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01 juillet 2024
[Témoignage] : Atteint de schizophrénie et ex-toxicomane, il obtient un doctorat honoris causa
Il est impossible de ne pas être profondément touché par l’histoire de Luc Vigneault, atteint d’une schizophrénie qui l’a poussé dans la drogue et la misère, mais qui depuis son rétablissement accomplit de grandes réalisations, au point de recevoir un doctorat honoris causa le 19 juin 2024, à l’Université Laval.
«J’en ai ouvert, des portes, et ce n’était pas facile», lance Luc Vigneault, premier pair-aidant en santé mentale au Québec, dont il représente un leader dans la francophonie par son engagement au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux, de la Commission des droits de la personne et de l’Organisation mondiale de la Santé.
Cette profession, portée par des gens formés qui ont eux-mêmes souffert de troubles mentaux graves, est désormais considérée comme l’une des meilleures pratiques en santé mentale. Ils accompagnent les patients, forts de leur vécu et porteurs d’espoir.
«En fait, je ne dirais pas “ouvrir”, je dirais “défoncer”», renchérit à ses côtés le Dr Marc-André Roy, pour qui la remise de ce doctorat honoris causa à M. Vigneault, par la Faculté de pharmacie de l’Université Laval, «c’est la célébration d’un parcours exceptionnel et d’une contribution sociale et scientifique remarquable».
«Pour moi, c’est surtout la célébration du rétablissement, ajoute M. Vigneault. C’est le message que ça envoie. Ça vient dire à toute personne qui a un trouble de santé mentale: ce n’est pas une fatalité, on peut avoir une vie pleinement épanouie en dépit des troubles mentaux.»...
Atteint de schizophrénie et ex-toxicomane, il obtient un doctorat honoris causa: Luc Vigneault sème l’espoir grâce à un parcours d’exception | JDM (journaldemontreal.com)
09 septembre 2022
Les idées reçues sur la schizophrénie
Le point sur ce trouble méconnu avec le professeur Franck Nicolas, psychiatre et chef de pôle au Centre hospitalier Le Vinatier (Lyon) (responsable du Pôle Centre et Centre ressource de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive)
Le terme « maladie » est inapproprié concernant la schizophrénie car il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler, avec une cause identifiable que l’on pourrait soigner, et on ne connaît pas tous les mécanismes qui sont à son origine. Ensuite, c’est un trouble hétérogène qui s’accompagne de différentes manifestations : cognitives (troubles de l’attention, de la mémoire, de la capacité à s’organiser, à se repérer dans l’espace), troubles de l’insight (la conscience d’avoir un trouble ou d’avoir besoin de se soigner), difficultés à s’approprier sa maladie, à nouer des interactions sociales, à comprendre les émotions et les états mentaux d’autrui, déficit de motivation.
Dire que la schizophrénie serait « curable » voudrait dire que la personne peut redevenir comme elle était avant le début des troubles. En pratique, on essaie plutôt de procurer aux gens une qualité de vie en matière d’autonomie, d’espoir, de relations sociales, professionnelles, etc. avec des médicaments et des méthodes non médicamenteuses comme la psychoéducation, pour comprendre et accepter sa maladie, la remédiation cognitive pour gérer au mieux les situations du quotidien malgré des difficultés cognitives.
Elle peut venir de la famille
C’est plus compliqué que cela. L’apparition de la maladie résulte de la rencontre entre d’une part une fragilité résultant de facteurs génétiques et neurodéveloppementaux, et d’autre part des éléments déclenchants psychosociaux et toxiques. De nombreux facteurs altérant le développement cérébral peuvent favoriser l’apparition ultérieure d’une schizophrénie en créant une vulnérabilité qui sera révélée par un stress tel qu’un traumatisme crânien ou psychologique, des émotions fortes ou une consommation de cannabis. Les femmes qui ont eu la grippe au 2e trimestre de grossesse ou qui ont souffert d’une famine ont plus de risque d’avoir un enfant avec une schizophrénie. Ce risque reste toutefois faible (il passe d’environ 1 à 2 %) Au-delà du rôle de ces facteurs précoces, il est très difficile de savoir pourquoi telle personne, va réagir ou non à des facteurs de stress à l’origine d’une schizophrénie à l’âge de 15 ou 25 ans. L’adolescence est un moment clé où une fragilité peut s’exprimer, du fait des changements cérébraux, psychiques, mentaux et relationnels qui interviennent à cet âge-là (dépits amoureux, changements hormonaux, études devenant plus difficiles, choix de vie…).
Elle est liée à l’usage de drogue
Le cannabis est un facteur déclenchant ; en fumer entretient aussi les symptômes de la schizophrénie. Une consommation de cannabis à l’âge de 15 ans augmente le risque d’entrée ultérieure dans la schizophrénie. On observe aussi une forte tendance aux addictions chez les personnes ayant une schizophrénie, que ce soit au tabac, au café et même aux jeux d’argent mais cela découle de leur fragilité.
Les schizophrènes sont dangereux
Peu de patients sont responsables d’actes violents. Et ceux qui passent à l’acte le font souvent après avoir consommé une drogue. En revanche, il y a beaucoup de patients qui sont des victimes et qui souffrent. Ils ont du mal à dire non et sont agressés, volés, ou soumis à des pressions psychologiques. Certains voient leur logement squatté ou sont victimes d’extorsion.
La maladie impose d’être hospitalisé à vie
Surtout pas ! On va à l’hôpital pour traiter les crises, mais il ne faut pas y rester longtemps car ce n’est pas un milieu stimulant, ni structurant. L’hôpital est un endroit médicalisé destiné à prendre en charge les patients qui sont trop désorientés, désorganisés, et qui présentent un danger pour les autres et pour eux-mêmes. Il faut savoir que le taux de mortalité par suicide atteint 15 à 20 % parmi les malades, ce qui est très élevé. Une personne va à l’hôpital si elle ne peut pas rester dehors, sinon elle est prise en charge en ambulatoire ou par une équipe mobile. Cette dernière modalité de prise en charge est encore trop développée en France.
La schizophrénie empêche de travailler, d’avoir des enfants, etc
C’est faux. Il est possible d’avoir des enfants si on a un partenaire stable et si on est suffisamment autonome et responsable pour gérer sa maladie et son traitement. On essaye de donner aux gens les moyens de choisir. Cela n’a pas de sens de leur dire que telle ou telle chose leur est interdite du fait de leur maladie car leur diagnostic ne les définit pas. Chaque personne qui a reçu ce diagnostic est différente des autres. Ce qui est impossible à l’un ne le sera pas forcément à l’autre.
Cela se voit
Ce n’est pas la maladie que l’on voit mais plutôt les effets secondaires de certains médicaments qui donnent des tremblements ou des mouvements répétitifs de la bouche, par exemple.
Les idées reçues sur la schizophrénie - Ça m'intéresse (caminteresse.fr)
29 mai 2022
Les chemins empruntés par les drogues psychédéliques dans le cerveau cartographiés.
On sait que les drogues psychédéliques modifient les états de conscience. Mais comment ces changements s'ancrent-ils "mécaniquement" dans le cerveau? C'est ce qu'ont découvert des neuroscientifiques québécois.
Le Pr Danilo Bzdok et ses collègues du NEURO (Institut-Hôpital neurologique de Montréal) associés à l’Université McGill sont arrivés à leurs résultats en jumelant l’apprentissage automatique à une base de données de milliers de témoignages de personnes ayant consommé l’une de 27 substances psychédéliques.
"On s’est servi d’une base de données qui existait déjà, et on a utilisé l’apprentissage machine pour la questionner", explique le Pr Danilo Bzdok.
L’équipe montréalaise est ainsi parvenue à observer comment les modifications des états de conscience subjective induites par les drogues s’ancrent anatomiquement dans les systèmes spécifiques de récepteurs de neurotransmetteurs.
Cette étude, dont le détail est publié dans la revue Sciences Advances (en anglais), est décrite par ses auteurs comme la plus importante réalisée à ce jour dans le domaine de la recherche sur les effets des substances psychédéliques sur le cerveau.
Les chemins empruntés par les drogues psychédéliques dans le cerveau cartographiés | Radio-Canada.ca
03 février 2022
[Polémique] : La légalisation du cannabis, chronique d’un désastre annoncé
ATTENTION ! Le texte que nous vous proposons est seulement destiné à nourrir votre réflexion...
Les Français sont, parmi les 27 Etats européens, les premiers consommateurs de cannabis avec 1.500.000 usagers réguliers dont 1.000.000 d’usagers quotidiens et souvent multi quotidiens.
Certains candidats à l’élection présidentielle, ainsi que certains Etats voisins, évoquent désormais la perspective d’une légalisation du cannabis.
Entretien avec le Pr Jean Costentin, auteur de nombreux livres sur le sujet.
Propos recueillis par Agnès Farkas.
Agnès Farkas : La France se dirige vers la légalisation du cannabis tout comme ses voisins européens, remettant ainsi en cause la loi de 1970 qui le prohibe. Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une légalisation sur la population ?
Jean Costentin : Le pire n’étant jamais sûr, je me prends à espérer que notre nation ne copie pas ce que certains de nos voisins feraient de plus mal. Le temps qui passe peut nous laisser celui qui permettra à la raison de s’imposer. Une course de vitesse est engagée entre l’impatience des uns à commettre l’irrémédiable et l’accumulation de données qui vont toutes à l’encontre d’une légalisation du cannabis.
Pour synthétiser les plus graves conséquences à redouter d’une légalisation, je me contenterais d’être énumératif :
- Son pouvoir addictif puissant est tel que 20% au moins de ceux qui l’ont expérimenté en deviennent dépendants ; à sa légalisation serait associée une augmentation inévitable de ses consommateurs (rappelons pour mémoire que 13 millions de Français sont dépendants du tabac (75.000 décès annuels) et que 4,5 millions sont dépendants de l’alcool (41.000 décès annuels). Ne comptons pas sur les buralistes pour en refuser la vente aux mineurs, puisque 70% d‘entre eux ne respectent pas l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs.
- Le cannabis est un puissant facteur d’escalade vers d’autres drogues, comme cela est montré avec l’alcool, la cocaïne et les morphiniques (les mécanismes neurobiologiques étant élucidés) il conduit à ces poly-toxicomanies que l’on voit déjà se multiplier.
- Cette drogue de "la crétinisation" commence à affecter nos enfants au collège, dès la cinquième et, bien sûr, au delà. C’est un grand perturbateur de la cognition. Son intrusion, que dis-je son invasion dans la sphère éducative (il touche aussi des enseignants), explique pour une bonne part le rang très pitoyable (27ième) que nous occupons dans le classement international PISA de performances éducatives, alors que la France est parmi les nations qui consacrent le plus de moyens pour l’éducation de ses enfants.
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La légalisation du cannabis, chronique d'un désastre annoncé (solidariteetprogres.fr)

