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Affichage des articles dont le libellé est psychiatrie. Afficher tous les articles
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26 mai 2026

Pour un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie

La FNUJA – Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats, réunie en Congrès à Grenoble du 13 au 16 mai 2026, emboîte le pas à la CGLPL – Contrôleur général des lieux de privation de liberté et à nombre de soignants, en exigeant dans une motion l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie.

La FNUJA EXIGE ainsi l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie, applicable tant aux enfants admis en soins psychiatriques sans consentement qu’à ceux admis en « soins libres » sur décisions de ses représentants légaux ou du juge des enfants, afin de garantir le respect effectif de leur dignité et de leurs droits et libertés fondamentaux ;

Elle APPELLE de ses vœux une réforme du code de la santé publique prévoyant :

● La délivrance obligatoire d’une information écrite, adaptée et accessible à l’enfant hospitalisé sur ses droits et ses voies de recours dès son admission,
● Le recueil systématique des souhaits de l’enfant dès son admission, dès lors qu’il est apte à exprimer sa volonté, et ce, quel que soit son âge,
● L’instauration d’un contrôle juridictionnel systématique, par le magistrat en charge du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés dans le domaine des soins sans consentement, pour toute hospitalisation en psychiatrie d’un enfant, et ce dans un délai de 12 jours maximum suivant l’hospitalisation, et l’assistance ou représentation obligatoire par un avocat ;
● La prohibition absolue du recours à l’isolement et à la contention pour les enfants,
● l’interdiction de l’accueil de tout enfant en services de soins pour adultes,
● La garantie effective du droit à l’éducation durant le temps de l’hospitalisation,
● La désignation d’un administrateur ad hoc en cas d’opposition d’intérêts entre l’enfant et ses
représentants légaux

Pour un statut légal de l'enfant hospitalisé en psychiatrie - Santé Mentale

30 avril 2026

Psychia’tips : des repères cliniques

Pour consolider les savoirs des nouveaux soignants, des infirmiers ont créé Psychia’tips des "fiches repères" en pharmaco et sémiologie.

À leur arrivée en psychiatrie, de nombreux infirmiers expriment leur manque de connaissances liées aux pathologies et à la pharmacologie. Ils signalent également leurs difficultés à déployer des postures cliniques adaptées et à construire progressivement leur rôle propre. Pour répondre à ces attentes, un groupe d’infirmiers du Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand, accompagné d’un infirmier en pratique avancée (IPA), a créé Psychia’tips, un livret de poche pensé comme un outil concret et pratique.

Ce livret se compose de fiches synthétiques réparties en deux volets complémentaires. Le premier aborde les pathologies psychiatriques les plus fréquentes, avec repères cliniques, éléments essentiels de prise en charge infirmière et schémas facilitant la visualisation rapide des situations de soins. Le second présente les grandes classes pharmacologiques, avec noms commerciaux et dénomination commune internationale (DCI), points de vigilance, surveillances à mettre en place et rappels du rôle propre. Un lexique codé par couleur facilite l’identification des classes de médicaments, la mémorisation et la lecture visuelle.

La structure modulaire de ce support permet de l’actualiser et de l’enrichir de nouvelles fiches afin de couvrir progressivement les situations cliniques rencontrées dans les différents services. Validé par les pharmaciennes et le président de la Commission médicale d’établissement (CME), ce livret tient dans la poche et accompagne le travail quotidien des soignants. Il sert de repère aux nouveaux professionnels et de support de psychoéducation, permettant de transmettre aux patients des informations claires, uniformisées et validées médicalement.

Produits par le CATTP Madeleine-Gaillard, plus de 250 exemplaires ont déjà été diffusés. Le projet a reçu le prix des Pépites de l’Association hospitalière Sainte-Marie (AHSM) 2025, soulignant son utilité et son ancrage de terrain. Une démarche de protection et de labellisation est en cours pour permettre une diffusion plus large au sein de l’AHSM et au-delà. Psychia’tips illustre ainsi la créativité des infirmières et leur capacité à s’inscrire dans une dynamique de transmission des savoirs pour améliorer la qualité des soins et faciliter l’intégration des nouveaux soignants.

Contact : Guillaume Miton, IPA, guillaume.miton@ahsm.fr.

Psychia'tips : des repères cliniques - Santé Mentale

24 avril 2026

Psychiatrie : quand le bon sens populaire devient toxique

"Quand on veut, on peut"💪

On vous a sûrement dit un truc comme ça en pensant vous aider.
En psychiatrie, certains proverbes ne sont pas juste faux, mais carrément contre-productifs.


1. "Quand on veut, on peut", justement
- certains troubles psy (dépression sévère, schizophrénie...) touchent directement la motivation
- demander à un patient de "vouloir plus fort", c'est comme demander à quelqu'un avec une jambe cassée de courir : "lève-toi et marche"

2. "Le temps guérit toutes les blessures"
- un trouble bipolaire ou une schizophrénie non traités ne s'arrangent pas seuls
- les mécanismes d'évitement dans les troubles anxieux se renforcent
=> Le temps sans soin n'est pas de la patience, c'est une perte de chance en fait

3. "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts"
- non, une dépression, une addiction, une entrée en schizophrénie, des troubles dissociatifs après un trauma dans l'enfance, ça ne rend pas plus fort
- on peut se reconstruire, mais ça laisse des cicatrices. Pas des super-pouvoirs

4. "Il suffit de se secouer un bon coup"
- on ne se "secoue" pas d'une crise de panique ou d'un TOC (on l'est déjà bien assez...)
- cela suppose que le trouble psychique est une question de volonté ou de paresse
- faire cela, c'est surtout ajouter une couche de culpabilité

5. "La parole est d'argent, mais le silence est d'or"
- en santé mentale, c'est souvent l'inverse
- le silence peut alimenter l'isolement, la rumination, la honte
- mettre des mots sur ce qu'on vit (avec un soignant, un proche...) aide à mieux comprendre et à avancer

6. "L'oisiveté est la mère de tous les vices"
- en burn-out ou en dépression, le repos n'est pas de la paresse: c'est une prescription. Il faut recharger les batteries
- forcer l'activité à tout prix peut aggraver l'épuisement, la culpabilité, retarder le rétablissement

7. "Chassez le naturel, il revient au galop"
- implique que tout changement est impossible, donc pas d'espoir
- important: le cerveau avec sa neuroplasticité peut moduler ses schémas, même anciens. C'est le fondement même des psychothérapies comme les TCC

8. "Il n'y a pas de fumée sans feu"
- dans les problématiques psychotiques, le patient peut être convaincu d'être persécuté sans aucun fait réel
- dans la phobie d'impulsion, les gens recherchent une origine aux pensées envahissantes...
=> il n'y a pas forcément de "feu" à retrouver

9. "Aide toi et le ciel t'aidera"
- attaque de panique, crise suicidaire... parfois, on ne sort pas seul d'une détresse psychique aiguë. Tout comme on ne gérerait pas seul une détresse respiratoire
- l'entourage, les soignants..ne sont pas un luxe. C'est ce qui permet de survivre

10. "Il faut savoir tourner la page"
- ça ne se décrète pas
- deuil pathologique, dépressions résistantes, traumatismes complexes... sont précisément des situations où "tourner la page" est très difficile même avec accompagnement
- ⚠️ couche de culpabilité ajoutée !

Les proverbes condensent une sagesse réelle.
Mais en santé mentale, le "bon sens" peut invalider, culpabiliser, retarder le soin.
À retenir : le cerveau est un organe, pas un muscle moral.

À diffuser si vous connaissez quelqu'un à qui ça peut servir !


Dr David MASSON, psychiatre

03 avril 2026

Les directives anticipées en psychiatrie (DAP) : qu'est-ce que c'est ?

L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) publie deux nouvelles ressources pour accélérer le déploiement des Directives anticipées en psychiatrie (DAP) : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Encore peu déployées dans les établissements malgré des bénéfices démontrés, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) constituent un levier majeur pour améliorer les parcours de soins et renforcer les droits des usagers.

Dans la continuité de sa webconférence de juillet 2025, l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) en collaboration avec le « Collectif national pour le déploiement des Directives Anticipées en Psychiatrie (DAP) » publie deux nouvelles ressources pour accélérer leur déploiement : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Ces outils sont destinés aux directions d’établissement, CME, Commission de Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques, encadrements médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs.

Outils reconnus de santé publique, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) contribuent à prévenir les situations de crise, à renforcer l’alliance thérapeutique et à réduire les hospitalisations sans consentement (–23 à –25 %). Elles permettent également de diminuer le recours à l’isolement et à la contention.
Pourtant, malgré ces bénéfices démontrés, leur mise en oeuvre reste inégale, peu structurée et souvent marginale dans les pratiques. Les freins sont multiples : manque d’outillage, absence de pilotage institutionnel, formation insuffisante des professionnels, difficulté à intégrer le savoir expérientiel des personnes concernées et à mesurer l’impact réel du déploiement.

Un partage de trois retours d’expérience

Le webinaire et le guide de l’Anap ont pour objectif de mettre en lumière les leviers d’un déploiement réussi à travers 3 outils consolidés de mesures ou directives anticipées en psychiatrie :– DAiP (Directives anticipées incitatives en psychiatrie) : cet outil est déployé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences. Son déploiement s’appuie sur un engagement fort de l’établissement, un pilotage structuré, la formation des équipes et l’intégration dans le dossier patient.

Deux dates pour le webinaire :
15 avril de 13h à 14h

19 février 2026

Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation !

Publié le 10 février 2026

Dans un communiqué commun, des associations d’usagers et de professionnels de la psychiatrie s’insurgent contre une nouvelle proposition de loi qui envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Selon eux, cette dérive législative crée la confusion entre maladie psychiatrique et radicalisation et va à l’encontre des recommandations de bonnes pratiques médicales de l’Haute autorité de santé.

Les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts souhaitent alerter sur les dangers de la Proposition de loi (PPL) visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat, n° 2180, déposée le mardi 2 décembre 2025, notamment sur la confusion véhiculée entre radicalisation et troubles psychiatriques, et sur les conséquences potentiellement désastreuses sur le système de soins psychiatriques d’une part et la sécurité de la société dans son ensemble d’autre part.
En préambule, si la PPL s’appuie sur 2 exemples dramatiques qui nécessitent une réflexion approfondie sur le devenir des personnes sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF), rappelons qu’à ce jour aucune étude ne montre de lien entre maladie mentale et terrorisme. En outre, le deuxième crime mentionné ne concerne pas une problématique terroriste mais une problématique de violence sexuelle, qui, si elle n’est pas moins dramatique, appelle des réponses différentes (cf audition au Sénat).

Cette nouvelle proposition de loi envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous OQTF. Il existe déjà des dispositifs d’évaluation au niveau départemental et national spécifiquement dédiés aux personnes radicalisées, dans lesquels des psychiatres interviennent, précisément afin d’identifier les rares situations relevant de soins psychiatriques :

-Les groupes d’évaluation départementaux (GED),

-Les dispositifs régionaux d’appui et de soutien des professionnels (CRESAM),

-L’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) au niveau national.

Lorsque la dangerosité d’un individu est en lien avec une pathologie psychiatrique, la loi permet déjà d’imposer une hospitalisation sous contrainte par arrêté municipal (en urgence) ou préfectoral (mesure de soins sans consentement sur décision du représentant de l’Etat), sur la base d’un certificat médical, et ce sans attendre un passage à l’acte.
Cependant, comme déjà souligné lors de plusieurs auditions de professionnels et d’experts de la psychiatrie devant le Sénat (en matière de violences sexuelles notamment), par définition et hors situation d’urgence, aucun parcours de soin cohérent ne peut être déployé pour une personne sous OQTF, dans l’incertitude permanente d’une expulsion à venir, rendant par là même inefficace la perspective d’un soin contribuant à la réduction des risques de violence pour des sujets malades.
Cette nouvelle PPL propose donc des réponses à forte puissance symbolique avec des effets contre-productif sur le plan global et systémique, puisque affaiblissant encore l’offre de soins pour les personnes qui en relèvent réellement. Cette approche détourne également l’attention sur les réels leviers et les nombreux problèmes qui alimentent ces parcours et aggravent le risque de commettre des actes violents (destruction du filet social, précarisation administrative des individus, solitude, addictions, désinsertion, etc…).

Enfin, plutôt que de subir avec la population générale, une dégradation du cadre de vie et des injonctions paradoxales, les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts, qui restent attachés à la prévention des actes terroristes et à la sécurité publique, rappellent que la psychiatrie ne doit pas être instrumentalisée comme un outil de gestion de la dangerosité ou de la politique migratoire. Ils réaffirment leur volonté de contribuer au plus près du législateur et des pouvoirs publics à l’évolution d’un cadre législatif et sanitaire à la fois cohérent et efficient.

Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation ! - Santé Mentale

12 février 2026

L'effectivité des voies de recours en psychiatrie

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté publie un rapport thématique sur
"L'effectivité des voies de recours en psychiatrie".


Publié le 22/01/2026

Depuis le début des années 2010, des décisions du Conseil constitutionnel ont progressivement contraint le législateur à renforcer l’encadrement du recours aux soins psychiatriques sans consentement et à le soumettre à un contrôle juridictionnel. Par la suite, une définition du recours à l’isolement et à la contention en psychiatrie a été inscrite dans le code de la santé publique et ces mesures ont également été soumises au contrôle du juge.

En France, en 2022, 285 947 personnes majeures ont été hospitalisées à temps plein en psychiatrie, dont 76 000 sans leur consentement. Lors de ses visites, le CGLPL constate de nombreuses atteintes aux droits des patients, en particulier concernant leur liberté d’aller et de venir et le recours à des mesures d’isolement et de contention hors du cadre strict défini par le code de la santé publique. Certains dysfonctionnements s’expliquent, au moins en partie, par la crise que traverse aujourd’hui la psychiatrie française, s’agissant tant de conditions d’accès dégradées, de la pénurie de moyens ou encore d’inégalités territoriales.

Le CGLPL a souhaité procéder à une évaluation de l’effectivité de ce contrôle juridictionnel et examiner les autres voies contentieuses permettant l’amélioration de la situation des patients en soins sans consentement, étant précisé que le recours contentieux ne saurait constituer l’unique réponse au besoin de protection des droits fondamentaux.

La protection des droits des patients hospitalisés sans leur consentement passe par l’amélioration de la prise en compte de ces droits dans le cadre de la procédure de contrôle juridictionnel existante et par le développement d’autres types de contentieux de nature à contribuer à une évolution des pratiques. De telles évolutions ne sauraient toutefois se passer du déploiement d’une politique ambitieuse de moindre recours aux soins sans consentement et aux mesures d’isolement et de contention.

Ce rapport présente les voies de contrôle juridictionnel prévues par le droit au bénéfice des patients placés en soins sans consentement ou objet de mesures d’isolement et de contention, dresse un bilan de leurs effets sur les droits des patients et propose diverses pistes d’évolution pour renforcer ces effets.

Télécharger le rapport dans son intégralité

L'effectivité des voies de recours en psychiatrie - CGLPL

10 février 2026

Congrès français de psychiatrie 2025 : la psychiatrie en exploration

Dossier réalisé par Christine Fallet Publié le 05/02/2026

Au-delà des psychotropes classiques, la psychiatrie explore des possibilités de traitements de plus en plus variées, comme en témoigne le 17e Congrès français de psychiatrie (CFP – Cannes, du 10 au13 décembre). 

Parmi les approches non médicamenteuses, la luminothérapie n’est plus cantonnée aux troubles saisonniers mais s’invite dans la dépression et les troubles bipolaires. La discipline lorgne aussi du côté de substances comme les psychédéliques (dans les addictions notamment) ou la kétamine, peu utilisée malgré un intérêt démontré dans la dépression résistante et les idées suicidaires.

Sommaire

Lumière sur la luminothérapie !

La kétamine trop peu utilisée ?

Psychédéliques et cannabidiol à l’étude contre l’alcool

Bientôt un consensus pour optimiser l’usage des antidépresseurs chez le sujet âgé

Environnement et autisme : rien n’est encore prouvé

Un lien entre TDAH et obésité

SMS du Congrès français de psychiatrie 2025

CFP 2025 : la psychiatrie en exploration | Le Quotidien du Médecin

29 janvier 2026

Évaluer la place de l’accueil familial thérapeutique en psychiatrie : un enjeu de recherche et de santé publique

Mis en ligne le 07 janvier 2026

Alternative historique à l’hospitalisation prolongée, l’accueil familial thérapeutique en psychiatrie reste peu évalué en France. Le Vinatier et le Centre Hospitalier d’Ainay-le-Château s’engagent dans une recherche nationale pour mesurer ses bénéfices cliniques, sociaux et organisationnels.

L’accueil familial thérapeutique : un modèle ancien, encore méconnu

L’accueil familial thérapeutique a été l’une des premières alternatives à l’hospitalisation psychiatrique. Il s’est développé lors de la fermeture progressive des asiles.
Son principe est simple : des familles d’accueil thérapeutiques, formées et encadrées, hébergent une à trois personnes vivant avec des troubles psychiatriques sévères.
Ce modèle existe encore aujourd’hui dans plusieurs pays : Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Croatie, États-Unis. Il reste pourtant marginal en France.

Un dispositif toujours actif à Ainay-le-Château

En France, l’accueil familial thérapeutique est principalement porté par le Centre Hospitalier d’Ainay-le-Château.
Actuellement, 228 patients y sont accueillis au sein de 128 familles.

.../...

16 décembre 2025

Transformer la psychiatrie grâce à la médecine de précision

Publié 12 décembre 2025

Dans un article publié dans JAMA Psychiatry *, la Pr. Marion Leboyer (UPEC, AP-HP, Inserm, PEPR PROPSY, Fondation FondaMental) et un groupe de chercheurs internationaux, proposent une stratégie ambitieuse et concrète pour transformer la psychiatrie grâce à la médecine de précision et améliorer la prise en charge des patients par une approche plus personnalisée.

Ces travaux sont le fruit du Global Summit for precision Psychiatry, un colloque organisé à Bruxelles en 2024 par la Fondation FondaMental en collaboration avec le Programme français de psychiatrie de précision (France 2030) et l’ECNP (European College of Neuropsychopharmacology).

Les maladies psychiatriques : un défi de santé publique d’ampleur mondiale

Aujourd’hui, les maladies psychiatriques, comme les troubles bipolaires, les schizophrénies ou encore les dépressions, représentent l’un des plus grands défis de santé du XXIᵉ siècle. Selon l’OMS, elles touchent une personne sur huit dans le monde, soit 970 millions de personnes, et constituent l’une des principales causes de handicap.

Pourtant, deux personnes peuvent recevoir le même diagnostic (une dépression, un trouble bipolaire, une schizophrénie…) sans que leurs maladies ne soient dues aux mêmes causes et ne doivent être soignées de la même manière.

La psychiatrie de précision cherche justement à mieux décrire et comprendre ces différences afin de développer des stratégies thérapeutiques plus adaptées pour chaque individu.

Les progrès de la recherche en psychiatrie ouvrent la voie vers des traitements sur mesure pour chaque patient

Pendant longtemps, pour poser un diagnostic, les psychiatres ne pouvaient s’appuyer que sur les symptômes cliniques observables : tristesse, anxiété, fatigue, épisodes maniaques, hallucinations… Aujourd’hui, la recherche permet d’aller plus loin : grâce à l’imagerie cérébrale, la génétique, l’électrophysiologie, ou encore l’immunologie,il devient possible d’identifier des biomarqueurs.

Ces signaux biologiques mesurables permettront de regrouper des patients ayant des caractéristiques similaires, afin de mieux comprendre comment la maladie fonctionne, de poser des diagnostics plus précis et de mieux prévoir son évolution. C’est exactement cette démarche qui a permis, en cancérologie, d’améliorer considérablement la précision des diagnostics et l’efficacité des traitements au-delà de la seule localisation des tumeurs.

À partir de ces connaissances, il deviendra possible de :

- Personnaliser les stratégies thérapeutiques (regroupant traitements médicamenteux, prise en charge psychothérapeutique et amélioration de l’hygiène de vie) en fonction du profil biologique et des symptômes de chaque patient

- Mesurer l’efficacité d’innovations thérapeutiques en utilisant des critères d’évaluation objectifs lors des essais cliniques

- Accélérer la mise au point de nouveaux traitements conçus pour cibler précisément ces mécanismes biologiques pour des sous-groupes homogènes de patients

En France, cette dynamique émergente est portée par le Programme français de recherche en psychiatrie de précision(France 2030),copiloté par l’Inserm et le CNRS et dont le Pr Marion Leboyer assure la direction scientifique. Lancé en 2025, ses objectifs et méthodes sont détaillé dans un dossier spécial publié dans la revue Médecine Science en mai 2025

Une dynamique internationale à renforcer

La feuille de route insiste également sur l’importance d’une mobilisation internationale pour accélérer la recherche et l’innovation, afin d’offrir aux patients des soins personnalisés et plus efficaces. Cela passe par :

- Le renforcement des collaborations scientifiques internationales, indispensables à la validation des biomarqueurs

- L’adaptation des réglementations pour encourager l’innovation en psychiatrie, sur le modèle de l’oncologie

- L’investissement conjoint des acteurs publics et privés pour convertir les avancées de la recherche en outils cliniques opérationnels

Dans ce contexte, 2025 a marqué un tournant majeur pour la psychiatrie de précision à l’échelle internationale, avec la signature d’un consortium franco-britannique sur les biomarqueurs en psychiatrie et le lancement du Prix Precision Mind avec le soutien du groupe Wakam, pour soutenir des projets de recherche collaboratifs franco-britanniques dans ce domaine ou encore avec la mise en place de collaborations scientifiques entre les centres experts français et les centres d’excellence allemands.

Lire l’article

*Implementing Precision Medicine in Psychiatry | Psychiatry and Behavioral Health | JAMA Psychiatry | JAMA Network

Transformer la psychiatrie grâce à la médecine de précision - Santé Mentale

15 décembre 2025

Hôpitaux et cliniques – Le palmarès 2025

Comme chaque année, le magazine "Le Point" publie son palmarès des structures de santé (n°2784 du 4 décembre 2025)

Pour ce qui concerne la psychiatrie, 3 pages à consulter :

Schizophrénie

Dépression


Troubles bipolaires

12 décembre 2025

Santé mentale : la psychiatrie peut-elle se passer de la contention ?

On pensait cette pratique révolue. Pourtant, en France, des personnes souffrant de troubles psychiques continuent de subir des contentions dites « mécaniques », où le patient est maintenu à un lit à l’aide de sangles aux poignets, aux chevilles et à la poitrine. 

« Une dizaine d’infirmiers m’ont pris et m’ont attaché, je ne comprenais pas ce qu’il se passait, se souvient Julien, 35 ans, qui, en 2017, s’est fait emmener aux urgences par les pompiers. Je me suis retrouvé ligoté à une table pendant quatre ou cinq heures, alors que je m’étais fait pipi dessus. » 

Le jeune homme avait déjà fait deux séjours en psychiatrie pour traiter sa bipolarité, mais n’avait jamais été attaché. Dans les services de soins sans consentement, sur 220 établissements, seuls 32 affirment ne pas pratiquer la contention, d’après une étude [PDF] de l’Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé (Irdes) datant de 2022. Rien que cette année-là, sur près de 76 000 patients, ce sont donc presque 8 000 d’entre eux qui ont été attachés. 

« Nous n’avions aucune données fiables auparavant concernant la contention, explique Magali Coldefy, chercheuse pour l’Irdes, spécialiste en santé mentale. Quand on compare avec nos voisins européens, la France se situe dans la moyenne supérieure. »

Santé mentale : la psychiatrie peut-elle se passer de la contention ?

11 décembre 2025

[18 décembre] : Ciné-débat avec le CinéPsy

En collaboration avec le CinéPsy (internes en psychiatrie), l'UNAFAM organise un ciné-débat autour du film "Memory",  réalisé par Michel Franco.


📅 Jeudi 18 décembre 2025 à 20h

📬Cinéma Star, 27 Rue du Jeu-des-Enfants à Strasbourg

Synopsis
Sylvia se rend depuis 13 ans aux réunions des Alcooliques Anonymes (AA). Elle travaille dans l’aide sociale, dans un foyer pour déficients, a une fille, et semble avoir retrouvé un équilibre. Lors d’une réunion d’anciens élèves, elle est abordée par Saul, qui la suit jusqu’à chez elle et reste planté devant son appartement sous la pluie. Récupéré par son frère et sa nièce, celui-ci est en fait atteint de la maladie d’Alzheimer, sa fille l’obligeant désormais à porter un collier, avec un numéro d’urgence pour les fois où il se perd. Mais pour Sylvia, les problèmes de mémoire de celui-ci, en font un réceptacle possible, pour évoquer un passé douloureux…
À l’issue de la projection, un débat autour du rôle de la mémoire et de l’oubli dans la reconstruction de soi, et l’importance du partage et de la résilience, sera animé par : 
  • Dr Philippe Meyer, psychiatre référent à la CUMP (Cellule d’Urgence Médico-Psychologique) 
  • Mme Nathalie JAEGGY, formatrice infirmière cadre, représentante de l'Unafam 67

⌛️Réservations conseillées, sur le site du cinéma via ce lien avec un tarif préférentiel de 5€ à 6 €, ou directement sur place.

10 décembre 2025

Psychiatrie : les droits des mineurs hospitalisés sont bafoués

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) réclame la création d’un statut du mineur hospitalisé en psychiatrie pour que cesse la violation de ses droits, notamment l’usage de la contention et de l’isolement hors de tout cas, ainsi qu’un plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie.

Atteintes aux droits fondamentaux et recours massif et injustifié à l’isolement et à la contention : l’alerte du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), publiée sous forme d’avis au Journal officiel ce 4 décembre 2025, jette une lumière crue sur les conditions de prise en charge des mineurs en psychiatrie. 

Et ce n’est pas tant les acteurs du soin qui sont ciblés (même si sont soulignés le délabrement de certains services hospitaliers et l’approche inadaptée de certains professionnels), que les autorités. La contrôleuse générale Dominique Simonnot dénonce « le décalage entre les obligations de l'État en matière de protection des droits des enfants et l'insuffisante protection des droits du mineur en établissement de santé mentale », qui conduit à ce que « les patients les plus vulnérables sont ceux que la loi protège le moins ».

Psychiatrie : les droits des mineurs hospitalisés sont bafoués, alerte le CGLPL | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Psychiatrie

29 novembre 2025

[Livre] : Les émotions fantômes

Nous relayons le message reçu de Dominique Sanlaville

Ancien infirmier en psychiatrie, je vous informe de la prochaine parution de mon huitième livre aux éditions Bérangel, avec lesquelles je travaille et que je recommande vivement. Il sera intitulé :

"Les émotions fantômes", un titre évocateur.

La plupart des expériences vécues durant l’enfance jouent un rôle déterminant dans le développement émotionnel ultérieur. Elles laissent une empreinte, bonne ou mauvaise, et érigent les fondations de notre équilibre psychologique.

Les souvenirs ne sont donc pas qu’un simple retour dans le passé ; ils constituent notre identité. Inscrits en nous, ils influencent notre présent et notre futur. Parfois, ils peuvent être à l’origine d’un mal-être, de symptômes et de maladies. Comment peut-on s’en départir et tâcher de maîtriser ces fantômes d’hier ?

Quatre histoires, inspirées par mes expériences personnelles et professionnelles, tentent d’apporter un éclairage sur les mécanismes de transmission de la souffrance cachée.

Le livre sera préfacé par le Professeur Marcel RUFO et post facé par le Dr Hervé BOKOBZA.

Vous pouvez dès lors réaliser une précommande à partir du lien suivant :
https://fr.ulule.com/les-emotions-fantomes/coming-soon/

Les petites maisons d’édition, comme Bérangel, tentent de survivre et se battent pour conserver une liberté de parole, il faut absolument les soutenir.


25 novembre 2025

Les psychiatres vent debout contre un projet remettant en cause les approches psychanalytiques

Une douzaine d’instances représentatives des psychiatres s’élèvent contre un amendement sénatorial au PLFSS 2026 qui vise à empêcher tout financement public de soins psychiques reposant sur la psychanalyse. À travers leur prise de position, ils défendent leur liberté de prescrire et contestent l’idée de recommandations opposables.

« Une rupture grave pour la pluralité des soins psychiques et l’autonomie professionnelle ». Près d’une douzaine d’organisations représentants de la psychiatrie, sociétés savantes et syndicats, s’insurgent contre un amendement sénatorial au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) déposé par des centristes ce 16 novembre 2025. Cette modification du texte prévoit qu’« à compter du 1er janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie ».

Concrètement, il s’agit de mettre fin au financement public ou au remboursement des soins de praticiens (médecins ou psychologues) dont la formation et la pratique relèvent de l’orientation psychanalytique, qu’ils exercent en centres médico-psychologiques, dans le secteur médico-social, en exercice libéral ou encore via Mon soutien psy.

Les psychiatres vent debout contre un projet remettant en cause les approches psychanalytiques | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Psychiatrie

28 octobre 2025

"Choisir psychiatrie" : une campagne pour séduire les étudiants en médecine

Le désamour pour la spécialité psychiatrie se confirme. Cette année, 15 % des postes en internat de psychiatrie n’ont pas été pourvus, malgré le lancement en 2024 d’une campagne de promotion de cette spécialité, « Choisir psychiatrie ».

La psychiatrie reste en bas du classement

Le Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP), au travers de la campagne de promotion de la spécialité « Choisir Psychiatrie », regrette que cette année, le nombre de postes vacants en internat de psychiatrie atteigne 15 % du nombre de postes attribués à l’issue de l’examen classant national (ECN). « La psychiatrie reste en bas du classement : sur 554 postes ouverts, seuls 468 ont été pourvus, soit 15 % des postes restés vacants. Ce chiffre confirme l’urgence d’agir pour nombre de postes ouverts en 2025 était de 554, contre 547 en 2023 et 2024, et 528 en 2018.

Nuits de la psychiatrie

La déception est d’autant plus grande qu’une grande campagne de promotion de la psychiatrie a été lancée en 2024, « Choisir psychiatrie ». Aux côtés du Cnup, l’association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) et l’association française fédérative des étudiants en psychiatrie (Affep) ont en effet lancé cette année-là une série d’initiatives pour promouvoir la psy. Telles les Nuits de la psychiatrie, « organisé partout en France pour faire se rencontrer étudiants en médecine, internes en psychiatrie et psychiatres en exercice. Speed dating et tables rondes laissent ensuite place à un moment convivial pour des échanges plus informels ». Ou encore des films professionnels, et des vidéos didactiques, disponible sur les réseaux sociaux.
« Cette campagne vise à modifier la perception du métier et à sensibiliser au sujet des difficultés rencontrées, explique le Pr Olivier Bonnot, président du Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP) interrogé par Medscape. L’objectif principal est de montrer que la réalité de ce travail diffère souvent des idées reçues. En psychiatrie, il existe des difficultés pour le recrutement ainsi que pour la prise en charge des patients, qui sont en grande partie liées à la situation de l’hôpital public dans l’ensemble du système de santé ».
Deux points sont à souligner, indique le psychiatre. « D’une part, le secteur de la psychiatrie rencontre les mêmes problématiques que l’ensemble du système hospitalier, et d’autre part, l’image de la discipline reste souvent fondée sur des représentations anciennes qui ne reflètent plus la réalité actuelle. La démarche consiste à informer le public que la violence n’est pas plus importante qu’ailleurs et que la discipline évolue avec des innovations et une pratique médicale consistante. Les maladies mentales sont prises en charge médicalement, contrairement à certaines images véhiculées dans les médias. L’objectif est de mieux faire connaître la profession afin de susciter l’intérêt et améliorer le choix d’orientation vers ce domaine », explique le psychiatre.

L’exemple anglais

Toujours est-il que ce genre de campagne porte ses fruits à moyen terme : ainsi, il a fallu plusieurs années en Grande-Bretagne pour que le même type d’actions promotionnels donne des résultats. « Changer l’image d’une discipline auprès des étudiants prend du temps. L’expérience britannique, où la campagne Choose Psychiatry a été déployée de 2017 à 2024 avec un fort soutien gouvernemental, montre qu’il a fallu près de sept ans pour atteindre un taux de remplissage de 100 % des postes en formation de psychiatrie dans les quatre nations du Royaume-Uni », rappelle Olivier Bonnot.


Pas de soutien des pouvoirs publics

Joint par Medscape, le collectif Choisir psychiatrie affirme ne pas être soutenu par les pouvoirs publics, quand bien même la santé mentale a été consacrée grande cause nationale en 2025. « En 2025, la santé mentale a été déclarée grande cause nationale, ce qui est important pour la promotion de la psychiatrie dans le cadre de « Choisir Psychiatrie ». Cependant, cette reconnaissance n’a pas été suivie de véritables moyens ou d’une large communication. La campagne « Choisir Psychiatrie » ne bénéficie d’aucun financement public et s’appuie principalement sur le soutien de la fondation ERIE, active dans le domaine de la santé mentale en France. L’État n’apporte qu’un appui limité en termes de communication », ajoute le Pr Bonnot.
Néanmoins, le collectif « Choisir psychiatrie » ne baisse pas les bras : « En France, où la mobilisation repose principalement sur les psychiatres et les associations étudiantes, les clichés freinent toujours les vocations. En 2026, Le CNUP et ses partenaires ont prévu d’étendre le dispositif événementiel des Nuits de la psychiatrie. Si la première édition avait eu lieu fin janvier 2025 dans 8 villes universitaires, l’an prochain, l’événement est élargi aux 32 villes universitaires ayant une UFR de médecine. Les Nuits de la psychiatrie auront lieu le 30 janvier 2026 ».
La campagne de promotion de la psychiatrie va aussi s’attacher à déstigmatiser cette spécialité. Selon les données du Cnup, « Une étude menée par l’Institut CSA en 2023 pour le Collège National des Universitaires de Psychiatrie révélait des chiffres troublants qui sont toujours d’actualité. Près de deux ans après, et malgré une année 2025 placée sous le signe de la santé mentale avec la grande cause nationale, ces représentations persistent.
Jusqu’à 61% des Français affirment que l’univers de la psychiatrie leur fait peur, plus d’un sur deux ne saurait pas vers quel type de professionnel se tourner en cas de trouble mental, et 51 % des lycéens pensent que la psychiatrie, c’est avant tout de l’enfermement. »

Force est de constater que le chantier est gigantesque.
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10 octobre 2025

[14 octobre] Rencontres soignantes en psychiatrie

14 octobre 2025
Paris

"Encore un passage à l'acte !" : accueillir, comprendre, (ré)agir

En psychiatrie certains actes nous troublent, nous sidèrent et gèlent notre capacité à penser et à réagir surtout lorsqu’ils se répètent au point que nous nous sentons débordés, voire impuissants. Relèvent-ils nécessairement de ce que nous nommons « passages à l’acte » ? La sémiologie abonde d’expressions qui semblent très proches les unes des autres : passage « à » ou « par » l’acte, « recours à l’acte », « acting-in » ou « acting-out »… Comment les différencier ? Qu’est-ce qui distingue un acte, un comportement, une pulsion et une conduite ?


La clinique de l’agir renvoie à un registre très large qui ne se limite pas à l’expression de la violence envers autrui. Fugues et conduites d’errance, prise de stupéfiants, phlébotomie voire tentatives de suicide, ruptures avec le milieu familial, abandon précoce de la thérapie… peuvent relever de « passages à l’acte » sans impliquer une hostilité directement dirigée contre un tiers. C’est à chaque fois le contexte clinique, l’histoire de la conduite dans un environnement spécifique (famille, école, institution), son inscription dans la dynamique psychique qui peut permettre d’en saisir le sens. Derrière l’acte, s’exprime souvent soit une tentative de dire autrement que par des mots soit une volonté de couper court à l’insupportable.

La répétition de ces actes soumet les soignants à rude épreuve. Entre peur et rejet, culpabilité et colère, les contre-attitudes sont parfois inévitables (mesures coercitives systématisées, évitement, indifférence, ironie, refus d’aide…) et nourrissent en miroir d’autres agirs. L’acte vient masquer la souffrance psychique et éloigne parfois le soignant qui tente de reprendre le contrôle et le pouvoir, plutôt que d’accueillir, comprendre et classer ces évènements sans éroder la relation soigné/soignant ? Comment restaurer un lien sans cesse attaqué ?

Malgré des contraintes organisationnelles qui s’imposent autant aux soignés qu’aux soignants il faut penser collectivement ces moments féconds. Au-delà des attitudes défensives, comment prévenir l’usure émotionnelle et l’isolement face à ces situations répétées ? Quels dispositifs mettre en place ? Comment les contenir psychiquement, apprivoiser les émotions qu’ils suscitent en nous, permettre aux patients d’élaborer, pas à pas, à partir de ce qui tend à les déborder ?

07 octobre 2025

[9-10 octobre] : Journées nationales de l’AJPJA (Association des Jeunes Psychiatres et des Jeunes Addictologues)

9 et 10 octobre 2025, Paris

Thème : « (R)évolutions ? »

Depuis 10 ans, l’Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues est engagée aux côtés de nombreux acteurs du champ de la santé mentale pour une transformation profonde des pratiques professionnelles autour d’un objectif commun : soutenir les processus individuels de rétablissement des personnes vivant avec un trouble psychique.

Voir le programme complet :