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26 mai 2026

Pour un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie

La FNUJA – Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats, réunie en Congrès à Grenoble du 13 au 16 mai 2026, emboîte le pas à la CGLPL – Contrôleur général des lieux de privation de liberté et à nombre de soignants, en exigeant dans une motion l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie.

La FNUJA EXIGE ainsi l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie, applicable tant aux enfants admis en soins psychiatriques sans consentement qu’à ceux admis en « soins libres » sur décisions de ses représentants légaux ou du juge des enfants, afin de garantir le respect effectif de leur dignité et de leurs droits et libertés fondamentaux ;

Elle APPELLE de ses vœux une réforme du code de la santé publique prévoyant :

● La délivrance obligatoire d’une information écrite, adaptée et accessible à l’enfant hospitalisé sur ses droits et ses voies de recours dès son admission,
● Le recueil systématique des souhaits de l’enfant dès son admission, dès lors qu’il est apte à exprimer sa volonté, et ce, quel que soit son âge,
● L’instauration d’un contrôle juridictionnel systématique, par le magistrat en charge du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés dans le domaine des soins sans consentement, pour toute hospitalisation en psychiatrie d’un enfant, et ce dans un délai de 12 jours maximum suivant l’hospitalisation, et l’assistance ou représentation obligatoire par un avocat ;
● La prohibition absolue du recours à l’isolement et à la contention pour les enfants,
● l’interdiction de l’accueil de tout enfant en services de soins pour adultes,
● La garantie effective du droit à l’éducation durant le temps de l’hospitalisation,
● La désignation d’un administrateur ad hoc en cas d’opposition d’intérêts entre l’enfant et ses
représentants légaux

Pour un statut légal de l'enfant hospitalisé en psychiatrie - Santé Mentale

05 mars 2026

La "Relax Box" qui apaise

Au CH d’Erstein, les jeunes hospitalisés sont incités à personnaliser une boîte avec divers objets ressources utilisables en cas de crise.

La Relax Box se présente sous la forme d’une boîte à personnaliser avec divers objets sensoriels (balle antistress, huile parfumée, musique apaisante, texture douce), mais aussi des supports pour favoriser la réflexion et la mise à distance (cartes mémo, techniques de respiration ou encore petits jeux). Depuis 2024, l’unité Saint-Exupéry du Centre hospitalier d’Erstein, en Alsace, propose ce dispositif thérapeutique aux adolescents hospitalisés, notamment ceux qui souffrent de troubles psychotiques. En mobilisant les cinq sens, les jeunes apprennent à identifier leurs signaux internes et à trouver des ressources pour éviter les débordements émotionnels. La Relax Box les aide ainsi à canaliser leurs émotions, à prévenir l’automutilation et à soutenir la désescalade des crises d’anxiété ou de colère.

En pratique, au cours d’un atelier thérapeutique d’1h30 chaque lundi, l’équipe soignante travaille avec huit jeunes sur le stress, les tensions et s’attarde sur les outils à disposition de chacun (techniques d’ancrage, méthodes de relaxation…). Ce temps de réflexion constitue un moment propice pour se familiariser avec la Relax Box et apprendre à la composer.

Chaque adolescent dispose ensuite de sa boîte dans sa chambre. Quand des tensions affleurent, ou qu’un état d’agitation est palpable, les soignants proposent d’y avoir recours. Souvent, les adolescents s’en saisissent d’eux-mêmes lorsqu’ils ne se sentent pas bien. Au fur et à mesure de l’utilisation, la boîte s’étoffe et se personnalise avec des photos de famille ou des objets qui leur tiennent à cœur.

Depuis la mise en place de la Relax Box, les équipes soignantes constatent un moindre recours à l’isolement et une baisse de l’auto et de l’hétéro-agressivité. Non seulement les adolescents parviennent à mieux réguler leurs émotions, mais ils échangent aussi à partir du contenu de cette boîte, sur les techniques qui leur conviennent.

La démarche s’inscrit dans une approche de soin global et participatif. Le patient devient acteur de son parcours et cette approche personnalisée favorise la compréhension de soi et de la maladie, la confiance en soi et l’implication active du patient dans son parcours de soin.

Le projet Relax Box a reçu le 2e Prix des équipes soignantes en psychiatrie 2025 lors des 11es Rencontres soignantes en psychiatrie, en octobre 2025.

Contact : C. Martinho, cadre de santé, cecilia.martinho@ch-erstein.fr

La Relax Box qui apaise - Santé Mentale

15 décembre 2025

Hôpitaux et cliniques – Le palmarès 2025

Comme chaque année, le magazine "Le Point" publie son palmarès des structures de santé (n°2784 du 4 décembre 2025)

Pour ce qui concerne la psychiatrie, 3 pages à consulter :

Schizophrénie

Dépression


Troubles bipolaires

10 décembre 2025

Psychiatrie : les droits des mineurs hospitalisés sont bafoués

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) réclame la création d’un statut du mineur hospitalisé en psychiatrie pour que cesse la violation de ses droits, notamment l’usage de la contention et de l’isolement hors de tout cas, ainsi qu’un plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie.

Atteintes aux droits fondamentaux et recours massif et injustifié à l’isolement et à la contention : l’alerte du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), publiée sous forme d’avis au Journal officiel ce 4 décembre 2025, jette une lumière crue sur les conditions de prise en charge des mineurs en psychiatrie. 

Et ce n’est pas tant les acteurs du soin qui sont ciblés (même si sont soulignés le délabrement de certains services hospitaliers et l’approche inadaptée de certains professionnels), que les autorités. La contrôleuse générale Dominique Simonnot dénonce « le décalage entre les obligations de l'État en matière de protection des droits des enfants et l'insuffisante protection des droits du mineur en établissement de santé mentale », qui conduit à ce que « les patients les plus vulnérables sont ceux que la loi protège le moins ».

Psychiatrie : les droits des mineurs hospitalisés sont bafoués, alerte le CGLPL | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Psychiatrie

24 novembre 2025

[Livre] : Au pays des ombres. Voyage au coeur de la folie

Laurent Layet ; Editions Mareuil ; parution le 25 septembre 2025

Que faire des égarés, de ceux que l'on appelle les " fous " ? Que faire de ceux qui souffrent de sévères troubles mentaux, perdus dans une société dont ils n'ont pas les codes ? Comment les aider ? Le peut-on seulement ? Et pour les plus inquiétants comment les empêcher de récidiver quand ils ont tué ? C'est à toutes ces questions et à bien d'autres que tente de répondre le docteur Laurent Layet.

À travers un récit d'une grande force, ce psychiatre expert auprès des tribunaux, relate le quotidien des Unités pour malades difficiles, les UMD, ces structures peu connues du grand public et souvent oubliées des pouvoirs publics. Il nous plonge dans cet univers glaçant où se côtoient des individus cassés par la vie, abandonnés par la raison, parfois touchants dans leur solitude, dans leur incapacité à exprimer leur détresse, leur douleur profonde. Comme Monsieur D., ce mastodonte de 140 kilos de plus de deux mètres qui incarne à lui seul les incohérences d'un système psychiatrique à bout de souffle. Comme Mamadou Traoré, " l'enfant sacré ", " le tueur des parkings ", qui effaçait à mains nues, du visage de ses victimes, tout signe d'humanité avec une telle force que les enquêteurs pensaient qu'il utilisait une batte de baseball !

"L'évanescence des élans humanistes et des grands discours sur la bientraitance qui se consument dans les flammes de la peur (...) ", écrit le docteur Layet, car ce livre, entend aussi tirer la sonnette d'alarme sur la gestion parfois indigne de ce type d'établissement censée contenir la folie.

https://www.fnac.com/a21560670/Laurent-Layet-Voyage-au-coeur-des-Unites-pour-malades-difficiles


28 août 2025

Quid de la prise charge des patients « psy » aux urgences ?

Aux urgences, les patients avec des antécédents psychiatriques sont stigmatisés, connaissent des délais de prise en charge qui ne cessent de s’allonger, conduisant à un nombre certain d’évènement indésirables, parfois graves. Des sociétés savantes préparent un guide et des recommandations pour garantir un accueil standardisé et de qualité.

Écho de congrès – Le contexte actuel de crise sans précédent de la psychiatrie impacte fortement les structures d’urgence. Au Congrès Urgences, qui s’est tenu du 4 au 6 juin à Paris, le Pr Anthony Chauvin (Hôpital de Lariboisière, APHP), lors d’une session dédiée à la discipline, rappelle l’importance de ne pas catégoriser trop rapidement les patients à présentation psychiatrique. Ces patients stigmatisés, connaissent en effet des délais de prise en charge qui ne cessent de s’allonger, conduisant à un nombre certain d’évènement indésirables, parfois graves. « Ce sont des patients fragiles, pour lesquels la mortalité est multipliée par deux, voire par quatre par rapport à quelqu’un qui n’a pas d’antécédent ».

La première complication survient lors du tri et de l’orientation. Le patient étiqueté « bizarre », « psy », sera orienté en premier lieu vers le psychiatre, avant examen ou bilan. Or ces profils sont très « piégeux », souligne le Pr Anthony Chauvin, car certains syndromes psychiatriques ont une origine organique, toxicologique ou iatrogénique. Des pathologies somatiques engendrent aussi des tableaux d’allure psychiatrique : troubles de la perception, hallucinations, états délirants, troubles anxieux ou encore du comportement. « Afin d’éviter la perte de chance, tout patient avec des antécédents psychiatriques qui se présente aux Urgences doit être considéré comme “somatique ”, jusqu’à preuve du contraire », rappelle-t-il. Les premières minutes sont primordiales.

Dès lors, les services d’urgence doivent s’organiser pour offrir un accueil standardisé et de qualité à ces patients, pointe l’urgentiste. La Société française de médecine d’urgence (SFMU) et le Samu Urgences de France (SUDF) travaillent conjointement en ce sens.
– Tout d’abord, la SFMU, via sa commission « Risque incident sécurité sûreté qualité » (RI2SQ) travaille à l’élaboration d’un guide pratique sur le parcours de soins de ces personnes. L’objectif est de fournir à chaque SU un cadre architectural d’organisation de la filière, avec des blocs dédiés aux patients à présentation psychiatrique au sein même de la structure.
– De plus, un partenariat entre la SFMU et l’Association francophone pour l’étude et la recherche sur les urgences psychiatriques (Aferup) vise à produire des recommandations formalisées d’experts (RFE) pour ces accueils. Les premiers points abordés seront la prise en charge thérapeutique de l’agitation, des tentatives de suicide médicamenteuses et les modalités du bilan paraclinique avant évaluation psychiatrique. Ce travail pluridisciplinaire constituera une avancée réelle pour garantir la qualité des soins à cette population.
Ces deux documents sont attendus pour juin 2026.

Quid de la prise charge des patients « psy » aux urgences - Rencontres Soignantes en Psychiatrie

14 août 2025

Boris Chaumette, la science au service de la santé mentale

Entre recherche et clinique : un équilibre au service de la psychiatrie

À la fois chercheur et médecin, Boris Chaumette évolue entre le laboratoire et l’hôpital. Cette double casquette nourrit une approche bilatérale : le laboratoire apporte des réponses aux soins et les soins, de leur côté, alimentent les réflexions scientifiques. Les recherches de Boris Chaumette s’articulent autour de deux grands axes. Le premier consiste à identifier de nouveaux variants génétiques chez des patients sans diagnostic, en développant de nouvelles techniques de biologie moléculaire, afin d’augmenter le nombre de diagnostics génétiques posés. Le second vise à adapter les traitements, en tenant compte des caractéristiques biologiques propres à chaque patient diagnostiqué. L’objectif est de dépasser les catégories cliniques encore trop générales pour proposer des thérapies plus personnalisées et plus efficaces.

« L’idée, c’est d’arriver à prescrire le bon traitement pour le bon patient, à la bonne dose et au bon moment. », affirme Boris Chaumette.

C’est tout l’enjeu de la psychiatrie de précision, soutenue notamment par le PEPR PROPSY, programme de recherche doté d’un budget de 80 millions d’euros sur 7 ans, alloué dans le cadre du plan d’investissement France 2030. En lien avec l’Inserm, le CNRS et la Fondation FondaMental, Boris Chaumette y pilote le développement de la biologie moléculaire.

« L’objectif est d’essayer de trouver des catégories de patients qui sont plus homogènes sur le plan biologique pour pouvoir personnaliser les traitements et soigner de manière plus spécifique. Pour l’instant, les patients sont catégorisés selon leur maladie : autisme, dépression, trouble bipolaire ou schizophrénie. Mais c’est possible que ces recherches fassent tomber les barrières entre les catégories diagnostiques. »

L’impact de l’environnement sur la santé mentale
Les travaux de Boris Chaumette s’ouvrent également à l’épigénétique : l’étude de l’influence de l’environnement sur l’expression des gènes. En effet, si la génétique joue un rôle fondamental dans les troubles psychiatriques, avec une héritabilité estimée à 80 % pour la schizophrénie ou l’autisme, l’environnement n’est pas en reste.

« Aujourd’hui, rien qu’avec une prise de sang, nous pouvons savoir si une personne est, ou a été, exposée au tabac par exemple. Ces marques laissées sur l’ADN nous laissent penser qu’il est possible de détecter l’effet de l’environnement sur l’expression des gènes, en lien avec les pathologies psychiatriques. », explique le Dr Boris Chaumette.

Cette approche offre de nouvelles perspectives préventives pour réduire le risque d’apparition de certaines maladies psychiatriques telles que la schizophrénie.

« Une personne présentant un risque génétique accru a tout intérêt à éviter la consommation de substances psychoactives, comme le cannabis, qui est aujourd’hui reconnu comme un grand pourvoyeur de la schizophrénie. L’évitement du cannabis forme donc un levier de prévention accessible et efficace. »

La santé mentale comme enjeu politique et sociétal

Membre du programme Young Leaders du conseil franco-britannique depuis juin 2025, Boris Chaumette défend une vision transversale de la santé mentale, impliquant monde politique, scientifique et économique. Alors que la santé mentale est désignée Grande cause nationale en 2025, il appelle à une mobilisation collective et durable.

Aujourd’hui, les maladies psychiques demeurent trop souvent un sujet tabou, entouré de stigmatisation. Cela conduit de nombreuses personnes à éviter les consultations psychiatriques, alors même que la santé mentale est une composante essentielle de notre santé globale. Il existe ainsi un véritable enjeu à démystifier les maladies psychiatriques, à les expliquer et à comprendre qu’il s’agit de maladies biologiques au même titre que les autres.

Au quotidien, le neuroscientifique s’engage auprès d’associations comme Positive Minders et dans des actions de vulgarisation avec l’Institut Robert-Debré du Cerveau de l’Enfant. Il y explique ses recherches sur le neurodéveloppement et forme le grand public à la compréhension des différentes maladies psychiatriques, dans l’objectif de combattre les fausses informations et de favoriser une meilleure prise en charge.

« Les chercheuses, chercheurs et médecins ne peuvent plus être cantonnés au laboratoire ou à l’hôpital. Je m’adresse à l’ensemble de mes collègues : n’hésitez pas à prendre la parole ! La science doit éclairer les décisions publiques. », conclut Boris Chaumette.

Boris Chaumette, la science au service de la santé mentale | Université Paris Cité

14 mai 2025

[Livre] : Et c'est moi qu'on enferme

Philippa Motte, Editions Stock, parution le 07/05/2025

"Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes closes, des mots savants, des piqûres et des sangles qu’ils utiliseront pour me maîtriser si je me risque à exprimer le fond de ma pensée."

À trente et un ans, Philippa Motte est internée sous contrainte dans un service psychiatrique. C’est la troisième fois. Elle y reste plusieurs mois, assommée de médicaments et confrontée à la brutalité de certaines pratiques de soin. Pour tenir, elle s’allie aux autres patients et fait certaines des plus belles rencontres de sa vie. Longtemps blessée par le regard d’une société qui marginalise ceux qui souffrent psychiquement, c’est finalement dans la lutte pour préserver son identité que Philippa trouve son humanité profonde. Un récit puissant qui donne à ressentir les violences psychiatriques, et qui rend leur dignité à celles et ceux qui les subissent.

Et c'est moi qu'on enferme (Grand format - Broché 2025), de Philippa Motte | Stock

Philippa, bipolaire, raconte l’effrayante beauté de la folie

04 janvier 2025

[Hôpital psy] : "Ne crois pas que ceux qui entrent ici arrêtent leur vie"

Malheur niveau 2 (47mn)

Un documentaire de Violette Gitton

Des patients se racontent de l'intérieur...

"En 2020, pendant le confinement, je me mets à développer un toc : tout enregistrer autour de moi. Quelques mois plus tard, mon état de santé mentale s’aggrave et je décide d’aller en clinique psychiatrique. Je n’avais pas franchement anticipé que là-bas, mon toc se transformerait en un projet de podcast collectif."

Enregistré dans la clinique où Violette est internée, ce documentaire est une immersion sonore au cœur de la vie de patients en psychiatrie. Les témoignages et parcours de vie questionnent les stéréotypes et clichés souvent associés à la folie, et invitent à repenser la notion même de vulnérabilité. Issu d'une trentaine d'heures d'enregistrements, ce récit choral et collectif engage une réflexion sur la tolérance, la santé mentale, et l'institution médicale.


https://www.arteradio.com/son/61691588/malheur_niveau_2

Biographie
Violette Gitton est auteure réalisatrice pour le cinéma. En parallèle, elle exerce en tant que coach enfants : elle veille à la sécurité physique et morale des comédien.ne.s mineur.e.s, et conseille l’équipe mise en scène quant à leur direction. Malheur niveau 2 est son premier podcast.


18 octobre 2024

[PUB] : Professeurs et étudiants promeuvent la psychiatrie

Alors que s’est achevé le 4 septembre le choix des futures spécialités par les étudiants en médecine, avant leur affectation définitive par spécialité et par établissement le 23 septembre, comme l’annonce le Centre national de gestion (CNG) le Collège national universitaire en psychiatrie (CNUP), l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) et l’Association française fédérative des étudiants en psychiatrie (AFFEP) ont lancé une campagne de promotion pour la psychiatrie.

12 % de postes non pourvus en 2023

C'est l’occasion, pour les professeurs et internes en psychiatrie, de combattre des idées reçues concernant la psy, qui éloigne les étudiants de cette spécialité. Car depuis quelques années, elle connaît un véritable désamour chez les étudiants en médecine. Alors qu’en 2017, seuls 1,38 % des postes proposés en psychiatrie n’étaient pas pourvus, ce taux est passé à 17 % en 2019, pour s’établir à 12 % en 2023. Pour contrer cette érosion, l’Association française fédérative des étudiants en psychiatrie (AFFEP) avait lancé en 2019 une campagne de promotion pour redorer le blason de cette spécialité, en lançant notamment le hashtag #Jechoisislapsy.

Choisir psychiatrie

Cette année, l’AFFEP a été rejointe par le Collège national des universitaires en psychiatrie (CNUP) pour combattre les idées reçues attachées à la psy et inciter les futurs internes à s’investir dans cette spécialité, dans le cadre d’une campagne baptisée « Choisir psychiatrie ». Car il y a péril en la demeure : la psy fait partie des quatre spés les plus délaissées par les étudiants lors de la procédure de choix à la suite des épreuves dématérialisées nationales (EDN), alors même « qu’un quart des médecins psychiatres ont plus de 65 ans et que 1 Français sur 5, soit 13 millions de personnes, vit avec un trouble mental ou psychique ».

La campagne « Choisir psychiatrie » s’appuie sur la publication d’un baromètre « Les Français et la psychiatre », l’organisation de nuit de la psychiatrie dans plusieurs villes universitaires (Bordeaux, Grenoble, Lille, Strasbourg et Tours) en 2025, ainsi qu’une campagne digitale « déployée dès la rentrée universitaire afin d’aller au plus près des étudiants en médecine, mais aussi des futurs étudiants ».

Baromètre « Les Français et la psychiatrie »

Le baromètre du CNUP « Les Français et la psychiatrie » montre que nombre d’idées reçues sont attachées à la psy : 61 % des Français jugent l’univers psychiatrique anxiogène, 51 % des Français (et 24 % des étudiants en médecine) pensent que la psychiatrie est un univers opaque, tandis que 62 % des étudiants en médecine considèrent la psychiatrie comme une discipline peu prestigieuse. Par ailleurs, pour 49 % des étudiants en médecine, la recherche en psychiatrie semble moins intéressante que dans d’autres spécialités. Autre préjugé : 45 % des lycéens pensent que les psychothérapeutes ont obligatoirement fait des études de médecine et 34 % pensent qu’ils peuvent prescrire des médicaments.

Paradoxalement, malgré ces préjugés, 51 % des Français craignent d’être atteints d’un trouble psychiatrique et 87 % d’entre eux (100 % des étudiants en médecine) jugent le métier de psychiatre utile d’un point de vue social.

Stage obligatoire

Pour renforcer l’attractivité de cette spécialité, 69 % des étudiants en médecine prônent l’idée d’un stage obligatoire en psychiatrie pendant leurs études. Information et communication sur la psychiatrie sont également plébiscitées : 97 % des étudiants en médecine pensent « que le fait que les médias et les politiques parlent de plus en plus de la santé mentale est une bonne chose ».

Jean-Bernard Gervais

Professeurs et étudiants promeuvent la psychiatrie (medscape.com)

05 octobre 2024

Ces mamans en colère contre la présence des trafiquants dans les établissements psychiatriques

REPORTAGE – Alors qu’il n’existe pas de chiffres officiels, il semble que le problème soit très répandu compte tenu de la multiplication des témoignages. Le chef du service de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Paul Brousse à Villejuif va même jusqu’à parler d’un « secret de polichinelle ».

Ils ne cachent plus leur colère. Qui sont-ils ? Marie, Valérie, Danielle* et d’autres personnes anonymes qui en ont assez de voir leurs enfants hospitalisés en psychiatrie se faire courtiser par des dealers au sein même de l’hôpital.

Marie avoue être restée bouche bée. Des dealers dans un lieu de soins ? Elle n’en avait jamais entendu parler. « Mon fils de 33 ans, Antoine*, est suivi depuis 2016 pour une schizophrénie à l’hôpital Le Vinatier de Bron, près de Lyon », raconte cette mère de famille. « Antoine avait déjà consommé du cannabis par le passé, mais au moment de son hospitalisation, à ma connaissance, il ne consommait plus que des cigarettes. Lors d’une visite, alors que je lui demandais pourquoi il ne sortait pas prendre l’air dans le parc de l’hôpital, il m’a répondu qu’il préférait éviter car on lui proposait de la drogue toutes les deux minutes et qu’il ne pourrait pas résister. Cela m’a surprise car moi qui viens lui rendre visite en voiture, je suis soumise à un contrôle strict à l’entrée de l’établissement."

Ces mamans en colère contre la présence des trafiquants dans les établissements psychiatriques - Journal Le Soir

23 mai 2024

Le Grand Théâtre éphémère au Centre Hospitalier d’Erstein

Le Relais Culturel et le Centre Hospitalier d’Erstein s’associent avec la troupe des Rois Vagabonds à l’occasion d’un événement exceptionnel sur le territoire 

du 16 mai au 1er juin 2024

Le magnifique chapiteau des artistes s’implantera durant trois semaines consécutives dans le parc de l’hôpital - 13 route de Krafft - et sera le théâtre d’une programmation jubilatoire et festive, dans un esprit de partage, de rencontre et de mixité !

En fil rouge de cette programmation, le spectacle CONCERTO POUR DEUX CLOWNS sera proposé à raison de 12 représentations exceptionnelles pour découvrir ou redécouvrir le talent des Rois Vagabonds !

Autour de ce bijou d’humour et de poésie, venez découvrir une myriade de propositions artistiques, plus réjouissantes les unes que les autres !



21 mai 2024

[Témoignage] : "Ce jour où je vous ai attaché…"

Face à un patient en crise psychique, pas simple pour le psychiatre de prendre la décision de médiquer, attacher, isoler… Il est alors pris dans une impasse, avec des sentiments violents, entre peur, gêne, honte, culpabilité…

Je ne vous avais jamais vu avant. Vous étiez hospitalisé depuis quelques jours, sans doute. Je ne me souviens plus bien. Après tout, je ne vous ai vu que deux fois.

Partie 1 : Décontention

Vous étiez enfermé en chambre de soins intensifs. C’est comme cela qu’on appelle maintenant les chambres d’isolement. Pour cacher un peu, par un autre mot, ce qui nous fait tous un peu (beaucoup) honte. Et même, on acronymise en « CSI », comme ça il n’y a même plus de mot. Intensive, la solitude l’est dans cette pièce à isoler ; l’angoisse aussi. Une chambre d’isolement intensif, plutôt. Vous étiez très angoissé : par les idées qui envahissaient votre pensée, des idées folles, de grandeur et de persécution. Vous étiez assailli d’idées délirantes qui vous coupaient en partie de la réalité, de celle que l’on partageait « nous autres » : les soignants.

Lorsque je suis entrée dans cette pièce qui vous maintenait à l’écart du monde, j’ai immédiatement retrouvé l’ambiance de « l’iso » : un épais matelas bleu posé au sol, une gourde molle perchée sur le rebord de fenêtre, des murs peints en blanc, une horloge digitale fixée au-dessus de la porte. Rien de plus. Je n’ai pas vu tout de suite que vous étiez attaché ; les sangles étaient comme pudiquement dissimulées par la couverture. Mais non, c’est parce qu’il faisait si froid. Les infirmiers m’avaient un peu briefée avant. Très vite, quelques mots de votre arrivée : psychose, épisode délirant, hallucinations, agitation, sous-sédation, agressivité, risque de fugue. L’équipe soignante s’accordait à dire que vous étiez apaisé...

Auteur : Geneviève HENAULT, Psychiatre

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21 février 2024

CineClub à Erstein (67)

Le Centre Hospitalier d'Erstein a mis en place depuis le mois d'octobre 2023, un Ciné Club pour ses patients, ses résidents et leurs proches.

Cette proposition émane des représentants des usagers, en concertation avec la direction.

Les séances se déroulent à 14h30 à La RUCHE, la salle de spectacle de l'hôpital, 13 route de Krafft, 67 Erstein

À vos agendas pour les prochaines séances :
 
jeudi 21 mars 14h30
jeudi 28 mars 14h30
jeudi 18 avril14h30
jeudi 25 avril 14h30
jeudi 23 mai 14h30
jeudi 30 mai 14 h30
jeudi 20 juin  14h30
jeudi 27 juin 14h30.



20 février 2024

[BD] : Les Âmes fendues

Xavier Bétaucourt, Jean-Luc Loyer (dessinateur), éditions Steinkis, paru le 18/01/24

Présentation de la BD à retrouver dans l’émission "L’invité de la rédaction" de France Bleu La Rochelle.

Le scénariste et le dessinateur se sont immergés des jours entiers dans l’hôpital Camille-Claudel de la Couronne, à côté d’Angoulême. Le reportage dessiné qu'ils en ont ramené nous permet de découvrir le dévouement des soignants malgré le manque de moyens ; de voir comment les familles peuvent être accompagnées et participer à la socialisation de leur proche malade ; et puis d'entendre les patients, surtout ceux qui sont atteints de schizophrénie. Et là, l'image du schizophrène si facilement considéré comme dangereux, s'efface derrière leur immense souffrance, raconte Xavier Bétaucourt. "C'était beaucoup plus dur que je l'imaginais. Ces maladies sont vraiment terribles pour ceux qui en souffrent. Alors, je vais mettre des énormes guillemets sur les "fous", on est à des années-lumière de la réalité : la schizophrénie est une maladie absolument terrible, pour les schizophrènes, pour les malades. Il y a vraiment une très grande souffrance. Et aussi une vraie abnégation de la part du personnel soignant, qui se donne vraiment – et ce n'est pas une formule – qui se donne vraiment sans compter, pour réussir à faire en sorte que ces gens vivent le plus, là encore des guillemets, "normalement" possible, qu'ils puissent être insérés dans la société".

"Toutes les visions, les sensations, les hallucinations, qui sont toujours terribles, ne sont pas des hallucinations pour eux : c'est leur quotidien, c'est leur réalité, et c'est horrible. Ils sont complètement déstructurés. C'est vraiment la chose qui m'a le plus marquée : c'est la dureté de cette maladie, de ces maladies".

12 septembre 2023

[Alsace] : Le centre hospitalier de Rouffach contraint de fermer une unité, faute de médecins psychiatres

Une unité ouverte de psychiatrie du centre hospitalier de Rouffach, comprenant 15 lits, sera fermée à compter du 30 septembre. La pénurie de médecins psychiatres est de plus en plus palpable et l’offre de soins s’en ressent.

DNA 8 septembre 2023



07 septembre 2023

Lits fermés, délais de prise en charge en hausse... Les chiffres alarmants de la psychiatrie

Une étude de la Fédération hospitalière de France confirme la situation « très dégradée de l’offre de soins en psychiatrie ». Depuis la crise sanitaire, les demandes de prise en charge ont explosé alors que les fermetures de lits se sont accentuées. Les délais d’attente pour les patients s’allongent.

Des chiffres sur un cri d’alarme. Depuis 2020, 58 % des établissements publics ont fermé des lits de psychiatrie, à un rythme qui s’est accéléré depuis la crise sanitaire, selon une enquête de la Fédération hospitalière de France (FHF) dévoilée ce mardi. "Depuis plusieurs années, les professionnels et les usagers alertent sur l’état de la psychiatrie en France. Avec la crise sanitaire, les demandes de soin ont explosé, alors que, dans le même temps, la capacité hospitalière a diminué", observe Sylvie Peron, psychiatre au CH Henri-Laborit de Poitiers (Vienne) et présidente du groupe de travail FHF sur la psychiatrie.


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08 juillet 2023

Pays de la Loire : un plan d’urgence pour la psychiatrie

La psychiatrie connait actuellement des difficultés sans précédent dans la capacité à prendre en charge les patients de plus en plus nombreux, jeunes, adultes et personnes âgées. Consciente de l’urgence de la situation, l’ARS Pays de la Loire décide, en concertation avec les acteurs, d’un plan d’urgence dont l’objectif est de sécuriser la prise en charge des patients et de redonner des perspectives aux acteurs de terrain. 

Lire le Communiqué complet.

Le plan d’urgence mis en oeuvre par l’ARS dans les Pays de la Loire, en lien avec l’ensemble des acteurs, se décline en trois axes :

1. Renforcer la psychiatrie de secteur

2. Agir en amont et en périphérie de l’hospitalisation

3. Lancer simultanément des travaux structurant à moyen terme



29 juin 2023

Quelles sont les situations de stigmatisation vécues en psychiatrie ?

Les pratiques en santé mentale sont une des sources principales de stigmatisation selon les usagers de la psychiatrie et leurs proches (1). Le programme de recherche STIGMApro (2) met en évidence les 15 situations vécues comme les plus stigmatisantes.

Une nouvelle étude issue de ce programme et publiée dans le Journal of Psychiatric Rehabilitation, avait pour objectif d’identifier les situations de stigmatisation dans les soins de santé mentale, spécifiquement vécues par les usagers ayant un diagnostic de schizophrénie et leurs proches. Le programme STIGMApro ayant une approche fondamentalement orientée vers les solutions, l’objectif secondaire de cette enquête était d’identifier les facteurs protecteurs de cette stigmatisation en psychiatrie pour les usagers. Cette publication (3) utilise des méthodes de recherche participative, co-construisant une enquête nationale avec les membres du Clubhouse de Bordeaux. Les résultats rapportent 15 situations les plus stigmatisantes en psychiatrie et les détaille à partir d’un tableau (ci-dessous).

Au final, les usagers qui rapportent peu de situations stigmatisantes dans leurs parcours ont connu peu ou pas de pratique sans consentement et ont bénéficié davantage de pratiques orientées vers le rétablissement. Leurs familles étaient également plus satisfaites de la collaboration avec les professionnels. 

KÉVIN-MARC VALERY, enseignant-chercheur, LabPsy EA4139, PHD, Docteur en psychologie, psychologue clinicien spécialisé en neuropsychologie, université de Bordeaux.

1-Amsalem et al., 2018 ; Mestdagh & Hansen, 2014 ; Schulze & Angermeyer, 2003.
2-Ce programme a été créé sous l’impulsion du Pr. Antoinette Prouteau et du Dr. Jean-Marc Destaillats, en partenariat avec le Centre Hospitalier de Jonzac, l’Université de Bordeaux et l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine. Lancé au début de l’année 2019, le projet est financé pour quatre ans par l’ARS N-A, l’Institut de Recherche en Santé Publique et la Fondation Internationale de la Recherche Appliquée sur le Handicap. Kévin-Marc Valery, docteur en psychologie et co-rédacteur du projet, est employé en tant que coordonnateur du programme.
3- L’étude est accessible sur demande sur ce lien.


https://www.santementale.fr/2023/06/quelles-sont-les-situations-de-stigmatisation-vecues-en-psychiatrie/