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Nouvelles
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16 novembre 2025
Une thérapie numérique efficace dans la schizophrénie en phase III
L'étude CONVOKE est "le premier et unique essai clinique à montrer une réduction statistiquement significative des symptômes négatifs expérientiels de la schizophrénie en complément du traitement antipsychotique standard", se félicitent les deux partenaires.
Cette thérapie numérique, dont le nom de code est CT-155 ou BI 3972080, a été développée pour fournir des techniques d'intervention psychosociale interactive ciblant les croyances défaitistes et le manque de motivation.
Ce logiciel fixe aux patients des objectifs personnalisés qui s'alignent sur le niveau de fonctionnement actuel qui est propre à chacun pour favoriser l'engagement dans des activités du monde réel (activation comportementale) et propose des interventions thérapeutiques visant à aider les patients à atteindre ces objectifs (restructuration cognitive, entraînement des compétences sociales et des affects positifs ainsi que de la capacité à tolérer la détresse), expliquent la biotech américaine et le groupe allemand.
Dans cette phase III américaine, ont été inclus 457 adultes atteints de schizophrénie depuis 14,8 ans en médiane, avec des symptômes négatifs modérés à sévère définis par un score initial d'au moins 2 points sur au moins deux des trois domaines parmi les activités sociales, professionnelles et récréatives de l'échelle CAINS-MAP (score initial médian de 26 points), traités par antipsychotique à dose stable.
Ces patients ne devaient notamment pas être traités par plus de deux antipsychotiques (ou deux formulations différentes) ni avoir suivi de psychothérapie au cours des trois derniers mois, selon des critères d'exclusion présentés en session orale, le 13 octobre, par Abhishek Pratap, directeur exécutif global evidence lead chez Boehringer Ingelheim.
Ils ont été randomisés en double aveugle entre l'ajout de la thérapie numérique CT-155 et une application mobile contrôle (présentation similaire, fonctionnement incitant à un engagement quotidien, avec quelques éléments d'éducation thérapeutique).
Il apparaît tout d'abord que le niveau d'engagement dans l'étude est resté élevé tout au long des quatre mois prévus, s'élevant à 70,4% avec la thérapie CT-155 et 76,5% avec l'appli contrôle à la fin de l'étude. Les données montrent également un engagement quotidien des patients, avec une utilisation médiane de 76 jours au cours de l'étude (vs 92 jours), pendant 8 minutes par jour en médiane (vs 2 min).
Le critère principal d'évaluation a été atteint, avec une réduction des symptômes négatifs expérientiels (avolition, anhédonie…) après 16 semaines d'utilisation de la thérapie numérique, de 6,8 points sur l'échelle CAIN-MAPS vs -4,2 points avec l'appli contrôle, soit une amélioration de 62%, avec une taille d'effet D de Cohen de -0,32, un résultat statistiquement significatif et équivalent à ce qui est observé dans des essais cliniques évaluant des antipsychotiques, des antidépresseurs ou des psychothérapies, selon Abhishek Pratap.
Les analyses de sensibilité ont montré la robustesse de ce résultat, retrouvée également dans les analyses par sous-groupe.
Les résultats pour les critères secondaires, comme les symptômes de motivation et de plaisir, les symptômes négatifs expressifs, les symptômes positifs ou le fonctionnement social, n'ont pas été présentés et ne sont pas non plus mentionnés dans le communiqué.
La thérapie numérique CT-155 a par ailleurs été bien tolérée, avec aucun événement indésirable grave en lien avec le traitement. L'incidence des événements indésirables était de 9,3% avec la thérapie CT-155 et de 13,4% avec l'appli contrôle mais leur nature n'a pas été précisée. Aucun n'a conduit à l'abandon prématuré de l'étude.
Click Therapeutics et Boehringer Ingelheim avaient obtenu, en 2024, le statut de Breakthrough Device Designation pour la thérapie CT-155 de la part de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Ce traitement est prévu pour être proposé sur prescription, indiquent-ils.
Une étude multicentrique est par ailleurs en cours pour évaluer l'efficacité de l'appli CT-155 en vie réelle auprès de 262 patients. Elle doit s'achever début 2027, selon le registre américain des essais cliniques ClinicalTrials.
Luu Ly Do Quang
Une thérapie numérique efficace dans la schizophrénie en phase III - TICpharma
Schizophrénie : une thérapie numérique efficace sur les symptômes négatifs - Santé Mentale
23 septembre 2025
L'Intelligence Artificielle, nouvelle thérapeute ?
A lire en accès gratuit
L'IA, nouvelle thérapeute ? - Santé Mentale
22 mai 2025
PSYKONOS : un test sanguin contre l'errance thérapeutique
Référence : Le Point 15 mai 2025 n°2755
23 avril 2025
[Documentaire] La schizophrénie : la thérapie multifamiliale
Schizophrénie : la thérapie multifamiliale - Regarder le documentaire complet | ARTE
05 mars 2025
Thérapie par avatar : dialoguer avec ses démons intérieurs pour les faire taire
Une approche novatrice, basée sur des avatars numériques, pourrait constituer une avancée majeure dans la prise en charge des patients souffrant d'hallucinations auditives. Et peut-être de troubles de l'alimentation.
La parole intérieure, également appelée « endophasie », est un phénomène a priori normal. Si le plus souvent notre « petite voix » est une alliée qui nous permet de réguler nos émotions et d'organiser notre pensée, parfois elle se fait menaçante et oppressante, assiégeant l'esprit. Selon Hélène Loevenbruck, linguiste et neuroscientifique : « Nous avons la capacité exceptionnelle de pouvoir simuler des voix intérieures et de susciter des dialogues mentaux. Mais ce mécanisme essentiel à notre humanité peut parfois dérailler et se désynchroniser. » Souvent associée à la schizophrénie, l’expérience de l’entente de voix est en réalité plus courante qu’on ne le pense. On estime que 13,2 % de la population serait "entendeur". Si les antipsychotiques sont la solution privilégiée pour réduire les voix au silence, leurs lourds effets secondaires limitent leur adoption. Pour proposer une alternative aux traitements pharmacologiques, certains chercheurs expérimentent une approche inédite : la thérapie par avatar.
La thérapie par avatar pour réduire au silence les voix envahissantes
Le principe est simple : « utiliser la réalité virtuelle pour donner un visage aux voix intérieures et ainsi permettre aux patients d'échanger avec une représentation externe de leurs hallucinations. » Une fois dans l’environnement virtuel, le patient dialogue avec l’avatar "persécuteur", incarné par le psychiatre traitant. Ce dernier mène les échanges de façon à « stimuler la régulation émotionnelle, à reconstruire l’estime personnelle et à entraîner l’affirmation de soi », peut-on lire sur le site du centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui a développé le Projet Avatar. Lors des séances, le thérapeute guide la conversation afin d’aider le patient à reprendre le contrôle. Progressivement, l’avatar passe d’une posture autoritaire à une position soumise, instaurant ainsi un rapport de force plus équilibré. « Les voix que j’avais me paralysaient et je devais continuellement les combattre, ce qui prenait toute mon énergie. Je n’étais pas fonctionnel. Grâce à la thérapie, j’ai diminué ma médication de moitié et je commence à ressentir des émotions pour la première fois depuis 16 ans », témoigne Richard Breton, participant au Projet Avatar.
Des résultats encourageants qui dépassent la psychose
Les premiers résultats de l'étude pilote canadienne sont prometteurs : 90 % des patients auraient constaté une diminution de leurs hallucinations et 100 % ont rapporté une diminution significative de l’anxiété et de la peur ressenties. Un essai randomisé, mené sur 150 patients par une équipe de psychologues cliniciens du Kings College London (KCL), confirme ces résultats. Selon Tom Craig, professeur de psychiatrie qui a supervisé l'essai, la thérapie par avatar s'est avérée « plus rapide, moins chère et plus efficace après 12 semaines que toute autre intervention non pharmacologique actuellement disponible pour les personnes atteintes de psychose. » Une reprise de contrôle dans un dialogue jusque-là à sens unique, dont témoigne Claire, participante à l'essai : « La première séance n’a duré qu’environ cinq minutes, mais quelque chose avait changé : j’ai réagi. La voix me disait d’arrêter mon traitement, et j’ai simplement répondu : "Ce n’est pas une bonne idée d’arrêter." Elle m’a alors demandé : "Qui a dit ça ? " et j’ai répondu : "Eh bien, tout le monde, vraiment, tout le monde." Je n’avais jamais osé lui tenir tête de cette façon. Et à partir de là, tout a évolué. »
En outre, les recherches préliminaires menées par l'équipe du King's College suggèrent que cette approche serait prometteuse pour d'autres pathologies telles que les troubles de l'alimentation, l'avatar incarnant alors la « voix anorexique ». Jugeant les résultats « encourageants », le NICE (National Institute for Health and Care Excellence) recommande cette thérapie dans le cadre du système de santé britannique (NHS).
11 février 2025
"Sous le regard": un atelier pour redynamiser l’estime de soi
"Sous le regard" est un groupe thérapeutique basé sur le chant, la danse et le théâtre, construit à l’EPSM Georges Mazurelle de Vendée par et pour cinq adultes souffrant de déficience intellectuelle et de troubles psychiatriques. En atelier, geste ou proposition sont applaudis à l’« Estimomètre », ce qui produit une ambiance positive et réconfortante, source de confiance en soi. Un dispositif récompensé au Congrès Français de Psychiatrie 2024.
Ce groupe chant, danse et théâtre s’inscrit dans une longue tradition de l’établissement qui poursuit auprès des patients sa stratégie de thérapie médiatisée non médicamenteuse. Il est animé par une équipe pluriprofessionnelle composée d’une ergothérapeute, d’une psychomotricienne, d’un infirmier, d’une aide-soignante et d’une psychologue. Objectifs : utiliser l’activité créative psychocorporelle comme médiateur afin de travailler divers problématiques : motrices, sensorielles, cognitives et sociales.
Mais ce groupe « Sous le regard » est aussi né de la volonté de mettre les patients littéralement sur la scène, pour danser, sourire, se montrer vivants et surtout avec les autres. Pour les soignants : « Etre « Sous le regard » de l’autre est un événement qui engage. D’ailleurs, au début, les patients ont très bien remarqué la présence de soignants invités à observer le groupe pour comprendre ce que nous y engagions. C’est cette réaction d’être mis en avant, d’être admirés plus qu’observés qui a changé leur trajectoire : ils allaient devoir créer aux yeux des autres ». Une représentation a lieu en interne une fois par an.
Les points clés de ce groupe sont :
– la remédiation cognitive et corporelle : les patients vont choisir les chansons, écrire leur pièce et danser la chorégraphie ou créer à partir de ce qu’il leur reste de leur « bibliothèque » de gestes appris tout au long de ces deux ans d’atelier. Le corps se redresse, leur endurance, la mémoire et la concentration s’améliorent.
– l’effet de troupe : les patients sont seuls sur scène, ils font face ensemble, sans soignants à leur côté. En cas de blancs, tels des funambules, ils concentrent à nouveau leurs forces et repartent dans la lumière. Le public attend, à l’écoute et la scène reprend. Cet échange soutenant avec le public fait partie opérante du processus thérapeutique.
– l’Estimomètre est un outil visuel inventé à partir des paliers de satisfaction atteints par les patients suite aux applaudissements nourris du public. Ce renforçateur a eu un effet considérable sur la confiance en soi.
– la réhabilitation sociale : être regardé par les différents services de l’établissement et sur une scène municipale ouverte au public de la Ville de La Roche-Sur-Yon favorise l’inclusion des personnes souffrants de troubles psychiques.
Au final, ce groupe favorise le rétablissement et l’action collective. Le spectacle devient comme un symbole de l’inclusion des personnes souffrant de handicap psychique dans la société. Il signe une nouvelle étape de leur vie : de patients à citoyens-acteurs ou la naissance d’un nouveau statut, d’une nouvelle vie.
"Sous le regard" : un atelier pour redynamiser l'estime de soi - Santé Mentale
11 janvier 2024
Schizophrénie, Alzheimer : une potentielle nouvelle classe d’agent thérapeutiques qui cible les récepteurs nicotiniques
An original potentiating mechanism revealed by the cryoEM structures of the human α7 nicotinic receptor in complex with nanobodies.
Prevost MS et al.Nature Communications, 25 septembre 2023
25 septembre 2023
"Quand les enfants vont mal, comment les aider ?"
Partie I : La santé mentale des enfants : une demande en hausse, une offre en crise et des ressources difficiles à mobiliser
Partie II : Augmentation continue de la consommation de médicaments psychotropes chez l’enfant
Partie III : Les psychothérapies : intérêt clinique, actualité scientifique, débats et enjeux
Partie IV : L’éducation, les pédagogies nouvelles et alternatives, les dynamiques inclusives
Télécharger le rapport :
03 juillet 2023
Un observatoire des thérapies complémentaires à la fac de médecine de Strasbourg
Présidé par Fabrice Berna, professeur de psychiatrie, vice-président formation du Collège universitaire de médecines intégratives et complémentaires, cet observatoire devrait regrouper des enseignants, des étudiants, des organisations comme l’ordre des médecins, des instituts (Inserm)...
21 février 2023
A Mulhouse, une prise en charge innovante de la santé mentale
Le pôle de psychiatrie et santé mentale du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace propose une prise en charge innovante des jeunes adultes dès l’apparition de premiers troubles psychiques. Inspirée de la méthode finlandaise de l’Open dialogue, Diapason intègre l’entourage familial et les proches de la personne touchée, pour éviter au maximum les hospitalisations sous contrainte et la médication.
L’Open dialogue est une approche thérapeutique née en Finlande, dans un hôpital de Laponie dans les années 1980. « Elle est d’inspiration systémique, c’est-à-dire qu’il s’agit d’accompagner la personne avec ceux qui l’entourent : les parents, les amis, voire l’entourage professionnel », résume Géry Marchand.
Membre du Dehapp (Dispositif extra-hospitalier ambulatoire en pôle de psychiatrie) au Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA), ce psychologue formé aux thérapies familiales est, avec sa collègue infirmière en psychiatrie Marie Witz, à l’origine de la création d’un dispositif inspiré par le modèle finlandais : Diapason, pour Dispositif d’accompagnement précoce aux soins, lancé en 2021 et non encore pérenne.
19 février 2023
L’alternative "Yoga thérapie" contre les troubles psychiatriques
Comme un spray d’ocytocine dans la schizophrénie
B N Gangadhar évoque dans Indian Journal of Psychiatry* l’exemple de la schizophrénie où a déjà été proposée l’administration d’un spray nasal d’ocytocine pour améliorer la cognition sociale et, par conséquent, le fonctionnement global, dans la mesure où les taux sanguins d’ocytocine sont inférieurs à ceux des sujets témoins, appariés selon l’âge. Or des chercheurs ont démontré que l’intervention du yoga dans la schizophrénie produit des élévations du niveau d’ocytocine et que les patients bénéficiant de séances de yoga ont également une amélioration en matière de cognition sociale.
La pratique du yoga comme thérapie adjuvante chez le patient schizophrène peut donc être considérée comme une thérapie à l’ocytocine « endogène », comparativement à la thérapie à un spray nasal d’ocytocine « exogène ». En résumé, estime l’auteur, la base de preuves pour inclure le yoga dans le traitement des troubles psychiatriques augmente, ce qui lui semble ouvrir la voie à une utilisation sûre et efficace du yoga dans la pratique psychiatrique et permettre dès à présent (au moins en Inde) d’intégrer « un yoga- thérapeute » (yoga therapy/intervention) dans le cadre d’une équipe multidisciplinaire avec des psychiatres, en suscitant l’intérêt des médecins allopathes pour le yoga.
*Gangadhar BN : Evidence-based integration of yoga in psychiatric practice. Indian J Psychiatry 2023; 65(1): 5-11. DOI: 10.4103/indianjpsychiatry.indianjpsychiatry
28 janvier 2023
L’EMDR pour traiter le stress post-traumatique. Cette thérapie peut-elle être utilisée pour le traitement d’autres troubles psychiatriques ?
C’est en 1987 que l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing ou « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ») est pour la première fois décrite dans des publications scientifiques par la psychologue américaine Francine Shapiro.
De nombreuses études cliniques contrôlées et randomisées montrent que l’EMDR est efficace pour traiter les troubles de stress post-traumatique, donnant de très bons résultats par rapport à l’absence de traitement ou à d’autres approches pharmacologiques ou psychothérapeutiques. En outre, plusieurs méta-analyses ont ensuite confirmé l’efficacité clinique de cette approche. Ces recherches et évaluations ont permis de montrer des améliorations comparables pour l’EMDR à celles obtenues avec les thérapies cognitives et comportementales qui sont aussi indiquées pour le traitement des troubles de stress post-traumatique.
Ces résultats prometteurs ont poussé des équipes de recherche à étudier les effets de l’EMDR pour le traitement d’autres troubles psychiatriques. Dans ce contexte, l’intérêt de l’EMDR est à nuancer : plusieurs études sont limitées par des biais méthodologiques et les résultats sont mitigés. Il est important de souligner que l’EMDR n’est pas une approche thérapeutique miracle qui pourrait « tout soigner ». En effet, la technique cible les traumatismes psychiques – or ces derniers ne sont pas forcément caractéristiques de tous les troubles psychiatriques.
Cependant, ces dernières années, des progrès ont été faits pour mieux comprendre des pathologies comme la schizophrénie et la dépression, montrant qu’un souvenir traumatique peut parfois être un facteur déclenchant ou aggravant. Dans ce contexte, l’EMDR pourrait donc être utile pour compléter d’autres approches thérapeutiques et pharmacologiques proposées à certains patients, améliorant un peu plus leur santé mentale en travaillant sur le ou les traumatismes associés à leur pathologie...
22 novembre 2022
[24 Novembre] : Webinaire "Inflammation et troubles bipolaires, causes, conséquences et stratégies thérapeutiques"
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09 août 2022
[Film] : Bateau thérapie : restaurer un bateau pour restaurer les hommes
Projet joliment intitulé "Bateau thérapie : restaurer un bateau pour restaurer les hommes"
Une expérience unique en France : un chantier naval thérapeutique lancé par Bernard de Vericourt. Cet usager de la santé mentale a choisi de se mettre au service d’autres porteurs de handicap mental. Le réalisateur Olivier Surville a suivi toutes les étapes de la restauration du bateau. Un film touchant et édifiant sur le rétablissement et la pair-aidance. Un documentaire plein d’espoir produit par Wallraff, nouvel acteur dans le domaine du documentaire. Diffusion en octobre prochain !
Votre soutien à ce projet sera apprécié !
Issu d’une grande famille d’officiers, fils et petit-fils de marin, Bernard de Véricourt est ce que l’on appelle « un usager de la santé mentale « . En d’autres termes Il fréquente depuis une vingtaine d’années des établissements spécialisés et cela en raison d’un handicap psychique. Bernard a été diagnostiqué souffrant de troubles schizo-affectif qui ont chez lui provoqué des délires mystiques. Mais cette pathologie stabilisée depuis plus de 5 ans ne l’empêche pas de vivre à peu près normalement. Loin de là. Avec en sus beaucoup de générosité et d’altruisme.
Détenteur d’un CAP de charpentier de marine, Bernard a toujours eu l’idée d’apporter un réconfort et un soutien à des gens qui ont sensiblement le même parcours que lui. Alors un jour, avec ses économies et l’aide de quelques proches, il fait l’acquisition du « Dapherod », un Edel 2, petit voilier de 5,60 mètres fabriqué en 1967. La vétusté du bateau lui donne une idée : celle de faire restaurer ce bateau par des gens « comme lui ». Un magnifique projet vient de naitre. Il ne reste plus qu’à concrétiser la rénovation de ce bateau par des personnes en situation de fragilité sociale ou psychique.
Pour Bernard l’objectif est essentiel : « restaurer ce voilier c’est aussi restaurer la confiance en ceux qui prennent part au projet. Nous allons pouvoir tisser du lien social et bien sûr procurer un travail qui ait du sens.
C’est cette aventure humaine que le réalisateur Olivier Surville a choisi de filmer, des débuts de la restauration jusqu’à la mise à l’eau du voilier. La diffusion prévue de ce documentaire de 52mn est confirmée en octobre 2022.
28 avril 2022
Recours à l’électroconvulsivothérapie (ECT) : des disparités importantes
1/ Qu'est-ce que l'Electroconvulsivothérapie (ECT) et comment sa perception a-t-elle évolué au cours du temps ?
L'électroconvulsivothérapie, qui figure parmi les traitements recommandés pour le soin des troubles psychiques sévères ne répondant pas aux prises en charge usuelles, est une procédure qui consiste à déclencher une crise d'épilepsie sous anesthésie générale. Après s'être rapidement répandue dans le monde occidental à la fin des années 1930, cette pratique, concurrencée par l'arrivée des médicaments psychotropes, est largement critiquée, notamment en raison de pratiques abusives durant la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est que dans les années 1970-80, en lien, d'une part, avec la mise en évidence des limites des traitements psychotropes (effets secondaires, pharmacorésistance), et, d'autre part, avec la démonstration de l'efficacité de l'ECT dans des essais cliniques randomisés, que ce traitement est réhabilité. Des recommandations de bonnes pratiques sont alors publiées dans de nombreux pays, dont la France. Néanmoins, si de nombreuses études scientifiques concluent au bénéfice et à l'innocuité de ce mode de prise en charge pour les personnes avec des troubles psychiques sévères et résistants en comparaison à la prise de médicaments psychotropes au long cours, l'ECT demeure associée à des représentations sociales négatives et des débats persistent au sein même de la littérature scientifique. L'absence de données récentes sur le recours à l'ECT, soulignée par de nombreux acteurs, contribue à alimenter les craintes vis-à-vis de cette pratique qui demeure méconnue. Dans ce contexte, la mise à disposition d'un recueil complémentaire des actes d'ECT en France en 2017, visant l'exhaustivité, a servi de point de départ à notre recherche qui permet de mobiliser des données à grande échelle pour mieux documenter le recours à ce traitement.
2/ Quelles sont les personnes qui reçoivent une prise en charge par ECT en France ? Leurs caractéristiques sont-elles en accord avec les recommandations de bonnes pratiques ?
En accord avec les recommandations de bonnes pratiques, l'ECT constitue une prise en charge hyper-spécialisée qui a concerné 3 705 personnes pour 44 668 actes et un peu plus d'1 % des adultes hospitalisés au moins une journée à temps plein en psychiatrie en France en 2019. Ces personnes sont plus âgées, plus souvent de sexe féminin, ont des diagnostics de troubles plus sévères ou complexes et présentent davantage de marqueurs de sévérité que les autres personnes hospitalisées selon les mêmes modalités, caractéristiques cliniques qui sont également en accord avec les recommandations de bonnes pratiques. Ces dernières sont néanmoins anciennes et mériteraient d'être actualisées, notamment en intégrant le point de vue des personnes ayant expérimenté l'ECT. Par ailleurs, de fortes variations dans l'adressage vers ce traitement sont observées entre les établissements en charge du suivi psychiatrique et elles ne sont pas uniquement associées à des caractéristiques des personnes prises en charge, ce qui interroge.
3/ Pourquoi le recours à cette thérapie est-il aussi disparate sur le territoire ?
Au-delà des différences dans les caractéristiques des patients suivis, nos résultats soulignent qu'une part non négligeable des variations du recours à l'ECT entre établissements est expliquée par des caractéristiques de l'offre de soins : en particulier le type d'établissement assurant le suivi psychiatrique et la distance avec le plateau technique d'ECT le plus proche. Ce constat souligne l'hétérogénéité de la prise en charge des troubles psychiques sévères et résistants alors que la psychiatrie en France a été initialement pensée et organisée de manière à couvrir l'ensemble du territoire dans le cadre de la sectorisation. L'absence de gradation et de spécialisation des soins en psychiatrie ainsi que son cloisonnement vis-à-vis des autres spécialités médicales, issues de cette organisation historique, pourrait expliquer en partie l'hétérogénéité de recours à l'ECT, traitement à indications limitées concernant un nombre restreint de situations cliniques. Si cette pratique hyper-spécialisée n'a pas vocation à être disponible en proximité, son accès doit être facilité par une meilleure coordination des soins entre services assurant le suivi régulier et ceux offrant des prestations spécialisées.
* « Le recours à l’électroconvulsivothérapie en France : des premières données nationales qui soulignent des disparités importantes », Lecarpentier P. (EPS Barthélémy Durand, Irdes), Gandré C. (Irdes), Coldefy M. (Irdes) en collaboration avec Ellini A. (ATIH) – Questions d’économie de la santé n° 267 – Avril 2022.
Recours à l'ECT : des disparités importantes - Santé Mentale (santementale.fr)
27 février 2022
I-Care/You-Care, psychoéducation pour les jeunes et leurs parents
"Premier épisode psychotique (PEP)" : I-Care/You-Care, psychoéducation pour les jeunes et leurs parents
Premier programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) disponible pour les jeunes de 16 à 30 ans ayant un premier épisode psychotique (PEP) et leurs parents, I-Care/You-Care montre des résultats prometteurs, selon un poster présenté au Congrès de l’Encéphale en janvier 2022. Cet outil est proposé par le Centre d’évaluation pour les jeunes adultes et adolescents (C’JAAD)(1) GHU Paris psychiatrie et neurosciences.
La survenue d’un PEP constitue une véritable rupture dans le parcours des personnes touchées, tant sur le plan affectif, social que familial. Il impacte également fortement l’insertion scolaire/professionnelle et s’accompagne régulièrement de prise de risques : conduites dangereuses, consommations de toxiques, tentatives de suicide. Cette rupture entraine souvent un handicap psychique et social durable, et dans un peu plus d’un cas sur deux, les troubles évolueront vers une schizophrénie. L’intérêt d’un diagnostic et d’une prise en charge précoce, dès le PEP n’est aujourd’hui plus débattu, du fait de son impact positif sur le pronostic. Les traitements antipsychotiques sont efficaces sur les symptômes psychotiques positifs, or l’impact social, psychique et scolaire est massivement lié aux symptômes cognitifs et négatifs de la psychose. Cela montre l’importance fondamentale d’adjoindre à cette chimiothérapie des interventions thérapeutiques complémentaires.
L’enjeu principal de l’intervention précoce est d’instituer rapidement des soins intégrés et adaptés au stade évolutif de la maladie et à l’âge, en veillant à les adapter au mieux dans leur trajectoire de vie et à limiter la stigmatisation. Dans le cadre d’un PEP, l’initiation d’un traitement adapté à l’âge et le suivi clinique doit être le plus précoce possible. Le traitement doit s’accompagner de psychoéducation, de thérapies cognitivo-comportementales (TCC) auprès des jeunes et des familles afin d’améliorer la compréhension des troubles et l’engagement de tous dans le projet de rétablissement.
Destiné aux jeunes patients ayant présenté un PEP et à leur famille, le programme I-Care/You-Care vise à renforcer l’adhésion du jeune et de sa famille à la prise en charge médicamenteuse et psychosociale proposée.
Méthode
I-Care/You-Care est un programme construit en 12 séances hebdomadaires, qui ont lieu le soir (18-20 heures), de façon simultanée dans des groupes parallèles pour des jeunes de 16 à 30 ans ayant un PEP, selon les critères de la Comprehensive Assessment of at risk mental states (Caarms), depuis moins de 12 mois et leurs parents. Les groupes fermés comprennent 6 à 8 participants chez les jeunes et 8 à 16 chez les parents. Le programme actuel, labellisé par l’ARS d’Ile-de-France, a évolué en prenant en compte les retours des premiers participants. Co-construit avec les personnes concernées, I-Care/You-Care est également co-animé par des pairs aidants et des parents aidants.
Résultats et perspectives
A ce jour, 3 sessions de 2 groupes patients et parents ont eu lieu, une a démarré en janvier 2022. Les évaluations montrent un fort taux de participation ainsi qu’une très bonne acceptabilité avec un très bon taux de satisfaction. Des résultats prometteurs en termes d’adhésion aux soins, de conscience et de compréhension du trouble.
La situation sanitaire a modifié le format du groupe rendant l’utilisation des données recueillies moins pertinentes, difficilement analysables avec des données manquantes. L’augmentation du nombre de participants ainsi qu’une analyse plus approfondie permettront de mettre en évidence les dimensions cliniques évaluées et les critères constituant un frein à l’amélioration clinique.
1– Le C’JAAD est le Centre régional référent à l’initiative du Réseau Transition.
ETP pour les PEP : I-Care/You-Care, D. Willard, C. Jantac, C. Bellot, C. Daban, J. Chaignaud, V. Morin, E. Chevallier, J. Dumont, MO Krebs. Poster, Congrès de l’Encéphale, 19-21 janvier 2022.
Contact : Dominique Willard, psychologue, Responsable de l’Unité Accompagnement Familial et Psychoéducation, D.WILLARD@ghu-paris.fr
06 octobre 2021
[Recherche] : Alimentation et troubles bipolaires
Saunders et ses collègues ont conçu un régime pour modifier les niveaux d'acides gras polyinsaturés spécifiques (nutriments présents dans de nombreux aliments) que les participants consomment tout en continuant leurs soins habituels pour les troubles bipolaires, y compris les médicaments stabilisateurs de l'humeur. Des recherches antérieures ont montré que les médicaments pour traiter les troubles bipolaires modifient la façon dont le corps décompose ou métabolise les acides gras. Les sous-produits de ce processus activent différentes parties du système immunitaire et incluent d'autres processus chimiques qui affectent la façon dont le corps perçoit la douleur, un symptôme courant rapporté par les personnes vivant avec des troubles bipolaires.
"Ce régime n'est pas destiné à être un traitement pour les personnes atteintes de troubles bipolaires qui souffrent de dépression ou de manie aiguë et sévère", explique Erika Saunders. "Au contraire, notre objectif est de développer des solutions pour aider les patients à mieux gérer à long terme leurs symptômes, y compris la douleur."
Lire l'article :
https://www.futurity.org/bipolar-disorder-fatty-acid-mood-2636462-2/
Étude originale : DOI : 10.1111/bdi.13112
03 octobre 2021
Assises de la Santé Mentale : création de l’Institut de Stimulation Cérébrale
En France, plus de 8 millions de personnes sont touchées par des pathologies psychiatriques, majoritairement chroniques. Les maladies psychiatriques représentent la première cause d’incapacité à l’échelle mondiale. Sur le plan thérapeutique, depuis la découverte des premiers traitements médicamenteux antipsychotiques en 1952, à l’hôpital Sainte-Anne, les progrès ont été insuffisants.
Et pourtant, les besoins sont énormes avec un tiers de patients résistants aux traitements actuellement disponibles.
La stimulation cérébrale est apparue ces dernières années comme une voie de recherche très prometteuse pour accomplir un véritable saut thérapeutique, tant en termes de qualité que de confort et de sécurité des soins. Il s’agit d’un ensemble de techniques qui visent à stimuler des zones précises du cerveau pour soigner le patient.
Quels avantages ?
Ces techniques, qui s’appuient sur un équipement léger, permettent des interventions beaucoup mieux ciblée vers les seules zones cérébrales d’intérêt pour chaque patient, et présentent donc des effets indésirables moindres. Ce traitement se situe aux antipodes des représentations anxiogènes et datées encore trop répandues.
Le GHU Paris bénéficie d’un positionnement idéal, avec l’aide de partenaires clé, pour déployer à Paris un Institut de Stimulation Cérébrale grâce à :
Des équipes du GHU Paris qui ont déjà investi ces domaines avec plusieurs essais cliniques en cours, notamment dans le service du Dr Marion Plaze, au sein du Pôle hospitalo-universitaire psychiatrie Paris 15e, piloté par le Pr Raphaël Gaillard.
Des industriels et laboratoires de recherche à la pointe des développements les plus innovants dans le domaine des ultrasons diagnostiques et thérapeutiques, dont l’avance technologique en matière de stimulation cérébrale par ultrasons focalisés pourrait donner à la France un avantage comparatif majeur.
Pourquoi créer l’Institut de Stimulation Cérébrale?
Véritable incubateur et accélérateur de la recherche, l’Institut va permettre d’arriver rapidement à une large utilisation de cette offre thérapeutique pour les patients et de développer une solution industrielle française. Concrètement, les équipes travailleront :
A renforcer une approche de type médecine personnalisée, par l’utilisation de l’imagerie cérébrale qui individualise la zone du cerveau à traiter.
A aller encore plus loin grâce à une nouvelle technologie scientifique : la stimulation cérébrale profonde par ultrasons focalisés. Cette technologie non invasive pourrait être mise en œuvre, d’ici début 2022, sur le site Sainte-Anne, pour la première fois chez l’homme. Elle s’attache particulièrement à soigner les personnes vivant avec une dépression ou une addiction..
En soutenant financièrement ce projet à hauteur de 19 millions d’euros pour une durée de 5 ans*, le gouvernement confie au GHU Paris et à ses partenaires universitaires (Université de Paris) et scientifiques (Inserm/IPNP) la réalisation d’une avancée thérapeutique au bénéfice de milliers d’usagers de la psychiatrie, dont les attentes se voient aujourd’hui entendues.
Ce soutien rendra possibles le recrutement d’équipes cliniques et de recherche, un investissement technique et technologique, et des essais cliniques novateurs liés aux ultrasons.
Le porteur du projet :
Le GHU Paris psychiatrie & neurosciences est issu de la fusion, en 2019, de trois hôpitaux publics, Sainte-Anne, Maison Blanche et Perray Vaucluse. Hôpital universitaire rattaché à l’Université de Paris, le GHU dispose de la plus importante activité psychiatrique de France (60 000 patients pris en charge) et assure également une activité de référence dans les neurosciences (neurologie, neurochirurgie, neuro-imagerie, neurophysiologie, etc.). Le site de Sainte-Anne accueille par ailleurs l’Institut de Psychiatrie et de Neurosciences de Paris, qui dépend de l’INSERM et de l’Université de Paris.
03 août 2021
Médiation équine : une étude scientifique à l'hôpital de Dreux
Cette étude, coûteuse par son ampleur est cofinancée par l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation et suivie par l’Université de médecine de Caen (Calvados).
L’objectif final vise à diminuer, en thérapies brèves, les hospitalisations et les traitements à base de médicaments.
Les résultats de cette étude seront connus à la fin de l'année 2022.
06 décembre 2020
Dossier spécial du magazine "Le FondaMental"
Le magazine de la Fondation FondaMental consacre dans ce numéro un dossier spécial sur les stratégies thérapeutiques au service du rétablissement et met en avant des avancées scientifiques dans les troubles bipolaires, la schizophrénie ou encore la dépression résistante.











