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25 avril 2026

Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés

Les personnes atteintes de schizophrénie ont des difficultés à reconnaître les émotions. Mais ces troubles pourraient aussi exister, plus discrètement, chez leurs proches. Une étude, portée par l’équipe PsyR2, explore les mécanismes cérébraux en jeu.

La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe qui affecte notamment la capacité à reconnaître les émotions, en particulier sur les visages. Ces difficultés ne sont pas anodines : elles sont liées à des problèmes relationnels, un repli social et une moindre autonomie.

Cependant, ces altérations ne concernent pas uniquement les patients. Des études montrent que leurs proches, pourtant en bonne santé, présentent eux aussi des difficultés, notamment face aux émotions négatives comme la peur ou la colère.

Portée par l’équipe PsyR2*, cette étude soulève une question clé : ces troubles pourraient-ils constituer un “endophénotype”, c’est-à-dire une signature intermédiaire entre les gènes et la maladie ?

Une approche plus proche de la vie réelle

Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont étudié trois groupes :
= des patients atteints de schizophrénie,
= leurs frères et/ou sœurs non malades,
= et des personnes sans trouble psychiatrique.

Tous ont réalisé une tâche sous IRM fonctionnelle (IRMf), consistant à reconnaître des émotions sur des visages intégrés dans un contexte émotionnel (et non présentés isolément). Cette approche se veut plus proche des situations réelles.

.../...

Ce texte est une reprise de l’article « Reconnaître les émotions : un indice caché de la schizophrénie ? » publié par le CH Le Vinatier le 14 avril 2026.

Lire l'article complet : 
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés - Santé Mentale

21 février 2026

L’Occitanie s’engage collectivement pour réduire les pratiques d’isolement et de contention

Depuis 2022, la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) Occitanie impulse, au niveau territorial, une dynamique de réduction durable du recours à l’isolement et à la contention. En fédérant les acteurs autour d’objectifs communs, en valorisant les expériences de terrain et en créant des espaces de dialogue inter-établissements, cette région fait figure de pionnière dans la structuration d’une telle politique. Cet article présente un point d’étape.

A. Salis (Ferrepsy), I. Garcia (CH Béziers), B. Le Floch Meunier (SRA Occitanie), M. Bordes (Ferrpsy),
J. J Morfoisse (SRA Occitanie), F. Olivier (Ferrepsy), R. Haoui (CH Béziers/Ferrepsy).

Les pratiques d’isolement et de contention constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour la psychiatrie, à la croisée des impératifs cliniques et du respect des droits des patients, dans une recherche d’équilibre au cœur d’une réflexion éthique sur les soins. La loi du 22 janvier 2022 (1) a profondément modifié le cadre juridique de ces mesures, en renforçant leur encadrement et le contrôle judiciaire, tout en réaffirmant leur caractère de dernier recours.

La réduction du recours à l’isolement et à la contention constitue un axe majeur de réflexion et de recherche pour la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) depuis sa création. À ce titre, la Ferrepsy a conduit plusieurs travaux, dont la première étude multicentrique menée auprès des établissements autorisés de l’ex Midi-Pyrénées (2), une étude qualitative portant sur le vécu des patients (3), ainsi qu’une étude multicentrique en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dont les résultats font actuellement l’objet d’un article en cours de rédaction.

C’est dans ce contexte que l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confié à la Ferrepsy, à la Structure Régionale d’Appui à la qualité et à la sécurité des soins (SRA) Occitanie une mission régionale inédite. Elle vise à coordonner et à accompagner des établissements autorisés à réaliser des soins sans consentement, afin de réduire durablement le recours à l’isolement et à la contention sur l’ensemble du territoire occitan.

La démarche régionale s’articule autour de quatre grandes étapes : la création d’une dynamique collective regroupant les établissements et les professionnels de terrain, la réalisation d’une enquête régionale pour objectiver et analyser les pratiques, le recueil d’indicateurs partagés et le déploiement progressif d’une Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) régionale, destinée à structurer l’amélioration continue. Cette organisation permet de combiner animation territoriale, partage de savoir-faire, échanges inter-établissements et évaluation formalisée des pratiques, en cohérence avec les recommandations nationales et les objectifs de moindre recours à l’isolement et à la contention.

Une mission régionale structurante et fédératrice

Conduite depuis octobre 2022, cette mission a pour ambition d’animer et de structurer une communauté régionale de référents et de binômes soignants impliqués dans la mise en place des stratégies de moindre recours « isolement/contention » au sein des établissements.
Vingt-et-un établissements, couvrant l’ensemble de la région Occitanie, ont été mobilisés, avec la participation d’environnement 150 professionnels tout au long du projet, en tenant compte du turn-over des équipes.

Découvrez la Journée Régionale d’échange moindre recours isolement et contention, Ferrepsy Occitanie, en vidéo.

1 – Article 17 – LOI n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, Légifrance, en ligne: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000045062872
2 – J.L. Senon, R. Carré, S. Porteau, A. Clénet, V. Dujardin, R. Haoui, Contention en psychiatrie : de nouvelles approches pour mieux la comprendre – Epidémiologie de la contention : première étude en France sur 13 établissements psychiatriques (Ferrepsy-Occitanie), French Journal of Psychiatry, https://doi.org/10.1016/S2590-2415(19)30012-1.
3 – Carré, R., Moncany, A.-H., Schmitt, L. et Haoui, R. (2017). Contention physique en psychiatrie : étude qualitative du vécu des patients. L’information psychiatrique, 93(5), 393-397. https://doi.org/10.1684/ipe.2017.1644

(…) Un article à télécharger gratuitement en pdf

L'Occitanie s'engage collectivement pour réduire les pratiques d'isolement et de contention - Santé Mentale

15 février 2026

Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique

TRIBUNE

Avec la création d’établissements pénitentiaires spécifiques pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger plutôt que comme une souffrance à accompagner, déplore un collectif de psychiatres et de magistrats, dans une tribune au « Monde ».

Publié le 04 février 2026

Alors que le gouvernement a proclamé 2025 « année de la santé mentale » et a décidé de la prolonger en 2026, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, propose de créer des établissements pénitentiaires spécifiquement destinés aux personnes incarcérées souffrant de troubles psychiatriques. Ce choix, parce qu’il inscrit la prise en charge dans un cadre carcéral, dans un contexte où la psychiatrie publique de droit commun est profondément fragilisée, place d’emblée la souffrance psychique sous une logique de gestion du risque plutôt que dans celle du soin. Il ne s’agit pas ici de nier la souffrance des prisons françaises, ni de céder à la tentation d’opposer la sécurité aux soins. Il s’agit d’expliquer pourquoi la proposition avancée constitue une entrave au principe du soin, mission essentielle d’Etat.

L’idée avancée paraît simple : regrouper ces personnes dans un même lieu permettrait de mieux les prendre en charge. Mais c’est précisément cette inversion qui pose problème. Dès lors que le cadre est pénitentiaire, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger à organiser plutôt que comme une souffrance à accompagner. C’est d’ailleurs une tension qui encombre chaque jour les soignants en milieu pénitentiaire, dans les dispositifs de soins psychiatriques implantés dans les prisons, comme dans les neuf unités hospitalières spécialement aménagées.

La simple phrase : « Avez-vous bien pris votre traitement ? », prononcée en prison dans un quotidien rythmé par l’enfermement, les contrôles et les mesures d’ordre risque systématiquement d’éloigner la personne détenue du soin en l’associant à ces enjeux judiciaires. Cela risque également de fragiliser l’établissement d’une confiance et d’empêcher ainsi la mise en place d’une réelle alliance thérapeutique avec les soignants, ces derniers ayant pour mission principale l’apaisement d’une souffrance personnelle...

« Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique »

27 janvier 2026

Le jeu de rôle, un outil de soin ?

Santé mentale N°303 Décembre 2025

Les équipes soignantes mobilisent de plus en plus le jeu de rôle dans leurs pratiques. Cet outil met en travail les capacités relationnelles, les angoisses du lien, les difficultés de la rencontre et de l’ajustement avec l’autre, autant de problématiques au cœur des troubles psychiques. Quelles différences avec le psychodrame ? Rétablissement, psychoéducation, entraînement des habiletés sociales, formation… Comment le jeu de rôle permet-il d’expérimenter une autre place, de "progresser" ou d’engager des changements profonds ?

22 novembre 2025

Santé mentale, psychiatrie et idées reçues

Les troubles psychiques représentent une des principales causes de souffrances et de handicap dans le monde. 

En 2019, selon l’OMS, cela concernait une personne sur huit dans le monde, soit 970 millions de personnes, les troubles anxieux et les troubles dépressifs étant les plus courants. En France, environ un Français sur cinq sera concerné au cours de sa vie et environ 2,4 millions de personnes sont prises en charge chaque année en établissement spécialisé pour des troubles psychiatriques. Chaque année, environ 7,5 % des Français âgés de 15 à 85 ans souffrent de dépression et l’on recense 9 300 suicides et 200 000 tentatives de suicide par an (le suicide reste la première cause de mortalité chez les 25-35 ans).

Ces troubles restent souvent incompris et mal traités au sein de la population générale, mais aussi dans le corps médical lui-même qui n’est pas le dernier à tenir des propos stigmatisants à l’encontre des usagers de la psychiatrie. Parfois même, les professionnels de la santé mentale tombent eux-mêmes dans le piège des idées reçues. Souvent considérés comme des oiseaux bizarres par les autres médecins , fréquemment dans des services à part des autres spécialités médicales, dans des bâtiments déconnectés du reste de l’hôpital, les psychiatres ont aussi leur part du travail à faire pour rendre leurs pratiques plus transparentes, homogènes et compréhensibles aux yeux du grand public, mais aussi des autres médecins.

Petit tour d’horizon de cette jungle de la santé mentale bien trop luxuriante et dans laquelle le patient tente tant bien que mal de se frayer un chemin.

06 novembre 2025

Des baskets et un dossard : aux courses de Colmar, des patients en soins psy vont dépasser la maladie

Sur la ligne de départ, on imagine que leur cœur va battre encore un peu plus fort que celui de leurs voisins. Ce dimanche 2 novembre, une petite équipe de patients en soins psychiatriques participera aux courses de Colmar. Rencontre avec un groupe qui a transformé un sport individuel en une formidable aventure collective.

Ils s’appellent Éric, Sophie, David ou Marie, ont traversé des graves périodes de dépression, souvent liées au travail, sont atteints de schizophrénie ou ont traversé des périodes d’addiction. Des parcours de vie passés par une hospitalisation en soins psychiatriques, qui ont convergé vers une même piste d’athlétisme, à enchaîner les tours de stade, quelle que soit la météo.

Athlétisme. Des baskets et un dossard : aux courses de Colmar, des patients en soins psy vont dépasser la maladie

25 septembre 2025

[Témoignage] : "C’est vraiment très lourd" : ces patients qui souffrent de la pénurie de psychotropes

Cela fait plusieurs mois que des médicaments psychiatriques sont touchés par des tensions ou des ruptures d’approvisionnement. Une situation dure à vivre pour ceux qui en dépendent, mais qui pourraient bientôt s’améliorer.

Pour les patients concernés, trouver le traitement adapté en pharmacie relève parfois du parcours du combattant. Renouveler son traitement en pharmacie est devenu source de « stress » pour Pauline, originaire de région parisienne. Comme des centaines de milliers de personnes, cette quadragénaire est atteinte d’un trouble bipolaire. Et comme de très nombreux patients, elle subit la pénurie de médicaments psychotropes qui touche la France depuis le début d’année, et qui la contraint à « anticiper » le plus possible le renouvellement de son ordonnance. Ou à avoir recours au système D avec les membres de son association de malades : « On se donne des boîtes de médicaments entre nous. »

Quétiapine, teralithe, sertraline, venlafaxine… Plusieurs médicaments utilisés dans le traitement de la schizophrénie, des troubles bipolaires et des états dépressifs font l’objet de tensions d’approvisionnement « dans un contexte de consommation croissante depuis plusieurs années », confirme l’ANSM (l’Agence nationale de sécurité du médicament). À cette situation s’ajoutent « des difficultés de production d’origines différentes ». Il y a par exemple eu « un problème au niveau de l’usine grecque » qui fabrique 60 % de la quétiapine distribuée en France, doublé d’un « défaut de conditionnement », détaille Lucie Bourdy-Dubois, membre du bureau national de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France). Résultat : il y a eu un « report de prescriptions de quétiapine vers le teralithe », lui-même confronté à un « problème de conformité de la matière première ».

Situation inédite

La pharmacienne, qui exerce dans la Nièvre, est formelle : « c’est la première fois » que les psychotropes sont touchés par de telles ruptures. Elle a elle-même déjà dû « appeler un médecin pour changer un traitement, car il était introuvable à ce moment-là ». Une situation difficile à gérer pour les patients, qui, comme Pauline, mettent parfois des années à « trouver celui qui [les] stabilise correctement ». « C’est vraiment très lourd », déplore la femme de 41 ans, a fortiori pour des personnes dans « des états de solitude et de désespoir extrêmes ». « Il peut y avoir une interruption brutale des traitements », conduisant, « dans les pires des cas, à des hospitalisations d’urgence et des suicides », alerte-t-elle.

Patrick (*), dont la « compagne bipolaire ne trouvait plus de quétiapine », a ainsi dû être hospitalisée après « une semaine sans médocs (sic) ». « Ils lui ont mis le traitement plus fort », assure-t-il, la laissant « complètement droguée ».

Pas tous égaux

De manière générale, « cette pénurie demande une certaine organisation de la part des patients », observe Pauline. Elle conseille par exemple de demander à son pharmacien de consulter le site Vigirupture, de sorte à pouvoir être orienté dans une officine où le traitement est bien disponible Elle-même est prête à aller en Belgique pour se fournir, mais se dit « privilégiée » d’avoir cette possibilité. « Cette pénurie creuse les inégalités d’accès aux soins », dénonce-t-elle.

Du côté de l’ANSM, on assure déployer « tous les leviers » à disposition « pour limiter l’impact de ces tensions ». Dans son dernier point de situation, le 4 septembre, l’agence a reconnu que des « tensions locales peuvent persister » sur la sertraline mais que les stocks « se reconstituent progressivement ». Elle fait en revanche état de « difficultés accrues » pour la quétiapine (300 et 400 mg) et « importantes » pour le teralithe. Comme pour la venlafaxine, « une amélioration est attendue à partir d’octobre ». Il faudra cependant « plusieurs semaines avant que les médicaments arrivent dans les pharmacies », précise Lucie Bourdy-Dubois.

(*) Le prénom a été modifié.

DNA 14/09/25

Témoignages. « C’est vraiment très lourd » : ces patients qui souffrent de la pénurie de psychotropes

10 mai 2025

Sarre-Union : Les membres du GEM ont réalisé un film sélectionné dans un festival

Article dans les DNA : Moteur, action ! Les membres du GEM ont créé un film sélectionné dans un festival en Moselle

Fruit d’un partenariat entre le Groupe d’entraide mutuelle (GEM) Renaître, la bibliothèque d’Alsace et la Grange aux paysages, le film "À l’air libre" a été sélectionné dans le cadre du 44e Festival psy de Lorquin (Moselle). Il sera présenté mardi 13 mai à 15 h en salle Charcot au centre hospitalier de Lorquin.

Espace d’accueil, d’échanges et de convivialité, le Groupe d’entraide mutuelle (GEM) Renaître de Sarre-Union est un lieu ouvert sur la ville pour les personnes adultes en situation de handicap psychique.

Une œuvre collective

"Notre objectif, c’est de rompre l’isolement des personnes concernées, contribuer à une perspective d’insertion sociale et professionnelle, favoriser l’entraide et le partage grâce à des activités culturelles, sportives ou artistiques", explique Pascale Muller, coordinatrice et animatrice du GEM.

09 avril 2025

Handicap psychique et entreprise : un défi à relever ensemble

Il y a des réalités que l’on ne perçoit qu’en s’y frottant. Le handicap psychique en fait partie. Invisible aux yeux de beaucoup, il façonne pourtant la vie de milliers de personnes et de leurs proches, bousculant leurs trajectoires, leurs ambitions et leur accès au travail. En France, si l’inclusion progresse, elle se heurte encore à des résistances tenaces, tant culturelles que structurelles.

Depuis plus de cinquante ans, l’Association La Roche s’attelle à déconstruire ces barrières. Hébergement, accompagnement social, insertion professionnelle, son engagement va bien au-delà du simple soutien. Elle repense les modèles, fait éclater les silos et tisse des ponts entre les acteurs publics, les entreprises et les territoires.

« On est contre les ghettos du handicap », entame Christian Lalbertier, Président de l’Association. « L’inclusion, ce n’est pas mettre des personnes en situation de handicap dans un coin à part. C’est leur donner toute leur place dans la société, dans l’entreprise, dans la vie. »

.../...


13 janvier 2025

[Enquête] : La santé mentale sans consentement

Grande enquête en 3 volets dans le journal "Le Monde".

1/3 : La psychiatrie publique en France, un système à bout de souffle.

Les difficultés auxquelles le secteur est confronté, dont le manque de praticiens, révèlent des fractures dans une discipline chargée d’une mission délicate depuis deux siècles : soigner des patients, parfois contre leur gré, tout en respectant leurs droits.

2/3 : « Leurs paroles n’ont jamais aucun crédit » : l’impossible dialogue entre les patients en psychiatrie et les juges.

Depuis une loi de 2011, les juges contrôlent la régularité des mesures de soins psychiatriques imposées contre leur volonté à des malades. Les audiences, tenues au sein des hôpitaux, révèlent l’équilibre difficile entre protection des patients, défense de leurs droits et sécurité de la société.

3/3 : « Il y en a combien qui souffrent comme cela depuis des années ? » : enquête sur les patients attachés dans les hôpitaux psychiatriques

La contention mécanique au sein des hôpitaux psychiatriques constitue l’acte le plus grave de privation de liberté. Son contrôle par la justice demeure limité en raison d’une loi jugée trop complexe, et des réticences d’une partie de la psychiatrie.

21 décembre 2024

Quels sont les symptômes négatifs de la schizophrénie ?

Publié le 19 déc. 2024 par Manon Duran

En collaboration avec Pr Fabrice Berna (psychiatre et professeur de psychiatrie au CHU de Strasbourg)

Sommaire

- Symptômes négatifs : de quoi s’agit-il ?

- Schizophrénie : quels sont les autres types de symptômes ?

- Schizophrénie : quels sont les principaux symptômes négatifs ?

- Quel est l’impact des symptômes négatifs de la schizophrénie au quotidien ?

- Causes : comment expliquer ces symptômes négatifs ?

- Traitement : comment prendre en charge les symptômes négatifs de la schizophrénie ?

Symptômes négatifs schizophrénie : de quoi s’agit-il ? | Santé Magazine

19 décembre 2024

Certains traitements antipsychotiques accroissent la vulnérabilité à la chaleur

Des médicaments prescrits aux personnes atteintes de troubles mentaux, dont les neuroleptiques, altèrent la thermorégulation. Des initiatives émergent pour limiter les décès lors des épisodes de canicule. (Article du Monde le 18/12/2024)



17 décembre 2024

[Alerte] : Les groupes d’entraide mutuelle unis face aux baisses de financement

Touchés cette année et surtout en 2025 par la baisse et l’arrêt de subventions, les quatre groupes d’entraide mutuelle (GEM) du Sud Alsace parrainés par l’association Marguerite-Sinclair jouent la carte de la solidarité entre eux. Ils sont inquiets pour la pérennité des postes.

Le courrier de la CEA (Collectivité européenne d’Alsace) est arrivé dans les boîtes aux lettres de la plupart des 20 GEM (groupes d’entraide mutuelle) du Haut-Rhin et du Bas-Rhin au début de l’été. ll leur annonçait une baisse de la moitié des subventions pour 2024, alors que l’année budgétaire était forcément avancée, et l’arrêt total en 2025.



27 novembre 2024

[Débat] : De la psychiatrie à la santé mentale : déstigmatiser les malades ou euphémiser la maladie ?

En déclarant grande cause nationale la santé mentale, une dénomination large qui va de l’anxiété à la schizophrénie, le gouvernement Barnier fait craindre aux médecins que l’on oublie les pathologies psychiatriques.

Qui pourrait être contre ? La « santé mentale » est devenue, en quelques semaines, un enjeu inscrit à l’agenda politique de tous les ministères du nouveau gouvernement – à commencer par la santé, le travail, l’éducation, le logement…

Un « sujet majeur », a défendu le premier ministre, Michel Barnier, jeudi 10 octobre, débutant cette journée marathon marquée par la présentation de deux textes budgétaires, avec un déplacement dans la Vienne sur ce thème. La santé mentale sera la « grande cause nationale » de l’année 2025. Dont acte.

Et pourtant, derrière cette communication politique, une réserve se fait entendre dans les cercles de psychiatres : braquer les projecteurs sur la santé mentale, n’est-ce pas risquer de reléguer dans l’ombre la psychiatrie, ses établissements, ses malades ?

La bataille, sémantique, n’est pas nouvelle, mais elle n’est pas pour autant anodine. La notion de santé mentale émerge dans les années 1960, alors qu’on ne parlait jusque-là que de psychiatrie, d’asiles ou d’« hygiène mentale ». Ce sont des psychiatres eux-mêmes qui insufflent cette appellation nouvelle, de manière émancipatrice, pour remettre le malade « dans la cité ». Dans les années 1980, des médecins, encore, proposent de remplacer les hôpitaux psychiatriques par des établissements publics de santé mentale, ce qui sera le cas dans la décennie suivante.

Un « état de bien-être »

Mais progressivement, la santé mentale va aller bien au-delà du champ médical, et agréger des dimensions toujours plus nombreuses : dans les années 2000, l’Organisation mondiale de la santé la définit en tant que composante essentielle de la santé, comme un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive ». Au risque de brouiller les cartes, en ouvrant considérablement le champ, comme vont continuer à le faire d’autres instances.

De la psychiatrie à la santé mentale : déstigmatiser les malades ou euphémiser la maladie ?

02 novembre 2024

[Santé mentale] : "J'ai fait le test, c'est trop bien"... Prendre ChatGPT comme psy, est-ce une si bonne idée ?

Sur Instagram et TikTok, plusieurs influenceuses racontent utiliser ChatGPT en guise de psychologue. L’idée est-elle intéressante ou complètement conne ? Enquête de 20minutes.

Résumé :
Alors que la santé mentale des Français est au plus bas, certains décident de se tourner vers l’intelligence artificielle (notamment ChatGPT) pour trouver du soutien psychologique.
Si le chatbot a de nombreux atouts (gratuité, disponibilité, rapidité), le prendre pour son psy présente aussi des risques non négligeables.
"Chez un utilisateur qui est en souffrance psychologique et qui n’a pas de proche à qui se confier, cette pratique risque de l’isoler davantage. Et on sait que l’isolement est un facteur très aggravant pour la santé mentale", prévient Joséphine Arrighi de Casanova, vice-présidente du collectif MentalTech et responsable santé mentale chez Qare.

Lire l'enquête :

28 octobre 2024

[Santé mentale] : Méfiez-vous de la mode et de la banalisation

La question des troubles de santé mentale semble avoir envahi les médias et les réseaux sociaux ces dernières années. Pas étonnant : la pandémie de Covid-19 est passée par là, faisant exploser les problèmes psychologiques. Mais de quoi parle-t-on exactement lorsque l’on parle de « santé mentale » ? Qu’est-ce qui entre dans la catégorie des troubles ? Qui est concerné ? Faisons le point.

Thèmes abordés :

Une épidémie de souffrance mentale
Comment s’appelle la santé mentale ?
Terminologie ambiguë
Combien de personnes sont touchées par des troubles psychologiques ?
Quelles sont les réponses apportées ?
Mieux informer la population

ll est essentiel de fournir une information claire et vulgarisée sur les troubles psychologiques à la population générale, et notamment aux parents, aux enseignants ou aux travailleurs sociaux, afin que l’attention « citoyenne » puisse faciliter leur identification, si possible précocement.

C’est par exemple ce qui est proposé dans les programmes éducatifs de premiers secours en santé mentale, soutenus par les pouvoirs publics depuis plusieurs années.

Le domaine de la santé mentale est riche et complexe et ne doit pas être simplifié ni encore moins galvaudé. Surtout, les troubles psychologiques et la psychiatrie, et leurs besoins, ne doivent pas être modestement occultés, car les enjeux de santé publique qui leur sont associés sont majeurs.

18 octobre 2024

[PUB] : Professeurs et étudiants promeuvent la psychiatrie

Alors que s’est achevé le 4 septembre le choix des futures spécialités par les étudiants en médecine, avant leur affectation définitive par spécialité et par établissement le 23 septembre, comme l’annonce le Centre national de gestion (CNG) le Collège national universitaire en psychiatrie (CNUP), l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) et l’Association française fédérative des étudiants en psychiatrie (AFFEP) ont lancé une campagne de promotion pour la psychiatrie.

12 % de postes non pourvus en 2023

C'est l’occasion, pour les professeurs et internes en psychiatrie, de combattre des idées reçues concernant la psy, qui éloigne les étudiants de cette spécialité. Car depuis quelques années, elle connaît un véritable désamour chez les étudiants en médecine. Alors qu’en 2017, seuls 1,38 % des postes proposés en psychiatrie n’étaient pas pourvus, ce taux est passé à 17 % en 2019, pour s’établir à 12 % en 2023. Pour contrer cette érosion, l’Association française fédérative des étudiants en psychiatrie (AFFEP) avait lancé en 2019 une campagne de promotion pour redorer le blason de cette spécialité, en lançant notamment le hashtag #Jechoisislapsy.

Choisir psychiatrie

Cette année, l’AFFEP a été rejointe par le Collège national des universitaires en psychiatrie (CNUP) pour combattre les idées reçues attachées à la psy et inciter les futurs internes à s’investir dans cette spécialité, dans le cadre d’une campagne baptisée « Choisir psychiatrie ». Car il y a péril en la demeure : la psy fait partie des quatre spés les plus délaissées par les étudiants lors de la procédure de choix à la suite des épreuves dématérialisées nationales (EDN), alors même « qu’un quart des médecins psychiatres ont plus de 65 ans et que 1 Français sur 5, soit 13 millions de personnes, vit avec un trouble mental ou psychique ».

La campagne « Choisir psychiatrie » s’appuie sur la publication d’un baromètre « Les Français et la psychiatre », l’organisation de nuit de la psychiatrie dans plusieurs villes universitaires (Bordeaux, Grenoble, Lille, Strasbourg et Tours) en 2025, ainsi qu’une campagne digitale « déployée dès la rentrée universitaire afin d’aller au plus près des étudiants en médecine, mais aussi des futurs étudiants ».

Baromètre « Les Français et la psychiatrie »

Le baromètre du CNUP « Les Français et la psychiatrie » montre que nombre d’idées reçues sont attachées à la psy : 61 % des Français jugent l’univers psychiatrique anxiogène, 51 % des Français (et 24 % des étudiants en médecine) pensent que la psychiatrie est un univers opaque, tandis que 62 % des étudiants en médecine considèrent la psychiatrie comme une discipline peu prestigieuse. Par ailleurs, pour 49 % des étudiants en médecine, la recherche en psychiatrie semble moins intéressante que dans d’autres spécialités. Autre préjugé : 45 % des lycéens pensent que les psychothérapeutes ont obligatoirement fait des études de médecine et 34 % pensent qu’ils peuvent prescrire des médicaments.

Paradoxalement, malgré ces préjugés, 51 % des Français craignent d’être atteints d’un trouble psychiatrique et 87 % d’entre eux (100 % des étudiants en médecine) jugent le métier de psychiatre utile d’un point de vue social.

Stage obligatoire

Pour renforcer l’attractivité de cette spécialité, 69 % des étudiants en médecine prônent l’idée d’un stage obligatoire en psychiatrie pendant leurs études. Information et communication sur la psychiatrie sont également plébiscitées : 97 % des étudiants en médecine pensent « que le fait que les médias et les politiques parlent de plus en plus de la santé mentale est une bonne chose ».

Jean-Bernard Gervais

Professeurs et étudiants promeuvent la psychiatrie (medscape.com)

16 octobre 2024

La "santé mentale", grande cause nationale : un petit pas pour les psys et un grand pas pour les patients ?

L’annonce faite lors du discours de politique générale du Premier ministre a été plus que confirmée. A l’occasion de la journée de la santé mentale, ce 10 octobre, Michel Barnier a redit sa détermination d’en faire la grande cause nationale pour l’année 2025. Il a ainsi déroulé une feuille de route avec cinq axes : la communication, la prévention, le déploiement d’initiatives collectives prometteuses, le soutien aux professionnels et l’intensification des efforts en matière de recherche. Le Premier Ministre, qui est sans conteste le premier de la cinquième République à s’engager aussi fermement sur ce sujet a même détaillé quelques mesures : généralisation de la formation aux premiers secours, réorganisation des parcours, doublement du nombre de maisons des adolescents…