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28 mars 2025

Léo 2.0 : un outil de psychoéducation numérique pour les aidants

Léo 2.0 est la déclinaison numérique du programme de psychoéducation Léo destiné à soutenir les aidants de personnes avec troubles psychiques, créé en 2021 au sein de l’établissement Le Vinatier psychiatrie universitaire Lyon métropole. Cette version en e-learning a été conçue grâce à une collaboration entre le Centre lyonnais des aidants en psychiatrie (Clap), la Fondation FondaMental, le Collectif schizophrénie et l’Unafam, avec le soutien de Klésia (assureur).

Léo 2.0 s’articule autour de deux axes :

– Mieux accompagner son proche : Léo 2.0 propose des outils et exercices basés sur l’entretien motivationnel pour mieux communiquer avec la personne concernée, comprendre ses besoins, l’aider à développer sa motivation vis-à-vis des soins, gérer les situations de crise, et collaborer efficacement avec les soignants.

– Prendre soin de soi : souvent négligé par les aidants, cet aspect reste fondamental pour préserver leur santé mentale et physique. Léo 2.0 propose notamment des exercices de gestion du stress, comme la respiration et la relaxation.

Gratuit, sans condition de diagnostic, Léo 2.0 fournit des outils concrets et immédiatement applicables au quotidien. Le e-learning permet aux personnes de progresser en fonction de leur rythme et de leur emploi du temps. Il répond donc particulièrement aux besoins des aidants actifs, étudiants ou résidant dans des zones sous-dotées en professionnels de santé, qui ne peuvent pas suivre de formation en présentiel. Plus flexible, Léo 2.0 bénéficiera à un plus grand nombre d’aidants.

05 mars 2025

Thérapie par avatar : dialoguer avec ses démons intérieurs pour les faire taire

Par Peggy Baron - Le 3 mars 2025

Une approche novatrice, basée sur des avatars numériques, pourrait constituer une avancée majeure dans la prise en charge des patients souffrant d'hallucinations auditives. Et peut-être de troubles de l'alimentation.

La parole intérieure, également appelée « endophasie », est un phénomène a priori normal. Si le plus souvent notre « petite voix » est une alliée qui nous permet de réguler nos émotions et d'organiser notre pensée, parfois elle se fait menaçante et oppressante, assiégeant l'esprit. Selon Hélène Loevenbruck, linguiste et neuroscientifique : « Nous avons la capacité exceptionnelle de pouvoir simuler des voix intérieures et de susciter des dialogues mentaux. Mais ce mécanisme essentiel à notre humanité peut parfois dérailler et se désynchroniser. » Souvent associée à la schizophrénie, l’expérience de l’entente de voix est en réalité plus courante qu’on ne le pense. On estime que 13,2 % de la population serait "entendeur". Si les antipsychotiques sont la solution privilégiée pour réduire les voix au silence, leurs lourds effets secondaires limitent leur adoption. Pour proposer une alternative aux traitements pharmacologiques, certains chercheurs expérimentent une approche inédite : la thérapie par avatar.

La thérapie par avatar pour réduire au silence les voix envahissantes

Le principe est simple : « utiliser la réalité virtuelle pour donner un visage aux voix intérieures et ainsi permettre aux patients d'échanger avec une représentation externe de leurs hallucinations. » Une fois dans l’environnement virtuel, le patient dialogue avec l’avatar "persécuteur", incarné par le psychiatre traitant. Ce dernier mène les échanges de façon à « stimuler la régulation émotionnelle, à reconstruire l’estime personnelle et à entraîner l’affirmation de soi », peut-on lire sur le site du centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui a développé le Projet Avatar. Lors des séances, le thérapeute guide la conversation afin d’aider le patient à reprendre le contrôle. Progressivement, l’avatar passe d’une posture autoritaire à une position soumise, instaurant ainsi un rapport de force plus équilibré. « Les voix que j’avais me paralysaient et je devais continuellement les combattre, ce qui prenait toute mon énergie. Je n’étais pas fonctionnel. Grâce à la thérapie, j’ai diminué ma médication de moitié et je commence à ressentir des émotions pour la première fois depuis 16 ans », témoigne Richard Breton, participant au Projet Avatar.

Des résultats encourageants qui dépassent la psychose

Les premiers résultats de l'étude pilote canadienne sont prometteurs : 90 % des patients auraient constaté une diminution de leurs hallucinations et 100 % ont rapporté une diminution significative de l’anxiété et de la peur ressenties. Un essai randomisé, mené sur 150 patients par une équipe de psychologues cliniciens du Kings College London (KCL), confirme ces résultats. Selon Tom Craig, professeur de psychiatrie qui a supervisé l'essai, la thérapie par avatar s'est avérée « plus rapide, moins chère et plus efficace après 12 semaines que toute autre intervention non pharmacologique actuellement disponible pour les personnes atteintes de psychose. » Une reprise de contrôle dans un dialogue jusque-là à sens unique, dont témoigne Claire, participante à l'essai : « La première séance n’a duré qu’environ cinq minutes, mais quelque chose avait changé : j’ai réagi. La voix me disait d’arrêter mon traitement, et j’ai simplement répondu : "Ce n’est pas une bonne idée d’arrêter." Elle m’a alors demandé : "Qui a dit ça ? " et j’ai répondu : "Eh bien, tout le monde, vraiment, tout le monde." Je n’avais jamais osé lui tenir tête de cette façon. Et à partir de là, tout a évolué. »

En outre, les recherches préliminaires menées par l'équipe du King's College suggèrent que cette approche serait prometteuse pour d'autres pathologies telles que les troubles de l'alimentation, l'avatar incarnant alors la « voix anorexique ». Jugeant les résultats « encourageants », le NICE (National Institute for Health and Care Excellence) recommande cette thérapie dans le cadre du système de santé britannique (NHS).

24 février 2025

Digital : allié pour la prise en charge de la santé mentale ?

À l'heure où les troubles psychiques explosent et où la psychiatrie traverse une crise, le digital a semble-t-il un rôle à jouer dans le soutien à notre santé mentale. Appli, téléconsultation... focus sur ces outils qui facilitent "l'empowerment".

« Le digital, super-héros de notre santé mentale ? » C'est la question (épineuse) à laquelle Pascal Bécache, co-fondateur et directeur du développement commercial de Digital pharma lab, leader européen de l'innovation numérique en santé, tentera de répondre lors du salon MedInTechs, organisé au Parc floral de Paris, les 10 et 11 mars 2025. L'objectif est à la fois de sensibiliser le grand public, « tout en plaidant pour le maintien et l'augmentation des budgets alloués aux grands plans de santé mentale ».


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31 mai 2023

Elon MUSK : vers le transhumanisme ?

ELON MUSK A REÇU LE FEU VERT POUR IMPLANTER DES ORDINATEURS DANS DES CERVEAUX HUMAINS

L'autorité suprême américaine sur les questions de matériel médical, la FDA, vient de donner le feu vert à Neuralink, d'Elon Musk, pour des essais humains. Cette entreprise cherche à implanter des ordinateurs dans des cerveaux vivants, avec des premiers résultats contestés sur des chimpanzés.

Avez-vous vu les Gardiens de la Galaxie Vol.3 ? Le dernier film de James Gunn porte en grande partie sur le personnage de Rocket Raccoon, un raton-laveur rendu intelligent après avoir été le sujet d'expérimentations atroces.

Sans transition, parlons de Neuralink, le projet d'Elon Musk, qui vise à implanter des ordinateurs dans nos cerveaux. Le but serait autant d'affecter les capacités du cerveau en question que de permettre au sujet d'accéder directement à internet ou à des appareils connectés. Selon Musk, les puces Neuralink pourraient permettre de soigner la dépression, l'obésité, la schizophrénie, la navigation internet ou la communication télépathique.

Très cyberpunk, mais aussi sans danger, selon le patron de Tesla et SpaceX, qui dit avoir tellement confiance en ce projet qu'il serait prêt à l'appliquer à ses propres enfants. Ce n'est sûrement pas l'avis des 1500 singes morts dans les quatre dernières années dans les laboratoires de Neuralink.

Un pas de plus vers le transhumanisme

Aujourd'hui, la FDA, pour Food and Drug Administration, l'organisation qui régule la sécurité alimentaire et médicale américaine, a autorisé Neuralink à débuter des expérimentations humaines. L'entreprise ne recrute pas encore de volontaires et n'a pas encore dévoilé la forme que prendrait cette étude, ni son but précis. Il faut s'attendre à plus d'informations dans les jours ou semaines à venir.

L'idée d'une interface directe entre notre cerveau biologique et le monde informatique est aussi terrifiant que passionnant : ce serait un premier pas vers le transhumanisme, ou la transformation du corps humain par la technologie, un thème central de la science-fiction. Dans cette même science-fiction, cela mène rarement à une fin heureuse. Seriez-vous prêt à implanter un ordinateur dans votre cerveau ?

Elon Musk a reçu le feu vert pour implanter des ordinateurs dans des cerveaux humains (mensup.fr)

01 novembre 2021

Santé mentale des adolescents : une campagne entièrement digitale pour les inciter à en parler

Santé publique France et le Ministère des Solidarités et de la Santé viennent de lancer le volet "Ados" de la campagne de sensibilisation à la santé mentale. 

Cette campagne sur le thème « En parler, c’est déjà se soigner » a été initiée en avril 2021 mais était jusqu’ici plutôt destinée aux plus de 18 ans. En voici désormais le versant spécifiquement dédié aux adolescents de 11 à 17 ans appelé "Fil Santé Jeunes"

Ce service est anonyme et gratuit et propose :

Une ligne d’écoute (0 800 235 236) accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h,

Un site internet mettant à disposition de l’information, un forum, un tchat et une orientation vers des structures d’aide (lieux d’accueil et d’écoute, maisons des adolescents, structures associatives, professionnels et structures de soins).

Ces services sont dispensés par des professionnels formés à ces problématiques (médecins, psychologues, éducateurs et conseillers). Ils ont pour rôle d’écouter, apporter des réponses et si besoin orienter les adolescents vers un accompagnement ou une prise en charge adaptée.

Un mouvement #JenParleA a été lancé pour encourager l’ouverture du dialogue et la libération de la parole autour des problématiques de santé mentale. Le but est d’inviter les adolescents à dire à qui ils en parlent et à utiliser le dispositif Fil Santé Jeunes en cas de ressenti de mal-être. 

Un partenariat a été mis en place avec NomadEducation, une application de révisions scolaires qui enverra au cours de la période de campagne, concomitante avec les révisions du bac et du brevet, 3 SMS invitant les collégiens et lycéens à se rendre sur "Fil Santé Jeunes" en cas de signes évocateurs de mal-être tels que la tristesse, le stress ou l’anxiété.

15 octobre 2021

[Recherche] : L’analyse vocale sur smartphone pour détecter les signes d’un trouble dépressif

Lors de la 180e réunion de l’American Acoustic Association (ASA), une équipe de recherche de l’Université du Maryland, aux États-Unis, a présenté un modèle d’intelligence artificielle pour détecter les signes d’une dépression. 

L’outil couplé à une application mobile, analyse la voix et remarque les potentiels changements pouvant indiquer d’une personne souffre de dépression ou en montre des signes précurseurs. Une étude qui rappelle le projet STOP qui analyse les publications sur twitter pour prévenir les risques de suicide.