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19 février 2021

Mortalité dans la schizophrénie : vers un nouveau scandale sanitaire ? COVID-19 et schizophrénie

Auteurs : Guillaume FOND (Dr) et al.

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, available on-line 17 February 2021


Résumé

Les patients atteints de schizophrénie représentent une population vulnérable qui a été sous-étudiée dans le cadre de la recherche COVID-19. Nous avons cherché à établir si les résultats et les soins de santé différaient entre les patients atteints de schizophrénie et les patients sans diagnostic de maladie mentale. Nous avons mené une étude basée sur la population de tous les patients présentant des symptômes respiratoires et une infection à COVID-19 identifiés qui ont été hospitalisés en France entre février et juin 2020. Au total, 50 750 patients ont été inclus, dont 823 étaient des patients avec schizophrénie (1,6 %). Ces derniers ont connu une augmentation de la mortalité hospitalière (25,6 % contre 21,7 % pour les autres patients) et une diminution du taux d'admission en unité de soins intensifs- réanimation (23,7 % contre 28,4 %) par rapport aux témoins. Les patients schizophrènes âgés de 65 à 80 ans présentaient un risque de mortalité significativement plus élevé que les témoins du même âge (+7,89 %) alors qu'ils ont été moins admis en USI que les témoins du même âge (-15,44 %).



Cette étude montre l'existence de disparités en matière de santé et d'accès aux soins entre les patients schizophrènes et les patients sans diagnostic de maladie mentale. Ces disparités diffèrent en fonction de l'âge et du profil clinique des patients, ce qui suggère l'importance d'une gestion clinique personnalisée du COVID-19 et de stratégies de soins de santé avant, pendant et après l'hospitalisation pour réduire les disparités de santé dans cette population vulnérable. Les patients schizophrènes âgés de 65 à 80 ans étaient plus souvent envoyés par les hôpitaux ou les institutions que les patients sans diagnostic de maladie mentale grave, ce qui peut expliquer les mauvais résultats de santé des patients schizophrènes.


Une étude française a rapporté que la plupart des patients psychiatriques hospitalisés avec un diagnostic COVID-19 étaient gardés dans des services psychiatriques spécialisés et non dans des hôpitaux généraux. La division entre médecine physique et psychiatrique entraîne une confusion quant au secteur du service de santé (c'est-à-dire les niveaux de soins primaires, de santé mentale ou de soins aigus) qui devrait assumer la responsabilité de la gestion des patients ayant des besoins de santé complexes. Nous manquons de données nationales sur le taux de patients âgés schizophrènes qui sont institutionnalisés, mais nous pouvons raisonnablement supposer que l'institutionnalisation est un facteur de risque d'infection grave par COVID-19 chez les patients âgés avec schizophrénie. Nos résultats soutiennent une stratégie de détection systématique chez les patients avec schizophrénie institutionnalisés et d'intervention précoce dans cette population. Cela a déjà été fait dans un refuge pour sans-abri à Boston où 36 % des résidents ont été testés positifs. Le taux d'admission en réanimation était plus faible chez les patients schizophrènes que chez les patients sans diagnostic de maladie mentale grave, ce qui illustre parfaitement le débat entre les arguments fondés sur l'utilité et ceux fondés sur l'équité. Les patients schizophrènes présentaient l'un des plus mauvais indicateurs de pronostic justifiant le triage en réanimation. Cependant, ce triage basé uniquement sur le pronostic exacerbe les inégalités existantes en matière de santé, laissant les patients défavorisés dans une situation plus difficile.


Mortalité dans la schizophrénie: vers un nouveau scandale sanitaire? COVID-19 et schizophrénie - ScienceDirect

 

03 février 2021

Covid-19 : la schizophrénie, deuxième facteur le plus aggravant après l’âge ?

La schizophrénie pourrait être un facteur de risque de décès sous-estimé chez les patients touchés par le coronavirus, d'après une nouvelle étude publiée le 27 janvier 2021 dans le revue JAMA*, Psychiatrie. Dans cette étude, les chercheurs ont examiné les dossiers de santé de 260 cliniques externes et de quatre hôpitaux de la ville de New York et on constaté que les malades schizophrènes étaient environ 2,7 fois plus susceptibles de succomber à l’infection au SARS-CoV-2. D’après le Dr Donald Goff, professeur de psychiatrie à la NYU School of Medicine et auteur principal de l’étude « la maladie ou les médicaments pourraient perturber le système immunitaire"

Toutefois, il est noté que l'étude est  limitée par le faible nombre de patients schizophrènes et par le manque de données sur leurs médicaments spécifiques. En attendant de plus amples recherches, les individus atteints devraient être parmi les prioritaires pour les vaccins, indiquent les auteurs de l’article.



*Association of Psychiatric Disorders With Mortality Among Patients With COVID-19 | Anxiety Disorders | JAMA Psychiatry | JAMA Network


Covid-19 : La schizophrénie, le deuxième facteur de risque de mourir de la maladie après l'âge ? (maxisciences.com)


La schizophrénie est le deuxième facteur de risque le plus élevé de mourir du COVID-19, après l'âge (45secondes.fr)


Covid-19 : le facteur aggravant que personne n'avait vu venir (fredzone.org)


13 décembre 2020

Des vidéos à voir !

Traitement du TOC dans la schizophrénie

A l'occasion d'un cas clinique, la question du traitement médicamenteux du toc dans la schizophrénie est abordée.

A.Garosi (interne en psychiatrie)/Dr G.Fond (Hôpitaux Universitaires de Marseille)

https://www.youtube.com/watch?v=z94v8h1doyw


Mortalité des patients avec schizophrénie et covid pendant la première vague

Les patients avec schizophrénie ont eu une mortalité hospitalière augmentée pendant la première vague en France. Analyse des causes potentielles.

Dr G.Fond/Pr L.Boyer (Hôpitaux Universitaires de Marseille)

https://www.youtube.com/watch?v=3RC-Y8kZmD0

08 novembre 2020

COVID-19 : Moins d'accès à la réanimation pour les patients souffrant de schizophrénie

Publié le 06 Novembre 2020


Une étude montre une mortalité augmentée pour les personnes souffrant de schizophrénie hospitalisées dans le cadre d'une contamination au Covid par rapport aux patients Covid+ hospitalisés sans pathologie mentale, d'après une recherche française.

Cette étude nationale française s'intéresse à la mortalité hospitalière liée au Covid-19 durant la première vague de l'épidémie, en se focalisant sur la prise en charge des patients avec schizophrénie et montre une mortalité intrahospitalière augmentée. L'étude détaille les raisons de cette mortalité augmentée, notamment le fait que ces patients sont moins adressés en réanimation que les patients sans pathologie psychiatrique. Ces résultats doivent « vraiment faire réfléchir sur les stratégies de soins pour ces patients vulnérables », explique le Dr Guillaume Fond, premier auteur de l'étude et plus globalement sur les pertes de chance de ces patients. face aux soins.


50 750 patients ont été inclus dans l'étude, dont 823 atteints de schizophrénie (1,6%). L'origine de ces derniers varie en fonction de l'âge. Ainsi, les patients schizophrènes de plus de 65 ans provenaient deux fois plus d'institutions de type Ehpad que les patients sans maladie mentale. Sur 130 patients schizophrènes de moins de 55 ans hospitalisés pour Covid, 90% viennent du domicile et 10% d'une institution sanitaire ou médico-sociale. Ces taux atteignent 71,7% et 28,3% chez les 219 patients schizophrènes de plus de 80 ans. Tous âges confondus, les patients schizophrènes inclus dans l'étude présentaient une augmentation de la mortalité hospitalière (25,6% contre 21,7% pour les patients témoins, à comorbidités équivalentes) et une diminution du taux d'admission en unités de soins de réanimation (23,7% contre 28,4%).

https://www.santementale.fr/actualites/covid-19-moins-d-acces-a-la-reanimation-pour-les-patients-souffrant-de-schizophrenie.html