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Nouvelles
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08 avril 2026
Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique
Un cercle de soutien solide est essentiel au rétablissement après un épisode psychotique. Malheureusement, certaines personnes constatent que leurs relations peuvent se tendre voire se briser pendant et après un épisode.
Aujourd'hui, Lesley McCuaig revient sur les étapes qui lui ont permis de réfléchir, de reconstruire et de se détacher de certaines relations après avoir vécu un épisode psychotique lié à la schizophrénie.
La psychose influence la façon dont nous traitons l'information. Elle peut nous pousser à voir, croire ou entendre des choses qui ne sont pas réelles.
Parmi les effets secondaires potentiels de la psychose figure la difficulté à entretenir des relations. Pourtant, si la schizophrénie (la maladie dont je suis atteinte) affecte indéniablement les aidants, les amis et la famille, certaines personnes peuvent parfois oublier qu'elle est également difficile à vivre pour la personne malade elle-même.
Lorsque les symptômes de la psychose s'atténuent, certaines de nos relations peuvent s'améliorer. Mais, il arrive que la tension provoquée par un épisode psychotique soit trop intense au point d’endommager la relation, même après l'atténuation des symptômes.
Il n'est jamais agréable de perdre des amis ou des proches. Bien que cela puisse faire mal, nous devons prendre le temps de faire le deuil de ces relations et essayer d'aller de l'avant.
Comment la psychose a affecté mes relations
La psychose m’a coûté plusieurs relations qui comptaient beaucoup pour moi. Je suis parvenue à en reconstruire certaines avec du temps et des efforts, mais d'autres sont restées définitivement perdues.
Est-il difficile pour moi de vivre aujourd’hui sans ces relations ? Pour être honnête... oui, parfois. Je réfléchis souvent à ce qu’étaient mes relations avant et après mon diagnostic de schizophrénie.
Cependant, j'ai souvent remarqué que les relations que j'ai perdues à cause de la psychose étaient fragiles ou montraient déjà des signes de toxicité avant même mon diagnostic de schizophrénie. En d'autres termes, ces relations n'étaient pas solides dès le départ.
Lorsque je traverse un épisode psychotique, je suis accaparée par « ma » réalité. Parmi les symptômes de ma psychose figurent les hallucinations auditives, à savoir le fait d’entendre des choses qui n’existent pas. Pourtant, tout ce que je vis pendant un de ces épisodes est authentique. C'est ma réalité propre, même si elle n'est pas perceptible pour les autres.
Parfois, la psychose trouble la capacité de jugement et de discernement, compromettant ainsi la possibilité d’entretenir des relations équilibrées. D’autres fois, la psychose peut entraîner des comportements qui paraissent étranges ou imprévisibles aux yeux des autres, comme le fait de parler à des personnes qui ne sont pas là. Ces symptômes et ces réactions peuvent m'empêcher d’entretenir avec mes amis, ma famille et mes aidants des relations conformes aux normes sociales.
De même, le manque de discernement, les comportements imprévisibles et le fait d’être déconnecté de la réalité peuvent rendre presque impossible le maintien de relations équilibrées pendant un épisode psychotique. C'est une expérience aliénante pour tout le monde.
Reconstruire après la perte et chérir ceux qui sont restés
La bonne nouvelle, c'est qu'avec un traitement approprié, les personnes peuvent sortir d'un épisode psychotique et commencer à reconstruire ce qui a été perdu. Le fait de disposer d’un cercle familial, d’amis et d’aidants auxquels ils peuvent faire confiance et sur lesquels ils peuvent compter joue un rôle clé dans le processus de rétablissement.
Parfois, en raison d’un manque de compréhension, de la stigmatisation ou de leurs propres difficultés personnelles, certaines personnes ne sont pas en mesure d'accompagner quelqu’un qui se rétablit d'une psychose. Je comprends comment et pourquoi cela peut arriver, mais je suis reconnaissante et attachée à celles et ceux qui n'ont pas laissé un épisode psychotique définir notre amitié.
Personne ne sort indemne d'un épisode de psychose. Souvent, l’après-crise nécessite un travail pour gérer les séquelles comme les traumatismes, la culpabilité et la honte.
3 façons de naviguer dans les relations affectées par un épisode psychotique
1. Prendre le temps de faire son deuil
Lorsque la psychose entraîne une rupture des relations, la personne affectée doit prendre le temps de faire son deuil.
C’est un temps de réflexion et d’introspection. Il est également utile d'en parler avec quelqu'un, comme un ami ou un professionnel.
2. Choisir d'aller de l'avant
Après le deuil, apprenez à aller de l'avant avec ceux que vous aimez et respectez. Faire le deuil d'une relation fait mal, mais affronter ces sentiments vous permet d'aller de l'avant avec ou sans elle.
3. Savoir quand lâcher prise
Apprendre à lâcher prise est peut-être l'une des plus grandes leçons que j'ai tirées de mon expérience, depuis que j'ai reçu mon diagnostic de schizophrénie. Je veux tourner la page sur la vie que j’avais autrefois et commencer à me fixer de nouveaux objectifs réalistes pour l'avenir.
Les relations peuvent être complexes avec ou sans schizophrénie, mais les miennes ont été aggravées et compliquées par dix années d'alcoolisme. Parfois, je me dis que c’est un miracle qu'il me reste encore un ami !
Mais avec du temps, de la patience, des efforts et de l'engagement, les relations peuvent survivre et s'épanouir au-delà de la psychose. Vous pouvez réapprendre à faire confiance, à rire et à aimer.
Le point à retenir : aller de l'avant
Bien que la psychose puisse être perturbatrice et décourageante pour les personnes atteintes de schizophrénie, elle n'a pas à définir qui nous sommes.
Les relations vont et viennent. Certes, il peut être décevant et décourageant de voir un aidant, un ami ou un membre de la famille s'éloigner au moment même où l'on est au plus mal, mais cela ne doit pas définir toutes nos relations. Avec une bonne observance du traitement, il est possible de mener une vie très épanouissante avec des relations qui comptent.
Certaines relations peuvent survivre à la psychose et en sortir renforcées.
Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.
Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique
19 février 2026
Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation !
Dans un communiqué commun, des associations d’usagers et de professionnels de la psychiatrie s’insurgent contre une nouvelle proposition de loi qui envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Selon eux, cette dérive législative crée la confusion entre maladie psychiatrique et radicalisation et va à l’encontre des recommandations de bonnes pratiques médicales de l’Haute autorité de santé.
Les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts souhaitent alerter sur les dangers de la Proposition de loi (PPL) visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat, n° 2180, déposée le mardi 2 décembre 2025, notamment sur la confusion véhiculée entre radicalisation et troubles psychiatriques, et sur les conséquences potentiellement désastreuses sur le système de soins psychiatriques d’une part et la sécurité de la société dans son ensemble d’autre part.
En préambule, si la PPL s’appuie sur 2 exemples dramatiques qui nécessitent une réflexion approfondie sur le devenir des personnes sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF), rappelons qu’à ce jour aucune étude ne montre de lien entre maladie mentale et terrorisme. En outre, le deuxième crime mentionné ne concerne pas une problématique terroriste mais une problématique de violence sexuelle, qui, si elle n’est pas moins dramatique, appelle des réponses différentes (cf audition au Sénat).
Cette nouvelle proposition de loi envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous OQTF. Il existe déjà des dispositifs d’évaluation au niveau départemental et national spécifiquement dédiés aux personnes radicalisées, dans lesquels des psychiatres interviennent, précisément afin d’identifier les rares situations relevant de soins psychiatriques :
-Les groupes d’évaluation départementaux (GED),
-Les dispositifs régionaux d’appui et de soutien des professionnels (CRESAM),
-L’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) au niveau national.
Lorsque la dangerosité d’un individu est en lien avec une pathologie psychiatrique, la loi permet déjà d’imposer une hospitalisation sous contrainte par arrêté municipal (en urgence) ou préfectoral (mesure de soins sans consentement sur décision du représentant de l’Etat), sur la base d’un certificat médical, et ce sans attendre un passage à l’acte.
Cependant, comme déjà souligné lors de plusieurs auditions de professionnels et d’experts de la psychiatrie devant le Sénat (en matière de violences sexuelles notamment), par définition et hors situation d’urgence, aucun parcours de soin cohérent ne peut être déployé pour une personne sous OQTF, dans l’incertitude permanente d’une expulsion à venir, rendant par là même inefficace la perspective d’un soin contribuant à la réduction des risques de violence pour des sujets malades.
Cette nouvelle PPL propose donc des réponses à forte puissance symbolique avec des effets contre-productif sur le plan global et systémique, puisque affaiblissant encore l’offre de soins pour les personnes qui en relèvent réellement. Cette approche détourne également l’attention sur les réels leviers et les nombreux problèmes qui alimentent ces parcours et aggravent le risque de commettre des actes violents (destruction du filet social, précarisation administrative des individus, solitude, addictions, désinsertion, etc…).
Enfin, plutôt que de subir avec la population générale, une dégradation du cadre de vie et des injonctions paradoxales, les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts, qui restent attachés à la prévention des actes terroristes et à la sécurité publique, rappellent que la psychiatrie ne doit pas être instrumentalisée comme un outil de gestion de la dangerosité ou de la politique migratoire. Ils réaffirment leur volonté de contribuer au plus près du législateur et des pouvoirs publics à l’évolution d’un cadre législatif et sanitaire à la fois cohérent et efficient.
Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation ! - Santé Mentale
15 février 2026
Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique
Avec la création d’établissements pénitentiaires spécifiques pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger plutôt que comme une souffrance à accompagner, déplore un collectif de psychiatres et de magistrats, dans une tribune au « Monde ».
Publié le 04 février 2026
Alors que le gouvernement a proclamé 2025 « année de la santé mentale » et a décidé de la prolonger en 2026, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, propose de créer des établissements pénitentiaires spécifiquement destinés aux personnes incarcérées souffrant de troubles psychiatriques. Ce choix, parce qu’il inscrit la prise en charge dans un cadre carcéral, dans un contexte où la psychiatrie publique de droit commun est profondément fragilisée, place d’emblée la souffrance psychique sous une logique de gestion du risque plutôt que dans celle du soin. Il ne s’agit pas ici de nier la souffrance des prisons françaises, ni de céder à la tentation d’opposer la sécurité aux soins. Il s’agit d’expliquer pourquoi la proposition avancée constitue une entrave au principe du soin, mission essentielle d’Etat.
L’idée avancée paraît simple : regrouper ces personnes dans un même lieu permettrait de mieux les prendre en charge. Mais c’est précisément cette inversion qui pose problème. Dès lors que le cadre est pénitentiaire, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger à organiser plutôt que comme une souffrance à accompagner. C’est d’ailleurs une tension qui encombre chaque jour les soignants en milieu pénitentiaire, dans les dispositifs de soins psychiatriques implantés dans les prisons, comme dans les neuf unités hospitalières spécialement aménagées.
La simple phrase : « Avez-vous bien pris votre traitement ? », prononcée en prison dans un quotidien rythmé par l’enfermement, les contrôles et les mesures d’ordre risque systématiquement d’éloigner la personne détenue du soin en l’associant à ces enjeux judiciaires. Cela risque également de fragiliser l’établissement d’une confiance et d’empêcher ainsi la mise en place d’une réelle alliance thérapeutique avec les soignants, ces derniers ayant pour mission principale l’apaisement d’une souffrance personnelle...
« Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique »
25 janvier 2026
Stimuler le système immunitaire pour traiter la dépression bipolaire : de premiers résultats encourageants pour l’interleukine-2
Marion Leboyer, professeur de psychiatrie (UPEC, AP-HP, Inserm), directrice scientifique du Programme français de psychiatrie de précision (PEPR PROPSY) et directrice générale de la Fondation FondaMental.
En 2025, nous avons publié une étude dans le cadre du projet européen H2020 MOODSTRATIFICATION, menée avec l’AP-HP. Elle explorait une piste innovante pour traiter la dépression bipolaire : stimuler le système immunitaire avec une faible dose d’interleukine-2 (IL-2). Cette molécule, naturellement produite par le corps, agit en augmentant le nombre de lymphocytes T régulateurs (Tregs), des cellules clés du système immunitaire qui protègent notre corps contre les réactions inflammatoires excessives et le développement de maladies auto-immunes.
En effet, de plus en plus de recherches montrent que toutes les maladies mentales (par exemple : dépressions, troubles bipolaires ou schizophrénies) mais pas tous les patients, peuvent être liés à une inflammation chronique et à des anomalies du système immunitaire.
Dans cette première étude clinique mené en double aveugle sur un petit nombre de patients, les participants ayant reçu cette faible dose d’IL-2 ont vu leurs symptômes dépressifs et anxieux s’améliorer progressivement, tout en présentant une très bonne tolérance au traitement. Ces résultats suggèrent que rééquilibrer le système immunitaire pourrait avoir un effet direct sur les symptômes psychiatriques, ouvrant la voie à des traitements totalement nouveaux pour les personnes qui ne répondent pas suffisamment aux thérapies actuelles.
L’étape suivante sera de reproduire ces résultats sur un plus grand nombre de patients, et d’étendre l’approche à d’autres troubles mentaux présentant une composante inflammatoire. À terme, l’objectif est de développer des traitements personnalisés, adaptés au profil immunitaire de chaque patient. C’est tout l’enjeu du Programme Français de psychiatrie de précision (PEPR PROPSY), qui a pour objectif d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques adaptées aux différents sous-groupes de patients.
Stimuler le système immunitaire pour traiter la dépression bipolaire : de premiers résultats encourageants pour l’interleukine-2 | Actualités | Fondation FondaMental
24 juillet 2025
[Télévision] : Maladie mentale, une vie à part
Disponible jusqu'au 21/06/2027
Présenté par Faustine Bollaert
Les 3 invités témoignent de leur maladie mentale ou de l'un de leurs proches.
- Le fils aîné de Camille a été diagnostiqué borderline à 10 ans.
- Émilie souffre de TDI, trouble dissociatif de la personnalité et cohabite avec 14 alters.
- Hugo a un trouble de la personnalité borderline à tendance sociopathe. Un diagnostic dont il souffre et avec lequel il doit apprendre à vivre.
https://www.france.tv/france-2/ca-commence-aujourd-hui/7290704-best-of-maladie-mentale-une-vie-a-part.html
16 avril 2025
Traitement contre les maladies mentales : malgré leur efficacité thérapeutique, certains centres experts sont menacés de fermeture
Article rédigé parAnne-Laure Dagnet Radio France Publié le 14/04/2025
Ils sont essentiels pour tous ceux qui souffrent de graves maladies psychiatriques comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Les centres experts sont menacés car leur mode de financement a changé cette année et certains des 54 établissements sont privés de dotations publiques. Or ce sont les seuls à fournir aux malades un bilan complet et des thérapies innovantes.
franceinfo a rencontré des patients et des équipes qui les suivent à l'hôpital Albert Chenevier de l'AP-HP à Créteil, dans le Val-de-Marne.
Dans le bâtiment un peu décrépit du pôle psychiatrie, un père et son fils de 26 ans ont rendez-vous avec l'un des psychiatres du centre. "Aujourd'hui, c'est une consultation qui va durer à peu près une heure, explique le docteur Franck Schürhoff. Après, on fera le bilan." Ce père est venu à l'hôpital Albert Chenevier de l'AP-HP de Créteil sur recommandation du psychiatre qui suit son fils en ville. "On veut définir exactement ce qui se passe pour pouvoir trouver une parade à tous ses freins", dit-il. "Ce qui me gêne actuellement, ce sont des pensées intrusives... complète son fils d'un ton hésitant. J'ai un trouble aussi un peu délirant. J'ai une mauvaise mémoire..."
Et son père de reprendre : "En fait, il s'apercevait qu'il ne pouvait pas être avec les autres, et qu'il avait l'impression d'être vu, regardé, qu'on va l'attaquer, qu'il est sous écoute... Ça a été très dur."
Un bilan global
Ce jeune homme est schizophrène et son traitement ne suffit pas à canaliser ses troubles. Ce jour-là, c'est le psychiatre qui coordonne le centre expert de Créteil qui le reçoit dans une petite salle, équipée d'une table et d'un ordinateur : "On va faire un point général sur l'histoire des problèmes psychologiques. Là, j'ai cru comprendre que ça avait démarré depuis à peu près deux ans. Et ensuite, je vous listerai tout un tas de symptômes, qu'on voit dans différentes pathologies d'ailleurs, et, pour chacun, vous me direz si vous les avez déjà eus ou si vous les avez actuellement."
Après cette consultation, le professeur Franck Schürhoff dressera un bilan global avec un infirmier pour des analyses de sang, une prise de tension, un électrocardiogramme. Il fera aussi intervenir un neuropsychologue. Et à l'issue de ce bilan étalé sur deux jours, le psychiatre proposera à ce jeune homme toute une gamme de soins, c'est ce qui rend ces centres experts uniques. "On est indispensable parce qu'on propose une amélioration dans la prise en charge des patients avec des armes thérapeutiques qui n'existent pas forcément ailleurs", soutient Franck Schürhoff.
"Améliorer la mémoire des patients, améliorer leurs capacités intentionnelles, améliorer leur fonctionnement dans le quotidien, leur façon de penser quand elle est pathologique. On peut travailler avec les patients sur leur capacité à sortir de l'isolement social, du repli."
L'équipe à Créteil reçoit une dizaine de nouveaux patients par semaine pour réaliser ces bilans particulièrement poussés. Et dans toute la France, ce sont plus de 20 000 personnes qui ont été évaluées par les 54 centres experts en psychiatrie.
Plébiscité par les patients et les médecins
Les centres experts s'occupent aussi de l'autisme et des dépressions sévères. Ils sont plébiscités par les patients, parce que cela fonctionne. Cela a permis à Patricia, professeure d'histoire à la retraite bipolaire, de maîtriser sa maladie. Elle a été suivie pendant trois ans par un centre expert qui lui a recommandé un médicament qui lui a changé la vie. "Ça m'a donné des outils pour pouvoir reprendre ma vie en main, dans le sens où quand j'ai été diagnostiquée bipolaire, le monde s'est écroulé. C'est-à-dire qu'en fait, je ne savais plus qui j'étais. J'étais persuadée que j'étais folle. Ce qui n'est pas le cas. Mais quand on a un diagnostic comme ça, on ne sait pas", explique-t-elle.
Le ministère de la Santé a en effet modifié leur mode de financement, mais la dirigeante de la fondation FondaMental a des arguments pour défendre son réseau : "On a montré qu'il y a une diminution de 50% des journées de réhospitalisation, 12 mois après un passage sur un centre expert. Donc, on imagine bien que si ses patients vont mieux, le système global s'améliore parce qu'ils vont moins aux urgences, parce qu'ils coûtent moins cher et qu'on peut réallouer des budgets à d'autres choses. Donc globalement, ce système a montré toute son efficacité", affirme la psychiatre.
Faute de dotations suffisantes pour les hôpitaux dont ils dépendent, certains centres experts comme ceux de Clermont-Ferrand ou de Strasbourg pourraient fermer leurs portes dès cette année.
REPORTAGE. Traitement contre les maladies mentales : malgré leur efficacité thérapeutique, certains centres experts sont menacés de fermeture
03 février 2025
Cannabis et psychose : des liens complexes mais de mieux en mieux compris
Les résultats montrent que, par rapport aux non-consommateurs, les consommateurs de cannabis ont davantage de troubles du SSATP, avec un impact plus important sur leur qualité de vie. De plus, la fréquence des troubles du SSATP et les difficultés associées aux symptômes seraient plus importantes dans la période précédant l’initiation de la consommation de cannabis.
Cette observation favorise l’hypothèse d’un usage du cannabis en « automédication » plutôt que celle du cannabis comme facteur de risque de la pathologie psychiatrique, mais la question mérite d’être approfondie.
L’usage de cannabis a été associé à la survenue de psychose chez les adolescents, multipliant le risque par 2 à 4 fois, un risque d’autant plus important que la consommation a débuté tôt. Comprendre le lien entre l'initiation de la consommation de cannabis et le spectre de la schizophrénie et autres troubles psychotiques (SSATP) paraît donc essentiel pour informer sur les risques associés et proposer une politique de prévention adaptée. Plusieurs hypothèses sont actuellement discutées : la première suppose que la consommation de cannabis pourrait contribuer à la survenue de troubles du SSATP (hypothèse facteur de risque), la deuxième qu’il existe des vulnérabilités communes à la consommation de cannabis et aux troubles du SSATP (hypothèse de vulnérabilités partagées) et une troisième considérant l’usage du cannabis comme automédication pour soulager les troubles du SSATP (hypothèse automédication).
Pour tester ces hypothèses et clarifier le lien entre cannabis et SSATP, une équipe américaine a suivi la trajectoire des symptômes du SSATP chez les enfants et adolescents avant et après l’initiation de la consommation de cannabis. Pour ce faire, l’équipe a recruté près de 12 000 adolescents âgés de 9 à 10 ans à l’inclusion, puis les a suivis sur une période de 4 ans (5 périodes d’observation) à partir des données de la cohorte multicentrique Adolescent brain cognitive development (ABCD).
Les participants étaient majoritairement des garçons (52 %) d’origine caucasienne (52 %) de 9,5 ans d’âge moyen. L’observation en fonction du temps, avant et après initiation du cannabis, montre que, quelle que soit la période d’observation considérée, les adolescents qui consommaient du cannabis rapportaient un plus grand nombre de symptômes du SSATP et de difficultés liées à ceux-ci par rapport à ceux qui n’avaient jamais utilisé de cannabis.
Par ailleurs, le nombre de SSATP et de difficultés liées aux symptômes du SSATP augmentait au cours de la période précédant l’initiation de la consommation de cannabis, confortant l’hypothèse d’une consommation à visée d’automédication. De plus, une baisse des symptômes du SSATP et des difficultés associées était bien observée après initiation de la consommation de cannabis, mais l’impact des symptômes réaugmentait par la suite, suggérant une possible contribution du cannabis à l’évolution de la pathologie.
En revanche, il n’y avait pas d’augmentation du nombre de SSATP post-initiation comme on aurait pu s’y attendre si le cannabis avait été un facteur de risque contributif du SSATP.
Cannabis et psychose : des liens complexes mais de mieux en mieux compris
26 novembre 2024
[Livre] : À l'aube de la folie
Biographie de l'auteur :
Ibrahima Ba était en dernière année de lycée en Mauritanie lorsqu’il a été victime d’une crise psychotique. Grâce à Dieu et à sa détermination, il a pu s’en sortir. Aujourd’hui, il est étudiant en informatique et pair-aidant.
Synopsis :
Murielle et Benjamin ont été ébranlés par l’épreuve de la maladie mentale et cherchent courageusement un sens à leur épreuve et à leur vie mais aussi la guérison et l’équilibre psychique. Leur histoire fait écho à tous ceux qui ont connu l’enfer psychiatrique qui déshumanise les patients et les traitent comme des cobayes en les ingurgitant de force des drogues qui les transforment en zombie et à tous ceux qui à cause de leur trouble psychologique sont traités de manière indigne ils sont enfermés à vie ou délaissé par leur famille et livrés à eux-mêmes.
Notre négligence à leur égard est bien un miroir qui montre notre degré d’humanité.
03 octobre 2024
CinéPsy : "La vie de ma mère"
Nous vous rappelons notre prochain ciné-débat, organisé en partenariat avec CinéPsy (internes en psychiatrie), autour du film "La vie de ma mère" de Julien Carpentier avec Agnès Jaoui et William Lebghil.
Pierre, 33 ans, fleuriste à succès, voit sa vie basculer lorsque sa mère, Judith, fantasque et excessive, débarque dans sa vie après deux ans sans se voir. Pierre n’a qu’une idée, reprendre le cours normal de sa vie, mais rien ne se passe comme prévu. Leurs retrouvailles, aussi inattendues qu’explosives, vont transformer Pierre et Judith à jamais.
Vous pouvez réserver votre place dès maintenant par retour de mail pour bénéficier du tarif partenaire de 6€. 14 mars 2024
[25 mars] Formation MOOC : "Se rétablir, un vrai délire ?"
Grâce à sa forme ludique, ce MOOC (=Cours d'enseignement diffusé sur Internet) est à la portée d’un large public.
Que vous soyez proches, personnes souffrant d’un trouble psychique, professionnels, étudiants ou simplement sensibles à la problématique du rétablissement, vous trouverez dans ce MOOC des éléments qui éveilleront toute l’importance de la place de la santé mentale dans nos vies.
Découvrez le contenu de ce cours : Semaine 0 - Explications du MOOC (youtube.com)
Lien d'inscription: Accueil | HES-SO Numérique
Durée de la formation : 6 semaines (à distance)
Temps de travail hebdomadaire: 2 h 30 à 3 h
Prix : gratuit
22 février 2024
Forums en ligne sur la paranoïa
samedi 10 février, "du traumatisme au rétablissement" avec Kate Crawford ;
samedi 2 mars, "tracer ma propre route", avec Peter Bullimore ;
samedi 13 avril, "de Belfast à Stafford", avec Mark McManus
Cliquez sur le jour qui vous intéresse pour retrouver toutes les informations pratiques pour vous joindre au Forum ! Et n'oubliez pas aussi nos Forums à Paris et à Blois...
Tout le calendrier se trouve sur www.revfrance.org.
19 janvier 2024
Quand la maladie psychique suivient : ils témoignent
08 septembre 2023
Peut-on vraiment guérir d’un trouble psychique ?
La guérison en médecine signifie la disparition d’une maladie et le retour à l’état de santé antérieur à celle-ci, un retour dit ad integrum, grâce à l’instauration d’une thérapie traitant des causes de la maladie. Cette définition s’adapte bien aux maladies aiguës comme une infection bactérienne ayant, dans la plupart des cas, un début et une fin. Mais cette approche ne peut pas être généralisée : elle est, par exemple, mise à mal avec les maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, les troubles thyroïdiens… Dans ce cadre, les interventions soignantes ont pour objectif de limiter les manifestations de la maladie et ses impacts, faute de la faire disparaître. Par ailleurs, les progrès de la médecine permettent de guérir des maladies qui étaient jusque-là fatales, ou de les transformer en maladies chroniques avec lesquelles on peut vivre (comme certains cancers).
07 juillet 2023
Médias et psychiatrie – mémo à l’usage des journalistes
l’AJIR PSY : Association de Journalistes pour une Information Responsable – PSY
l’ODI : Observatoire de Déontologie de l’Information
avec le soutien de la Fondation de France.
03 juin 2023
[Evénement] : Le handicap psychique dans la lumière
Le CREHPSY Grand Est et l’association Route Nouvelle Alsace ont organisé une projection de courts métrages, jeudi 1° juin, sur le handicap psychique et la santé mentale.
Cette projection de cinq courts métrages a réuni des partenaires associatifs et des usagers dans la salle des conseils de l’Eurométropole. Plusieurs thématiques autour de la santé mentale et du handicap psychique ont été abordées lors de cette rencontre où vidéos et témoignages ont animé le débat.
"La vidéothèque est le moyen de faire passer un message, en plus du centre de ressources pour informer", a expliqué Charles Necol, représentant du CREHPSY et de la Route Nouvelle Alsace.
Ces films de différents formats, stop motion , clip publicitaire ou fiction réalisée avec des comédiens, vont être diffusés sur le site du CREHPSY ou sur les réseaux sociaux pour une plus grande visibilité. Ce projet est soutenu par l’ARS, dont la directrice Stéphanie Jaeggy a souligné la nécessité du dépistage, des soins et de l’accompagnement des personnes en rupture économique et sociale.
Les courts métrages, introduits par les réalisateurs ou les témoins, ont apporté des réflexions sur les thèmes : "Osez en parler", "Bipolarité au travail", "Accompagnement vers et dans le logement", "Parcours de rétablissement".
Une fiction intitulée "Un cow-boy dans la tête" a montré un exemple de schizophrénie et a déjà été projetée à des festivals.
Des personnes atteintes de handicap psychique ont collaboré au tournage
Des personnes atteintes de handicap psychique ont collaboré au tournage ou au scénario de ces vidéos et le stop motion a permis à un groupe de jeunes de s’impliquer, a précisé Sophie Rouschmeyer, chargée de mission.
L’adjoint municipal à la santé Alexandre Feltz a annoncé un colloque « art-santé » pour la rentrée et le projet d’une maison de santé mentale à venir.
D’autres films devraient être encore disponibles. Les professionnels de santé intéressés peuvent nous contacter avec des idées ou des propositions (contact67@crehpsy-grandest.fr), a ajouté Charles Necol.
29 mai 2023
[Réflexion] : Le pouvoir des mots
La psychiatrie est un monde qui écope de nombreuses critiques. Beaucoup de services de psychiatrie sont dans un état déplorable, des alertes de pénurie de soignants remontent tous les jours, les pratiques d’isolement ne sont toujours pas de dernier recours. Cette situation est intolérable. Mais nous n’aurons pas des soignants par un coup de baguette magique. Alors ? Il est l’heure d’oser d’autres formes de soins et d’accompagnements. Côté patient et entourage, on attend le déploiement des pépites qui nous ont été présentées dans le cadre du fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie. Portons ces mots haut et fort. Faisons connaître ces bonnes pratiques.
Il y a aussi les mots qui ne sont pas prononcés… Une situation qui efface les personnes. Le psychiatre Lucien Bonnafé a dit : "On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous". A l’heure où nous clôturons cette lettre, nous nous interrogeons. Quel degré de civilisation dans une société qui amalgame troubles psychiques et violence, qui ne pose pas le sujet de la compensation du handicap psychique, qui efface les usagers de la psychiatrie des discours politiques, qui précarise les familles et jette à la rue, voire en prison ceux qui n’en ont plus ?
01 janvier 2023
Site encyclopédique : Santé sur le Net
Santé sur le Net propose un large réseau de sites spécialisés pour répondre à vos questions sur diverses pathologies. Notre plateforme santé contient 21 sites de e-santé et traite des maladies telles que l’arthrose, l’ostéoporose, la lombalgie, la schizophrénie, l’anxiété, l’hypersomnie, la dépression, l’obésité.
Notre priorité est d’apporter une information médicale pertinente et fiable. Une plateforme de tests de santé : Health Advisor, est également mise à votre disposition pour évaluer votre condition de santé. Toutefois aucune information médicale sur internet ne remplace l’avis et/ou le diagnostic d’un professionnel de santé.
Accès direct à tous les troubles du psychisme :

16 décembre 2022
Appel à projet 2023 : "Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale"
Elle entend soutenir des initiatives s’appuyant concrètement sur un travail d’accompagnement concerté entre le médical, le social et le médico-social.
Date limite de réception des dossiers : 22 février 2023
10 décembre 2022
Schizophrénie, diabète... Au Japon, des malades militent pour changer le nom de leur maladie
Selon une grande consultation lancée dans une association des malades du diabète, 80% d'entre eux sont favorables à un changement de nom.
Changer le nom de certaines maladies qui souffrent d'une mauvaise réputation, c'est le débat qui monte au Japon dans la communauté médicale. De plus en plus de patients expliquent qu’ils doivent affronter en permanence deux choses : la maladie et le regard des autres, qui interprètent inconsciemment la désignation de leur affection. Schizophrénie, démence, variole du singe... C'est le plaidoyer de plusieurs associations de malades au Japon, notamment ceux du diabète. L'association a organisé une grande consultation des patients : 80% d’entre eux ont expliqué qu’ils étaient favorables à un changement rapide du nom de leur maladie.
Pour comprendre, il faut parler un peu japonais. La maladie que l’on connaît en France sous le nom de diabète s’appelle ici "to nyon byo", soit la “maladie de l’urine sucrée". Pourquoi ? Car, il y a très longtemps, des médecins avaient observé que les fourmis semblaient attirées par le goût sucré de l’urine des personnes atteintes de cette maladie. Depuis, on sait que c'est faux : tous les malades du diabète ne relâchent pas du glucose dans leur urine. Mais le nom est resté. Les patients expliquent que le mot "urine" dans le nom de leur maladie porte une image sale qui leur colle à la peau, comme si leur affection était liée à un style de vie négligé.
Réflexion mondiale
Pour changer le nom d'une maladie, il faut l'accord de la communauté médicale et le lancement d’une procédure par le ministère de la Santé. D’autres malades ont déjà réussi, dans le passé, à changer le nom de leur maladie au Japon, bien que le processus soit lent. En 2002, ils ont par exemple transformé l’appellation de la schizophrénie. On parlait avant de “seishin bunretsu byo", soit "la maladie de l’esprit divisé". On dit maintenant “togo shiccho sho”, qui signifie "le trouble de la perte de coordination", qui est beaucoup moins effrayant. Dans le même esprit, certains médecins japonais proposent de rebaptiser le diabète en "kokettosho", c'est-à-dire "la maladie du surplus de sucre dans le sang".
D'autres pays réfléchissent à faire ces changements. En France, des familles militent actuellement pour le changement du nom de la schizophrénie. Ce mot ferait trop peur car il apparaît souvent, dans les médias, dans des affaires de tueurs en série ou autre. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé est elle aussi souvent sollicitée. Elle a d’ailleurs annoncé qu’elle allait débaptiser la variole du singe, beaucoup trop stigmatisant pour les malades. Progressivement, il faudra parler non plus de variole du singe mais de “mpox”, beaucoup plus neutre et moins blessant pour les personnes qui en souffrent.
12 novembre 2022
[Polémique] : Marianne titre "Les fous sont dans la rue"
Le 26 octobre 2022, l'hebdomadaire Marianne publie une "Une" qui fait couler beaucoup d'encre… Le titre, au ton provocateur, marque de fabrique du journal d'opinion, se détache d'une photo représentant une ombre angoissante, tout droit sortie d'un film d'horreur. Le sous-titre annonce le dossier majeur abordé dans ce numéro : "40 ans d'abandon de la psychiatrie", avec en pied de page, le détail du sommaire : "La meurtrière de Lola sera-t-elle jugée ?", "Migrants, SDF, détenus : de la souffrance au passage à l'acte".
La stigmatisation des troubles psychiques
Les réactions de lecteurs ne se font pas attendre. C'est le choc. Une pétition sur le site Change.org est même diffusée, réclamant la « fin de la stigmatisation par les médias des personnes avec des souffrances psychiques ». Sur Twitter, de nombreuses associations du secteur de la santé mentale montent au créneau. Parmi elles, le Clubhouse, lieu ressource pour les personnes avec un handicap psychique (article en lien ci-dessous). « Votre couverture est une honte. Peu importe la qualité de l'article à l'intérieur. Nous ne vous remercions pas ! », tonnent ses dirigeants. Boris Nicolle, un psychiatre suivi par plusieurs centaines d'abonnés, s'est lui aussi fendu d'un tweet accusateur : « La une, indépendamment du contenu, est problématique en soi ». Un point de vue que partage Marie-Jeanne Richard, présidente de l'Unafam, jointe par Handicap.fr.
« Jouer avec les peurs du grand public »
Si elle a pris « le temps de lire l'intégralité du dossier » avant de s'exprimer, elle reconnaît l'aspect « psychophobe et stigmatisant » de la titraille. « C'est une manière de surfer sur les préjugés et de jouer avec les peurs du grand public. » Tout en nuançant : « Le dossier n'est pas trop mal en soi. Il aborde des réalités : la crise du secteur de la psychiatrie, les fortes disparités géographiques ou encore la question de la réouverture des lits. Encore faut-il prendre le temps d'aller au-delà du titre, ce que peu de gens font. Et c'est là que le bât blesse », reconnaît Marie-Jeanne Richard. Le cas Marianne soulève ainsi trois problématiques. D'abord, le mélange de sujets qui nourrit l'amalgame. Les migrants, SDF, détenus sont tous mis sur le même plan. Regroupés sous le qualificatif « les fous », ils incarnent ce groupe d'individus historiquement mis au ban de la société, considérés comme « dangereux, marginaux et non intégrés ». « C'est faire croire que la psychiatrie n'est à destination que d'un public, déjà stigmatisé. Or 90 % des personnes avec un handicap psychique vivent dans la cité », corrige Marie-Jeanne Richard.
Le poids des mots
Par ailleurs, le titre interroge sur l'emploi du terme « fous ». Est-il oui ou non stigmatisant ? L'Unafam a par exemple fait le choix de le proscrire contrairement au terme « folie », plus générique. Enfin, le problème de l'urgence médiatique se joue en toile de fond : « Pour l'affaire Lola, on n'a même pas attendu les conclusions des psychiatres. On devrait pouvoir leur laisser le temps de faire leur travail et ainsi éviter une surenchère agressive qui cristallise les peurs », admet Marie-Jeanne Richard. D'où l'importance de choisir les bons mots. Pour lutter contre la stigmatisation, l'Unafam a lancé le 10 octobre 2022 une campagne via le hashtag #ParlonsEnAutrement et un spot vidéo sur le mésusage du terme « schizophrénie » dans le champ politique (article en lien ci-dessous).









