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11 novembre 2025

Schizophrénie : un antibiotique courant pourrait réduire le risque

Les patients s’étant rendus dans des services psychiatriques pour adolescents sont moins susceptibles de développer une schizophrénie à l'âge adulte s’ils sont traités par la doxycycline.

Hallucinations, idées délirantes, isolement social et relationnel… C’est ainsi que se traduit la schizophrénie. Cette maladie psychique débute souvent à l'adolescence, période critique de vulnérabilité. Afin de mieux comprendre comment la prévenir, des chercheurs de l'Université d'Édimbourg (Écosse) ont mené une étude parue dans la revue American Journal of Psychiatry* Dans le cadre de celle-ci, ils ont émis l'hypothèse que les jeunes ayant fréquenté des services psychiatriques pour adolescents exposés à la doxycycline, un antibiotique, présenteraient un risque moindre de développer une schizophrénie.

Afin de vérifier cette théorie, l’équipe a utilisé les données du registre national finlandais de santé. Elle a passé en revue les informations de 56.395 personnes, nées entre 1987 et 1997, ayant consulté des services psychiatriques pour adolescents, entre 13 et 18 ans, et s'étant vu prescrire des antibiotiques. Les patients ont été suivis depuis la première prescription d'antibiotiques jusqu'à l'âge de 30 ans.

Parmi eux, 16.189 avaient pris de la doxycycline. Ce médicament est indiqué dans le traitement des infections à germes sensibles à la doxycycline dans leurs manifestations respiratoires, génitales, urinaires, oculaires ou générales. De précédentes recherches suggèrent qu'elle peut réduire l'inflammation des cellules cérébrales et influencer l'élagage synaptique, un processus naturel par lequel le cerveau affine ses connexions neuronales. Un élagage excessif a été associé au développement de la schizophrénie.

"La formule g a été utilisée pour estimer le risque de schizophrénie en fonction des niveaux d'exposition à la doxycycline (dose cumulative de doxycycline utilisée : aucune utilisation de doxycycline ; faible utilisation : inférieur à 1.499 mg ; utilisation moyenne, 1.500-2.999 mg ; utilisation élevée, supérieur à 3.000 mg) pendant différentes périodes de suivi."

Un risque inférieur de 30 à 35 % de développer une schizophrénie grâce au doxycycline

Le risque de schizophrénie après 10 ans de suivi était de 2,1 % pour les personnes ayant pris des antibiotiques autres que la doxycycline. En comparaison, le risque de schizophrénie à 10 ans était significativement plus faible chez les patients traités par doxycycline. Ce dernier était inférieur de 30 à 35 %. "Actuellement, nous ne disposons d'aucune intervention connue pour réduire le risque de développer une schizophrénie chez ces jeunes. C'est pourquoi ces résultats sont si prometteurs.""Étant donné que cette étude était de nature observationnelle et non un essai contrôlé randomisé, nous ne pouvons pas tirer de conclusions définitives sur la causalité. Cependant, il s'agit d'un signal important qui justifie des recherches plus approfondies sur l'effet protecteur de la doxycycline et d'autres traitements anti-inflammatoires chez les jeunes patients en psychiatrie, afin de potentiellement réduire le risque de développer une maladie mentale grave à l'âge adulte", ont conclu les auteurs.

*Doxycycline Use in Adolescent Psychiatric Patients and Risk of Schizophrenia: An Emulated Target Trial | American Journal of Psychiatry

Schizophrénie : un antibiotique courant pourrait réduire le risque

29 juillet 2025

Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose

Dans le cadre de son programme « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030, la HAS s’est auto-saisie afin de proposer des recommandations de bonnes pratiques sur le repérage et la prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique (PEP) ou un haut risque d’évolution vers une psychose (HRP).

Un PEP ou état à HRP concernent essentiellement l’adolescent et le jeune adulte mais peuvent survenir à tout âge. La délimitation, parfois délicate, entre ces deux entités repose, entre autres, sur la sévérité et la durée des symptômes psychotiques, les troubles du comportement associés ainsi que sur le niveau d’altération du fonctionnement (notamment dans le domaine de l’adaptation sociale, scolaire, universitaire ou professionnelle).

Lire la note de cadrage de la HAS

Haute Autorité de Santé - Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage

05 juin 2024

14 juin : Webinaire VigilanS Alsace

 VigilanS est un dispositif de prévention de la récidive suicidaire


Vendredi 14 juin 2024 de 13h à 14h



Programme

13h00 : Début du Webinaire : présentation du déroulement de la séance

13h10 : Présentation du dispositif et de sa pertinence par la Mission Nationale d’Appui de VigilanS – Pr Guillaume VAIVA, Dr Christophe DEBIEN, Mme Elise CLEVA

13h40 : Questions/réponses

13h50 : Présentation du dispositif VigilanS Alsace et focus sur le territoire

14h10 : Questions et échanges libres avec les partenaires autour de la prévention du suicide sur le territoire

Vous pouvez confirmer votre présence à vigilans@chru-strasbourg.fr

23 mai 2023

Un marqueur du cerveau pourrait indiquer un risque de suicide plus élevé.

"Notre étude fournit des preuves que ce marqueur de connectivité cérébrale peut être identifiable avant une tentative de suicide, suggérant qu'il pourrait aider à identifier les personnes à risque de suicide", explique Audreyana Jagger-Rickels. "Cela pourrait également conduire à de nouveaux traitements ciblant ces régions du cerveau et leurs fonctions sous-jacentes."

Chaque jour aux États-Unis, 130 personnes en moyenne se suicident. En 2021, 12,1 millions d'Américains ont sérieusement envisagé le suicide, selon les Centers for Disease Control and Prevention ; 3,5 millions d'entre eux ont même fait un plan.

Pour les proches laissés pour compte après un suicide, le chagrin est souvent assombri par le regret et la culpabilité : pourquoi ne savaient-ils pas que les choses allaient si mal ? Auraient-ils pu l'arrêter ?

Bien que de nombreux facteurs de risque de suicide soient bien connus (dépression, douleur chronique, violence familiale, présence d'armes à feu), on ne sait pas toujours pourquoi certaines personnes, et pas d'autres, passent de l'idéation à la planification d'une tentative.

Comme indiqué dans l'article publié dans le Journal of Affective Disorders , les chercheurs ont découvert que des connexions importantes dans le cerveau différaient entre les anciens combattants ayant des antécédents de tentatives de suicide - avant même qu'ils n'aient tenté de mettre fin à leurs jours - et ceux présentant des niveaux similaires de symptômes psychiatriques, mais sans une histoire de suicide.

Les différences résidaient dans la connectivité fonctionnelle entre les réseaux cérébraux impliqués dans le contrôle cognitif (ajuster notre comportement ou nos choix pour s'adapter à une certaine tâche ou à un objectif) et le traitement de la pensée autoréférentielle (réfléchir à ce que nous avons fait aujourd'hui ou à quelque chose d'embarrassant qui s'est passé il y a des années ou penser à ce que nous devons faire demain).

.../...

Lire la suite ICI

Si vous ne lisez pas l'anglais, vous pouvez utiliser le traduction automatique de GoogleChrome.

Source : Gina DiGravio et Andrew Thurston pour l'Université de Boston

DOI de l'étude originale : 10.1016/j.jad.2023.04.061



06 mars 2023

Transition vers la psychose : pourrait-on la prévenir par un repérage précoce ?

La plupart des troubles psychiatriques retrouvés chez l'adulte commencent pendant l'enfance et surtout l'adolescence. Pour la psychose, le pic des diagnostics se situe autour de 20 ans, mais beaucoup pourraient être suspectés bien avant. Car « les troubles psychiatriques ne demandent pas la carte d'identité du patient avant de débuter », a rappelé le Pr Vincent Laprévote (psychiatre, CHRU, Nancy) à l'occasion du congrès de l'Encéphale 2023.

Sa présentation a précisé les concepts d'état clinique à haut risque de psychose et d'intervention précoce pour éviter la transition psychotique. Reste à trouver les marqueurs cliniques qui permettraient d'identifier les adolescents pour lesquels il faudra redoubler de vigilance.

Un état clinique à haut risque de psychose

« La question de l'âge est primordial. Pour pouvoir être là dès le début des troubles et même avant, il y a tout intérêt à s'intéresser à cette clinique très précoce », a commencé l'orateur.

Le concept d'état clinique à haut risque de psychose se définit avec des critères UHR (Ultra Haut Risque de Psychose) et des critères de base. Les critères UHR rassemblent des symptômes psychotiques durables mais dont l'intensité et la fréquence n'atteignent pas les seuils requis pour remplir la définition d'un épisode psychotique.

Pour pouvoir être là dès le début des troubles et même avant, il y a tout intérêt à s'intéresser à cette clinique très précoce.

Les BLIPS (Brief Limited Intermittent Psychotic Symptoms), par exemple, sont de véritables petits épisodes psychotiques : le seuil est atteint en intensité mais leur durée est trop brève. « C'est vraiment très court, il y a quelque chose qui se passe et en même temps c'est insuffisant pour poser un diagnostic », a indiqué le Pr Laprévote. Il a précisé que les jeunes ont souvent conscience des symptômes et ont la capacité de s'y adapter.

Se produisant plus tôt, les symptômes de base sont des perturbations subjectives. Autrement dit, c'est le patient qui s'en plaint. Ces symptômes de base se distinguent des symptômes psychotiques classiques car il n'y a pas de perte franche de contact avec la réalité. Ils peuvent être très divers : modifications des processus de pensée (apparition d'interférences de pensée, blocage de pensée, difficulté à manier les raisonnements abstraits), troubles dans l'émission ou la perception du langage, perturbations sensorielles fines (par ex : une hypersensibilité à la lumière ou aux sons, le fait d'entendre des sons très forts).

S'il ne s'agit pas encore d'hallucinations, ces manifestations sensorielles peuvent constituer une première alerte surtout s'il y a une association de ces symptômes.

30% des états cliniques à haut risque font la transition

L'évolution des états cliniques à haut risque de psychose vers la psychose est documentée. Les psychiatres considèrent que 30 % des patients présentant un état clinique à haut risque de psychose vont faire une transition vers un trouble psychotique avéré dans les deux ans.

« Cela veut dire que 70 % ne vont pas faire la transition », commente le Dr Laprévote. Avant de nuancer cette information a priori plutôt positive. « Ceci dit, le taux de rétablissement est assez faible : beaucoup de patients développent par la suite un autre trouble psychiatrique de l'adulte (anxiété, dépression, trouble bipolaire). En outre, une proportion importante, qui reste avec des symptômes sous le seuil pendant longtemps, sont réellement en souffrance. »

Le concept d'état clinique à haut risque de psychose s'est accompagné de l'idée d'un accompagnement qui ressemble à celui recommandé pour les premiers épisodes psychotiques.

La méthode globale d'accompagnement est fondée sur le case management : un intervenant (infirmier, psychologue, ergothérapeute, travailleur social) très disponible avec une file active peu nombreuse accompagne intensivement le patient en ambulatoire.

Reste que si l'efficacité d'une intervention précoce est démontrée dans les premiers épisodes psychotiques, elle est encore discutée au stade d'état clinique à haut risque de psychose.

Certaines méta-analyses montrent une diminution significative de la transition vers la psychose. Et, les chiffres sont impressionnants : l'intervention permettrait d'empêcher une transition sur deux. Sauf qu'ils ont été contredits par d'autres méta-analyses.

Qui sont les patients qui font une transition vers la psychose ?

L'orateur a présenté l'intérêt des études de registres finlandaises qui fournissent des données sur un grand nombre de personnes sur un temps long. Ainsi, une étude récente qui a utilisé les données de santé de 55 875 personnes nées en 1987 a montré, résultat attendu, qu'1,8% de la cohorte avait développé un trouble psychotique ou bipolaire[1]. En cas d'antécédents de consultation en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, la fréquence de développement d'un trouble psychotique ou d'un trouble bipolaire montait à 12,8%. Le risque de développer un trouble psychotique ou bipolaire était 24% en cas d'hospitalisation en pédopsychiatrie dans l'enfance tout diagnostic confondu et de 36% si cet antécédent d'hospitalisation avait lieu pendant l'adolescence.

« Ces chiffres sont quand même très importants. Moi en tant que psychiatre d'adultes, ça m'amène à m'interroger. C'est une vraie question de recherche », a souligné Vincent Laprévote qui a poursuivi « Il est question d'identifier plus précisément les marqueurs cliniques qui, dans l'enfance, permettraient de déterminer à quels enfants il faut faire plus attention ».

La tentative de suicide fait probablement partie de ces marqueurs. Une autre étude sur les données des registres finlandais a montré que la fréquence des troubles psychotiques ou bipolaires était de 3,7 % dans l'ensemble de la population étudiée, de 17,6 % en cas de tentative de suicide, et de 29 % si cette tentative avait eu lieu avant 18 ans [2].

Il est question d'identifier plus précisément les marqueurs cliniques qui, dans l'enfance, permettraient de déterminer à quels enfants il faut faire plus attention.

08 novembre 2022

[Recherche clinique] : Détecter plus tôt la schizophrénie et la bipolarité pour améliorer la prise en charge

Selon une vaste étude réalisée par des chercheurs de l’University College de Dublin en Irlande, il serait possible de détecter bien plus tôt les sujets à risque de schizophrénie ou de troubles bipolaires. Ces scientifiques se sont basés sur un registre de données finlandais. Dans ce fichier, ils ont recherché les personnes nées en 1987 et ont suivi leurs trajectoires de santé dans les années suivantes jusqu’à l’âge adulte. Ils se sont précisément intéressés à une donnée : la fréquentation d’un service spécialisé en santé mentale des enfants et des adolescents entre leur naissance et leurs 17 ans. Ensuite, ils ont observé leurs informations médicales jusqu’à 28 ans pour identifier les personnes ayant reçu un diagnostic de bipolarité ou de schizophrénie.

Les scientifiques ont constaté que le risque de schizophrénie ou de trouble bipolaire à l'âge de 28 ans était de 1,8 % pour les personnes qui n'avaient pas fréquenté de service de santé mentale pour enfants et adolescents. Pour les personnes s’étant déjà rendues dans ce type de service pendant l’enfance ou l’adolescence, le risque était de 15 %, et de 37 % pour celles ayant été hospitalisées dans ces établissements. Au total, 50 % des personnes qui ont développé ces troubles de santé mentale avaient fréquenté des services spécialisés de santé mentale pour enfants et adolescents dans leur enfance.

« Ces résultats mettent en évidence la possibilité d'intervenir beaucoup plus tôt que nous ne le faisons actuellement, même dans l'enfance et l'adolescence », estime le professeur Ian Kelleher*, qui a coordonné cette étude. Détecter les personnes à risque plus tôt pourrait permettre de limiter la progression de ces pathologies et leurs conséquences sur la vie quotidienne. Les auteurs rappellent que la bipolarité et la schizophrénie sont associées à des niveaux élevés d'invalidité, et à des coûts personnels et sociétaux élevés. « Nous savons qu'il est crucial d'intervenir le plus tôt possible pour prévenir certains des pires effets de ces maladies », complète le professeur Ian Kelleher. « Mais idéalement, on aimerait pouvoir intervenir avant même le début de la maladie, pour la prévenir carrément ».

L’adolescence est une période critique en ce qui concerne la santé mentale. La bipolarité est généralement diagnostiquée au début de l’âge adulte, mais elle peut se manifester dès 15 ans. En ce qui concerne la schizophrénie, « la maladie se révèle généralement au cours de l’adolescence, entre 15 et 25 ans, mais elle débute le plus souvent plus tôt, sous une forme atténuée », explique l’Inserm. « Cette période constitue une phase au cours de laquelle une intervention thérapeutique adaptée peut être particulièrement efficace ». Celle-ci peut reposer sur des traitements médicamenteux, une thérapie cognitive et comportementale, de l’ergothérapie, etc. En France, environ 10.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.

*TheJournal.ie: Schizophrenia and bipolar disorder ‘may be detectable years before illnesses begin’ – The College of Psychiatrists of Ireland (irishpsychiatry.ie)

12 septembre 2022

[Recherche] : Prévention de la schizophrénie et des troubles bipolaires





Selon une nouvelle étude, le risque de schizophrénie et de troubles bipolaires peut être détecté des années avant le début de ces maladies.

Une étude menée par l’University College Dublin et financée par le Health Research Board a révélé que 50 % des personnes ayant développé ces troubles mentaux avaient fréquenté des services spécialisés dans la santé mentale des enfants et des adolescents (CAMHS) dans leur enfance.

Publié dans le journal Psychiatrie mondiale, les résultats suggèrent la possibilité d’une intervention plus précoce, voire d’une prévention, selon le professeur Ian Kelleher, de la faculté de médecine de l’UCD, qui a dirigé l’étude internationale menée en collaboration avec l’Institut finlandais de la santé et du bien-être (THL).

La schizophrénie et les troubles bipolaires apparaissent généralement au début de l’âge adulte et peuvent avoir un impact dévastateur sur les personnes touchées, ainsi que sur leurs familles.

"Nos résultats montrent que la moitié des personnes qui développent ces maladies avaient consulté le CAMHS à un moment donné de leur enfance, généralement plusieurs années avant de développer une schizophrénie ou un trouble bipolaire.

Nous savons que l’intervention précoce est essentielle pour améliorer les résultats des personnes atteintes de maladies mentales graves. Ces résultats démontrent les énormes possibilités de fournir une intervention beaucoup plus précoce, même pendant l’enfance, en développant des services spécialisés d’intervention précoce au sein des services existants de santé mentale pour enfants et adolescents."


Professeur Ian KELLEHER, École de Médecine de l’UCD

La schizophrénie et le trouble bipolaire sont des maladies mentales graves qui touchent environ 65 millions de personnes dans le monde. Ces deux troubles sont généralement diagnostiqués à l’âge adulte et sont souvent associés à des niveaux élevés d’invalidité et de coûts personnels et sociétaux. On sait cependant qu’une intervention précoce permet d’obtenir de meilleurs résultats pour les personnes touchées par ces maladies.

Les chercheurs à l’origine de la nouvelle étude ont utilisé les registres de santé finlandais, leaders mondiaux, pour suivre toutes les personnes nées en 1987 tout au long de l’enfance et de l’adolescence afin de voir si, entre la naissance et l’âge de 17 ans, elles ont fréquenté le CAMHS.

Grâce à des identifiants uniques de patients, les chercheurs ont pu suivre toutes ces personnes jusqu’à l’âge de 28 ans et voir qui a reçu un diagnostic de schizophrénie ou de trouble bipolaire.

Ils ont constaté que le risque de psychose ou de trouble bipolaire à l’âge de 28 ans était de 1,8 % pour les personnes qui n’avaient pas fréquenté le CAMHS. En revanche, pour les personnes qui avaient suivi un programme CAMHS ambulatoire à l’adolescence, le risque était de 15 % et pour les personnes qui avaient été admises dans un hôpital CAMHS pour adolescents, le risque était de 37 %.

« Cette recherche montre la puissance des registres électroniques de soins de santé pour répondre à des questions importantes sur la santé et les maladies humaines », a déclaré le professeur Mika Gissler, THL.

« Elle démontre comment les données des registres de soins de santé peuvent être utilisées pour mieux comprendre les voies d’accès aux maladies mentales graves, de l’enfance à l’âge adulte, et pour identifier les opportunités critiques d’intervention précoce. »

Soulignant l’importance de l’intervention précoce, le professeur Ian Kelleher a déclaré : « Nous savons qu’il est crucial d’intervenir le plus tôt possible pour prévenir certains des pires effets de ces maladies. Mais dans l’idéal, nous aimerions pouvoir intervenir avant même le début de la maladie, pour la prévenir complètement.

Ces résultats soulignent la possibilité d’intervenir bien plus tôt que nous ne le faisons actuellement, même dans l’enfance et l’adolescence, pour empêcher l’apparition de ces maladies mentales graves ».


Source :

Collège universitaire de Dublin

Référence du journal :

Lång, U., et al. (2022) Potentiel de prédiction de la psychose et du trouble bipolaire dans les services de santé mentale pour enfants et adolescents : une étude longitudinale de registre de toutes les personnes nées en Finlande en 1987. Psychiatrie mondiale. doi.org/10.1002/wps.21009.

03 septembre 2022

SantePsyJeunes.fr, le nouveau site d'information en santé mentale pour les adolescents et jeunes adultes

SantePsyJeunes.fr est un site d’information en santé mentale dédié à la prévention, la détection et l’intervention la plus précoce possible des troubles psychiques émergents afin de maximiser les chances de rétablissement. Il s'adresse principalement aux adolescents et jeunes adultes.


Ce site vous proposera un ensemble d’outils et de ressources pour faciliter la compréhension des troubles, le repérage des premiers signes et l’orientation vers les centres spécialisés.


SantePsyJeunes.fr est le fruit d’un travail collaboratif d’experts du réseau Transition en interaction avec les membres de l’association La Maison Perchée dans le cadre du projet de Recherche Hospitalo-Universitaire (RHU) PsyCARE
Actuellement en construction, nous avons besoin de votre avis pour une amélioration du contenu.


Pour participer au sondage, cliquez ici : Sondage Sante Psy Jeunes


Pour avoir accès au site, cliquez ici : https://dev.psy-care.fr



SantePsyJeunes.fr, le nouveau site d'information en santé mentale pour les adolescents et jeunes adultes | GHU Paris psychiatrie & neurosciences (ghu-paris.fr)

02 octobre 2021

Prévention du suicide : lancement du numéro national 3114

Un numéro d'écoute à l'attention des personnes souffrant d'idées suicidaires, de leurs proches de personnes ou de personnes endeuillées par le suicide, a été lancé ce vendredi 1er octobre alors que 9 000 personnes mettent fin à leurs jours chaque année.

Écouter mais aussi orienter : le 3114, numéro national de prévention du suicide, a été lancé depuis Lille ce vendredi dans le cadre d'une stratégie visant à "casser la courbe" des suicides en France, où ils sont responsables de 9 000 morts par an.

Ce nouveau numéro gratuit garantit une écoute "professionnelle et confidentielle" 24h/24 et 7 jours/7, par des infirmiers et psychologues formés comme répondants.

Il vise les personnes souffrant d'idées suicidaires mais aussi leurs proches et les personnes endeuillées par un suicide.

300 personnes dans le réseau à terme

Au total, dix centres ouvrent leurs portes vendredi à travers le pays et seront rejoints par neuf autres d'ici le début de 2022, pour constituer un réseau employant à terme 300 personnes. Un tchat doit également être lancé en 2022.

Promis dans le cadre du "Ségur de la santé" et coordonné par le CHU de Lille, ce numéro vient compléter, entre autres, le système de suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide VigilanS, créé en 2015 dans les Hauts-de-France.

Le centre de Lille assurera aussi, comme ceux de Brest et Montpellier, la réception des appels pendant la nuit.

"Casser la courbe" des suicides

L'ensemble de la stratégie nationale de prévention du suicide a pour objectif d'"arriver à une cassure de la courbe des décès par suicide", a expliqué lors d'une présentation à la presse le professeur Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrie du CHU de Lille et coordinateur national du projet.

"ll y a encore 9 000 décès par suicides par an sur le territoire, c'est énorme, ce sont des décès évitables", a-t-il ajouté.

Pour le Dr Charles-Edouard Notredame, psychiatre et coordinateur-adjoint du projet, "la grande différence par rapport aux lignes d'écoute existantes en prévention du suicide, c'est que celle-ci est professionnelle alors que la plupart sont bénévoles et qu'elle a davantage une logique d'intervention et d'action, notamment dans le secours grâce à une collaboration très étroite avec le Samu".



08 août 2021

[Guide] : Mieux comprendre la santé mentale, des repères pour agir.

Guide pratique (à télécharger gratuitement) sur la santé mentale pour les personnes en situation de précarité ou de migration.

Publié par l’Orspere-Samdarra, observatoire national sur les thématiques de santé mentale et vulnérabilités, dirigé par Halima Zeroug-Vial, médecin psychiatre. L’équipe pluridisciplinaire travaille sur les problématiques qui lient santé mentale et questions sociales.


Téléchargement :

04 juillet 2021

[Livret] : mon GPS – Guide Prévention et Soins

Le guide se présente sous la forme d’un livret à remplir soi-même, avec des questions, des lignes à compléter et des cases à cocher. Il a été créé pour et avec des personnes qui vivent avec un trouble psychique.

Ce livret permet à chaque personne d’exprimer ses souhaits, pour le cas où elle traverserait une période de crise durant laquelle il lui serait difficile de faire connaître ses besoins. La personne y indique par exemple : “Ce qui m’aide quand je ne vais pas bien”, ou “ce que je veux que l’on respecte si je suis hospitalisé·e”.

Avec “mon GPS”, la personne rédige ce qu’on appelle des directives anticipées. Ce document pourra guider les proches et les professionnels de la santé mentale, si la personne n’était plus en mesure de donner un consentement aux soins lors d’une crise. Les directives anticipées en psychiatrie ne doivent pas être confondues avec d’autres directives anticipées, celles destinées à préciser ses souhaits pour sa fin de vie.

Le livret “mon GPS – Guide Prévention et Soins” peut être rempli par la personne seule. Elle peut aussi choisir de le compléter lors d’un rendez-vous avec l’un des professionnels qui la suit, pour ses soins ou son accompagnement. Elle peut en discuter avec quelqu’un de son entourage, un proche, un ou une amie.

Une fois rédigé, il est important d’informer son entourage et les professionnels de l’existence de ce document, puis de le communiquer. Si une crise survient, “mon GPS” devient alors un outil qui peut aider à ouvrir la discussion et les négociations entre la personne, les professionnels et l’entourage.

“mon GPS” fait partie d’une famille d’outils plus large, utilisée en psychiatrie, le plan de crise conjoint. On l’appelle “conjoint” car il est élaboré par la personne concernée par un problème de santé mentale, en lien avec un ou des proches, ainsi qu’un ou des professionnels du soin et de l’accompagnement.


Le kit mon GPS (Guide prévention et soins) – Psycom – Santé Mentale Info

08 février 2021

Olivier Véran veut "jeter les bases d’une réforme profonde en santé mentale"

"Je veux réaffirmer dans le contexte sanitaire actuel l’enjeu prioritaire de la santé mentale", a souligné Olivier Véran, ministre de la Santé, lors de son intervention au congrès de l’Encéphale le 21 janvier. "La dimension psychologique de cette crise est aussi importante que sa dimension somatique", a-t-il insisté. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, vient d’annoncer avant l’été l’organisation d’Assises de la santé mentale.



Trois orientations majeures :


  • Diversifier la formation et l’information en santé mentale 

Des dispositifs d’écoute doivent notamment être accessibles au grand public et aux professionnels de santé.


  • Renforcer l'offre d'accompagnement et de prévention pour les jeunes 

"Nous devons donner dès le plus jeune âge les outils qui contribuent à prévenir les comportements néfastes, notamment les conduites à risques chez les jeunes. Pour les étudiants, la création de 1600 emplois étudiants référents sera prolongée jusqu’en juin. Nous avons créé 80 postes de psychologues et 60 postes d’assistantes sociales. En parallèle, nous poursuivons le déploiement des premiers secours en santé mentale".


  • Renforcer la mobilisation autour des objectifs de santé mentale et rendre plus visibles les actions de la politique de santé mentale. Nous souhaitons notamment renforcer la recherche en santé mentale et psychiatrie.


Olivier Véran veut « jeter les bases d’une réforme profonde en santé mentale » (medscape.com)