicaments à base de quétiapine, souvent prescrits pour traiter la schizophrénie et les troubles bipolaires, vont rester compliqués au moins jusqu'à la fin de l'année, a prévenu lundi l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L'autorité sanitaire maintient aussi un suivi hebdomadaire de la situation d'autres antipsychotiques (rispéridone, chlorpromazine, venlafaxine, téralithe), confrontés à des difficultés d'approvisionnement à des degrés divers.
Alors que la santé mentale est «grande cause nationale» en 2025, ces pénuries sont une épreuve pour les malades, pour qui un arrêt brutal de traitement peut avoir des conséquences dramatiques.
*En psychiatrie, « les patients devraient être remboursés de certaines molécules non encore autorisées »
Psychiatrie: des médecins réclament le remboursement de certains traitements non encore autorisés
Pour aller plus loin, consultez le site suivant très informatif sur le sujet :
Prescription hors autorisation de mise sur le marché en psychiatrie adulte - Afis Science - Association française pour l’information scientifique
Nouvelles fixes
Nos actions en cours
- Organisation de la formation Profamille, psychoéducation pour les familles
=> information et inscription
- Soutien du groupe musical "Les Voix de l'Aube"
- Soutien du groupe musical "Les Voix de l'Aube"
=> https://www.youtube.com/@AssociationTP-TP
- Organisation de la formation PSSM (Premiers secours en santé mentale)
- Organisation de la formation PSSM (Premiers secours en santé mentale)
=> 24 et 25 février à Sélestat (nous contacter)
Nouvelles
Nous avons besoin de vous (adhésion ou simple don)
https://www.helloasso.com/associations/troubles-psychiques-tous-partenaires
Affichage des articles dont le libellé est pénurie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pénurie. Afficher tous les articles
15 novembre 2025
25 septembre 2025
[Témoignage] : "C’est vraiment très lourd" : ces patients qui souffrent de la pénurie de psychotropes
Cela fait plusieurs mois que des médicaments psychiatriques sont touchés par des tensions ou des ruptures d’approvisionnement. Une situation dure à vivre pour ceux qui en dépendent, mais qui pourraient bientôt s’améliorer.
Pour les patients concernés, trouver le traitement adapté en pharmacie relève parfois du parcours du combattant. Renouveler son traitement en pharmacie est devenu source de « stress » pour Pauline, originaire de région parisienne. Comme des centaines de milliers de personnes, cette quadragénaire est atteinte d’un trouble bipolaire. Et comme de très nombreux patients, elle subit la pénurie de médicaments psychotropes qui touche la France depuis le début d’année, et qui la contraint à « anticiper » le plus possible le renouvellement de son ordonnance. Ou à avoir recours au système D avec les membres de son association de malades : « On se donne des boîtes de médicaments entre nous. »
Quétiapine, teralithe, sertraline, venlafaxine… Plusieurs médicaments utilisés dans le traitement de la schizophrénie, des troubles bipolaires et des états dépressifs font l’objet de tensions d’approvisionnement « dans un contexte de consommation croissante depuis plusieurs années », confirme l’ANSM (l’Agence nationale de sécurité du médicament). À cette situation s’ajoutent « des difficultés de production d’origines différentes ». Il y a par exemple eu « un problème au niveau de l’usine grecque » qui fabrique 60 % de la quétiapine distribuée en France, doublé d’un « défaut de conditionnement », détaille Lucie Bourdy-Dubois, membre du bureau national de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France). Résultat : il y a eu un « report de prescriptions de quétiapine vers le teralithe », lui-même confronté à un « problème de conformité de la matière première ».
Situation inédite
La pharmacienne, qui exerce dans la Nièvre, est formelle : « c’est la première fois » que les psychotropes sont touchés par de telles ruptures. Elle a elle-même déjà dû « appeler un médecin pour changer un traitement, car il était introuvable à ce moment-là ». Une situation difficile à gérer pour les patients, qui, comme Pauline, mettent parfois des années à « trouver celui qui [les] stabilise correctement ». « C’est vraiment très lourd », déplore la femme de 41 ans, a fortiori pour des personnes dans « des états de solitude et de désespoir extrêmes ». « Il peut y avoir une interruption brutale des traitements », conduisant, « dans les pires des cas, à des hospitalisations d’urgence et des suicides », alerte-t-elle.
Patrick (*), dont la « compagne bipolaire ne trouvait plus de quétiapine », a ainsi dû être hospitalisée après « une semaine sans médocs (sic) ». « Ils lui ont mis le traitement plus fort », assure-t-il, la laissant « complètement droguée ».
Pas tous égaux
De manière générale, « cette pénurie demande une certaine organisation de la part des patients », observe Pauline. Elle conseille par exemple de demander à son pharmacien de consulter le site Vigirupture, de sorte à pouvoir être orienté dans une officine où le traitement est bien disponible Elle-même est prête à aller en Belgique pour se fournir, mais se dit « privilégiée » d’avoir cette possibilité. « Cette pénurie creuse les inégalités d’accès aux soins », dénonce-t-elle.
Du côté de l’ANSM, on assure déployer « tous les leviers » à disposition « pour limiter l’impact de ces tensions ». Dans son dernier point de situation, le 4 septembre, l’agence a reconnu que des « tensions locales peuvent persister » sur la sertraline mais que les stocks « se reconstituent progressivement ». Elle fait en revanche état de « difficultés accrues » pour la quétiapine (300 et 400 mg) et « importantes » pour le teralithe. Comme pour la venlafaxine, « une amélioration est attendue à partir d’octobre ». Il faudra cependant « plusieurs semaines avant que les médicaments arrivent dans les pharmacies », précise Lucie Bourdy-Dubois.
(*) Le prénom a été modifié.
DNA 14/09/25
Témoignages. « C’est vraiment très lourd » : ces patients qui souffrent de la pénurie de psychotropes
Pour les patients concernés, trouver le traitement adapté en pharmacie relève parfois du parcours du combattant. Renouveler son traitement en pharmacie est devenu source de « stress » pour Pauline, originaire de région parisienne. Comme des centaines de milliers de personnes, cette quadragénaire est atteinte d’un trouble bipolaire. Et comme de très nombreux patients, elle subit la pénurie de médicaments psychotropes qui touche la France depuis le début d’année, et qui la contraint à « anticiper » le plus possible le renouvellement de son ordonnance. Ou à avoir recours au système D avec les membres de son association de malades : « On se donne des boîtes de médicaments entre nous. »
Quétiapine, teralithe, sertraline, venlafaxine… Plusieurs médicaments utilisés dans le traitement de la schizophrénie, des troubles bipolaires et des états dépressifs font l’objet de tensions d’approvisionnement « dans un contexte de consommation croissante depuis plusieurs années », confirme l’ANSM (l’Agence nationale de sécurité du médicament). À cette situation s’ajoutent « des difficultés de production d’origines différentes ». Il y a par exemple eu « un problème au niveau de l’usine grecque » qui fabrique 60 % de la quétiapine distribuée en France, doublé d’un « défaut de conditionnement », détaille Lucie Bourdy-Dubois, membre du bureau national de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France). Résultat : il y a eu un « report de prescriptions de quétiapine vers le teralithe », lui-même confronté à un « problème de conformité de la matière première ».
Situation inédite
La pharmacienne, qui exerce dans la Nièvre, est formelle : « c’est la première fois » que les psychotropes sont touchés par de telles ruptures. Elle a elle-même déjà dû « appeler un médecin pour changer un traitement, car il était introuvable à ce moment-là ». Une situation difficile à gérer pour les patients, qui, comme Pauline, mettent parfois des années à « trouver celui qui [les] stabilise correctement ». « C’est vraiment très lourd », déplore la femme de 41 ans, a fortiori pour des personnes dans « des états de solitude et de désespoir extrêmes ». « Il peut y avoir une interruption brutale des traitements », conduisant, « dans les pires des cas, à des hospitalisations d’urgence et des suicides », alerte-t-elle.
Patrick (*), dont la « compagne bipolaire ne trouvait plus de quétiapine », a ainsi dû être hospitalisée après « une semaine sans médocs (sic) ». « Ils lui ont mis le traitement plus fort », assure-t-il, la laissant « complètement droguée ».
Pas tous égaux
De manière générale, « cette pénurie demande une certaine organisation de la part des patients », observe Pauline. Elle conseille par exemple de demander à son pharmacien de consulter le site Vigirupture, de sorte à pouvoir être orienté dans une officine où le traitement est bien disponible Elle-même est prête à aller en Belgique pour se fournir, mais se dit « privilégiée » d’avoir cette possibilité. « Cette pénurie creuse les inégalités d’accès aux soins », dénonce-t-elle.
Du côté de l’ANSM, on assure déployer « tous les leviers » à disposition « pour limiter l’impact de ces tensions ». Dans son dernier point de situation, le 4 septembre, l’agence a reconnu que des « tensions locales peuvent persister » sur la sertraline mais que les stocks « se reconstituent progressivement ». Elle fait en revanche état de « difficultés accrues » pour la quétiapine (300 et 400 mg) et « importantes » pour le teralithe. Comme pour la venlafaxine, « une amélioration est attendue à partir d’octobre ». Il faudra cependant « plusieurs semaines avant que les médicaments arrivent dans les pharmacies », précise Lucie Bourdy-Dubois.
(*) Le prénom a été modifié.
DNA 14/09/25
Témoignages. « C’est vraiment très lourd » : ces patients qui souffrent de la pénurie de psychotropes
Inscription à :
Articles (Atom)