Référence : Le Point 15 mai 2025 n°2755
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22 mai 2025
PSYKONOS : un test sanguin contre l'errance thérapeutique
Référence : Le Point 15 mai 2025 n°2755
05 janvier 2025
Dépister des troubles psychotiques avec un test de la vision ?
L'étude suggère que les symptômes de schizophrénie, souvent liés aux interactions sociales, pourraient provenir d'erreurs dans l'échantillonnage visuel. Très peu de personnes atteintes de cécité congénitale développent une schizophrénie, ce qui renforce cette hypothèse.
Ces travaux ouvrent la voie à des tests visuels simples pour évaluer le risque de psychose et inspirer de nouveaux traitements.
Et si un simple test de perception visuelle pouvait détecter des troubles mentaux complexes ? Des chercheurs de l’école de médecine de Yale, aux Etats-Unis, ont mené une étude inédite sur la manière dont les individus perçoivent une interaction sociale simulée à l’aide de points mouvants. Leurs travaux, publiés dans la revue Communications Psychology, mettent en lumière le lien entre perception visuelle, pensée paranoïaque et schizophrénie.
Décrypter les erreurs de perception visuelle
Les participants à l’étude étaient invités à observer des points se déplaçant sur un écran et à déterminer si l’un des points en poursuivait un autre. Ceux qui avaient des tendances paranoïaques ou une pensée téléologique (qui attribue une intention excessive aux événements) identifiaient plus fréquemment une poursuite inexistante, souvent avec confiance. Ces schémas de pensée, bien que différents, partagent un point commun : la mauvaise attribution des intentions.
D’après les scientifiques, ces résultats sont pertinents car ils montrent que des comportements complexes, habituellement perçus comme étant d’ordre supérieur, peuvent être détectés à un niveau basique dans le cerveau, au sein de la vision.
Lorsqu’on demandait aux participants d’identifier quel point poursuivait l’autre, les différences entre paranoïa et téléologie devenaient évidentes. Ceux ayant une forte tendance à la paranoïa avaient du mal à déterminer quel point était poursuivi, tandis que les penseurs téléologiques peinaient à identifier le point poursuivant. Ces divergences soulignent que ces schémas de pensée sont distincts, avec des implications potentielles pour le diagnostic et le traitement.
18 décembre 2024
Troubles bipolaires : faut-il croire aux tests sanguins ?
« C'est l'avenir. Ça change complètement la donne. » Président de l'association Bipolarité France, Renaud Maigne exprime l'immense espoir qu'a fait naître chez les patients bipolaires – ils sont 1,6 million en France – la mise sur le marché, au printemps dernier, des premiers tests sanguins pour détecter la bipolarité. « Je suis moi-même patient bipolaire. Mes premiers symptômes ont eu lieu à 20 ans et je n'ai été diagnostiqué qu'à 36 ans. » C'est tout l'enjeu et la promesse de ces nouveaux tests : « Le trouble bipolaire commence souvent par un épisode dépressif », explique Émilie Olié, psychiatre au CHU de Montpellier. « Il faut en moyenne huit ans avant que le bon diagnostic soit correctement posé et que le traitement adapté soit prescrit. » Avec, dans l'intervalle, de longues années de souffrances pour les patients et leurs proches. Et parfois des suicides.
Diagnostiquer la bipolarité rapidement, par un simple test sanguin, serait donc une avancée sans précédent. C'est la promesse du premier test lancé en avril dernier sur le marché français, avec une opération de communication bien huilée, par la société Alcediag. Le principe : il mesure les modifications d'édition d'ARN de marqueurs spécifiques dans le sang des patients. Alcediag promet une fiabilité « supérieure à 80 % » pour son test myEdit-B, vendu en France au prix de 900 euros, et non remboursé.
Un avis négatif de la Haute Autorité de santé
Un prix « hyperexcessif pour les patients », regrette Renaud Maigne. « Alors que ce serait un outil très pertinent pour des gens de 20 ans qui sont dans le déni. » Encore faut-il que le test soit fiable. Or la Haute Autorité de santé a publié un avis négatif, en mai. La HAS a refusé d'accorder le forfait innovation – une avance sur la prise en charge – au test d'Alcediag au motif que « les données disponibles à son sujet ne permettent pas de justifier d'un service attendu suffisant ».
Elle reproche à la société de ne lui avoir présenté qu'une seule étude clinique, ainsi que le manque de données sur l'algorithme utilisé et les changements de cet algorithme. « On s'est peut-être un peu précipités », concède la dirigeante d'Alcediag, Alexandra Prieux. « Nous avions déjà le soutien de France 2030. On a choisi de faire cette demande de forfait innovation en quelques mois pour une question de timing. À ce moment-là, nous n'avions pas publié notre second article, qui l'a été quelques semaines plus tard. »
« Le problème, relève Boris Chaumette, docteur en psychiatrie et neurosciences, psychiatre au GHU Paris et chercheur à l'Inserm, c'est que l'enjeu d'un second article, c'est de répliquer. Or les auteurs ont changé les biomarqueurs entre les deux papiers. Si vous changez le test, vous changez la méthode. » « Il faut être certain que l'algorithme ne soit pas modifié », abonde Sylvain Lehmann, directeur de l'Institut des neurosciences de Montpellier, qui a validé des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer permettant la mise au point de tests sanguins.
« Le test sur le marché utilise des biomarqueurs qui ont été publiés », rétorque Alexandra Prieux. « Avec un algorithme extrêmement précis que, certes, nous n'avons pas divulgué pour des questions de propriété intellectuelle mais qui est tout à fait documenté dans nos dossiers réglementaires. »
« À ce jour, aucun test ne remplit les conditions »
Pour Sylvain Lehmann, « quand une société veut vendre directement ces tests au consommateur, ce n'est pas bon signe ». Boris Chaumette dit avoir « l'impression qu'ils ont commercialisé un peu vite leur test et qu'ils se disent “les patients vont payer la recherche et on verra bien avec les données qu'on accumulera si on arrive à les classer” ». « La recherche scientifique coûte beaucoup plus cher que cela », balaie la présidente d'Alcediag, qui défend le sérieux de ses études.
Deux autres sont en cours : l'une auprès de 418 patients, en France, en Espagne et au Danemark ; la seconde, pilotée par la psychiatre Chantal Henry, en France, pour demander un remboursement du test. Lequel est pour l'instant peu utilisé par les psychiatres. « Les patients l'ont beaucoup demandé au début, quand on en a parlé dans les médias, et puis c'est retombé », constate un praticien.
Il faut dire que l'Association française de psychiatrie biologique et de neuropsychopharmacologie (AFPBN) ne les a pas franchement encouragés : « À ce jour, aucun test ne remplit [les conditions nécessaires] pour un usage en pratique clinique », a taclé l'association dans un communiqué publié au moment de la mise sur le marché du test d'Alcediag. « Il y a des études prometteuses et séduisantes sur ces biomarqueurs, mais on est bien loin de pouvoir les appliquer au quotidien en pratique clinique », déplore Émilie Olié, présidente de l'AFPBN.
Moins d'un psychiatre sur trois prêt à les utiliser
Des études qui se comptent… par centaines. Le psychiatre montpelliérain Raoul Belzeaux et l'immunologiste niçois Nicolas Glaichenhaus en ont recensé 1 114 sur ce sujet précis, dans une étude systématique qui sera prochainement publiée, dont 61 leur ont paru suffisamment sérieuses. Mais, même dans cette short list, « très peu montraient des résultats validés dans deux cohortes indépendantes » et « aucune ne s'appuyait sur des patients non traités venant consulter leur médecin généraliste ».
Selon Raoul Belzeaux, trois sortiraient vraiment du lot : celle d'Alcediag, une autre publiée par une neuropsychiatre de l'université de Cambridge, Sabine Bahn… et la sienne, puisque Raoul Belzeaux a obtenu le prix Marcel Dassault, en 2022, avec un projet de test sanguin pour distinguer dépression et bipolarité, reposant sur le dosage des cytokines. Mais les deux chercheurs, malgré la publication d'une première étude positive, n'en sont pas encore à la phase de la commercialisation d'un test, qui se fera, si elle a lieu, par le biais d'une start-up, Psykonos.
« Sous réserve de l'obtention des autorisations, nous allons lancer une étude de validation sur une cohorte de 623 patients dans une dizaine de centres hospitaliers », détaille Raoul Belzeaux. Une étude qui s'étendra sur deux ans et qui portera « sur des patients sans traitement, ou en début de parcours de soins, ce qui n'a jamais été fait ». La commercialisation éventuelle d'un test, ce sera pour plus tard, avec un objectif de prix « entre 200 et 250 euros ».
Les deux concurrents français, Alcediag et Psykonos, se rejoignent sur un point : pas question, ni pour l'un ni pour l'autre, que leur test vienne « remplacer le diagnostic du psychiatre ». « Nous sommes un outil d'aide à la décision », souligne Alexandra Prieux. Raoul Belzeaux dit toutefois concevoir son test « dans l'esprit d'un test de dépistage ». L'attente des patients est immense. Reste à convaincre les praticiens : moins de 30 % des psychiatres interrogés en 2018 par une publication spécialisée dans la santé mentale, JMIR Mental Health, considèrent des tests biologiques de prédiction de la transition psychotique comme « acceptables, fiables, faisables et peu risqués »…
Troubles bipolaires : faut-il croire aux tests sanguins ?
04 juin 2024
Test Edit-B : avis défavorable !!!
Un test sanguin pour mieux caractériser les pathologies psychiatriques en se basant sur la médecine de précision ? C’était le pari de la société Alcediag en lançant sur le marché français début avril son test Edit-B, censé distinguer sans ambiguïté la dépression caractérisée et le trouble bipolaire. Avec un prix de vente de 900 euros, elle espérait obtenir de la Haute Autorité de santé (HAS) une prise en charge dérogatoire pour les patients âgés de 18 ans et plus, présentant un épisode dépressif majeur et traités pour cette dépression au moment du test. Mais le collège de la HAS a rendu un avis défavorable le 2 mai**
Troubles bipolaires : le test diagnostique Edit-B retoqué par les autorités | Le Quotidien du Médecin (lequotidiendumedecin.fr)
*EDIT-B, un test sanguin pour différencier la dépression des troubles bipolaires | ALCEDIAG. (alcediag-alcen.com)
**Haute Autorité de Santé - Avis n°2024.0028/AC/SEAP du 2 mai 2024 du collège de la HAS relatif à la prise en charge dérogatoire du test de diagnostic in vitro EDIT-B® en application de l’article L. 165-1-1 du CSS (has-sante.fr)
04 mai 2024
Troubles bipolaires : 3 questions sur le test sanguin qui permettrait de les détecter
Différencier la dépression des troubles bipolaires. Telle est la promesse de ce nouveau test sanguin, baptisé MyEDIT-B, et lancé par les laboratoires Synlab et Alcediag. Pour cause, plus de 40 % des personnes diagnostiquées comme dépressives en France seraient en réalité atteintes de bipolarité, selon les chiffres de PositiveMinders, relayés par Franceinfo. Pour rappel, le trouble bipolaire est une maladie psychique chronique, qui se caractérise par des dérèglements de l’humeur, avec une alternance d’épisodes maniaques ou hypomaniaques (excitation, insomnies, sentiment de toute-puissance, multiplication de projets) et de dépression (grande tristesse, idées suicidaires).
01 avril 2024
Un test sanguin pour différencier dépression et trouble bipolaire
Les études montrent qu’il faut en moyenne 8 à 10 ans pour diagnostiquer les troubles bipolaires (1), avec des écarts importants : selon une enquête menée en 2023 par l’association Bipolarité France, 20 % des répondants ont eu la confirmation du diagnostic plus de 15 ans après l’apparition des premiers symptômes. Dans ce contexte, un diagnostic précoce et précis, permettant la mise en place d’un traitement approprié, est la clé pour éviter une chaîne d’événements lourds de conséquences sur la santé mentale et physique des patients, sur leur qualité de vie et celle de leurs proches.
Lancé début avril par les laboratoires Synlab, en partenariat avec Alcediag, le test myEDIT-B est un outil d’aide au diagnostic qui permet de différencier la dépression et les troubles bipolaires. Intégré au processus clinique, il vient compléter les outils diagnostics habituels. Disponible sur prescription d’un psychiatre, dans les laboratoires du réseau Synlab France, il s’adresse aux patients de 18 ans et plus, actuellement traités pour un Episode Dépressif Caractérisé (EDC), modéré ou sévère. Les résultats sont ensuite transmis sous 4 semaines au psychiatre qui confirmera son diagnostic au patient lors d’une consultation.
« Jusqu’à présent, le diagnostic en psychiatrie repose essentiellement sur des entretiens cliniques, mais l’émergence de la psychiatrie de précision marque un tournant. Elle repose sur la découverte de biomarqueurs objectifs qui viendront compléter le diagnostic clinique. Ainsi, le test myEDIT-B permet, par une simple prise de sang, de différencier la dépression, des troubles bipolaires, des dépressions unipolaires, avec une très bonne sensibilité et spécificité. Ceci devrait permettre de proposer une prise en charge adaptée et plus précoce pour les patients atteints de troubles bipolaires.
Pr Chantal Henry, Psychiatre, PU-PH au GHU Paris psychiatrie et neurosciences et Directrice Scientifique de la Fondation Pierre Deniker
19 mars 2024
SCHIZOPHRÉNIE : Bientôt un test sanguin de prédiction du risque
La schizophrénie est un trouble psychiatrique sévère qui comprend des hallucinations et des délires. On estime que la schizophrénie et les troubles psychotiques apparentés touchent plus de 24 millions de personnes dans le monde. En dépit de sa prévalence, la schizophrénie reste difficile à diagnostiquer.
L’auteur principal, le Dr Alexander Niculescu, professeur de psychiatrie et de neurosciences à l’UI rappelle ce défi, "surtout à un stade précoce" : "il est très important d'orienter les patients vers le bon traitement dès le début. Cette forme de psychose se manifeste généralement au début de l’âge adulte, une période où le stress et la consommation de substances sont des facteurs déclenchants fréquents, en particulier sur fond de vulnérabilité génétique".
Si elle n’est pas traitée, la psychose entraîne une accumulation de dommages biologiques, sociaux et psychologiques.
L’étude a suivi des patients psychiatriques pendant plus de 10 années et a pu identifier ces biomarqueurs prédictifs d’états d’hallucinations et de délires, et de futures hospitalisations psychiatriques liées aux hallucinations et aux délires. La recherche identifie également les biomarqueurs cibles des médicaments existants, ce qui permet d'associer à chaque patient le traitement le plus approprié.
La recherche confirme de précédentes études de la même équipe, sur les biomarqueurs sanguins d'autres troubles psychiatriques (troubles de l'humeur, anxiété, trouble de stress post-traumatique (SSPT), risque de suicide, douleur et troubles de la mémoire). Elle révèle que :
les meilleurs biomarqueurs sont plus prédictifs que les échelles reconnues et "standards" utilisées actuellement pour les évaluations de patients souffrant d'hallucinations ou de délires ;
ce test sanguin pourrait donc contribuer à réduire la subjectivité et l'incertitude des évaluations psychiatriques.
Quelles implications sur les traitements ? Sur le plan biologique, certains des médicaments existants fonctionnent très bien s'ils sont initiés suffisamment tôt. La détection précoce est donc primordiale. Le soutien social est également essentiel et une fois que le traitement est mis en œuvre le soutien psychologique peut aider, en complément.
"Il a donc des raisons de rester optimiste en cette ère de psychiatrie de précision émergente".
*Blood test predicts psychosis risk, most effective treatments (iu.edu)
SCHIZOPHRÉNIE : Bientôt un test sanguin de prédiction du risque | santé log (santelog.com)
12 juillet 2023
[Recherche] : Où il est possible que les pathologies mentales s’accompagnent d’un profil lipidique particulier
Comme il n’existe à ce jour aucun test biologique pour diagnostiquer les troubles mentaux graves, et comme les lipides paraissent receler un grand potentiel à titre de marqueurs de maladies, ces chercheurs se sont demandés s’il est possible de définir un profil reproductible des altérations lipidiques dans le plasma sanguin des patients atteints de schizophrénie et d’étudier son éventuelle spécificité en association avec d’autres troubles psychiatriques, le trouble dépressif majeur et le trouble bipolaire.
Pour cette recherche portant au total sur 1 552 sujets, les données cliniques et les échantillons sanguins ont été analysés entre janvier 2018 et septembre 2020. Après l’évaluation de la structure du profil lipidique (le lipidome déjà évoqué dans certains cancers [2]) du plasma au moyen de la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, les auteurs estiment avoir identifié des altérations significatives du profil lipidique du plasma sanguin.
Des altérations quantitatives caractéristiques selon les chercheurs de Skolkovo
Selon les chercheurs de Skolkovo, ces différences de profil lipidique sépareraient "de façon reproductible et précise des sujets atteints de schizophrénie et des sujets-témoins" (appariés selon l’âge et le sexe). Et l’analyse des altérations lipidiques dans le plasma sanguin d’individus atteints de trouble dépressif majeur ou bipolaire révèlerait en outre un chevauchement trans diagnostique significatif entre ces trois entités nosographiques (schizophrénie, trouble dépressif majeur et trouble bipolaire).
Pour les chercheurs, ces résultats suggèrent qu’un profil partagé d’altérations quantitatives des lipides plasmatiques caractérise, dans divers pays, les patients affectés par ces troubles mentaux graves. La schizophrénie s’accompagnerait d’un profil reproductible d’altérations du lipidome plasmatique, non associé à la sévérité des symptômes, aux médicaments ni aux variables démographiques et environnementales, et largement partagé avec le trouble dépressif majeur et le trouble bipolaire. Mais au-delà d’une possible application clinique de cette "signature d’altération lipidique" comme aide future au diagnostic en psychiatrie (voire à la surveillance biologique d’un traitement), l’intérêt d’une telle publication est d’offrir un aperçu optimiste de ce que pourrait (pourra ?) être un jour un monde sans entrave de la guerre pour l’essor de la recherche scientifique.
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_de_recherche_et_d%C3%A9veloppement_Skolkovo
[2] https://www.hal.inserm.fr/inserm-00068759/fr/
Dr Alain Cohen
RÉFÉRENCE
Tkachev A et coll.: Lipid alteration signature in the blood plasma of individuals with schizophrenia, depression, and bipolar disorder. JAMA Psychiatry; 2023 vol 80(03): 250–259. doi: 10.1001/jamapsychiatry.2022.4350.
JIM.fr - Où il est possible que les pathologies mentales s’accompagnent d’un profil lipidique particulier
03 mai 2023
Schizophrénie : en quoi consiste le test du regard ?
L’Inserm recense environ 600 000 cas de schizophrénie en France. Des recherches ont permis d’établir différents tests afin de déceler les cas le plus tôt possible.
Qu’est-ce que cette maladie psychiatrique ?
01 avril 2023
EDIT-B™, le premier test sanguin pour différencier le trouble bipolaire de l’unipolaire
Il y a plusieurs raisons à cela: une majorité de personnes consultent en phase dépressive (c’est souvent le symptôme qui s’exprime en premier lieu) ; le début des états maniaques peut ne pas être alarmant au premier abord ; il peut y avoir une confusion avec la schizophrénie ; l’abus de toxiques peut masquer d’autres symptômes ; les variations de l’humeur à l’adolescence peuvent être perçues comme normales et/ou transitoires .
Tous ces facteurs peuvent engendrer une erreur de diagnostic et/ou un retard de diagnostic, provoquant ainsi de graves répercussions dans la vie de la personne concernée et de son entourage. En effet, le·la patient·e avec un mauvais diagnostic peut recevoir un traitement inapproprié qui ne soulagera pas ses symptômes, et pourra même aggraver son état de santé physique et mental.
Conscient de ces enjeux, ALCEDIAG et SYNLAB mettent à disposition des professionnels de santé et de leurs patients, en Europe, EDIT-B™, le premier test sanguin in vitro destiné à différencier le trouble bipolaire de l’unipolaire (dépression). Validé cliniquement chez l’adulte dépressif et marqué CE, il offre des performances remarquables avec une excellente sensibilité et spécificité, supérieures à 80 %. L’objectif d’EDIT-B™ est d’aider les médecins spécialistes à poser rapidement un diagnostic différentiel précis et ainsi réduire significativement le retard de diagnostic, de plusieurs années à quelques jours. La prise en charge des patients peut alors être optimisée : mise en place d’un traitement adapté, réduction des comorbidités et amélioration de la qualité de vie (sphères personnelle et professionnelle).
Cet outil biologique vient en complément des différentes échelles cliniques existantes, dont l’interprétation est empirique. Techniquement, EDIT-B™ mesure la modification d’édition d’ARN de marqueurs spécifiques dans le sang des patients. ALCEDIAG, à l’origine du développement de ce test et de sa validation clinique et réglementaire, utilise la technologie de pointe du séquençage de nouvelle génération (NGS) couplée avec des algorithmes propriétaires développés grâce à l’intelligence artificielle (IA).
EDIT-B™ désormais disponible en Italie, sera prochainement mis à disposition des praticiens et des patients en France et en Suisse au cours de l’année 2023, ainsi que graduellement dans les autres pays où SYNLAB est implanté (26 pays au total en Europe).
"Lorsque le cerveau dysfonctionne, il envoie des signaux comme le ferait un rein ou un foie malade. Ces signaux, ou biomarqueurs, peuvent alors être captés par un test sanguin, basé sur l’édition de l’ARN, permettant un diagnostic plus rapide. L’introduction de la biologie dans la psychiatrie est une révolution", Dr Dinah Weissmann, co-fondatrice et directrice scientifique d’ALCEDIAG.
Source : Communiqué de presse, ALCEDIAG et SYNLAB, 27 mars 2023
EDIT-B™, le premier test sanguin pour différencier le trouble bipolaire de l'unipolaire - Santé Mentale (santementale.fr)
13 décembre 2022
[Recherche] : Révolution en vue dans le diagnostic de la bipolarité ?
La bipolarité pourrait bientôt être détectée par une simple prise de sang. C'est l'objet de 10 ans de recherches de la start-up Aleciag, basée près de Montpellier, dans l'Hérault. Un test, baptisé Edit-B, va être lancé dans un laboratoire médical local, selon Ouest-France. Si ce dernier fonctionne, les médecins pourront donc plus facilement différencier une dépression d'une bipolarité. « Notre test permettra de pallier l'errance diagnostique des patients, qui dure sept ans en moyenne. Jusque-là, il était très difficile pour un médecin de diagnostiquer la différence entre ces deux maladies mentales, car elles se ressemblent. Mais leur prise en charge n'est pas du tout la même », confie Alexandra Prieux, cofondatrice d'Alcediag, auprès du quotidien local.
Selon une étude réalisée sur des patients du CHU de Montpellier et publiée en mai dernier, le test aurait 90 % de sensibilité pour détecter les personnes malades. Une deuxième étude, de validation, est d'ores et déjà lancée et prendra deux ans, avec 436 patients testés. Le but est de commercialiser ce test en 2023. Il le sera d'abord en Italie et en Suisse, avant d'arriver en France.
Dinah Weissman, également cofondatrice de la start-up, essaie d'expliquer comment cela fonctionne : "Quand le cerveau dysfonctionne, il envoie des signaux dans le corps, comme le ferait un rein ou un foie malade". Signaux captés donc par cette prise de sang. « Faire entrer la biologie dans la psychiatrie, c'est une révolution », se réjouit-elle. Alexandra Prieux abonde : « En psychiatrie, tout reste à faire. Nous nous intéressons aussi à la schizophrénie, à la dépression post-partum, au stress post-traumatique. Un jour, c'est sûr, nous saurons détecter toutes les maladies mentales et les traiter, car ce sont des maladies comme les autres. »
En France, entre 650 000 et 1 650 000 personnes sont touchées par des troubles bipolaires. Si la maladie n'est pas traitée, 20 % des patients meurent par suicide. De manière générale, l'espérance de vie des patients est actuellement réduite de 10 ans.
06 septembre 2022
Mieux déceler les troubles psychotiques chez l’enfant par un test génétique ?
Selon une étude, les soignants pourraient mieux identifier les troubles psychotiques chez un enfant grâce à des analyses ADN.
Les enfants ont souvent une imagination débordante, et dans certains cas, ce comportement peut être associé à des troubles psychotiques précoces. Or ces symptômes pourraient avoir une cause génétique, selon une étude publiée dans l’American Journal of Psychiatry*. Pour mieux les repérer, des chercheurs préconisent une analyse par puces à ADN chromosomique.
Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont examiné 137 enfants atteints de psychose précoce ou de symptômes psychotiques avant l’âge de 18 ans. Parmi eux, plus de 70% avaient commencé à souffrir de psychose avant l'âge de 13 ans. Et 28 % correspondaient aux critères de la schizophrénie, avec des symptômes persistants.
Tous ont subi des tests chromosomiques qui ont révélé, pour 40% d'entre eux, des variantes du nombre de copies de gènes, c'est-à-dire des suppressions ou des duplications de morceaux de leur ADN. Une variabilité qui est habituellement associée à des troubles psychiatriques et neurodéveloppementaux. Ce qui fait dire aux chercheurs que les psychoses chez l'enfant pourraient être décelées plus rapidement.
"Nos résultats plaident en faveur d'un test de puce à ADN chromosomique chez tout enfant ou adolescent diagnostiqué avec une psychose", déclare dans un communiqué* Catherine Brownstein, qui a codirigé l'étude à l'Université de Montréal. "Les tests permettraient aux familles de mieux comprendre le comportement de leur enfant, et pourraient aider à faire avancer la recherche."
"Plus la psychose est décelée sur le tard, plus il est difficile de la traiter plus tard", rappelle David Glahn, co-auteur de la recherche. "Si nous pouvons le traiter plus tôt et de manière appropriée, l'enfant s'en sortira probablement mieux au cours de sa vie."
Mieux déceler les troubles psychotiques chez l’enfant par un test génétique? (pourquoidocteur.fr)
06 février 2021
Dépister la Covid-19 avec un test salivaire - plus adapté aux personnes en situation de handicap
Un consortium public/privé réunissant le laboratoire Sys2Diag du Centre national de la recherche scientifique(CNRS), la société de biotechnologies Skillcell (filiale d’Alcen) et l’entreprise VOGO à Montpellier ont élaboré un test salivaire rapide EasyCOV qui permet d’obtenir un résultat en 40 minutes.
Le gouvernement a donné son accord pour le remboursement de ce test par la Sécurité sociale, après un avis favorable de la Haute autorité de Santé (HAS).
Le test Easy Cov a néanmoins une sensibilité moins élevée et ne peut pas détecter le virus dont la charge virale n’est pas très élevée. Ainsi, la HAS préconise une utilisation uniquement pour les personnes symptomatiques pour lesquelles le test PCR ou antigénique est difficile ou impossible, priorisant ainsi les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. Il est, pour le moment, accessible seulement dans certains cabinets de médecins, hôpitaux et laboratoires, mais il pourrait jouer un rôle très important dans la lutte contre la propagation du virus dès lors que son accessibilité sera facilitée notamment dans les pharmacies.
Ces tests salivaires sont actuellement produits par la société Firalis à Huningue, dans le Haut-Rhin.





