Bernard Royer de Véricourt, 56 ans, diagnostiqué schizophrène depuis ses 24 ans, plaide pour une réhabilitation psychosociale par le travail. C’est par ce biais, et grâce à un traitement médicamenteux, qu’il s’est stabilisé et a retrouvé du sens à sa vie.
Le regard de Bernard Royer de Véricourt, 56 ans et demi, est averti tandis qu’il guette les innombrables serre-joints qui maintiennent les lattes de bois à la recherche de ceux qui méritent un petit coup de pompe. Avec plusieurs patients du Césame - dont les noms resteront gravés sur l’embarcation -, le centre de santé mentale angevin, il construit sa quatrième barque en bois dans le cadre du chantier naval thérapeutique mis en place par l’établissement il y a plusieurs années.
C’est en 1993 que Bernard est diagnostiqué schizophrène. Un coup de massue. À l’époque, c’est soit on travaillait, soit on touchait l’Allocation aux adultes handicapés. À seulement 24 ans, son horizon se réduit, ses parents y contribuant fortement. Ils m’ont beaucoup stigmatisé, ont mis la pression sur le corps médical et martelaient que de toute façon, je ne travaillerai jamais. Sa maladie se caractérise alors par des angoisses fréquentes, marquées par des bouffées délirantes, des dissociations avec la réalité et générant des hospitalisations longues freinant par à-coups son parcours professionnel.
La réhabilitation par le travail
Mais Bernard le sait, je suis une personne, pas une maladie. Alors pour rebondir, il passe plusieurs diplômes, s’essaie à diverses professions pour tourner la page. D’abord des études de médecine soldées par un échec, puis un BTS conducteur de travaux, un brevet de paysagisme, ensuite le travail dans les vignes, la vie de père au foyer, avant, finalement, de trouver sa voie, pas si éloignée de celle de son grand-père marin : charpentier de marine.
Contractuel depuis octobre 2022 au sein du Césame en tant que moniteur-éducateur, Bernard fait partie d’une minorité. En effet en France, seules 38 % des personnes en situation de handicap psychique sont en emploi. C’est dans l’objectif de faire émerger des solutions afin de leur faciliter l’accès et le maintien dans l’emploi que se tient ce jeudi 30 avril le Forum emploi et santé mentale au Campus Pierre-Cointreau organisé par l’Alliance pour la Santé Mentale, la Fédération Santé mentale France et Fabrice Le Peutrec, formateur engagé sur les questions d’insertion et de troubles psychiques.
« Je suis une personne, pas une maladie » : atteint de schizophrénie, Bernard s’est inséré - Angers.maville.com
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Affichage des articles dont le libellé est schizophrénie. Afficher tous les articles
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07 mai 2026
29 avril 2026
Schizophrénie : une théorie vieille de 50 ans enfin confirmée sur les "voix"
Les hallucinations auditives représentent l'un des symptômes les plus déstabilisants de la schizophrénie. Jusqu'à présent, leur mécanisme exact demeurait mystérieux malgré de nombreuses hypothèses. Grâce à des technologies d'imagerie cérébrale avancées, une équipe de l'University of New South Wales a enfin percé ce secret en observant directement l'activité du cerveau pendant ces épisodes. Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour un dépistage précoce des troubles psychotiques.
Un mécanisme cérébral défaillant identifié
Thomas Whitford, chercheur en psychologie, a dirigé une expérience novatrice utilisant l'électroencéphalographie pour mesurer les ondes cérébrales. L'objectif consistait à comparer la réaction du cerveau face au discours intérieur chez trois groupes distincts. Son équipe a recruté 142 participants au total, dont 55 personnes schizophrènes ayant récemment vécu des hallucinations auditives, 44 autres atteintes de schizophrénie mais sans hallucinations récentes, et 43 individus sans antécédents psychiatriques.
Le protocole expérimental s'avérait ingénieux. Les volontaires devaient prononcer mentalement le mot « bah » ou « bih » tout en écoutant simultanément l'un de ces deux sons diffusés dans un casque audio. Ils ignoraient si leur choix correspondrait au stimulus externe. Cette méthode permettait d'observer comment le cerveau traite la coïncidence entre pensée verbale et perception sonore.
Les résultats, publiés dans la revue Schizophrenia Bulletin* ont révélé une différence majeure. Chez les personnes saines, le cortex auditif réduit naturellement son activité lorsqu'elles parlent intérieurement ou à voix haute. Le cerveau anticipe le son de sa propre voix et atténue sa réactivité pour éviter une surcharge sensorielle. Cette prédiction neurologique fonctionne comme un filtre automatique distinguant nos pensées des bruits extérieurs.
Quand le cerveau confond l'interne et l'externe
Chez les patients schizophrènes ayant connu des épisodes hallucinatoires récents, ce mécanisme de régulation dysfonctionnait complètement. Leur cerveau réagissait avec une intensité inhabituellement élevée lorsque leur parole intérieure correspondait au son externe. Au lieu de diminuer, l'activité cérébrale augmentait dramatiquement, comme si la voix provenait d'une source extérieure menaçante ou mystérieuse.
« Cette idée circule depuis cinquante ans, mais sa vérification s'avérait impossible car le discours intérieur reste fondamentalement privé », explique Whitford. La technologie moderne a finalement permis de mesurer objectivement ce phénomène invisible. Les données neurologiques confirment que le cerveau des personnes entendant des voix traite leur propre pensée verbale comme une intrusion externe.
Cette découverte explique pourquoi les hallucinations auditives semblent si authentiques et convaincantes pour ceux qui les vivent. Le cerveau ne distingue plus correctement l'origine des signaux auditifs. Les voix intérieures deviennent indiscernables des conversations réelles, créant une confusion profonde et angoissante. Cette erreur d'attribution transforme un processus mental normal en expérience perturbante.
Des perspectives thérapeutiques encourageantes
Les implications cliniques de cette recherche s'annoncent considérables pour la prise en charge psychiatrique. Les médecins pourraient identifier précocement les individus présentant ce défaut de prédiction neuronale, bien avant l'apparition d'une psychose déclarée. Un dépistage préventif permettrait d'intervenir rapidement avec des traitements adaptés, améliorant significativement le pronostic.
Les applications potentielles incluent notamment :
=> Le développement de tests diagnostiques basés sur l'EEG pour détecter les anomalies prédictives.
=> La mise au point de thérapies ciblant spécifiquement ce mécanisme de reconnaissance vocale.
=> L'adaptation des protocoles de rééducation cognitive pour renforcer la distinction interne-externe.
=> La personnalisation des traitements médicamenteux selon les profils neurologiques identifiés.
Cette avancée scientifique transforme radicalement notre compréhension des troubles schizophréniques en révélant leur base neurobiologique concrète.
*Corollary Discharge Dysfunction to Inner Speech and its Relationship to Auditory Verbal Hallucinations in Patients with Schizophrenia Spectrum Disorders | Schizophrenia Bulletin | Oxford Academic
Schizophrénie : une théorie vieille de 50 ans enfin confirmée sur les « voix »
Un mécanisme cérébral défaillant identifié
Thomas Whitford, chercheur en psychologie, a dirigé une expérience novatrice utilisant l'électroencéphalographie pour mesurer les ondes cérébrales. L'objectif consistait à comparer la réaction du cerveau face au discours intérieur chez trois groupes distincts. Son équipe a recruté 142 participants au total, dont 55 personnes schizophrènes ayant récemment vécu des hallucinations auditives, 44 autres atteintes de schizophrénie mais sans hallucinations récentes, et 43 individus sans antécédents psychiatriques.
Le protocole expérimental s'avérait ingénieux. Les volontaires devaient prononcer mentalement le mot « bah » ou « bih » tout en écoutant simultanément l'un de ces deux sons diffusés dans un casque audio. Ils ignoraient si leur choix correspondrait au stimulus externe. Cette méthode permettait d'observer comment le cerveau traite la coïncidence entre pensée verbale et perception sonore.
Les résultats, publiés dans la revue Schizophrenia Bulletin* ont révélé une différence majeure. Chez les personnes saines, le cortex auditif réduit naturellement son activité lorsqu'elles parlent intérieurement ou à voix haute. Le cerveau anticipe le son de sa propre voix et atténue sa réactivité pour éviter une surcharge sensorielle. Cette prédiction neurologique fonctionne comme un filtre automatique distinguant nos pensées des bruits extérieurs.
Quand le cerveau confond l'interne et l'externe
Chez les patients schizophrènes ayant connu des épisodes hallucinatoires récents, ce mécanisme de régulation dysfonctionnait complètement. Leur cerveau réagissait avec une intensité inhabituellement élevée lorsque leur parole intérieure correspondait au son externe. Au lieu de diminuer, l'activité cérébrale augmentait dramatiquement, comme si la voix provenait d'une source extérieure menaçante ou mystérieuse.
« Cette idée circule depuis cinquante ans, mais sa vérification s'avérait impossible car le discours intérieur reste fondamentalement privé », explique Whitford. La technologie moderne a finalement permis de mesurer objectivement ce phénomène invisible. Les données neurologiques confirment que le cerveau des personnes entendant des voix traite leur propre pensée verbale comme une intrusion externe.
Cette découverte explique pourquoi les hallucinations auditives semblent si authentiques et convaincantes pour ceux qui les vivent. Le cerveau ne distingue plus correctement l'origine des signaux auditifs. Les voix intérieures deviennent indiscernables des conversations réelles, créant une confusion profonde et angoissante. Cette erreur d'attribution transforme un processus mental normal en expérience perturbante.
Des perspectives thérapeutiques encourageantes
Les implications cliniques de cette recherche s'annoncent considérables pour la prise en charge psychiatrique. Les médecins pourraient identifier précocement les individus présentant ce défaut de prédiction neuronale, bien avant l'apparition d'une psychose déclarée. Un dépistage préventif permettrait d'intervenir rapidement avec des traitements adaptés, améliorant significativement le pronostic.
Les applications potentielles incluent notamment :
=> Le développement de tests diagnostiques basés sur l'EEG pour détecter les anomalies prédictives.
=> La mise au point de thérapies ciblant spécifiquement ce mécanisme de reconnaissance vocale.
=> L'adaptation des protocoles de rééducation cognitive pour renforcer la distinction interne-externe.
=> La personnalisation des traitements médicamenteux selon les profils neurologiques identifiés.
Cette avancée scientifique transforme radicalement notre compréhension des troubles schizophréniques en révélant leur base neurobiologique concrète.
*Corollary Discharge Dysfunction to Inner Speech and its Relationship to Auditory Verbal Hallucinations in Patients with Schizophrenia Spectrum Disorders | Schizophrenia Bulletin | Oxford Academic
Schizophrénie : une théorie vieille de 50 ans enfin confirmée sur les « voix »
27 avril 2026
Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto
À l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (IPNP), un lieu où des chercheuses et chercheurs travaillent ensemble sur le fonctionnement du cerveau, Wafa Ghoul fait partie de ces jeunes chercheuses qui cherchent à éclairer l’origine des troubles psychiatriques à travers l’étude de l’ADN. Elle contribue ainsi à mieux reconnaître ces maladies, encore stigmatisées dans la société.
Grâce à un appel à projets entre l’Université Paris Cité (UPCité) et l’Université de Toronto (U of T), elle a pu développer ses recherches à l’international. Une expérience qu’elle raconte et qui l’a marquée, autant sur le plan professionnel que personnel.
Explorer les troubles psychiatriques à travers l’ADN
Doctorante à l’Université Paris Cité, Wafa entame son parcours dans le monde de la psychiatrie lors de son stage de master à l’IPNP en 2023.
« J’étais intéressée par la génétique humaine, mais la psychiatrie m’a attirée parce que c’est un domaine en pleine évolution avec encore beaucoup de choses à découvrir. »
Animée par une forte envie d’apprendre, elle choisit de poursuivre une thèse au sein de l’IPNP. Son travail consiste à étudier l’ADN de patientes et patients atteints de troubles psychiatriques, en particulier la catatonie, pour mieux décrypter ce qui se passe dans leur corps.
« La catatonie est un trouble qui affecte les mouvements et le comportement, c’est une maladie psychomotrice et une maladie rare. Les patients peuvent avoir des difficultés d’interaction: soit ne plus bouger du tout, soit au contraire être dans un état d’agitation complète. Elle peut se développer chez des personnes atteintes de schizophrénie ou de troubles bipolaires. »
Au cœur de ses recherches sur les troubles du mouvement et du comportement, Wafa explore différentes “couches” de l’ADN.
« L’idée, c’est d’analyser l’ADN présent dans le noyau des cellules, mais aussi l’ADN mitochondrial et le profil épigénétique pour essayer de comprendre quel est l’impact de l’environnement sur ces patients. »
En pratique, elle travaille à la fois sur l’ADN principal des cellules et l’ADN mitochondrial, présent dans les mitochondries ; ces structures qui produisent l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules, notamment celles du cerveau. Elle s’intéresse également au profil épigénétique, qui permet de comprendre comment l’environnement peut influencer l’activité des gènes. Ainsi, des facteurs comme le stress ou le mode de vie peuvent jouer un rôle dans le développement des troubles et expliquer pourquoi certaines personnes sont plus touchées que d’autres.
Au-delà de l’analyse des données génétiques, les recherches de Wafa portent aussi des enjeux de société et de santé publique. Elles participent à faire évoluer le regard porté sur les maladies psychiatriques, en contribuant à améliorer la prise en charge des patientes et patients, à affiner les diagnostics et, à terme, à développer des traitements plus ciblés et personnalisés.
« Que ce soit dans les médias ou dans la culture populaire, les personnes atteintes de troubles psychiatriques sont souvent vues comme “folles”, simplement parce qu’on ne connaissait pas les mécanismes biologiques ou génétiques derrière ces maladies. En réalité, il s’agit de pathologies comme les autres, comme le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Elles doivent être prises au sérieux, et les patients méritent la même attention médicale que les autres. »
Un premier pas à l’international
Les travaux de Wafa vont prendre une autre dimension en 2024. Son directeur de thèse Boris Chaumette, enseignant-chercheur en psychiatrie, l’encourage à continuer son analyse de l’ADN mitochondrial et à rejoindre un projet de collaboration internationale. Intitulé « Mitochondrial Gene Risk in Psychiatric Disorders: A Transatlantic Educational and Research Collaboration », ce programme est soutenu par UPCité et l’Université de Toronto via un appel à projets pour favoriser la recherche internationale, particulièrement pour les jeunes chercheuses et chercheurs. L’équipe du Pr. Ana Andreazza de l’Université de Toronto est accueillie à UPCité en mars 2025. Quelques mois plus tard, en octobre, Wafa s’envole à son tour pour Toronto. Une première expérience en Amérique du Nord, où elle découvre une autre manière de faire de la recherche.
« C’est une grande équipe vraiment spécialisée dans les liens entre mitochondrie et troubles bipolaires, qui travaille aussi au niveau biologique et qui fait de l’expérimentation, ce que nous ne faisons pas au laboratoire. Nous, on est plutôt dans l’analyse informatique du séquençage de l’ADN. […] Le fait de partager mes données, d’apprendre à communiquer avec des personnes plus expérimentées, et de présenter mes résultats, c’était très constructif. Je suis revenue avec beaucoup plus d’idées. »
Les premiers résultats de ce projet franco-canadien apportent déjà des éléments encourageants.
« On a montré que les personnes qui souffrent de psychose présentent plus de variations dans l’ADN que celles à risque qui n’ont pas développé la maladie. On est encore au début, mais l’objectif est de comprendre quels mécanismes biologiques sont impliqués. »
Les chercheuses et chercheurs ne savent pas encore exactement pourquoi des variations apparaissent : elles peuvent être héritées ou se développer au cours de l’évolution des cellules. Si les causes restent encore incertaines, ces travaux ouvrent des pistes prometteuses pour mieux cerner l’apparition de certains troubles.
Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto | Université Paris Cité
Explorer les troubles psychiatriques à travers l’ADN
Doctorante à l’Université Paris Cité, Wafa entame son parcours dans le monde de la psychiatrie lors de son stage de master à l’IPNP en 2023.
« J’étais intéressée par la génétique humaine, mais la psychiatrie m’a attirée parce que c’est un domaine en pleine évolution avec encore beaucoup de choses à découvrir. »
Animée par une forte envie d’apprendre, elle choisit de poursuivre une thèse au sein de l’IPNP. Son travail consiste à étudier l’ADN de patientes et patients atteints de troubles psychiatriques, en particulier la catatonie, pour mieux décrypter ce qui se passe dans leur corps.
« La catatonie est un trouble qui affecte les mouvements et le comportement, c’est une maladie psychomotrice et une maladie rare. Les patients peuvent avoir des difficultés d’interaction: soit ne plus bouger du tout, soit au contraire être dans un état d’agitation complète. Elle peut se développer chez des personnes atteintes de schizophrénie ou de troubles bipolaires. »
Au cœur de ses recherches sur les troubles du mouvement et du comportement, Wafa explore différentes “couches” de l’ADN.
« L’idée, c’est d’analyser l’ADN présent dans le noyau des cellules, mais aussi l’ADN mitochondrial et le profil épigénétique pour essayer de comprendre quel est l’impact de l’environnement sur ces patients. »
En pratique, elle travaille à la fois sur l’ADN principal des cellules et l’ADN mitochondrial, présent dans les mitochondries ; ces structures qui produisent l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules, notamment celles du cerveau. Elle s’intéresse également au profil épigénétique, qui permet de comprendre comment l’environnement peut influencer l’activité des gènes. Ainsi, des facteurs comme le stress ou le mode de vie peuvent jouer un rôle dans le développement des troubles et expliquer pourquoi certaines personnes sont plus touchées que d’autres.
Au-delà de l’analyse des données génétiques, les recherches de Wafa portent aussi des enjeux de société et de santé publique. Elles participent à faire évoluer le regard porté sur les maladies psychiatriques, en contribuant à améliorer la prise en charge des patientes et patients, à affiner les diagnostics et, à terme, à développer des traitements plus ciblés et personnalisés.
« Que ce soit dans les médias ou dans la culture populaire, les personnes atteintes de troubles psychiatriques sont souvent vues comme “folles”, simplement parce qu’on ne connaissait pas les mécanismes biologiques ou génétiques derrière ces maladies. En réalité, il s’agit de pathologies comme les autres, comme le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Elles doivent être prises au sérieux, et les patients méritent la même attention médicale que les autres. »
Un premier pas à l’international
Les travaux de Wafa vont prendre une autre dimension en 2024. Son directeur de thèse Boris Chaumette, enseignant-chercheur en psychiatrie, l’encourage à continuer son analyse de l’ADN mitochondrial et à rejoindre un projet de collaboration internationale. Intitulé « Mitochondrial Gene Risk in Psychiatric Disorders: A Transatlantic Educational and Research Collaboration », ce programme est soutenu par UPCité et l’Université de Toronto via un appel à projets pour favoriser la recherche internationale, particulièrement pour les jeunes chercheuses et chercheurs. L’équipe du Pr. Ana Andreazza de l’Université de Toronto est accueillie à UPCité en mars 2025. Quelques mois plus tard, en octobre, Wafa s’envole à son tour pour Toronto. Une première expérience en Amérique du Nord, où elle découvre une autre manière de faire de la recherche.
« C’est une grande équipe vraiment spécialisée dans les liens entre mitochondrie et troubles bipolaires, qui travaille aussi au niveau biologique et qui fait de l’expérimentation, ce que nous ne faisons pas au laboratoire. Nous, on est plutôt dans l’analyse informatique du séquençage de l’ADN. […] Le fait de partager mes données, d’apprendre à communiquer avec des personnes plus expérimentées, et de présenter mes résultats, c’était très constructif. Je suis revenue avec beaucoup plus d’idées. »
Les premiers résultats de ce projet franco-canadien apportent déjà des éléments encourageants.
« On a montré que les personnes qui souffrent de psychose présentent plus de variations dans l’ADN que celles à risque qui n’ont pas développé la maladie. On est encore au début, mais l’objectif est de comprendre quels mécanismes biologiques sont impliqués. »
Les chercheuses et chercheurs ne savent pas encore exactement pourquoi des variations apparaissent : elles peuvent être héritées ou se développer au cours de l’évolution des cellules. Si les causes restent encore incertaines, ces travaux ouvrent des pistes prometteuses pour mieux cerner l’apparition de certains troubles.
Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto | Université Paris Cité
25 avril 2026
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés
Les personnes atteintes de schizophrénie ont des difficultés à reconnaître les émotions. Mais ces troubles pourraient aussi exister, plus discrètement, chez leurs proches. Une étude, portée par l’équipe PsyR2, explore les mécanismes cérébraux en jeu.
La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe qui affecte notamment la capacité à reconnaître les émotions, en particulier sur les visages. Ces difficultés ne sont pas anodines : elles sont liées à des problèmes relationnels, un repli social et une moindre autonomie.
Cependant, ces altérations ne concernent pas uniquement les patients. Des études montrent que leurs proches, pourtant en bonne santé, présentent eux aussi des difficultés, notamment face aux émotions négatives comme la peur ou la colère.
Portée par l’équipe PsyR2*, cette étude soulève une question clé : ces troubles pourraient-ils constituer un “endophénotype”, c’est-à-dire une signature intermédiaire entre les gènes et la maladie ?
Une approche plus proche de la vie réelle
Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont étudié trois groupes :
= des patients atteints de schizophrénie,
= leurs frères et/ou sœurs non malades,
= et des personnes sans trouble psychiatrique.
Tous ont réalisé une tâche sous IRM fonctionnelle (IRMf), consistant à reconnaître des émotions sur des visages intégrés dans un contexte émotionnel (et non présentés isolément). Cette approche se veut plus proche des situations réelles.
.../...
Ce texte est une reprise de l’article « Reconnaître les émotions : un indice caché de la schizophrénie ? » publié par le CH Le Vinatier le 14 avril 2026.
Lire l'article complet :
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés - Santé Mentale
La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe qui affecte notamment la capacité à reconnaître les émotions, en particulier sur les visages. Ces difficultés ne sont pas anodines : elles sont liées à des problèmes relationnels, un repli social et une moindre autonomie.
Cependant, ces altérations ne concernent pas uniquement les patients. Des études montrent que leurs proches, pourtant en bonne santé, présentent eux aussi des difficultés, notamment face aux émotions négatives comme la peur ou la colère.
Portée par l’équipe PsyR2*, cette étude soulève une question clé : ces troubles pourraient-ils constituer un “endophénotype”, c’est-à-dire une signature intermédiaire entre les gènes et la maladie ?
Une approche plus proche de la vie réelle
Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont étudié trois groupes :
= des patients atteints de schizophrénie,
= leurs frères et/ou sœurs non malades,
= et des personnes sans trouble psychiatrique.
Tous ont réalisé une tâche sous IRM fonctionnelle (IRMf), consistant à reconnaître des émotions sur des visages intégrés dans un contexte émotionnel (et non présentés isolément). Cette approche se veut plus proche des situations réelles.
.../...
Ce texte est une reprise de l’article « Reconnaître les émotions : un indice caché de la schizophrénie ? » publié par le CH Le Vinatier le 14 avril 2026.
Lire l'article complet :
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés - Santé Mentale
23 avril 2026
Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?
Dans une nouvelle étude publiée dans Nature Neuroscience*, des chercheurs ont mieux compris le rôle d’une mutation génétique dans la schizophrénie.
Cette mutation du gène grin2a perturbe la capacité de la personne à adapter son interprétation du monde face à de nouvelles informations.
Mais en agissant sur cette mutation du gène grin2a, les scientifiques ont réussi à inverser son effet et à restaurer un comportement normal chez la Souris.
*Reduced mediodorsal thalamus activity underlies aberrant belief dynamics in a genetic mouse model of schizophrenia | Nature Neuroscience
Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?
Cette mutation du gène grin2a perturbe la capacité de la personne à adapter son interprétation du monde face à de nouvelles informations.
Mais en agissant sur cette mutation du gène grin2a, les scientifiques ont réussi à inverser son effet et à restaurer un comportement normal chez la Souris.
*Reduced mediodorsal thalamus activity underlies aberrant belief dynamics in a genetic mouse model of schizophrenia | Nature Neuroscience
Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?
20 avril 2026
Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ?
Une étude menée à partir des données de plus de 7 000 patients par le centre de recherche académique dédié à l’avancement des connaissances scientifiques dans le domaine des troubles psychiatriques SINAPS, en partenariat avec la Fondation FondaMental (France), apporte un nouvel éclairage sur le rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères. Ce travail met en évidence de nouvelles pistes pour personnaliser la prise en charge des patients souffrant de dépression, de schizophrénie ou de trouble bipolaire.
Communiqué.
Environ un tiers des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères (tels que la dépression résistante aux traitements, la schizophrénie ou le trouble bipolaire) présentent une inflammation chronique de bas grade. Ce phénomène biologique est associé à des formes plus sévères de la maladie et à une moins bonne réponse aux traitements.
Un marqueur biologique présent chez un tiers des patients
Publiée dans la revue scientifique internationale Brain, Behavior, and Immunity (1), cette recherche s’appuie sur les cohortes nationales FACE (FondaMental Advanced Centers of Expertise) de la Fondation FondaMental. Elle regroupe des patients atteints de dépression résistante, de schizophrénies ou de troubles bipolaires afin de mieux comprendre les facteurs communs associés à cette inflammation chronique. Les résultats montrent qu’environ 30 % des patients, quel que soit leur diagnostic psychiatrique, présentent des niveaux élevés de CRP (C-Reactive Protein), un biomarqueur sanguin révélateur d’inflammation chronique de bas grade.
Les chercheurs ont également utilisé plusieurs méthodes statistiques robustes (régression logistique pénalisée, forêts aléatoires et classification non supervisée) pour identifier les principaux facteurs associés à cette inflammation chronique de faible intensité :
= Le surpoids et l’obésité, de loin les facteurs les plus significatifs,
= Les déséquilibres métaboliques, notamment le cholestérol,
= Le tabagisme et la dépendance à la nicotine.
Ces facteurs liés au mode de vie et à la santé métabolique, bien connus en santé cardiovasculaire, jouent donc également un rôle clé dans l’inflammation associée aux troubles psychiatriques étudiés.
Cependant, l’étude montre que les facteurs liés à l’inflammation chronique diffèrent selon le sexe. Chez les femmes, l’inflammation est principalement associée au surpoids et aux troubles métaboliques. Un autre biomarqueur, l’acide urique, semble également impliqué. Chez les hommes, la situation est plus variée, mais le tabagisme apparaît comme un facteur particulièrement important.
Quelles perspectives pour les patients ?
Ces résultats plaident pour une prise en charge plus personnalisée, qui utilise la CRP non plus comme un simple indicateur général, mais comme un premier signal d’alerte pour orienter des actions ciblées. En complément des traitements standards (médicaments psychotropes et psychothérapie), cela pourrait inclure des interventions sur le mode de vie (alimentation, activité physique, arrêt du tabac) ou des traitements spécifiquement dirigés contre l’inflammation et/ou les anomalies métaboliques.
Ces travaux de recherche constituent une étape importante vers une psychiatrie de précision, adaptée aux caractéristiques individuelles. Les auteurs appellent désormais à des études prospectives pour évaluer l’impact de ces interventions ciblées sur l’inflammation.
1 – Tim Rietberg et al. From non-specific biomarker to targeted action: transdiagnostic and sex-specific drivers of high-CRP status in severe mental illness across the FondaMental Advanced Centers of Expertise (FACE) cohorts, Brain, Behavior, and Immunity, 2026. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2026.106464
Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ? - Santé Mentale
Environ un tiers des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères (tels que la dépression résistante aux traitements, la schizophrénie ou le trouble bipolaire) présentent une inflammation chronique de bas grade. Ce phénomène biologique est associé à des formes plus sévères de la maladie et à une moins bonne réponse aux traitements.
Un marqueur biologique présent chez un tiers des patients
Publiée dans la revue scientifique internationale Brain, Behavior, and Immunity (1), cette recherche s’appuie sur les cohortes nationales FACE (FondaMental Advanced Centers of Expertise) de la Fondation FondaMental. Elle regroupe des patients atteints de dépression résistante, de schizophrénies ou de troubles bipolaires afin de mieux comprendre les facteurs communs associés à cette inflammation chronique. Les résultats montrent qu’environ 30 % des patients, quel que soit leur diagnostic psychiatrique, présentent des niveaux élevés de CRP (C-Reactive Protein), un biomarqueur sanguin révélateur d’inflammation chronique de bas grade.
Les chercheurs ont également utilisé plusieurs méthodes statistiques robustes (régression logistique pénalisée, forêts aléatoires et classification non supervisée) pour identifier les principaux facteurs associés à cette inflammation chronique de faible intensité :
= Le surpoids et l’obésité, de loin les facteurs les plus significatifs,
= Les déséquilibres métaboliques, notamment le cholestérol,
= Le tabagisme et la dépendance à la nicotine.
Ces facteurs liés au mode de vie et à la santé métabolique, bien connus en santé cardiovasculaire, jouent donc également un rôle clé dans l’inflammation associée aux troubles psychiatriques étudiés.
Cependant, l’étude montre que les facteurs liés à l’inflammation chronique diffèrent selon le sexe. Chez les femmes, l’inflammation est principalement associée au surpoids et aux troubles métaboliques. Un autre biomarqueur, l’acide urique, semble également impliqué. Chez les hommes, la situation est plus variée, mais le tabagisme apparaît comme un facteur particulièrement important.
Quelles perspectives pour les patients ?
Ces résultats plaident pour une prise en charge plus personnalisée, qui utilise la CRP non plus comme un simple indicateur général, mais comme un premier signal d’alerte pour orienter des actions ciblées. En complément des traitements standards (médicaments psychotropes et psychothérapie), cela pourrait inclure des interventions sur le mode de vie (alimentation, activité physique, arrêt du tabac) ou des traitements spécifiquement dirigés contre l’inflammation et/ou les anomalies métaboliques.
Ces travaux de recherche constituent une étape importante vers une psychiatrie de précision, adaptée aux caractéristiques individuelles. Les auteurs appellent désormais à des études prospectives pour évaluer l’impact de ces interventions ciblées sur l’inflammation.
1 – Tim Rietberg et al. From non-specific biomarker to targeted action: transdiagnostic and sex-specific drivers of high-CRP status in severe mental illness across the FondaMental Advanced Centers of Expertise (FACE) cohorts, Brain, Behavior, and Immunity, 2026. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2026.106464
Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ? - Santé Mentale
13 avril 2026
Améliorer la cognition sociale pour favoriser le fonctionnement social dans la schizophrénie
Interpréter correctement les émotions et les intentions d’autrui, comprendre les situations sociales, sont des capacités essentielles dans la vie quotidienne. Dans la schizophrénie, ces mécanismes peuvent être altérés. Une étude coordonnée par la Dre Elodie Peyroux et le Pr Nicolas Franck évalue un programme innovant pour y remédier.
Agir sur les biais d’attribution : un impact encore limité
Dans la littérature internationale, plusieurs méta-analyses montrent que certaines difficultés liées à la compréhension des émotions et des intentions d’autrui (par exemple interpréter correctement ce que les autres pensent ou ressentent) ainsi que certaines tendances à interpréter les situations de manière biaisée jouent un rôle important dans le handicap au quotidien, au-delà des difficultés cognitives « classiques » (mémoire, attention, etc.).
Les programmes de remédiation de la cognition sociale améliorent nettement certaines de ces compétences. En revanche, leur impact sur certaines interprétations automatiques, notamment la tendance à percevoir de l’hostilité chez les autres (aussi appelé biais d’hostilité) reste limité.
Le programme RC2S a précisément été développé pour répondre à cet enjeu.
Un entraînement personnalisé, au plus près du réel
La remédiation cognitive est une approche thérapeutique qui vise à améliorer certaines fonctions cognitives altérées (mémoire, attention, raisonnement, cognition sociale) à travers des exercices répétés et progressifs. L’objectif n’est pas seulement de s’entraîner, mais de développer des stratégies transférables dans la vie quotidienne. L’étude compare ici deux de ces approches :
Le programme RECOS (Remédiation Cognitive pour la Schizophrénie ou un trouble associé) , centré sur les fonctions neurocognitives (mémoire, attention, flexibilité mentale)
Et le programme RC2S (Remédiation Cognitive de la Cognition Sociale), qui cible spécifiquement les processus de cognition sociale.
Le programme RC2S repose sur une approche individualisée, fondée sur une évaluation initiale approfondie des profils cognitifs et fonctionnels, et combine des séances papier-crayon, des exercices informatisés et des mises en situation et des mises en situation proches du réel via des avatars.
Le programme vise à apprendre à ne pas interpréter trop vite les intentions des autres, surtout dans des situations floues, et à envisager d’autres explications possibles. L’idée est de limiter les malentendus qui peuvent fragiliser les relations.
Cette étude présente le premier essai contrôlé randomisé évaluant l’efficacité du programme RC2S (c’est-à-dire une étude où les participants sont répartis au hasard entre différents groupes afin de comparer les effets du programme).
Des effets encourageants sur les biais d’attribution dans la schizophrénie
Cinquante et un patients présentant une schizophrénie ont été répartis de manière aléatoire entre RC2S (25 participants) et RECOS (n=26 participants). Des évaluations cliniques, du fonctionnement social et neuropsychologiques ont été réalisées au début de l’étude, à la fin du programme et à trois mois de suivi, en aveugle (c’est-à-dire que les évaluateurs ne savaient pas quel programme suivait chaque participant). Le critère principal mesuré était le score de biais d’hostilité.
Les résultats ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes dans l’évolution au fil du temps. Néanmoins, seule l’intervention RC2S est associée à une diminution significative du biais d’hostilité entre le début et la fin du programme, suggérant un effet potentiel spécifique sur cette dimension, historiquement difficile à modifier. L’interprétation demeure prudente, en raison du nombre limité de participants et de scores initiaux relativement faibles, qui réduisent la marge de progression observable .
Sur le plan symptomatique, les deux programmes s’accompagnent d’une amélioration globale. RECOS semble produire un effet plus marqué sur les symptômes positifs, tandis que RC2S est associé à une amélioration plus précoce des symptômes négatifs, dimension particulièrement déterminante pour le fonctionnement social.
Les deux groupes présentent également des gains dans le domaine du fonctionnement interpersonnel, mais RC2S se distingue par une amélioration du domaine « amis et activités » suggérant un impact possible sur l’engagement social élargi.
Contrairement à l’hypothèse initiale d’une stricte spécificité des effets, les améliorations cognitives observées ne sont pas exclusivement limitées au domaine ciblé par chaque programme, ce qui suggère l’existence de mécanismes thérapeutiques communs liés à l’intensité, à la structuration et à la personnalisation des interventions.
Vers une remédiation plus personnalisée
Cette étude souligne l’intérêt d’approches individualisées, adaptées au profil cognitif et social de chaque patient. Elle suggère également que les outils immersifs, comme les simulations avec avatar, pourraient favoriser le transfert des compétences vers la vie réelle.
Pour les chercheurs, ces travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large : développer des interventions innovantes, scientifiquement validées et centrées sur les besoins fonctionnels des patients.
De futures recherches, sur des échantillons plus larges, permettront de préciser les bénéfices spécifiques de ce type de programme et d’envisager des applications dans d’autres troubles caractérisés par des difficultés de cognition sociale.
Améliorer la cognition sociale pour favoriser le fonctionnement social dans la schizophrénie - Centre Hospitalier Le Vinatier
Agir sur les biais d’attribution : un impact encore limité
Dans la littérature internationale, plusieurs méta-analyses montrent que certaines difficultés liées à la compréhension des émotions et des intentions d’autrui (par exemple interpréter correctement ce que les autres pensent ou ressentent) ainsi que certaines tendances à interpréter les situations de manière biaisée jouent un rôle important dans le handicap au quotidien, au-delà des difficultés cognitives « classiques » (mémoire, attention, etc.).
Les programmes de remédiation de la cognition sociale améliorent nettement certaines de ces compétences. En revanche, leur impact sur certaines interprétations automatiques, notamment la tendance à percevoir de l’hostilité chez les autres (aussi appelé biais d’hostilité) reste limité.
Le programme RC2S a précisément été développé pour répondre à cet enjeu.
Un entraînement personnalisé, au plus près du réel
La remédiation cognitive est une approche thérapeutique qui vise à améliorer certaines fonctions cognitives altérées (mémoire, attention, raisonnement, cognition sociale) à travers des exercices répétés et progressifs. L’objectif n’est pas seulement de s’entraîner, mais de développer des stratégies transférables dans la vie quotidienne. L’étude compare ici deux de ces approches :
Le programme RECOS (Remédiation Cognitive pour la Schizophrénie ou un trouble associé) , centré sur les fonctions neurocognitives (mémoire, attention, flexibilité mentale)
Et le programme RC2S (Remédiation Cognitive de la Cognition Sociale), qui cible spécifiquement les processus de cognition sociale.
Le programme RC2S repose sur une approche individualisée, fondée sur une évaluation initiale approfondie des profils cognitifs et fonctionnels, et combine des séances papier-crayon, des exercices informatisés et des mises en situation et des mises en situation proches du réel via des avatars.
Le programme vise à apprendre à ne pas interpréter trop vite les intentions des autres, surtout dans des situations floues, et à envisager d’autres explications possibles. L’idée est de limiter les malentendus qui peuvent fragiliser les relations.
Cette étude présente le premier essai contrôlé randomisé évaluant l’efficacité du programme RC2S (c’est-à-dire une étude où les participants sont répartis au hasard entre différents groupes afin de comparer les effets du programme).
Des effets encourageants sur les biais d’attribution dans la schizophrénie
Cinquante et un patients présentant une schizophrénie ont été répartis de manière aléatoire entre RC2S (25 participants) et RECOS (n=26 participants). Des évaluations cliniques, du fonctionnement social et neuropsychologiques ont été réalisées au début de l’étude, à la fin du programme et à trois mois de suivi, en aveugle (c’est-à-dire que les évaluateurs ne savaient pas quel programme suivait chaque participant). Le critère principal mesuré était le score de biais d’hostilité.
Les résultats ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes dans l’évolution au fil du temps. Néanmoins, seule l’intervention RC2S est associée à une diminution significative du biais d’hostilité entre le début et la fin du programme, suggérant un effet potentiel spécifique sur cette dimension, historiquement difficile à modifier. L’interprétation demeure prudente, en raison du nombre limité de participants et de scores initiaux relativement faibles, qui réduisent la marge de progression observable .
Sur le plan symptomatique, les deux programmes s’accompagnent d’une amélioration globale. RECOS semble produire un effet plus marqué sur les symptômes positifs, tandis que RC2S est associé à une amélioration plus précoce des symptômes négatifs, dimension particulièrement déterminante pour le fonctionnement social.
Les deux groupes présentent également des gains dans le domaine du fonctionnement interpersonnel, mais RC2S se distingue par une amélioration du domaine « amis et activités » suggérant un impact possible sur l’engagement social élargi.
Contrairement à l’hypothèse initiale d’une stricte spécificité des effets, les améliorations cognitives observées ne sont pas exclusivement limitées au domaine ciblé par chaque programme, ce qui suggère l’existence de mécanismes thérapeutiques communs liés à l’intensité, à la structuration et à la personnalisation des interventions.
Vers une remédiation plus personnalisée
Cette étude souligne l’intérêt d’approches individualisées, adaptées au profil cognitif et social de chaque patient. Elle suggère également que les outils immersifs, comme les simulations avec avatar, pourraient favoriser le transfert des compétences vers la vie réelle.
Pour les chercheurs, ces travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large : développer des interventions innovantes, scientifiquement validées et centrées sur les besoins fonctionnels des patients.
De futures recherches, sur des échantillons plus larges, permettront de préciser les bénéfices spécifiques de ce type de programme et d’envisager des applications dans d’autres troubles caractérisés par des difficultés de cognition sociale.
Améliorer la cognition sociale pour favoriser le fonctionnement social dans la schizophrénie - Centre Hospitalier Le Vinatier
09 avril 2026
[Recherche] : Les organoïdes cérébraux et l’intelligence artificielle : de nouvelles perspectives pour le diagnostic de la schizophrénie et des troubles bipolaires
Rédigé par Océane Delvarre, scientifique et bénévole au pôle recherche
Publié le : 12 mars 2026
Diagnostiquer la schizophrénie et le trouble bipolaire reste aujourd’hui un défi majeur en psychiatrie. En l’absence de biomarqueurs biologiques fiables, les cliniciens s’appuient essentiellement sur l’observation des symptômes et les entretiens cliniques, avec un risque d’erreurs et de confusions entre pathologies.
Publié le : 12 mars 2026
Diagnostiquer la schizophrénie et le trouble bipolaire reste aujourd’hui un défi majeur en psychiatrie. En l’absence de biomarqueurs biologiques fiables, les cliniciens s’appuient essentiellement sur l’observation des symptômes et les entretiens cliniques, avec un risque d’erreurs et de confusions entre pathologies.
Une équipe de chercheurs de l’université Johns Hopkins (Baltimore, États-Unis) propose une approche innovante : combiner des organoïdes cérébraux, parfois simplifiés en « mini-cerveaux » – des modèles cellulaires cultivés en laboratoire qui reproduisent certaines caractéristiques du tissu cérébral humain – avec des algorithmes d’intelligence artificielle pour identifier des signatures neuronales propres à chaque trouble. À terme, cette approche pourrait compléter les outils cliniques actuels, en apportant un appui au diagnostic.
La schizophrénie et la bipolarité, des troubles difficiles à diagnostiquer
Aujourd’hui, aucun examen biologique, aucune prise de sang ni aucun test d’imagerie ne permet de poser avec certitude un diagnostic de schizophrénie ou de trouble bipolaire. Ces pathologies reposent sur une évaluation clinique des symptômes, qui peuvent être proches d’autres maladies neurologiques ou psychiatriques. Cette complexité explique les erreurs diagnostiques fréquentes1.
Les organoïdes cérébraux : des modèles cellulaires 3D du cerveau humain
Pour dépasser ces limites, les chercheurs se tournent vers les organoïdes cérébraux. Cultivées en laboratoire à partir de cellules humaines reprogrammées (issues par exemple de la peau ou du sang), ces structures tridimensionnelles reproduisent certaines caractéristiques du cerveau, comme l’organisation de réseaux neuronaux et une activité électrique. Elles ne constituent toutefois ni un organe complet ni un cerveau fonctionnel.
Dans cette étude, les scientifiques ont généré des organoïdes mimant la composition en cellules du cortex préfrontal, une région cérébrale clé impliquée dans la planification, la prise de décision et la régulation des comportements. Ces organoïdes ont été produits à partir de cellules de personnes atteintes de schizophrénie, de trouble bipolaire, mais aussi de personnes sans trouble psychiatrique, servant de groupe contrôle, afin de comparer les résultats1;2.
Quand l’intelligence artificielle « écoute » l’activité neuronale
Les organoïdes ont été enregistrés à l’aide de microélectrodes capables de capter leur activité électrique. Ces signaux ont ensuite été analysés par des algorithmes de machine learning (apprentissage automatique), capables de reconnaître des motifs complexes invisibles à l’œil humain2.
Résultat : les chercheurs ont identifié des signatures électriques distinctes entre les organoïdes sains et ceux issus de patients atteints de schizophrénie ou de trouble bipolaire. Ces différences deviennent encore plus marquées lorsque les réseaux neuronaux sont stimulés par des impulsions électriques, mimant une forte sollicitation du cerveau2.
L’intelligence artificielle parvient ainsi à distinguer des organoïdes de patients schizophrènes de ceux de personnes saines2, en se basant uniquement sur leurs signatures électrophysiologiques. Dans certaines conditions expérimentales, la précision de classification atteint plus de 92 %.
Vers des signatures neuronales des maladies psychiatriques
Ces résultats suggèrent l’existence de véritables « signatures neuronales » propres à chaque trouble. À terme, cette approche pourrait compléter les outils cliniques actuels, en apportant un appui au diagnostic2.
Au-delà du diagnostic, ces organoïdes ouvrent la voie à une nouvelle forme de médecine personnalisée : il devient possible de tester différents traitements directement sur les organoïdes issus des cellules d’un patient, afin d’observer leur effet sur l’activité neuronale, sans risque pour la personne. L’objectif n’est plus seulement de traiter les symptômes, mais d’adapter les prescriptions aux réponses biologiques individuelles1,2.
Un enjeu majeur pour les neurosciences et la psychiatrie de demain : la médecine personnalisée
Cette recherche illustre une évolution des neurosciences : le passage d’une psychiatrie fondée uniquement sur l’observation des comportements à une approche intégrant des données biologiques et computationnelles. En combinant organoïdes cérébraux, intelligence artificielle et neurosciences, les chercheurs développent des outils capables de relier le fonctionnement des réseaux neuronaux aux troubles psychiques. À terme, ces approches pourraient transformer la prise en charge des maladies psychiatriques et neurodéveloppementales, en permettant des diagnostics plus fiables, des traitements mieux ciblés et une médecine plus personnalisée.
Sources
Published, R. M. C. /. Neural basis of schizophrenia and bipolar disorder found in brain organoids. The Hub https://hub.jhu.edu/2025/09/22/schizophrenia-bipolar-disorder-brain-organoids/ (2025).
Cheng, K. et al. Machine learning-enabled detection of electrophysiological signatures in iPSC-derived models of schizophrenia and bipolar disorder. APL Bioeng. 9, 036118 (2025).
Les organoïdes cérébraux et l’intelligence artificielle : de nouvelles perspectives pour le diagnostic de la schizophrénie et des troubles bipolaires - Fondation pour la Recherche sur le Cerveau
La schizophrénie et la bipolarité, des troubles difficiles à diagnostiquer
Aujourd’hui, aucun examen biologique, aucune prise de sang ni aucun test d’imagerie ne permet de poser avec certitude un diagnostic de schizophrénie ou de trouble bipolaire. Ces pathologies reposent sur une évaluation clinique des symptômes, qui peuvent être proches d’autres maladies neurologiques ou psychiatriques. Cette complexité explique les erreurs diagnostiques fréquentes1.
Les organoïdes cérébraux : des modèles cellulaires 3D du cerveau humain
Pour dépasser ces limites, les chercheurs se tournent vers les organoïdes cérébraux. Cultivées en laboratoire à partir de cellules humaines reprogrammées (issues par exemple de la peau ou du sang), ces structures tridimensionnelles reproduisent certaines caractéristiques du cerveau, comme l’organisation de réseaux neuronaux et une activité électrique. Elles ne constituent toutefois ni un organe complet ni un cerveau fonctionnel.
Dans cette étude, les scientifiques ont généré des organoïdes mimant la composition en cellules du cortex préfrontal, une région cérébrale clé impliquée dans la planification, la prise de décision et la régulation des comportements. Ces organoïdes ont été produits à partir de cellules de personnes atteintes de schizophrénie, de trouble bipolaire, mais aussi de personnes sans trouble psychiatrique, servant de groupe contrôle, afin de comparer les résultats1;2.
Quand l’intelligence artificielle « écoute » l’activité neuronale
Les organoïdes ont été enregistrés à l’aide de microélectrodes capables de capter leur activité électrique. Ces signaux ont ensuite été analysés par des algorithmes de machine learning (apprentissage automatique), capables de reconnaître des motifs complexes invisibles à l’œil humain2.
Résultat : les chercheurs ont identifié des signatures électriques distinctes entre les organoïdes sains et ceux issus de patients atteints de schizophrénie ou de trouble bipolaire. Ces différences deviennent encore plus marquées lorsque les réseaux neuronaux sont stimulés par des impulsions électriques, mimant une forte sollicitation du cerveau2.
L’intelligence artificielle parvient ainsi à distinguer des organoïdes de patients schizophrènes de ceux de personnes saines2, en se basant uniquement sur leurs signatures électrophysiologiques. Dans certaines conditions expérimentales, la précision de classification atteint plus de 92 %.
Vers des signatures neuronales des maladies psychiatriques
Ces résultats suggèrent l’existence de véritables « signatures neuronales » propres à chaque trouble. À terme, cette approche pourrait compléter les outils cliniques actuels, en apportant un appui au diagnostic2.
Au-delà du diagnostic, ces organoïdes ouvrent la voie à une nouvelle forme de médecine personnalisée : il devient possible de tester différents traitements directement sur les organoïdes issus des cellules d’un patient, afin d’observer leur effet sur l’activité neuronale, sans risque pour la personne. L’objectif n’est plus seulement de traiter les symptômes, mais d’adapter les prescriptions aux réponses biologiques individuelles1,2.
Un enjeu majeur pour les neurosciences et la psychiatrie de demain : la médecine personnalisée
Cette recherche illustre une évolution des neurosciences : le passage d’une psychiatrie fondée uniquement sur l’observation des comportements à une approche intégrant des données biologiques et computationnelles. En combinant organoïdes cérébraux, intelligence artificielle et neurosciences, les chercheurs développent des outils capables de relier le fonctionnement des réseaux neuronaux aux troubles psychiques. À terme, ces approches pourraient transformer la prise en charge des maladies psychiatriques et neurodéveloppementales, en permettant des diagnostics plus fiables, des traitements mieux ciblés et une médecine plus personnalisée.
Sources
Published, R. M. C. /. Neural basis of schizophrenia and bipolar disorder found in brain organoids. The Hub https://hub.jhu.edu/2025/09/22/schizophrenia-bipolar-disorder-brain-organoids/ (2025).
Cheng, K. et al. Machine learning-enabled detection of electrophysiological signatures in iPSC-derived models of schizophrenia and bipolar disorder. APL Bioeng. 9, 036118 (2025).
Les organoïdes cérébraux et l’intelligence artificielle : de nouvelles perspectives pour le diagnostic de la schizophrénie et des troubles bipolaires - Fondation pour la Recherche sur le Cerveau
08 avril 2026
Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique
Lesley McCuaig Mars 27, 2026
Un cercle de soutien solide est essentiel au rétablissement après un épisode psychotique. Malheureusement, certaines personnes constatent que leurs relations peuvent se tendre voire se briser pendant et après un épisode.
Aujourd'hui, Lesley McCuaig revient sur les étapes qui lui ont permis de réfléchir, de reconstruire et de se détacher de certaines relations après avoir vécu un épisode psychotique lié à la schizophrénie.
La psychose influence la façon dont nous traitons l'information. Elle peut nous pousser à voir, croire ou entendre des choses qui ne sont pas réelles.
Parmi les effets secondaires potentiels de la psychose figure la difficulté à entretenir des relations. Pourtant, si la schizophrénie (la maladie dont je suis atteinte) affecte indéniablement les aidants, les amis et la famille, certaines personnes peuvent parfois oublier qu'elle est également difficile à vivre pour la personne malade elle-même.
Lorsque les symptômes de la psychose s'atténuent, certaines de nos relations peuvent s'améliorer. Mais, il arrive que la tension provoquée par un épisode psychotique soit trop intense au point d’endommager la relation, même après l'atténuation des symptômes.
Il n'est jamais agréable de perdre des amis ou des proches. Bien que cela puisse faire mal, nous devons prendre le temps de faire le deuil de ces relations et essayer d'aller de l'avant.
Comment la psychose a affecté mes relations
La psychose m’a coûté plusieurs relations qui comptaient beaucoup pour moi. Je suis parvenue à en reconstruire certaines avec du temps et des efforts, mais d'autres sont restées définitivement perdues.
Est-il difficile pour moi de vivre aujourd’hui sans ces relations ? Pour être honnête... oui, parfois. Je réfléchis souvent à ce qu’étaient mes relations avant et après mon diagnostic de schizophrénie.
Cependant, j'ai souvent remarqué que les relations que j'ai perdues à cause de la psychose étaient fragiles ou montraient déjà des signes de toxicité avant même mon diagnostic de schizophrénie. En d'autres termes, ces relations n'étaient pas solides dès le départ.
Lorsque je traverse un épisode psychotique, je suis accaparée par « ma » réalité. Parmi les symptômes de ma psychose figurent les hallucinations auditives, à savoir le fait d’entendre des choses qui n’existent pas. Pourtant, tout ce que je vis pendant un de ces épisodes est authentique. C'est ma réalité propre, même si elle n'est pas perceptible pour les autres.
Parfois, la psychose trouble la capacité de jugement et de discernement, compromettant ainsi la possibilité d’entretenir des relations équilibrées. D’autres fois, la psychose peut entraîner des comportements qui paraissent étranges ou imprévisibles aux yeux des autres, comme le fait de parler à des personnes qui ne sont pas là. Ces symptômes et ces réactions peuvent m'empêcher d’entretenir avec mes amis, ma famille et mes aidants des relations conformes aux normes sociales.
De même, le manque de discernement, les comportements imprévisibles et le fait d’être déconnecté de la réalité peuvent rendre presque impossible le maintien de relations équilibrées pendant un épisode psychotique. C'est une expérience aliénante pour tout le monde.
Reconstruire après la perte et chérir ceux qui sont restés
La bonne nouvelle, c'est qu'avec un traitement approprié, les personnes peuvent sortir d'un épisode psychotique et commencer à reconstruire ce qui a été perdu. Le fait de disposer d’un cercle familial, d’amis et d’aidants auxquels ils peuvent faire confiance et sur lesquels ils peuvent compter joue un rôle clé dans le processus de rétablissement.
Parfois, en raison d’un manque de compréhension, de la stigmatisation ou de leurs propres difficultés personnelles, certaines personnes ne sont pas en mesure d'accompagner quelqu’un qui se rétablit d'une psychose. Je comprends comment et pourquoi cela peut arriver, mais je suis reconnaissante et attachée à celles et ceux qui n'ont pas laissé un épisode psychotique définir notre amitié.
Personne ne sort indemne d'un épisode de psychose. Souvent, l’après-crise nécessite un travail pour gérer les séquelles comme les traumatismes, la culpabilité et la honte.
3 façons de naviguer dans les relations affectées par un épisode psychotique
1. Prendre le temps de faire son deuil
Lorsque la psychose entraîne une rupture des relations, la personne affectée doit prendre le temps de faire son deuil.
C’est un temps de réflexion et d’introspection. Il est également utile d'en parler avec quelqu'un, comme un ami ou un professionnel.
2. Choisir d'aller de l'avant
Après le deuil, apprenez à aller de l'avant avec ceux que vous aimez et respectez. Faire le deuil d'une relation fait mal, mais affronter ces sentiments vous permet d'aller de l'avant avec ou sans elle.
3. Savoir quand lâcher prise
Apprendre à lâcher prise est peut-être l'une des plus grandes leçons que j'ai tirées de mon expérience, depuis que j'ai reçu mon diagnostic de schizophrénie. Je veux tourner la page sur la vie que j’avais autrefois et commencer à me fixer de nouveaux objectifs réalistes pour l'avenir.
Les relations peuvent être complexes avec ou sans schizophrénie, mais les miennes ont été aggravées et compliquées par dix années d'alcoolisme. Parfois, je me dis que c’est un miracle qu'il me reste encore un ami !
Mais avec du temps, de la patience, des efforts et de l'engagement, les relations peuvent survivre et s'épanouir au-delà de la psychose. Vous pouvez réapprendre à faire confiance, à rire et à aimer.
Le point à retenir : aller de l'avant
Bien que la psychose puisse être perturbatrice et décourageante pour les personnes atteintes de schizophrénie, elle n'a pas à définir qui nous sommes.
Les relations vont et viennent. Certes, il peut être décevant et décourageant de voir un aidant, un ami ou un membre de la famille s'éloigner au moment même où l'on est au plus mal, mais cela ne doit pas définir toutes nos relations. Avec une bonne observance du traitement, il est possible de mener une vie très épanouissante avec des relations qui comptent.
Certaines relations peuvent survivre à la psychose et en sortir renforcées.
Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.
Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique
Un cercle de soutien solide est essentiel au rétablissement après un épisode psychotique. Malheureusement, certaines personnes constatent que leurs relations peuvent se tendre voire se briser pendant et après un épisode.
Aujourd'hui, Lesley McCuaig revient sur les étapes qui lui ont permis de réfléchir, de reconstruire et de se détacher de certaines relations après avoir vécu un épisode psychotique lié à la schizophrénie.
La psychose influence la façon dont nous traitons l'information. Elle peut nous pousser à voir, croire ou entendre des choses qui ne sont pas réelles.
Parmi les effets secondaires potentiels de la psychose figure la difficulté à entretenir des relations. Pourtant, si la schizophrénie (la maladie dont je suis atteinte) affecte indéniablement les aidants, les amis et la famille, certaines personnes peuvent parfois oublier qu'elle est également difficile à vivre pour la personne malade elle-même.
Lorsque les symptômes de la psychose s'atténuent, certaines de nos relations peuvent s'améliorer. Mais, il arrive que la tension provoquée par un épisode psychotique soit trop intense au point d’endommager la relation, même après l'atténuation des symptômes.
Il n'est jamais agréable de perdre des amis ou des proches. Bien que cela puisse faire mal, nous devons prendre le temps de faire le deuil de ces relations et essayer d'aller de l'avant.
Comment la psychose a affecté mes relations
La psychose m’a coûté plusieurs relations qui comptaient beaucoup pour moi. Je suis parvenue à en reconstruire certaines avec du temps et des efforts, mais d'autres sont restées définitivement perdues.
Est-il difficile pour moi de vivre aujourd’hui sans ces relations ? Pour être honnête... oui, parfois. Je réfléchis souvent à ce qu’étaient mes relations avant et après mon diagnostic de schizophrénie.
Cependant, j'ai souvent remarqué que les relations que j'ai perdues à cause de la psychose étaient fragiles ou montraient déjà des signes de toxicité avant même mon diagnostic de schizophrénie. En d'autres termes, ces relations n'étaient pas solides dès le départ.
Lorsque je traverse un épisode psychotique, je suis accaparée par « ma » réalité. Parmi les symptômes de ma psychose figurent les hallucinations auditives, à savoir le fait d’entendre des choses qui n’existent pas. Pourtant, tout ce que je vis pendant un de ces épisodes est authentique. C'est ma réalité propre, même si elle n'est pas perceptible pour les autres.
Parfois, la psychose trouble la capacité de jugement et de discernement, compromettant ainsi la possibilité d’entretenir des relations équilibrées. D’autres fois, la psychose peut entraîner des comportements qui paraissent étranges ou imprévisibles aux yeux des autres, comme le fait de parler à des personnes qui ne sont pas là. Ces symptômes et ces réactions peuvent m'empêcher d’entretenir avec mes amis, ma famille et mes aidants des relations conformes aux normes sociales.
De même, le manque de discernement, les comportements imprévisibles et le fait d’être déconnecté de la réalité peuvent rendre presque impossible le maintien de relations équilibrées pendant un épisode psychotique. C'est une expérience aliénante pour tout le monde.
Reconstruire après la perte et chérir ceux qui sont restés
La bonne nouvelle, c'est qu'avec un traitement approprié, les personnes peuvent sortir d'un épisode psychotique et commencer à reconstruire ce qui a été perdu. Le fait de disposer d’un cercle familial, d’amis et d’aidants auxquels ils peuvent faire confiance et sur lesquels ils peuvent compter joue un rôle clé dans le processus de rétablissement.
Parfois, en raison d’un manque de compréhension, de la stigmatisation ou de leurs propres difficultés personnelles, certaines personnes ne sont pas en mesure d'accompagner quelqu’un qui se rétablit d'une psychose. Je comprends comment et pourquoi cela peut arriver, mais je suis reconnaissante et attachée à celles et ceux qui n'ont pas laissé un épisode psychotique définir notre amitié.
Personne ne sort indemne d'un épisode de psychose. Souvent, l’après-crise nécessite un travail pour gérer les séquelles comme les traumatismes, la culpabilité et la honte.
3 façons de naviguer dans les relations affectées par un épisode psychotique
1. Prendre le temps de faire son deuil
Lorsque la psychose entraîne une rupture des relations, la personne affectée doit prendre le temps de faire son deuil.
C’est un temps de réflexion et d’introspection. Il est également utile d'en parler avec quelqu'un, comme un ami ou un professionnel.
2. Choisir d'aller de l'avant
Après le deuil, apprenez à aller de l'avant avec ceux que vous aimez et respectez. Faire le deuil d'une relation fait mal, mais affronter ces sentiments vous permet d'aller de l'avant avec ou sans elle.
3. Savoir quand lâcher prise
Apprendre à lâcher prise est peut-être l'une des plus grandes leçons que j'ai tirées de mon expérience, depuis que j'ai reçu mon diagnostic de schizophrénie. Je veux tourner la page sur la vie que j’avais autrefois et commencer à me fixer de nouveaux objectifs réalistes pour l'avenir.
Les relations peuvent être complexes avec ou sans schizophrénie, mais les miennes ont été aggravées et compliquées par dix années d'alcoolisme. Parfois, je me dis que c’est un miracle qu'il me reste encore un ami !
Mais avec du temps, de la patience, des efforts et de l'engagement, les relations peuvent survivre et s'épanouir au-delà de la psychose. Vous pouvez réapprendre à faire confiance, à rire et à aimer.
Le point à retenir : aller de l'avant
Bien que la psychose puisse être perturbatrice et décourageante pour les personnes atteintes de schizophrénie, elle n'a pas à définir qui nous sommes.
Les relations vont et viennent. Certes, il peut être décevant et décourageant de voir un aidant, un ami ou un membre de la famille s'éloigner au moment même où l'on est au plus mal, mais cela ne doit pas définir toutes nos relations. Avec une bonne observance du traitement, il est possible de mener une vie très épanouissante avec des relations qui comptent.
Certaines relations peuvent survivre à la psychose et en sortir renforcées.
Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.
Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique
07 avril 2026
Faire face à la stigmatisation de la schizophrénie : surmonter la honte de soi, les stéréotypes et les mythes médiatiques
Lesley McCuaig MARS 27, 2026
La stigmatisation de la schizophrénie peut être l’un des aspects les plus difficiles à vivre pour les malades. Lesley McCuaig relève trois sources de stigmatisation : la honte de soi, les stéréotypes sociaux et les mythes médiatiques. Appelant à une plus grande sensibilisation aux maladies mentales sévères, elle espère que le partage de son expérience contribuera à dissiper ces idées fausses.
La schizophrénie est sans doute le trouble psychiatrique qui suscite la plus forte stigmatisation.
Je passe beaucoup de temps à militer et à évoquer mon expérience de la schizophrénie afin de lutter contre la stigmatisation dont elle pâtit. Mes interventions et mes écrits m'ont permis de constater que de nombreuses personnes ne comprennent pas ce qu’est la schizophrénie.
La stigmatisation de la schizophrénie résulte souvent d'un manque d'éducation sur le sujet. Les gens ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas, et la schizophrénie peut sembler effrayante au premier abord.
J'ai donc choisi de raconter mon histoire afin d’éveiller les consciences sur la réalité de la vie avec la schizophrénie. J’espère que mes écrits et la lecture d’autres articles sur le même sujet aideront à mieux comprendre ce trouble psychiatrique souvent méconnu et à réduire ainsi la stigmatisation dont il fait l’objet.
La stigmatisation de la schizophrénie chez les personnes récemment diagnostiquées
Avant que l’on me diagnostique une schizophrénie, je ne savais presque rien de cette maladie. Si j'avais eu les connaissances que j’ai aujourd'hui, le choc du diagnostic aurait sans doute été moins violent.
L'autostigmatisation peut constituer un défi majeur pour les personnes souffrant de schizophrénie. On y retrouve souvent la honte d'être atteint de la maladie. En ce qui me concerne, la stigmatisation sociale entourant la schizophrénie, combinée à l’autostigmatisation, m'ont empêchée de tendre la main et de demander de l'aide.
Je ressentais une profonde honte liée aux hallucinations auditives que j’entendais.
Les stéréotypes sur la schizophrénie peuvent cacher des vérités surprenantes
Stéréotype social n° 1 : « Seuls les sans-abri ont des hallucinations auditives »
L'idée ici est, je pense, que « seuls » les sans-abri ont des hallucinations auditives dues à la schizophrénie ou à d'autres troubles mentaux sévères.
Les recherches montrent que 5,5 % de la population américaine souffre d'une maladie mentale sévère, un taux qui atteint 31,4 % chez les sans-abri. La schizophrénie touche environ 1 % de la population générale, mais 20 % des sans-abri.
Malgré une prévalence plus élevée chez les sans-abri, ces derniers ne représentent qu'un faible pourcentage des personnes atteintes de schizophrénie. En effet, sur les 1 % de personnes atteintes de schizophrénie, la grande majorité ne vit pas dans la rue. Ces stéréotypes renforcent la stigmatisation des sans-abri et de la schizophrénie. Ils impliquent que les personnes atteintes de schizophrénie sont incapables de mener une vie stable et que le fait d’avoir un logement peut prévenir ou guérir la maladie.
Stéréotype social n° 2 : « Les hallucinations auditives sont toujours un signe de schizophrénie »
Les chercheurs estiment que 5 à 28 % de la population générale entend des voix ou d'autres sons sous forme d'hallucinations. Ces phénomènes peuvent avoir diverses origines, notamment des troubles liés à la perte auditive, sans lien avec la schizophrénie. 16 % des personnes souffrant de troubles de l’audition ont des hallucinations sonores.
Jusqu'à 70 % des personnes feront l’expérience d’hallucinations auditives au moins une fois dans leur vie au moment de l’endormissement ou au réveil. Il s'agit d'une forme d'hallucination courante.
Les études montrent également qu'environ 75 % des personnes atteintes de schizophrénie souffriront d’hallucinations auditives.
Dépasser la représentation de la schizophrénie dans les médias
Mythe médiatique n° 1 : Les personnes atteintes de schizophrénie sont violentes
La stigmatisation de la schizophrénie est souvent entretenue par les représentations véhiculées par la presse, la radio ou le cinéma, notamment l’idée selon laquelle les « personnes atteintes de schizophrénie commettent des actes violents ».
En réalité, la plupart des personnes atteintes de troubles psychotiques ne commettront jamais d'acte de violence. Les études montrent que moins de 10 % des crimes violents commis au sein de la société peuvent être attribués à la schizophrénie.
De fait, selon certaines études, les personnes atteintes de schizophrénie sont 14 fois plus susceptibles d'être victimes d'un crime violent que d'en être les auteurs.
La stigmatisation peut avoir un effet paralysant sur la vie d'une personne. Cela peut entraîner notamment l’isolement social, une baisse de l'estime de soi, une détérioration des relations, une réduction des opportunités en matière d'emploi et de logement, et constituer un frein majeur à la recherche de soins, ce qui allonge les délais de prise en charge.
Qu'est-ce que la schizophrénie ? Il s'agit d'un trouble psychiatrique qui affecte les pensées, les émotions et les comportements d’une personne. Certains des premiers signes d'alerte sont de voir ou d’entendre quelque chose qui n'existe pas, d’avoir parfois une pensée désorganisée (symptômes positifs), de manquer de motivation pour effectuer ses activités quotidiennes (symptômes négatifs).
Lorsque l’on décrit les symptômes de la schizophrénie, le terme « positif » n'a pas la même signification que celle que nous lui attribuons habituellement. Les symptômes positifs sont des expériences qui s'ajoutent à l’état mental normal d'une personne, comme les hallucinations ou les troubles délirants. En revanche, les symptômes négatifs sont des pertes ou diminutions de fonctions psychologiques normales d'une personne, affectant sa motivation, ses interactions sociales et l’expression de ses émotions.
Mythe médiatique n° 2 : La schizophrénie est un dédoublement de la personnalité
La schizophrénie n'est pas synonyme de dédoublement de la personnalité, de personnalités multiples ou de troubles dissociatifs.
Au contraire, une personne atteinte de schizophrénie peut avoir des difficultés à prendre des décisions, à distinguer la réalité de l'imaginaire, ou encore à exprimer et gérer des émotions normales. Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre.
Le point à retenir
La stigmatisation peut avoir un impact profond sur une personne atteinte d'une maladie, en altérant non seulement l'image qu’elle a d’elle-même mais aussi celle que la société lui renvoie.
Ainsi, pour contribuer à réduire la stigmatisation de la schizophrénie et celle associée aux maladies mentales sévères, je vous invite à vous informer et à sensibiliser votre entourage. Vous pouvez commencer par écouter des podcasts, lire des articles sur Internet ou regarder des vidéos sur YouTube. Si vous avez des enfants, vous pouvez les sensibiliser à la santé mentale dès leur plus jeune âge.
Nous sommes nombreux à nous mobiliser pour défendre les personnes atteintes de maladies mentales sévères telles que la schizophrénie. Ne laissez pas notre combat rester sans écho.
Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.
Schizophrénie : comprendre et surmonter la stigmatisation, les stéréotypes et la honte
La stigmatisation de la schizophrénie peut être l’un des aspects les plus difficiles à vivre pour les malades. Lesley McCuaig relève trois sources de stigmatisation : la honte de soi, les stéréotypes sociaux et les mythes médiatiques. Appelant à une plus grande sensibilisation aux maladies mentales sévères, elle espère que le partage de son expérience contribuera à dissiper ces idées fausses.
La schizophrénie est sans doute le trouble psychiatrique qui suscite la plus forte stigmatisation.
Je passe beaucoup de temps à militer et à évoquer mon expérience de la schizophrénie afin de lutter contre la stigmatisation dont elle pâtit. Mes interventions et mes écrits m'ont permis de constater que de nombreuses personnes ne comprennent pas ce qu’est la schizophrénie.
La stigmatisation de la schizophrénie résulte souvent d'un manque d'éducation sur le sujet. Les gens ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas, et la schizophrénie peut sembler effrayante au premier abord.
J'ai donc choisi de raconter mon histoire afin d’éveiller les consciences sur la réalité de la vie avec la schizophrénie. J’espère que mes écrits et la lecture d’autres articles sur le même sujet aideront à mieux comprendre ce trouble psychiatrique souvent méconnu et à réduire ainsi la stigmatisation dont il fait l’objet.
La stigmatisation de la schizophrénie chez les personnes récemment diagnostiquées
Avant que l’on me diagnostique une schizophrénie, je ne savais presque rien de cette maladie. Si j'avais eu les connaissances que j’ai aujourd'hui, le choc du diagnostic aurait sans doute été moins violent.
L'autostigmatisation peut constituer un défi majeur pour les personnes souffrant de schizophrénie. On y retrouve souvent la honte d'être atteint de la maladie. En ce qui me concerne, la stigmatisation sociale entourant la schizophrénie, combinée à l’autostigmatisation, m'ont empêchée de tendre la main et de demander de l'aide.
Je ressentais une profonde honte liée aux hallucinations auditives que j’entendais.
Les stéréotypes sur la schizophrénie peuvent cacher des vérités surprenantes
Stéréotype social n° 1 : « Seuls les sans-abri ont des hallucinations auditives »
L'idée ici est, je pense, que « seuls » les sans-abri ont des hallucinations auditives dues à la schizophrénie ou à d'autres troubles mentaux sévères.
Les recherches montrent que 5,5 % de la population américaine souffre d'une maladie mentale sévère, un taux qui atteint 31,4 % chez les sans-abri. La schizophrénie touche environ 1 % de la population générale, mais 20 % des sans-abri.
Malgré une prévalence plus élevée chez les sans-abri, ces derniers ne représentent qu'un faible pourcentage des personnes atteintes de schizophrénie. En effet, sur les 1 % de personnes atteintes de schizophrénie, la grande majorité ne vit pas dans la rue. Ces stéréotypes renforcent la stigmatisation des sans-abri et de la schizophrénie. Ils impliquent que les personnes atteintes de schizophrénie sont incapables de mener une vie stable et que le fait d’avoir un logement peut prévenir ou guérir la maladie.
Stéréotype social n° 2 : « Les hallucinations auditives sont toujours un signe de schizophrénie »
Les chercheurs estiment que 5 à 28 % de la population générale entend des voix ou d'autres sons sous forme d'hallucinations. Ces phénomènes peuvent avoir diverses origines, notamment des troubles liés à la perte auditive, sans lien avec la schizophrénie. 16 % des personnes souffrant de troubles de l’audition ont des hallucinations sonores.
Jusqu'à 70 % des personnes feront l’expérience d’hallucinations auditives au moins une fois dans leur vie au moment de l’endormissement ou au réveil. Il s'agit d'une forme d'hallucination courante.
Les études montrent également qu'environ 75 % des personnes atteintes de schizophrénie souffriront d’hallucinations auditives.
Dépasser la représentation de la schizophrénie dans les médias
Mythe médiatique n° 1 : Les personnes atteintes de schizophrénie sont violentes
La stigmatisation de la schizophrénie est souvent entretenue par les représentations véhiculées par la presse, la radio ou le cinéma, notamment l’idée selon laquelle les « personnes atteintes de schizophrénie commettent des actes violents ».
En réalité, la plupart des personnes atteintes de troubles psychotiques ne commettront jamais d'acte de violence. Les études montrent que moins de 10 % des crimes violents commis au sein de la société peuvent être attribués à la schizophrénie.
De fait, selon certaines études, les personnes atteintes de schizophrénie sont 14 fois plus susceptibles d'être victimes d'un crime violent que d'en être les auteurs.
La stigmatisation peut avoir un effet paralysant sur la vie d'une personne. Cela peut entraîner notamment l’isolement social, une baisse de l'estime de soi, une détérioration des relations, une réduction des opportunités en matière d'emploi et de logement, et constituer un frein majeur à la recherche de soins, ce qui allonge les délais de prise en charge.
Qu'est-ce que la schizophrénie ? Il s'agit d'un trouble psychiatrique qui affecte les pensées, les émotions et les comportements d’une personne. Certains des premiers signes d'alerte sont de voir ou d’entendre quelque chose qui n'existe pas, d’avoir parfois une pensée désorganisée (symptômes positifs), de manquer de motivation pour effectuer ses activités quotidiennes (symptômes négatifs).
Lorsque l’on décrit les symptômes de la schizophrénie, le terme « positif » n'a pas la même signification que celle que nous lui attribuons habituellement. Les symptômes positifs sont des expériences qui s'ajoutent à l’état mental normal d'une personne, comme les hallucinations ou les troubles délirants. En revanche, les symptômes négatifs sont des pertes ou diminutions de fonctions psychologiques normales d'une personne, affectant sa motivation, ses interactions sociales et l’expression de ses émotions.
Mythe médiatique n° 2 : La schizophrénie est un dédoublement de la personnalité
La schizophrénie n'est pas synonyme de dédoublement de la personnalité, de personnalités multiples ou de troubles dissociatifs.
Au contraire, une personne atteinte de schizophrénie peut avoir des difficultés à prendre des décisions, à distinguer la réalité de l'imaginaire, ou encore à exprimer et gérer des émotions normales. Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre.
Le point à retenir
La stigmatisation peut avoir un impact profond sur une personne atteinte d'une maladie, en altérant non seulement l'image qu’elle a d’elle-même mais aussi celle que la société lui renvoie.
Ainsi, pour contribuer à réduire la stigmatisation de la schizophrénie et celle associée aux maladies mentales sévères, je vous invite à vous informer et à sensibiliser votre entourage. Vous pouvez commencer par écouter des podcasts, lire des articles sur Internet ou regarder des vidéos sur YouTube. Si vous avez des enfants, vous pouvez les sensibiliser à la santé mentale dès leur plus jeune âge.
Nous sommes nombreux à nous mobiliser pour défendre les personnes atteintes de maladies mentales sévères telles que la schizophrénie. Ne laissez pas notre combat rester sans écho.
Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.
Schizophrénie : comprendre et surmonter la stigmatisation, les stéréotypes et la honte
26 mars 2026
Pénurie de quiétapine : la directrice générale du LEEM fait le point sur la situation
Christophe Gattuso, 20 mars 2026
Phénomène international qui touche particulièrement plusieurs pays d’Europe, les tensions d’approvisionnement en quiétapine, rencontrées depuis plus d’un an préoccupent l’agence européenne du médicament (EMA), qui suit de près la situation.
En France, les autorités sanitaires se mobilisent également depuis 2024 pour faire face au risque de pénurie des médicaments contenant de la quétiapine, prescrits en France dans plusieurs types de troubles psychiques durables : la schizophrénie, le trouble bipolaire et certaines dépressions.
« Des difficultés persistent pour la quétiapine 400 mg à libération prolongée et pour le Téralithe 250 mg, observait l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué, le 5 février 2026. Néanmoins, de manière générale, la situation se stabilise suite aux améliorations des derniers mois. La reconstitution progressive des stocks se poursuit pour la plupart des psychotropes. »
Lors du Congrès de l’Encéphale, le 21 janvier, Laurence Peyraut, directrice générale du LEEM, syndicat des entreprises du médicament, est revenue sur les raisons de ces tensions et a expliqué comment les laboratoires pharmaceutiques s’organisaient pour y faire face et garantir l’accès aux traitements concernés.
Une concentration de la production problématique
Les importantes difficultés d’approvisionnement qui sont allées jusqu’à des ruptures de stocks sont consécutives à un arrêt partiel de l’activité de l’usine Pharmathen International, en Grèce, qui fournit, en temps normal, 60 % de la quétiapine distribuée en France. Lié à un défaut qualité, cet arrêt a démarré en juillet 2024 et a duré plusieurs mois. Il faudra encore plusieurs mois pour reconstituer les stocks. L’EMA s’attend à ce que les difficultés persistent jusqu’au milieu de l’année 2026.
« La concentration de la production auprès d’un acteur fragilise la chaîne du médicament », analyse Laurence Peyraut. Les difficultés rencontrées par l’usine grecque Pharmathen a eu un effet « boule de neige » sur les pénuries. Les laboratoires, les pharmaciens et les médecins essaient de trouver des solutions alternatives en attendant que la situation s'améliore. « Cela reporte des situations de pénurie sur les traitements alternatifs, puisque cela augmente la demande sur un traitement. Une tension naturelle en découle », poursuit la DG du LEEM.
Une forte pression sur les prix
Les entreprises pharmaceutiques ont travaillé étroitement avec l'ANSM pour trouver des solutions palliatives le temps que la chaîne de production se remette en marche.
« Nous avons interdit les exportations, activé des mécanismes de solidarité européenne voire des mécanismes de solidarité entre les laboratoires, mis en place la dispensation à l’unité, la préparation magistrale et essayé de trouver des solutions de remplacement, indique Laurence Peyraut. Et même si ce n'est pas souhaitable, on a arrêté les procédures d'initiation en attendant que les solutions se remettent en marche. »
La psychiatrie est particulièrement exposée aux pénuries car les innovations de rupture sont extrêmement difficiles, observe par ailleurs la responsable du LEEM. « Par nature, le prix des médicaments baisse et l’innovation incrémentale, [qui consiste à faire évoluer le produit ou service sans en changer ses caractéristiques fondamentales, NDLR], n'est pas valorisée, poursuit Laurence Peyraut. C’est un problème ».
La pression très importante sur les prix dessert la France « qui a aujourd'hui les prix les plus bas en Europe, cela installe une concurrence malsaine entre les pays. »
Cette pression sur les prix entraîne une difficulté à alimenter le marché, comme on a pu le voir en période de pandémie. Le Pr Antoine Pelissolo, chef de la psychiatrie au CHU Henri-Mondor de Créteil, déplorait cette situation, il y a quelques mois, dans nos colonnes : « Etant donné que ces produits sont vendus à un prix inférieur en France, les laboratoires préfèrent les commercialiser dans des pays où les marges sont plus élevées. Cela pose un problème de souveraineté puisque nous n'avons pas de contrôle sur la situation », observait-il.
Les prix bas poussent les industriels à essayer de trouver des modes de production les plus performants possibles, ce qui a amené la France à concentrer la production de quiétapine dans l’usine Pharmathen, en Grèce.
L’enjeu d’une souveraineté sanitaire européenne
Laurence Peyraut observe par ailleurs que 80% de la recherche clinique est faite hors Europe, essentiellement aux Etats-Unis et en Asie. La prise de position très agressive de Donald Trump exprimée à Davos, pendant le congrès de l’Encéphale, ajoute à ce « problème géopolitique du médicament ». « Le sujet de la souveraineté sanitaire doit être porté par l'Europe », estime Laurence Peyraut
« Il y a urgence à recapitaliser le médicament, mais aussi le soin pour les patients », poursuit la directrice du LEEM. D’autant que les Français vieillissent - nous sommes aussi nombreux à plus de 65 ans que les moins dans 25 ans. En outre, un quart des jeunes souffriraient de symptômes dépressifs depuis les années COVID.
Face au risque de pénuries de médicaments, les industriels ont lancé en mars 2021 la plateforme TRACStocks pour optimiser l'information sur les ruptures de stocks de médicaments et les anticiper autant que possible. Les laboratoires ont également signé une charte d'engagement dans le cadre de la feuille de route pénurie avec le gouvernement pour trouver des solutions. La mise en place de stocks de sécurité votée par les parlementaires est en revanche une « fausse bonne idée » selon Laurence Peyraut.
« Il est logique de vouloir mobiliser des stocks, notamment si demain, nous avons de nouveau des conflits armés sur le territoire. Mais vouloir faire des stocks de sécurité, c’est avoir du stock partout et des produits nulle part ! Aucune étude n'a démontré que cela règle les problèmes. » En dépit de ce programme volontariste, « six antipsychotiques de dernière génération sont disponibles dans d'autres pays européens et pas en France », déplore Laurence Peyraut.
Devant le parterre de psychiatres réunis au congrès de l’encéphale, la DG du LEEM a affirmé qu’il fallait « absolument revaloriser la psychiatrie en France et accélérer la recherche fondamentale pour trouver des solutions ». « Il faut continuer à investir, reconnaître la valeur de l'innovation même incrémentale, et tout faire pour redonner accès à l'innovation en France », a-t-elle conclu.
Pénurie de quiétapine : le point sur la situation
Phénomène international qui touche particulièrement plusieurs pays d’Europe, les tensions d’approvisionnement en quiétapine, rencontrées depuis plus d’un an préoccupent l’agence européenne du médicament (EMA), qui suit de près la situation.
En France, les autorités sanitaires se mobilisent également depuis 2024 pour faire face au risque de pénurie des médicaments contenant de la quétiapine, prescrits en France dans plusieurs types de troubles psychiques durables : la schizophrénie, le trouble bipolaire et certaines dépressions.
« Des difficultés persistent pour la quétiapine 400 mg à libération prolongée et pour le Téralithe 250 mg, observait l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué, le 5 février 2026. Néanmoins, de manière générale, la situation se stabilise suite aux améliorations des derniers mois. La reconstitution progressive des stocks se poursuit pour la plupart des psychotropes. »
Lors du Congrès de l’Encéphale, le 21 janvier, Laurence Peyraut, directrice générale du LEEM, syndicat des entreprises du médicament, est revenue sur les raisons de ces tensions et a expliqué comment les laboratoires pharmaceutiques s’organisaient pour y faire face et garantir l’accès aux traitements concernés.
Une concentration de la production problématique
Les importantes difficultés d’approvisionnement qui sont allées jusqu’à des ruptures de stocks sont consécutives à un arrêt partiel de l’activité de l’usine Pharmathen International, en Grèce, qui fournit, en temps normal, 60 % de la quétiapine distribuée en France. Lié à un défaut qualité, cet arrêt a démarré en juillet 2024 et a duré plusieurs mois. Il faudra encore plusieurs mois pour reconstituer les stocks. L’EMA s’attend à ce que les difficultés persistent jusqu’au milieu de l’année 2026.
« La concentration de la production auprès d’un acteur fragilise la chaîne du médicament », analyse Laurence Peyraut. Les difficultés rencontrées par l’usine grecque Pharmathen a eu un effet « boule de neige » sur les pénuries. Les laboratoires, les pharmaciens et les médecins essaient de trouver des solutions alternatives en attendant que la situation s'améliore. « Cela reporte des situations de pénurie sur les traitements alternatifs, puisque cela augmente la demande sur un traitement. Une tension naturelle en découle », poursuit la DG du LEEM.
Une forte pression sur les prix
Les entreprises pharmaceutiques ont travaillé étroitement avec l'ANSM pour trouver des solutions palliatives le temps que la chaîne de production se remette en marche.
« Nous avons interdit les exportations, activé des mécanismes de solidarité européenne voire des mécanismes de solidarité entre les laboratoires, mis en place la dispensation à l’unité, la préparation magistrale et essayé de trouver des solutions de remplacement, indique Laurence Peyraut. Et même si ce n'est pas souhaitable, on a arrêté les procédures d'initiation en attendant que les solutions se remettent en marche. »
La psychiatrie est particulièrement exposée aux pénuries car les innovations de rupture sont extrêmement difficiles, observe par ailleurs la responsable du LEEM. « Par nature, le prix des médicaments baisse et l’innovation incrémentale, [qui consiste à faire évoluer le produit ou service sans en changer ses caractéristiques fondamentales, NDLR], n'est pas valorisée, poursuit Laurence Peyraut. C’est un problème ».
La pression très importante sur les prix dessert la France « qui a aujourd'hui les prix les plus bas en Europe, cela installe une concurrence malsaine entre les pays. »
Cette pression sur les prix entraîne une difficulté à alimenter le marché, comme on a pu le voir en période de pandémie. Le Pr Antoine Pelissolo, chef de la psychiatrie au CHU Henri-Mondor de Créteil, déplorait cette situation, il y a quelques mois, dans nos colonnes : « Etant donné que ces produits sont vendus à un prix inférieur en France, les laboratoires préfèrent les commercialiser dans des pays où les marges sont plus élevées. Cela pose un problème de souveraineté puisque nous n'avons pas de contrôle sur la situation », observait-il.
Les prix bas poussent les industriels à essayer de trouver des modes de production les plus performants possibles, ce qui a amené la France à concentrer la production de quiétapine dans l’usine Pharmathen, en Grèce.
L’enjeu d’une souveraineté sanitaire européenne
Laurence Peyraut observe par ailleurs que 80% de la recherche clinique est faite hors Europe, essentiellement aux Etats-Unis et en Asie. La prise de position très agressive de Donald Trump exprimée à Davos, pendant le congrès de l’Encéphale, ajoute à ce « problème géopolitique du médicament ». « Le sujet de la souveraineté sanitaire doit être porté par l'Europe », estime Laurence Peyraut
« Il y a urgence à recapitaliser le médicament, mais aussi le soin pour les patients », poursuit la directrice du LEEM. D’autant que les Français vieillissent - nous sommes aussi nombreux à plus de 65 ans que les moins dans 25 ans. En outre, un quart des jeunes souffriraient de symptômes dépressifs depuis les années COVID.
Face au risque de pénuries de médicaments, les industriels ont lancé en mars 2021 la plateforme TRACStocks pour optimiser l'information sur les ruptures de stocks de médicaments et les anticiper autant que possible. Les laboratoires ont également signé une charte d'engagement dans le cadre de la feuille de route pénurie avec le gouvernement pour trouver des solutions. La mise en place de stocks de sécurité votée par les parlementaires est en revanche une « fausse bonne idée » selon Laurence Peyraut.
« Il est logique de vouloir mobiliser des stocks, notamment si demain, nous avons de nouveau des conflits armés sur le territoire. Mais vouloir faire des stocks de sécurité, c’est avoir du stock partout et des produits nulle part ! Aucune étude n'a démontré que cela règle les problèmes. » En dépit de ce programme volontariste, « six antipsychotiques de dernière génération sont disponibles dans d'autres pays européens et pas en France », déplore Laurence Peyraut.
Devant le parterre de psychiatres réunis au congrès de l’encéphale, la DG du LEEM a affirmé qu’il fallait « absolument revaloriser la psychiatrie en France et accélérer la recherche fondamentale pour trouver des solutions ». « Il faut continuer à investir, reconnaître la valeur de l'innovation même incrémentale, et tout faire pour redonner accès à l'innovation en France », a-t-elle conclu.
Pénurie de quiétapine : le point sur la situation
25 mars 2026
Combien coûte la schizophrénie en France ?
À l'occasion des Journées mondiales de la Schizophrénie, qui se déroulées jusqu'au 21 mars, Asterès publie son étude portant sur le coût de la Schizophrénie en France, réalisée par Maëva Robart.
Asterès estime que le coût total de la Schizophrénie s’élève à 6,4 Mds€ (milliards) par an, se distinguant par un profil de coût atypique où le volet socio-économique (4,8 Mds€) surpasse largement le coût médical (1,6 Md€).
Asterès estime que le coût total de la Schizophrénie s’élève à 6,4 Mds€ (milliards) par an, se distinguant par un profil de coût atypique où le volet socio-économique (4,8 Mds€) surpasse largement le coût médical (1,6 Md€).
23 mars 2026
Schizophrénie et trouble bipolaire I : la FDA valide la milsapéridone (Bysanti)
Stéphanie Lavaud, 19 mars 2026
Les autorités américaines de régulation du médicament ont validé la milsapéridone (Bysanti), un traitement de première intention pour le traitement aigu des épisodes maniaques ou mixtes associés au trouble bipolaire I, également indiqué pour le traitement de la schizophrénie chez les adultes, a annoncé Vanda Pharmaceuticals dans un communiqué[1].
Bioéquivalence avec l’ilopéridone
La milsapéridone appartient à la classe des antipsychotiques atypiques. Cette nouvelle entité chimique se transforme rapidement en ilopéridone, fournissant ainsi deux molécules actives qui agissent en tandem en antagonisant les récepteurs D2 de la dopamine, 5-HT2A de la sérotonine et alpha1-adrénergiques afin de moduler les voies clés dans ces troubles. Son profil de sécurité correspond étroitement à celui établi pour l'ilopéridone.
De fait, l'autorisation de mise sur le marché délivrée par la FDA s'appuie sur des études cliniques qui ont démontré que la milsapéridone agissait de la même manière que l'ilopéridone, un antipsychotique atypique déjà étudié et autorisé. Ces études ont montré que Bysanti était bioéquivalent à l'ilopéridone sur toute la gamme posologique. Les études de bioéquivalence ont également confirmé que Bysanti est absorbé et utilisé par l'organisme de la même manière que l'ilopéridone, dont le profil de sécurité est étayé par les données issues d'essais menés auprès de milliers de personnes et de plus de 100 000 années-patients d'utilisation dans le monde réel.
Dans les études sur la schizophrénie, les effets secondaires les plus courants étaient les suivants : vertiges, bouche sèche, fatigue, nez bouché, somnolence, accélération du rythme cardiaque, hypotension artérielle en position debout (hypotension orthostatique) et prise de poids [2].
Dans les études sur la manie bipolaire, les effets secondaires courants comprenaient une accélération du rythme cardiaque, des vertiges, une bouche sèche, une augmentation des taux d'enzymes hépatiques dans les analyses sanguines, un nez bouché, une prise de poids, une hypotension artérielle et une somnolence.
À l’étude dans le trouble dépressif majeur résistant au traitement.
Les autorités américaines de régulation du médicament ont validé la milsapéridone (Bysanti), un traitement de première intention pour le traitement aigu des épisodes maniaques ou mixtes associés au trouble bipolaire I, également indiqué pour le traitement de la schizophrénie chez les adultes, a annoncé Vanda Pharmaceuticals dans un communiqué[1].
Bioéquivalence avec l’ilopéridone
La milsapéridone appartient à la classe des antipsychotiques atypiques. Cette nouvelle entité chimique se transforme rapidement en ilopéridone, fournissant ainsi deux molécules actives qui agissent en tandem en antagonisant les récepteurs D2 de la dopamine, 5-HT2A de la sérotonine et alpha1-adrénergiques afin de moduler les voies clés dans ces troubles. Son profil de sécurité correspond étroitement à celui établi pour l'ilopéridone.
De fait, l'autorisation de mise sur le marché délivrée par la FDA s'appuie sur des études cliniques qui ont démontré que la milsapéridone agissait de la même manière que l'ilopéridone, un antipsychotique atypique déjà étudié et autorisé. Ces études ont montré que Bysanti était bioéquivalent à l'ilopéridone sur toute la gamme posologique. Les études de bioéquivalence ont également confirmé que Bysanti est absorbé et utilisé par l'organisme de la même manière que l'ilopéridone, dont le profil de sécurité est étayé par les données issues d'essais menés auprès de milliers de personnes et de plus de 100 000 années-patients d'utilisation dans le monde réel.
Dans les études sur la schizophrénie, les effets secondaires les plus courants étaient les suivants : vertiges, bouche sèche, fatigue, nez bouché, somnolence, accélération du rythme cardiaque, hypotension artérielle en position debout (hypotension orthostatique) et prise de poids [2].
Dans les études sur la manie bipolaire, les effets secondaires courants comprenaient une accélération du rythme cardiaque, des vertiges, une bouche sèche, une augmentation des taux d'enzymes hépatiques dans les analyses sanguines, un nez bouché, une prise de poids, une hypotension artérielle et une somnolence.
À l’étude dans le trouble dépressif majeur résistant au traitement.
20 mars 2026
Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie
Des travaux récents explorent comment certaines signatures génétiques du placenta, influencées par l’environnement prénatal comme l’exposition au THC, pourraient moduler la vulnérabilité psychiatrique ultérieure. Ces données interrogent la prévention dès la grossesse et ouvrent la voie à un repérage biologique précoce des trajectoires à risque.
La schizophrénie apparaît souvent à l’adolescence, après des années de développement cérébral silencieux. Les chercheurs cherchent désormais ses origines bien avant les premiers symptômes. Des travaux récents déplacent le regard vers la période prénatale.Ils interrogent le rôle du placenta, organe clé des échanges entrela mère et le fœtus.
Une équipe de la Western University et du Children’sHospital of Eastern Ontario a publié dans Biology of Reproduction* desrésultats sur l’exposition prénatale au THC. Ces travaux examinentcomment certaines signatures génétiques placentaires pourraientsignaler un risque accru de schizophrénie. Cette piste reliefacteurs environnementaux, expression des gènes et vulnérabilitépsychiatrique future, dès la naissance.
*Identifying established human placental markers of schizophrenia in rodents after gestational ∆9-tetrahydrocannabinol exposure† | Biology of Reproduction | Oxford Academic
Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie - Science et vie
La schizophrénie apparaît souvent à l’adolescence, après des années de développement cérébral silencieux. Les chercheurs cherchent désormais ses origines bien avant les premiers symptômes. Des travaux récents déplacent le regard vers la période prénatale.Ils interrogent le rôle du placenta, organe clé des échanges entrela mère et le fœtus.
Une équipe de la Western University et du Children’sHospital of Eastern Ontario a publié dans Biology of Reproduction* desrésultats sur l’exposition prénatale au THC. Ces travaux examinentcomment certaines signatures génétiques placentaires pourraientsignaler un risque accru de schizophrénie. Cette piste reliefacteurs environnementaux, expression des gènes et vulnérabilitépsychiatrique future, dès la naissance.
*Identifying established human placental markers of schizophrenia in rodents after gestational ∆9-tetrahydrocannabinol exposure† | Biology of Reproduction | Oxford Academic
Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie - Science et vie
14 mars 2026
[14 mars] : Ouverture de la 23° semaine de la schizophrénie
Le site de la campagne d'information (toutes les infos, toutes les manifestations, tout le programme) :
https://onsefaitconfiance.com/
Le clip vidéo à voir absolument !!! (45sec)
https://www.youtube.com/watch?v=baERFV7UMVo
Les petits pin's verts !
Ces pin’s gratuits, accompagnés d’une carte expliquant leur sens et leur usage, peuvent être retirés à l’Unafam, 34 route de la Fédération, 67100-STRASBOURG
10 mars 2026
L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée
Par Hugo Jalinière
Une hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix.
Symptôme psychotique majeur de la schizophrénie, les hallucinations auditives verbales seraient bien le résultat d'une perception erronée des malades de leur propre discours intérieur.
Cette hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude en s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix. Des résultats obtenus par l'Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, située en Australie, et publiés dans la revue Psychological Medecine*
*Momentary dynamics of inner speech varieties, auditory verbal hallucinations, and affect in schizophrenia spectrum disorders: an experience sampling study | Psychological Medicine | Cambridge Core
L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée
Une hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix.
Symptôme psychotique majeur de la schizophrénie, les hallucinations auditives verbales seraient bien le résultat d'une perception erronée des malades de leur propre discours intérieur.
Cette hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude en s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix. Des résultats obtenus par l'Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, située en Australie, et publiés dans la revue Psychological Medecine*
*Momentary dynamics of inner speech varieties, auditory verbal hallucinations, and affect in schizophrenia spectrum disorders: an experience sampling study | Psychological Medicine | Cambridge Core
L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée
09 mars 2026
Les Journées de la Schizophrénie sont de retour du 14 au 21 mars !
Professionnels du soin ou du social, étudiants, proches ou experts de vécu, c'est notre rendez-vous annuel !
En 2026, nous avons choisi d'aborder le dévoilement.
En 2026, nous avons choisi d'aborder le dévoilement.
Entre l'opportunité et le risque de confier aux autres un "secret".
Comme chaque année, vous pourrez compter sur :
- de nombreux événements en ligne,
- des événements physiques,
- une campagne grand public,
- des interventions dans les médias.
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- une campagne grand public,
- des interventions dans les médias.
01 mars 2026
Schizophrénie débutante : vers un traitement plus précoce et plus intensif
Alors que la Haute autorité de santé (HAS) prépare de nouvelles recommandations sur la prise en charge de la schizophrénie, une session organisée lors du congrès de l’Encéphale a mis en avant des potentielles évolutions. Au cours de sa présentation, la Pre Delphine Capdevielle (CHU de Montpellier) a rappelé l’importance d’une prise en charge « rapide, intensive et adaptée » dans les mois qui suivent un premier épisode psychotique.
Le délai des six semaines habituellement appliqué pour évaluer l’efficacité et les effets secondaires d’un premier traitement par antipsychotique « pourrait être abaissé à quatre semaines » afin d’envisager plus rapidement une augmentation des doses, suggère la psychiatre. « Aller lentement dans l’initiation du traitement peut représenter une perte de temps pour le patient. »
Concernant les antipsychotiques injectables à longue durée d’action de deuxième génération, notamment les agonistes partiels des récepteurs dopaminergiques D2, « ils doivent pouvoir être proposés rapidement », afin d’améliorer l’acceptation du traitement et la qualité de vie des patients, a ajouté la spécialiste.
Une utilisation en deuxième intention de la clozapine pourrait également être mise en avant, des données récentes ayant mis en évidence un risque de rechute réduit et une amélioration de l’espérance de vie associés à un traitement plus précoce par ce puissant antipsychotique.
Les recommandations de 2025 de l’International College of Neuropsychopharmacology (CINP) préconisent un recours plus rapide à la clozapine, mais toujours après échec de deux antipsychotiques.
.../...
26 février 2026
Schizophrénie : comment l’inflammation et le métabolisme influencent la résistance aux traitements
Publié le 27 janvier 2026
Kaori Saitoh, chercheuse en psychiatrie à l’IMRB Neuropsychiatrie translationnelle (UPEC, Inserm U955), au FHU ADAPT (UPEC, AP-HP) et à la Fondation FondaMental
La schizophrénie est une maladie mentale qui touche environ 1 % de la population au cours de la vie. Pour 20 à 30 % des patients, les traitements antipsychotiques standards ne sont pas efficaces, conduisant à une forme résistante appelée schizophrénie résistante au traitement (TRS), pour laquelle la clozapine demeure l’option thérapeutique de référence.
L’identification précoce de la TRS est essentielle mais reste difficile. Des études antérieures ont montré que les personnes atteintes de schizophrénie présentent souvent des signes d’inflammation chronique de faible intensité et un syndrome métabolique (caractérisé par une obésité, des troubles de la glycémie, des dyslipidémies et de l’hypertension artérielle). Ces deux affections, souvent interconnectées, pourraient jouer un rôle important dans la réponse au traitement.
Dans notre étude portant sur 419 patients en France, nous avons mesuré des marqueurs sanguins d’inflammation et évalué la présence d’un syndrome métabolique, puis examiné leur association avec le besoin de recourir à la clozapine.
Nous avons observé que les individus présentant une inflammation étaient plus susceptibles d’être résistants au traitement, et que ce risque était encore plus marqué chez les personnes présentant à la fois une inflammation et un syndrome métabolique. Par ailleurs, l’inflammation et le syndrome métabolique étaient tous deux significativement associés à la schizophrénie ultra-résistante, même en comparaison avec des patients répondant aux antipsychotiques standards ou à la clozapine.
Ces résultats suggèrent que l’inflammation et les troubles métaboliques pourraient constituer des indicateurs pertinents d’une mauvaise réponse au traitement. Comme ces paramètres peuvent être détectés par des analyses sanguines et potentiellement améliorés par des changements de mode de vie, ils offrent une opportunité d’intervention précoce afin d’optimiser la prise en charge. Toutefois, notre étude reposant sur des données recueillies à un seul moment, il n’a pas été possible d’établir un lien de causalité entre ces facteurs et la TRS.
L’évaluation de l’inflammation et du syndrome métabolique pourrait aider les cliniciens à identifier plus tôt les patients à haut risque et à concevoir des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Des recherches longitudinales supplémentaires seront toutefois nécessaires pour confirmer ces observations et développer des marqueurs d’inflammation réellement exploitables en pratique clinique.
Lire l'article
Actualités | Fondation FondaMental
Kaori Saitoh, chercheuse en psychiatrie à l’IMRB Neuropsychiatrie translationnelle (UPEC, Inserm U955), au FHU ADAPT (UPEC, AP-HP) et à la Fondation FondaMental
La schizophrénie est une maladie mentale qui touche environ 1 % de la population au cours de la vie. Pour 20 à 30 % des patients, les traitements antipsychotiques standards ne sont pas efficaces, conduisant à une forme résistante appelée schizophrénie résistante au traitement (TRS), pour laquelle la clozapine demeure l’option thérapeutique de référence.
L’identification précoce de la TRS est essentielle mais reste difficile. Des études antérieures ont montré que les personnes atteintes de schizophrénie présentent souvent des signes d’inflammation chronique de faible intensité et un syndrome métabolique (caractérisé par une obésité, des troubles de la glycémie, des dyslipidémies et de l’hypertension artérielle). Ces deux affections, souvent interconnectées, pourraient jouer un rôle important dans la réponse au traitement.
Dans notre étude portant sur 419 patients en France, nous avons mesuré des marqueurs sanguins d’inflammation et évalué la présence d’un syndrome métabolique, puis examiné leur association avec le besoin de recourir à la clozapine.
Nous avons observé que les individus présentant une inflammation étaient plus susceptibles d’être résistants au traitement, et que ce risque était encore plus marqué chez les personnes présentant à la fois une inflammation et un syndrome métabolique. Par ailleurs, l’inflammation et le syndrome métabolique étaient tous deux significativement associés à la schizophrénie ultra-résistante, même en comparaison avec des patients répondant aux antipsychotiques standards ou à la clozapine.
Ces résultats suggèrent que l’inflammation et les troubles métaboliques pourraient constituer des indicateurs pertinents d’une mauvaise réponse au traitement. Comme ces paramètres peuvent être détectés par des analyses sanguines et potentiellement améliorés par des changements de mode de vie, ils offrent une opportunité d’intervention précoce afin d’optimiser la prise en charge. Toutefois, notre étude reposant sur des données recueillies à un seul moment, il n’a pas été possible d’établir un lien de causalité entre ces facteurs et la TRS.
L’évaluation de l’inflammation et du syndrome métabolique pourrait aider les cliniciens à identifier plus tôt les patients à haut risque et à concevoir des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Des recherches longitudinales supplémentaires seront toutefois nécessaires pour confirmer ces observations et développer des marqueurs d’inflammation réellement exploitables en pratique clinique.
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Actualités | Fondation FondaMental
24 février 2026
Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?
Dr Dominique-Jean Bouilliez | 09 Février 2026
Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la schizophrénie font l’objet d’une révision approfondie. L’objectif est double : intégrer les dernières avancées scientifiques et adapter ces recommandations au contexte clinique contemporain, notamment au système de soins en santé mentale. Dans ce cadre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a initié un travail ciblé sur les premiers épisodes psychotiques, les personnes à risque d’évolution vers une psychose et les diagnostics et évaluations pré-thérapeutiques, avant d’aborder la prise en charge médicamenteuse (1). Comme l’a soulevé Pr Dondé Coquelet (Grenoble) lors du congrès de l’Encéphale (2), ce processus soulève des questions cruciales, notamment sur la place des biomarqueurs dans la stratification des patients et la personnalisation des soins.
Une pathologie hétérogène rendant difficile l’identification de marqueurs universels
La schizophrénie est une pathologie complexe, impliquant des dysfonctionnements dans de multiples systèmes. Pourtant, le diagnostic en pratique clinique reste catégoriel, ce qui met en lumière le besoin urgent d’une psychiatrie de précision. Les biomarqueurs suscitent un intérêt croissant dans ce contexte et leur potentiel est vaste, notamment pour : préciser le risque évolutif après un premier épisode psychotique ; affiner le diagnostic, y compris dans les formes larvaires ou atypiques ; identifier des sous-types cliniques et/ou des cibles thérapeutiques ; prédire le pronostic et la réponse aux traitements ainsi que la tolérance à ces derniers.
Bien que de nombreux marqueurs aient été étudiés (syndrome infectieux, estrogènes, délétion 22q11.2, etc.), aucun n’a encore démontré une efficacité clinique validée ou une applicabilité généralisée. En effet, pour qu’un biomarqueur soit cliniquement utile, il doit répondre à des critères stricts : sensibilité et spécificité élevées, reproductibilité, mesurabilité aisée et ubiquitaire, association à un mécanisme biologique précis et capacité à fournir une information quantitative. Or, la schizophrénie est une maladie hétérogène, ce qui rend difficile l’identification de marqueurs universels. Pour surmonter cette hétérogénéité, il est essentiel : de constituer des bases de données larges pour séparer les sous-groupes, d’analyser longitudinalement les données, car les réponses évoluent avec la maladie, et de multiplier les biomarqueurs pour affiner la précision diagnostique et pronostique.
De quelques avancées récentes et pistes prometteuses
Lors de son allocution, Pr Dondé Coquelet a présenté quelques avancées prometteuses dans ce domaine, notamment plusieurs études et cohortes, comme TONE-P (1 000 sujets évalués avec des questionnaires prépsychotiques tels que le PQ16 et le PCA) ont permis d’identifier l’anxiété sociale comme critère le plus discriminant pour évaluer le haut risque de psychose. Un autre marqueur d’intérêt pourrait être la réduction de l’amplitude de la négativité de discordance (mismatch negativity ou MMN), une réponse électrique du cerveau provoquée par n’importe quel changement dans un son ou motif sonore à partir du moment où la mémoire garde la trace des précédents stimuli, qui prédit un risque accru de conversion vers un premier épisode psychotique et une résistance médicamenteuse. On sait aussi que le cumul de biomarqueurs (EEG, IRM, IL-16) améliore la robustesse du pronostic de transition psychotique, tandis que des études récentes ont montré que les tests auditifs qui distinguent des sous-groupes de patients schizophrènes avec ou sans déficit auditif ont permis de constater que le premier groupe avait un pronostic plus sévère (plus de troubles cognitifs, plus d’impact fonctionnel, plus de décrochage scolaire) que les sujets sans déficit.
Malgré des avancées encourageantes dans ce domaine, et avant d’envisager une révision des recommandations, il est crucial d’accepter la réalité physiopathologique plurielle de la schizophrénie, de maintenir un regard critique sur la précision individuelle par rapport aux données groupales et de poursuivre les efforts de traduction des avancées scientifiques en pratique clinique, conclut le Pr Dondé Coquelet.
Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la schizophrénie font l’objet d’une révision approfondie. L’objectif est double : intégrer les dernières avancées scientifiques et adapter ces recommandations au contexte clinique contemporain, notamment au système de soins en santé mentale. Dans ce cadre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a initié un travail ciblé sur les premiers épisodes psychotiques, les personnes à risque d’évolution vers une psychose et les diagnostics et évaluations pré-thérapeutiques, avant d’aborder la prise en charge médicamenteuse (1). Comme l’a soulevé Pr Dondé Coquelet (Grenoble) lors du congrès de l’Encéphale (2), ce processus soulève des questions cruciales, notamment sur la place des biomarqueurs dans la stratification des patients et la personnalisation des soins.
Une pathologie hétérogène rendant difficile l’identification de marqueurs universels
La schizophrénie est une pathologie complexe, impliquant des dysfonctionnements dans de multiples systèmes. Pourtant, le diagnostic en pratique clinique reste catégoriel, ce qui met en lumière le besoin urgent d’une psychiatrie de précision. Les biomarqueurs suscitent un intérêt croissant dans ce contexte et leur potentiel est vaste, notamment pour : préciser le risque évolutif après un premier épisode psychotique ; affiner le diagnostic, y compris dans les formes larvaires ou atypiques ; identifier des sous-types cliniques et/ou des cibles thérapeutiques ; prédire le pronostic et la réponse aux traitements ainsi que la tolérance à ces derniers.
Bien que de nombreux marqueurs aient été étudiés (syndrome infectieux, estrogènes, délétion 22q11.2, etc.), aucun n’a encore démontré une efficacité clinique validée ou une applicabilité généralisée. En effet, pour qu’un biomarqueur soit cliniquement utile, il doit répondre à des critères stricts : sensibilité et spécificité élevées, reproductibilité, mesurabilité aisée et ubiquitaire, association à un mécanisme biologique précis et capacité à fournir une information quantitative. Or, la schizophrénie est une maladie hétérogène, ce qui rend difficile l’identification de marqueurs universels. Pour surmonter cette hétérogénéité, il est essentiel : de constituer des bases de données larges pour séparer les sous-groupes, d’analyser longitudinalement les données, car les réponses évoluent avec la maladie, et de multiplier les biomarqueurs pour affiner la précision diagnostique et pronostique.
De quelques avancées récentes et pistes prometteuses
Lors de son allocution, Pr Dondé Coquelet a présenté quelques avancées prometteuses dans ce domaine, notamment plusieurs études et cohortes, comme TONE-P (1 000 sujets évalués avec des questionnaires prépsychotiques tels que le PQ16 et le PCA) ont permis d’identifier l’anxiété sociale comme critère le plus discriminant pour évaluer le haut risque de psychose. Un autre marqueur d’intérêt pourrait être la réduction de l’amplitude de la négativité de discordance (mismatch negativity ou MMN), une réponse électrique du cerveau provoquée par n’importe quel changement dans un son ou motif sonore à partir du moment où la mémoire garde la trace des précédents stimuli, qui prédit un risque accru de conversion vers un premier épisode psychotique et une résistance médicamenteuse. On sait aussi que le cumul de biomarqueurs (EEG, IRM, IL-16) améliore la robustesse du pronostic de transition psychotique, tandis que des études récentes ont montré que les tests auditifs qui distinguent des sous-groupes de patients schizophrènes avec ou sans déficit auditif ont permis de constater que le premier groupe avait un pronostic plus sévère (plus de troubles cognitifs, plus d’impact fonctionnel, plus de décrochage scolaire) que les sujets sans déficit.
Malgré des avancées encourageantes dans ce domaine, et avant d’envisager une révision des recommandations, il est crucial d’accepter la réalité physiopathologique plurielle de la schizophrénie, de maintenir un regard critique sur la précision individuelle par rapport aux données groupales et de poursuivre les efforts de traduction des avancées scientifiques en pratique clinique, conclut le Pr Dondé Coquelet.
Références
Haute Autorité de Santé. Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage. Juillet 2025.
Dondé Coquelet C. Le futur de la schizophrénie : vers une psychiatrie de précision ? L’encéphale. Du 21 au 23 janvier 2026 (Paris)
Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?
Haute Autorité de Santé. Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage. Juillet 2025.
Dondé Coquelet C. Le futur de la schizophrénie : vers une psychiatrie de précision ? L’encéphale. Du 21 au 23 janvier 2026 (Paris)
Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?
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