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22 mai 2026

"La radicalisation n’est pas un trouble psychiatrique !"

L’Assemblée nationale a adopté, le 5 mai une proposition de loi controversée qui vise à prévenir les risques d’attentat. 

Le texte, censé combler les "angles morts" du droit, crée une confusion entre radicalisation et troubles psychiques selon un collectif de vingt-neuf organisations de professionnels de la santé mentale et d’usagers. Dans un nouveau communiqué, ils réaffirment que "la radicalisation n’est pas un trouble psychiatrique" et rappellent leur ferme opposition à ce projet de loi qui doit être examiné en séance publique au Sénat à compter du 20 mai ...

01 avril 2026

Aides sociales : ce qui change en 2026

La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026.

Elle revalorise les aides sociales à hauteur de l’inflation (+0,9 %) au 1er avril 2026. Sont concernés :

- le RSA (Revenu de solidarité active) qui passe à 653,33 euros par mois,
- l'AAH (Allocation aux adultes handicapés) qui passe à 1 042,62 euros par mois,
- l'APL (Aide personnalisée au logement), dont le montant varie selon la situation des ménages,
- les allocations familiales, dont les montants varient selon la situation des ménages.

Évaluez vos droits à des prestations sociales en quelques clics | economie.gouv.fr

13 mars 2026

Antipsychotiques : des médicaments autorisés en Europe… mais pas encore en France

Autorisé au niveau européen, un médicament peut être prescrit en Allemagne, en Italie ou en Espagne tout en restant hors de portée des patients français pendant des mois, parfois des années. C’est le cas de plusieurs antipsychotiques de nouvelle génération. Une succession de procédures d’évaluation, de négociations de prix et de décisions de remboursement ralentit leur arrivée dans l’Hexagone.

Pourquoi ?

Tout savoir, tout comprendre ====> ICI

12 février 2026

L'effectivité des voies de recours en psychiatrie

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté publie un rapport thématique sur
"L'effectivité des voies de recours en psychiatrie".


Publié le 22/01/2026

Depuis le début des années 2010, des décisions du Conseil constitutionnel ont progressivement contraint le législateur à renforcer l’encadrement du recours aux soins psychiatriques sans consentement et à le soumettre à un contrôle juridictionnel. Par la suite, une définition du recours à l’isolement et à la contention en psychiatrie a été inscrite dans le code de la santé publique et ces mesures ont également été soumises au contrôle du juge.

En France, en 2022, 285 947 personnes majeures ont été hospitalisées à temps plein en psychiatrie, dont 76 000 sans leur consentement. Lors de ses visites, le CGLPL constate de nombreuses atteintes aux droits des patients, en particulier concernant leur liberté d’aller et de venir et le recours à des mesures d’isolement et de contention hors du cadre strict défini par le code de la santé publique. Certains dysfonctionnements s’expliquent, au moins en partie, par la crise que traverse aujourd’hui la psychiatrie française, s’agissant tant de conditions d’accès dégradées, de la pénurie de moyens ou encore d’inégalités territoriales.

Le CGLPL a souhaité procéder à une évaluation de l’effectivité de ce contrôle juridictionnel et examiner les autres voies contentieuses permettant l’amélioration de la situation des patients en soins sans consentement, étant précisé que le recours contentieux ne saurait constituer l’unique réponse au besoin de protection des droits fondamentaux.

La protection des droits des patients hospitalisés sans leur consentement passe par l’amélioration de la prise en compte de ces droits dans le cadre de la procédure de contrôle juridictionnel existante et par le développement d’autres types de contentieux de nature à contribuer à une évolution des pratiques. De telles évolutions ne sauraient toutefois se passer du déploiement d’une politique ambitieuse de moindre recours aux soins sans consentement et aux mesures d’isolement et de contention.

Ce rapport présente les voies de contrôle juridictionnel prévues par le droit au bénéfice des patients placés en soins sans consentement ou objet de mesures d’isolement et de contention, dresse un bilan de leurs effets sur les droits des patients et propose diverses pistes d’évolution pour renforcer ces effets.

Télécharger le rapport dans son intégralité

L'effectivité des voies de recours en psychiatrie - CGLPL

23 janvier 2026

Loi sur les centres experts en santé mentale : le Sénat valide, d’autres fustigent

Jean-Bernard Gervais ; 30 décembre 2025

Le 16 décembre, le Sénat a adopté la proposition de loi déposée par le sénateur médecin Alain Milon, sur l’intégration des centres experts en santé mentale dans le code de santé publique. Ce vote favorable intervient malgré l’opposition de nombreux psychiatres et psychologues pour lesquels l’efficacité de tels centres est contestée.

Dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi polémique, Alain Milon (Les Républicains) rappelle que la psychiatrie française est organisée en secteurs "d’environ 70 000 personnes", "offrant un panier de soins intra et extra hospitalier" pour une prise en charge de proximité.

« Cependant, l'accès tardif aux soins ne garantit ni une prévention satisfaisante, ni une prise en charge spécialisée par pathologie, ni une prise en charge des comorbidités somatiques conduisant à une mortalité prématurée pour les patients concernés », relève Alain Milon.

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16 septembre 2025

Point de situation sur l’approvisionnement en médicaments psychotropes en France au 4 septembre

L’ANSM a réuni le 4 septembre 2025, pour le septième mois consécutif, les représentants des professionnels de santé, des patients et les acteurs de la chaîne du médicament afin de réaliser un point de situation sur les approvisionnements au niveau national, de recueillir les remontées de terrain de chaque acteur et d’échanger sur les actions menées et à venir.

Ces rencontres mensuelles sont organisées dans le cadre de la mobilisation de l’ANSM dans la lutte contre les pénuries en psychotropes.

Quétiapine

La situation reste stable pour la quétiapine 50 mg LP. La couverture des besoins est assurée. Néanmoins, nous maintenons notre recommandation de ne pas reporter les prescriptions et dispensations sur les médicaments à base de quétiapine LP 50 mg pour les patients qui ne sont habituellement pas traités par ce dosage, car les quantités disponibles ne permettraient pas de couvrir un report massif.

Au regard des remontées de terrain concernant l’obligation de dispensation à l’unité (à la plaquette) de la quétiapine 50 mg LP, nous rappelons aux pharmaciens qu’ils peuvent délivrer jusqu’à un mois de traitement en une seule fois dès lors que la prescription médicale le permet. Il est donc possible de dispenser plus d’une plaquette à la fois, dans la limite de la posologie prescrite.

Les médicaments à base de quétiapine à libération prolongée (LP) 300 mg et 400 mg sont de nouveau en forte tension du fait d’un retard ponctuel d’approvisionnement.
D’après les informations transmises par les laboratoires, les approvisionnements devraient reprendre à partir de début octobre 2025 et les médicaments à base de quétiapine 300 mg et 400 mg devraient alors être disponibles en pharmacie à partir de fin octobre 2025. Ces informations, régulièrement mises à jour, sont disponibles dans le dossier santé mentale.
En cas d’indisponibilité des médicaments à base de quétiapine, nous rappelons que le dispositif de préparation magistrale est toujours actif. Il permet aux pharmaciens, selon les recommandations de l’ANSM, de remplacer les médicaments à base de quétiapine à libération prolongée par des gélules de quétiapine à libération immédiate de 50 mg, 100 mg et/ou 150 mg.

L’ANSM a également entamé les démarches afin de réactiver le mécanisme européen de solidarité afin d’explorer de nouvelles pistes d’importations.

En prévision des difficultés accrues des prochaines semaines, nous demandons aux prescripteurs de continuer à :
- Ne pas initier de traitement par quétiapine à libération prolongée (LP), sauf pour les patients présentant un épisode dépressif caractérisé dans le cadre d’un trouble bipolaire ;

- Privilégier une alternative adaptée, selon la situation du patient, dès que cela est possible.

Recommandations d’alternatives thérapeutiques à la quétiapine

Téralithe (lithium)

Pour le Téralithe 400 mg LP (lithium), les difficultés persistent en raison d’un retard sur le site de conditionnement. Ceci se traduit par des difficultés importantes au niveau des officines. Des approvisionnements sont annoncés en septembre par le laboratoire et des médicaments devraient être disponibles en pharmacie début octobre. Nous avons demandé au laboratoire de mettre en place un stock de dépannage d’urgence en ville et à l’hôpital. Le laboratoire a également renforcé la limitation du nombre de boîtes distribuées aux pharmacies afin d’éviter les phénomènes de surstockage.
Concernant le Téralithe 250 mg LI (lithium), la couverture des besoins reste assurée.

Sertraline

La situation des médicaments contenant de la sertraline 25 mg et 50 mg se stabilise et les stocks de la chaîne d’approvisionnement se reconstituent progressivement. Des tensions locales peuvent persister, le temps que les besoins soient couverts sur l’ensemble du territoire.
Dans ce contexte, la recommandation de remplacement qui permet aux pharmaciens de dispenser, sans qu’une nouvelle prescription soit nécessaire, une préparation magistrale de sertraline en remplacement du médicament prescrit lorsque celui-ci n’est pas disponible, va être prochainement abrogée.

Venlafaxine

Concernant les médicaments à base de Venlafaxine (37,5 mg LP et 75 mg LP), des tensions d’approvisionnement persistent. D’après les informations mises à disposition par les laboratoires, une amélioration est attendue à partir d’octobre 2025.
Nous continuons de suivre la situation de façon très rapprochée, en lien avec les différents acteurs. Nous avons programmé un nouvel échange dans ce format d’ici un mois avec les représentants des associations de patients, des professionnels de santé et des acteurs de la chaîne du médicament.
Pour des informations actualisées sur les approvisionnements des médicaments psychotropes par les laboratoires, nous vous invitons à consulter les tableaux de notre dossier « Santé mentale ».

Actualité - Point de situation sur l’approvisionnement en médicaments psychotropes en France au 4 septembre 2025 - ANSM

27 juin 2025

Analogues du GLP-1 dans l’obésité : l’ANSM ouvre la primoprescription aux généralistes

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) annonce que la prescription des analogues du GLP-1 sera ouverte à tout médecin pour le traitement de l’obésité à partir du 23 juin 2025.

Le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder l’avait annoncé fin mai. C’est chose faite. La primoprescription des analogues du GLP-1 (aGLP-1) dans le traitement de l’obésité est élargie à tout médecin à partir du 23 juin 2025, a annoncé l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Jusqu’ici, seuls les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition ou compétents en nutrition étaient autorisés à réaliser la prescription initiale, ce qui « a pu freiner l’accès pour certains patients, du fait de délais parfois importants pour consulter un spécialiste », explique l’agence sanitaire dans un communiqué.

Wegovy (sémaglutide), Mounjaro (tirzépatide) et Saxenda (liraglutide) sont indiqués dans l’obésité en seconde intention, en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique. « Les aGLP-1 indiqués dans l’obésité ne doivent pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques », rappelle l’ANSM, en raison des effets indésirables parfois graves.

Un dispositif de pharmacovigilance renforcé

C’est pourquoi l’agence maintient « une vigilance élevée sur l’utilisation de ces médicaments et une surveillance renforcée et continue des risques ». Outre les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Montpellier et de Limoges qui mènent une enquête sur cette classe médicamenteuse depuis 2019, le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare en collaboration avec le centre Drugs-SafeR de Bordeaux poursuit des études de pharmaco-épidémiologie (identifier un surrisque, mieux caractériser les effets indésirables). De plus, les laboratoires Novo Nordisk et Eli Lilly, producteurs des aGLP-1 Saxenda et Wegovy pour le premier et du double agoniste des récepteurs du GLP-1 et du GIP Mounjaro pour le second, sont chargés de transmettre un bilan trimestriel sur toutes les données « d’usages non conformes à l’autorisation de mise sur le marché (AMM)* de ces médicaments ».

Des effets indésirables rares et graves ont été décrits, à type de pancréatite, d’occlusion intestinale et de gastroparésie. Plusieurs signaux sont en cours d’investigation : la neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (Noian), qui a été inscrite comme effet indésirable très rare dans le résumé des caractéristiques du produit et la notice du sémaglutide ; grossesse et contraception (des signalements à l’étranger de grossesse font craindre une perte d’efficacité de la contraception orale et des risques pour le fœtus). Par ailleurs, une surveillance à long terme est prévue sur des effets méconnus ou très rares (cancer de la thyroïde, cancers gastro-intestinaux).

Avant un déploiement des prescriptions, des étapes sont encore attendues. Si la Haute Autorité de santé a donné son feu vert en 2024 au remboursement du Wegovy et du Mounjaro, seulement en cas d’IMC ≥ 35 kg/m² pour les deux (c’est-à-dire avec des conditions plus restreintes que l’AMM) – le Saxenda ne faisant pas l’objet d’une prise en charge – , il reste à déterminer leurs prix et remboursement par l’Assurance-maladie. Le gouvernement a par ailleurs annoncé un plan obésité pour la rentrée de septembre pour une prise en charge de cette maladie chronique « sur tous les plans, éducatif, sanitaire, sportif et médicamenteux », avait déclaré Yannick Neuder en marge d’une visite de l’usine Novo Nordisk à Chartres.

Analogues du GLP-1 dans l’obésité : l’ANSM ouvre la primoprescription aux généralistes | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Médecine générale

21 mai 2025

Le gouvernement lance la mission "Santé des personnes en situation de handicap"

"Le gouvernement est pleinement mobilisé pour faire de la santé un droit réel et effectif pour toutes les personnes en situation de handicap. Cette mission est une étape clé pour bâtir un système de santé plus accessible, plus inclusif et plus juste".

À la suite des engagements pris lors de la Conférence nationale du handicap (CNH) du 26 avril 2023, le Gouvernement lance une mission dédiée à l’amélioration de l’accès aux soins et à la prévention pour les personnes en situation de handicap. Un rapport d’étape sera remis dès l’été 2025 et un comité d’experts viendra en appui de la mission pour appuyer ses travaux.

Sous l’impulsion de Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, de Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, et de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre chargée de l’Autonomie et du Handicap, cette mission vise à lever les obstacles qui entravent encore trop souvent la santé des personnes en situation de handicap. La lettre de mission est adressée à quatre personnalités : Laure-Marie Issanchou, directrice santé à la Fédération nationale de la Mutualité française, Carla Magaud, vice-présidente en charge de la communication et du handicap à l’Intersyndicale des internes en médecine, Françoise Thomas-Vialettes, présidente de Epipair formation, et Christine Gardel, inspectrice générale des affaires sociales.

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15 avril 2025

Légalisation du cannabis récréatif : pourquoi l’Académie de médecine réitère-t-elle son opposition ?

L’Académie nationale de médecine a répété, dans un communiqué du 9 avril 2025*, son opposition à une éventuelle légalisation de l’usage récréatif du cannabis, nouveaux arguments à l’appui. Alors que la question de cette légalisation s’invite régulièrement dans le débat public, l’Académie justifie sa position à l’aide de plusieurs études menées dans d’autres pays où le cannabis est légalisé, notamment au Canada depuis 2018.

Des risques accrus de schizophrénie

Dans la revue Jama, une étude publiée le 4 février 2025 s’est penchée sur les risques de schizophrénie liés à l’usage du cannabis. Selon les résultats, sur une cohorte de plus de 1,3 million de personnes, « la fraction de troubles liés à la consommation de cannabis associés à la schizophrénie, attribuable à la population, a augmenté de manière significative, passant de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation ».

Une hausse de la consommation

L’Académie nationale de médecine avance en outre que le nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes en Ontario a augmenté, entre 12 et 22 %, après la légalisation.

Quant au niveau de consommation, elle a augmenté selon une étude réalisée aux Etats-Unis et publiée en 2024 dans la revue Addiction. « De 1992 à 2022, le taux par habitant de déclaration d'une consommation quotidienne ou quasi quotidienne a été multiplié par 15 », notent les auteurs. « En 2022, les consommateurs de cannabis au cours du mois précédent étaient près de quatre fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne ou quasi quotidienne (42,3 % contre 10,9 % en 1992) et 7,4 fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne (28,2 % contre 3,8 %) ».

Les académiciens recommandent de maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis « compte tenu de tous ses effets toxiques » et « d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue ».

*La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique – Académie nationale de médecine | Une institution dans son temps

Légalisation du cannabis récréatif : pourquoi l’Académie de médecine réitère-t-elle son opposition ?

07 février 2025

Indisponibilité des spécialités de quétiapine LP : premières consignes et plan d'action de l'ANSM

Les tensions en quétiapine LP (XEROQUEL LP et ses génériques) sont annoncées pour une durée indéterminée. L'ANSM demande de ne plus initier de traitement avec ce médicament, sauf cas particulier, et étudie plusieurs pistes pour permettre la continuité des traitements en cours.

Résumé

En psychiatrie, le marché des spécialités quétiapine comprimé à libération prolongée (XEROQUEL LP et génériques) est sous tension depuis plusieurs mois. Toutes les références sont concernées.

Les premières mesures prises par l'ANSM pour éviter une rupture totale sont :

- le contingentement de la distribution en pharmacie de ville ;

- l'arrêt des initiations de traitement, sauf pour les patients présentant un épisode dépressif caractérisé dans le cadre d'un trouble bipolaire ;

- le recours aux autres solutions médicamenteuses disponibles : l'ANSM les a listées indication par indication, en écartant les molécules faisant l'objet de difficultés d'approvisionnement.

L'ANSM et les laboratoires étudient d'autres pistes pour permettre la continuité des traitements déjà en cours :

- l'importation de spécialités de quétiapine à libération prolongée ou à libération immédiate (forme galénique non disponible en France) ;

- le recours aux préparations magistrales de quétiapine à libération immédiate.

Indisponibilité des spécialités de quétiapine LP : premières consignes et plan d'action de l'ANSM

Quétiapine : lettre ouverte de l’Unafam au ministre de la santé

Face aux conséquences néfastes liées à la pénurie totale de quétiapine sur l'ensemble du territoire français, l'Unafam vient d’adresser une lettre ouverte au Ministre de la Santé, Monsieur Yannick Neuder.

Cette lettre détaille la situation et ses implications critiques pour les personnes concernées et appelle à une réponse immédiate pour mettre fin à cette situation délétère.

Lire la lettre

05 février 2025

Anniversaire de la loi "Handicap" du 11 février 2005 : quel bilan 20 ans plus tard ?

Communiqué de presse du Collectif Handicap Paris, le 14 janvier 2025

Communique-de-presse-Anniversaire-de-la-loi-handicap-du-11-fevrier-2005-.pdf

Le 11 février 2005, la promulgation de la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées suscitait l’espoir d’un avenir meilleur pour les personnes concernées. À l’occasion de ses vingt ans, les 54 associations du Collectif Handicaps ont dressé le bilan de l’application de cette grande loi.

Un rassemblement national est organisé le 

10 février à partir de 17h30 à Paris, Place de la République, 

avec l’ensemble des membres du Collectif Handicaps et diverses personnalités. N’hésitez pas à y prendre part ou à le suivre à distance.

Loi du 11 février 2005 : quel bilan 20 ans plus tard ? - Collectif Handicaps

23 décembre 2024

Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues

Dans un guide de bonnes pratiques, la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) précise les grands principes pour la prise en charge des personnes détenues hospitalisés sans consentement en psychiatrie. Le document rappelle leurs droits fondamentaux et décline des modalités concrètes d’organisation.

Mieux prendre en charge les personnes détenues hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement nécessitent de mieux connaître le profil de ces patients et leurs statuts, afin d’éviter la stigmatisation, rappelle la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans un guide de bonnes pratiques publié via le Bulletin officiel Santé, protection sociale, solidarité. Issu d’un groupe de travail sur la santé mentale des détenus, ce document d’une trentaine de pages précise les modalités d’organisation de ses prises en charge particulières dans les services de psychiatrie ou les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA).

Assorti de quelques vignettes cliniques ou retours d’expériences, il se découpe en quatre grands chapitres :

Le parcours des personnes détenues relève à la fois du judiciaire (les différents établissements pénitentiaires sont précisés : maison d’arrêt, centres de détention, centres pour mineurs…) et du sanitaire. Les soins aux détenus doivent être équivalents à ceux prodigués à la population en milieu libre. La vocation d’abord « thérapeutique » est rappelé, ce qui suppose de chercher à établir une relation de confiance et de recherche le consentement libre et éclairé de la personne.

 Les droits du patients sont les mêmes que n’importe quel patient, « en tenant compte des restrictions liées à leur statut » et à leur état de santé. En cas de soins sans consentement, les détenus doivent être informés des diverses voies de recours et peuvent notamment alerter le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).

 Les relations partenariales et la communication entre acteurs sanitaires et pénitentiaires concernent notamment la transmission des informations et le respect du secret médical. L’importance des relais avant, pendant et après l’hospitalisation est pointée pour éviter les ruptures de soins.

L’organisation matérielle rappelle les conduites à tenir en cas d’incidents (sortie non prévue, vol…) et règles de transport : selon la situation de la personne, elles différent dans l’organisation et le type d’escorte (agents pénitentiaires seuls, personnels hospitaliers seuls ou escorte mixte).

Note d’information n° DGOS/P3/2024/161 du 4 nov. 2024, BO SPSS,n° 2024/31 du 15 nov. 2024, portant guide des bonnes pratiques et principes fondamentaux relatifs à la prise en charge en soins psychiatriques sans consentement des patients détenus au sein d’établissements de santé autorisés en psychiatrie, selon les dispositions de l’article R. 6111-40-5 du Code de la santé publique, https://sante.gouv.fr

Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues - Santé Mentale

09 décembre 2024

[Santé] : Le reste à charge des malades "largement sous-évalué", risque encore de s'alourdir, alertent les associations

Le reste à charge des malades - après remboursement de l'Assurance maladie et des complémentaires - est "largement sous-évalué", avoisinant les 2.000 euros annuels par personne, selon une enquête publiée ce mercredi par France Assos Santé, qui prévient d'une "aggravation" à venir en 2025. Il existe d'une part les frais de santé "officiels", évalués par les pouvoirs publics via un indicateur comprenant "tout ce qui est partiellement remboursé par l'Assurance maladie" : soins hospitaliers, consultations médicales, transports sanitaires, médicaments... Selon cet indicateur, le reste à charge annuel des patients s'élève en moyenne à 274 euros.

Mais pour la fédération d'associations France Assos Santé, la plus grosse part du reste à charge est "invisible" car non reconnue par ces statistiques officielles. Selon un sondage réalisé entre septembre et octobre auprès de 3.100 personnes (dont 11,4% répondaient pour un proche), ce "coût caché" atteint 1.557 euros annuels par personne, et même 1.623 euros pour les malades en affection longue durée (ALD).

Les frais évoqués comprennent le matériel médical non remboursé (aiguilles, bandages, fauteuils roulants, lits médicalisés...), les frais dits "de confort" (crèmes non remboursées, prothèses capillaires...), l'adaptation du cadre de vie, certains frais de transport, d'alimentation (produits diététiques, compléments alimentaires...), liés au sport-santé (activité physique adaptée...) ou l'accompagnement humain, administratif et juridique nécessaire aux malades.

France Assos Santé y inclut aussi - pour 310 euros annuels en moyenne - des soins dits "complémentaires" chez des professionnels non remboursés comme les psychologues, diététiciens, psychomotriciens, mais aussi des ostéopathes, acupuncteurs ou sophrologues.

"Les personnes qui rencontrent les coûts cachés les plus élevés sont en situation de handicap moteur ou psychique (respectivement 2.535 euros et 1.999 euros annuels) ou souffrent de douleurs chroniques (1.972 euros)", précise la fédération dans un communiqué. Plus de la moitié des répondants (53,2%) ont indiqué avoir, au cours des 12 derniers mois, renoncé à des soins ou produits non remboursés pour raisons financières.

"Tout porte à croire, au vu des dernières mesures annoncées par le gouvernement" dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2025, "que les restes à charge 'officiels' et les cotisations pour les complémentaires santé vont augmenter", alourdissant encore "l'ardoise globale, déplore France Assos Santé. Le gouvernement prévoit notamment d'abaisser le niveau de remboursement de l'Assurance maladie sur les consultations médicales et les médicaments, ou encore le plafond d'indemnisation des arrêts maladie.

France Assos Santé précise que certaines catégories de population sont sur-représentées dans son enquête, comme les femmes, cadres, personnes retraitées ou atteintes de douleurs chroniques.

Santé : le reste à charge des malades "largement sous-évalué", risque encore de s'alourdir, alertent les associations - France Bleu

16 juillet 2024

Flamme olympique : des patients de psychiatrie privés de sortie ! [La suite...]

Mise à jour 11 juillet : pour la CGLPL (Contrôleure générale des lieux de privation de liberté), les contraintes liées au maintien de l'ordre ne sauraient justifier des atteintes systématiques aux droits des patients.

La Contrôleure a mis en ligne le courrier adressé au ministère de l'Intérieur le 24 juin, qui n'a pas apporté de réponse. Elle pointe plusieurs instructions données par différentes préfectures à des établissements de santé mentale, visant à restreindre les droits des patients hospitalisés sur demande du représentant de l’Etat (SDRE). Ces instructions, justifiées par le passage de la flamme olympique dans les villes concernées, tendent à restreindre de manière significative les possibilités d’octroi à ces patients d’autorisations de sortie. « Les contraintes en termes de maintien de l'ordre et de garantie de la sécurité dans le contexte des festivités entourant l'organisation des jeux olympiques et paralympiques de Paris ne sauraient justifier que soient portées des atteintes systématiques et indifférenciées aux droits fondamentaux des patients hospitalisés sans leur consentement, pas plus qu'à ceux de toute autre catégorie de personnes privées de liberté ».

Flamme olympique : des patients de psychiatrie privés de sortie ! - Santé Mentale (santementale.fr)

12 juillet 2024

[Important] : Propositions de modification des règles de prescription et de surveillance de la Clozapine

Dans un communiqué, les Collèges nationaux professionnels (CNP), Sociétés savantes de gériatrie, neurologie, pharmacie, pharmacologie et thérapeutique, médecine générale et psychiatrie, et associations de personnes concernées demandent d’assouplir les conditions de prescriptions et de surveillance hématologiques de la Clozapine. Ces modalités constituent en effet des freins notoires à son usage, en particulier dans le contexte sanitaire actuel où l’accès aux soins est de plus en plus complexe. Ce projet est portée par le groupe d’expert français Task Force Clozapine.

Cette Task Force Clozapine, qui réunit des médecins gériatres, neurologues et psychiatres, a été constituée afin de faire évoluer cette réglementation pour favoriser l’accès à la clozapine, avec le soutien de la Délégation Ministérielle à la Santé Mentale et à la Psychiatrie. Coordination : Pr Hélène VERDOUX (Bordeaux) et Dr Alexis LEPETIT (Lyon).


Lire le communiqué complet (pdf):

Lire l'article sur le site de santementale.fr : 

25 mai 2024

[Handicap] : 50 000 solutions nouvelles, Attal précise !

50 000 solutions nouvelles pour accompagner les personnes handicapées d'ici 2030, avec une priorité vers le milieu ordinaire. Quoi de neuf ? Quel public ciblé ? Gabriel Attal fait le point lors de son premier Comité interministériel du handicap.

Dotées d'1,5 milliard d'euros, ces 50 000 solutions nouvelles promises d'ici 2030 seront « tournées vers l'insertion en milieu ordinaire, fournissant un accompagnement adapté, tout en réduisant les tensions dans les départements les moins dotés, notamment en Ile-de-France et dans les territoires ultra-marins », selon Gabriel Attal qui réaffirme sa feuille de route à l'occasion de son premier Comité interministériel du handicap le 16 mai 2024 (Comité interministériel du handicap : 16 mai 2024 à Matignon).

Quel calendrier ?

Dès l'automne 2023, des crédits ont été attribués aux agences régionales de santé (ARS). La ministre chargée des Personnes handicapées, Fadila Khattabi, a installé, en décembre 2023, un comité national de pilotage de la transformation de l'offre qui se réunit deux fois par an pour suivre le travail engagé sur le terrain. Le prochain aura lieu en juillet 2024. L'ensemble des diagnostics territoriaux seront achevés au printemps 2024. Des appels à projets ont été lancés pour faire émerger une offre nouvelle dès cette année : l'Ile-de-France avec le plan Inclus'IF 2030, la Normandie avec Normhandi'cap et la région PACA avec PAC'Ambition. Pour l'Ile-de-France, 2 000 solutions sont ainsi déjà programmées.

Dans les temps ?

Le gouvernement se dit « dans les temps » même s'il consent qu'il doit « redoubler d'efforts pour être au rendez-vous sur tous les territoires ». Pour l'Unapei, les choses ne sont pas si fluides. Selon cette association dédiée aux personnes avec un handicap mental, il n'y a « pas de concertation, pas de transparence, pas de calendrier », assurant que « certains acteurs au sein des ARS ne sont même pas au courant » et déplorant des « situations très disparates d'une région à l'autre ». Elle ajoute que « les ouvertures porteraient davantage sur la finalisation de projets déjà en cours et l'extension de places dans des établissements existants plutôt que sur des créations ex nihilo ».

Des publics prioritaires

Ce plan cible en priorité les personnes polyhandicapées, vivant avec des troubles du neurodéveloppement, les enfants relevant de l'aide sociale à l'enfance (ASE), les personnes handicapées vieillissantes, les jeunes adultes vivant en établissement pour enfants et les personnes avec un handicap psychique. Pour l'Unapei, l'urgence est de se préoccuper des « cas les plus complexes », liés pas seulement aux handicaps les plus lourds mais également au défaut de soutien. C'est par exemple le cas des enfants confiés à l'ASE, dont 30 % seraient en situation de handicap sans qu'ils ne soient forcément identifiés, laissant ses professionnels, non formés à ce public, particulièrement démunis.

Les cas complexes sur la touche ?

L'association observe que son accompagnement s'oriente à l'avenir vers ces cas les plus complexes avec néanmoins des budgets inadaptés à des profils qui exigent des renforts en moyens humains. L'Adapei 69, par exemple, historiquement ciblée sur ce public, n'a plus l'étayage professionnel et technique suffisant pour prendre en charge certains résidents, par exemple des personnes autistes sévères lors d'épisodes de crise alors même que la psychiatrie, en crise elle aussi, répond aux abonnés absents. Face à l'urgence, « Cas complexes », c'est justement le thème du Congrès annuel de l'Unapei organisé du 12 au 14 juin à Tours, où seront présentées des solutions innovantes comme un dispositif pour enfants polyhandicapés en Bourgogne.

Pénurie de personnel

Reste un point critique… La pénurie de personnels sans précédent qui alimente depuis trois ans une crise profonde dans le « secteur des métiers de l'humain ». Dans le Loiret, une unité de l'Unapei dédiée a vu démissionner six de ses neuf salariés à cause de la trop grande pénibilité du travail et de salaires insuffisants. 50 000 solutions de plus quand 50 000 salariés manquent à l'appel ?

29 avril 2024

[Handicap] : Condamnation de l'Etat français par le Conseil de l'Europe

"Anniversaire des 1 an" de la condamnation de l'Etat français par le Conseil de l'Europe pour violation des droits des personnes en situation de handicap et de leurs familles : l'Europe nous regarde !

Paris, le 17 avril 2024 – Défaut d’accompagnements adaptés et pénuries de services, inaccessibilité des lieux et transports, refus de scolarisation, absence de soutiens suffisants pour les familles et injustices socio-économiques… À quelques mois des élections européennes et un an après la décision du Comité des droits sociaux du Conseil de l’Europe, force est de constater que les droits des personnes en situation de handicap et de leurs familles ne sont toujours pas respectés. Un attentisme des pouvoirs publics scandaleux au regard des conditions de vie dégradées des personnes en situation de handicap et de leurs familles. C’est pourquoi l’Unapei, APF France handicap, l’UNAFAM et la Fnath tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme : les associations appellent collectivement à ce que les requêtes formulées lors de la Conférence nationale du Handicap se traduisent en actions concrètes et en investissements budgétaires à la hauteur des besoins et des attentes.

Le 17 avril 2023, le Comité des droits sociaux du Conseil de l’Europe dénonçait la violation par l’État français de ses obligations vis-à-vis des personnes en situation de handicap et de leurs familles, suite à une réclamation collective déposée par l’Unapei, APF France handicap, l’Unafam et la FNATH, soutenues par Inclusion Europe, le Forum Européen des personnes handicapées, la Défenseure des Droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) et le Collectif Handicaps. Il pointait ainsi que dans tous les domaines de la vie, les personnes en situation de handicap sont entravées dans l’exercice de leurs droits. Où en est-on aujourd’hui ?

En matière d’accompagnement : pas de changement depuis un an

En matière d’accessibilité : pas de changement depuis un an

En matière de santé : pas de changement depuis un an

En matière d’éducation : pas de changement depuis un an

En matière de ressources et de compensations : pas de changement depuis un an

En matière de protection sociale : pas de changement depuis un an.

Pire, les situations s’aggravent.

« Les constats que nous partageons aujourd’hui se fondent sur le quotidien des personnes en situation de handicap et de leurs familles. Il y a un an, nous espérions que notre action auprès du Conseil de l’Europe alerte au plus haut de l’Etat. Pourtant, malgré l’urgence, nos alertes restent lettre morte ! Combien de temps les personnes en situation de handicap et leurs proches devront-ils pallier les manquements de l’État, accepter des conditions de vie dégradées et être exclus de la société ? » – demandent d’une même voix les Présidentes et Présidents des associations.

Pour consulter le communiqué de presse : Communiqué de presse Unapei_1 AN de la reclamation collective_le 17 avril 2024

23 février 2024

[Article] : Prescription hors autorisation de mise sur le marché en psychiatrie adulte

La prescription hors AMM est encadrée par l’article L.5121-12-1 du code de santé publique. Ce cadre s’applique donc évidemment à la psychiatrie adulte comme à toutes les autres spécialités. Nous considérerons ici l’usage des psychotropes et notamment des traitements « de fond » des troubles psychiatriques plutôt que les traitements symptomatiques comme les anxiolytiques, et notamment les benzodiazépines, pour lesquels la principale problématique est la durée de prescription, souvent bien trop longue par rapport aux recommandations de bonne pratique [1].

État des lieux

Il existe peu d’études évaluant le taux de prescription hors AMM en psychiatrie adulte. Une étude réalisée en 2013 au sein d’un centre hospitalier public [2] et reprenant l’ensemble des prescriptions durant 24 heures retrouvait un taux de prescription hors AMM de 43,5 % (22,3 % de prescriptions hors AMM pour l’indication, 13,1 % pour la posologie, 4,5 % pour la durée de traitement et 6,2 % pour le schéma thérapeutique – certaines prescriptions peuvent être hors AMM pour plusieurs critères). Une autre étude s’intéressant spécifiquement à une situation clinique particulière (l’état maniaque au sein d’un hôpital) retrouve une proportion similaire [3]. Mais évidemment, une journée de prescription dans un hôpital psychiatrique donné ne peut être considérée comme représentative de la diversité des situations cliniques (nature des troubles psychiatriques, niveau d’urgence, de gravité, ou de résistance aux traitements, comorbidités) ou des modalités de prises en charge (en ambulatoire ou en contexte hospitalier, en médecine générale ou par un psychiatre, de premier recours ou d’expertise face à une situation de grande résistance). Néanmoins, il est régulièrement suggéré que la psychiatrie serait l’une des spécialités – avec la pédiatrie et la pédopsychiatrie – où la prescription hors AMM serait la plus fréquente [4, 5]. Si, comme dans toutes les spécialités, une partie de ces pratiques peut sans doute s’expliquer par un manque de respect des recommandations, il existe de nombreuses situations où le recours à la prescription hors AMM est justifié par la littérature scientifique et médicale.

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Lire l'article en entier.




17 décembre 2023

La légalisation de l’usage récréatif du cannabis serait une grave erreur sanitaire

Académie nationale de médecine

"La toxicité du principal constituant psychotrope du cannabis, le tétrahydrocannabinol (THC), est parfaitement établie", poursuit l’institution, citant les éléments suivants : toxicité physique supérieure à celle du tabac (cancers, infarctus, troubles du rythme cardiaque, AVC, artérites…), toxicité psychique (troubles cognitifs et anxiodépressifs, syndrome amotivationnel, désinhibition, induction ou aggravation de la schizophrénie…), effets sur la grossesse et sur la descendance, modifications épigénétiques, inductions de violences familiales, professionnelles ou routières (avec 605 morts en 2021), effets délétères sur la maturation cérébrale, baisse du quotient intellectuel.

"La multiplication par 6 en 25 ans du taux de THC dans la résine de cannabis augmente également son pouvoir addictif", poursuit l’Académie nationale de médecine. "Ceci explique le nombre croissant et la gravité de ses effets indésirables et toxiques, tout particulièrement chez les plus vulnérables, les adolescents et les jeunes adultes", ajoutent les professionnels de santé.

Légalisation de l’usage du cannabis récréatif : ce qu'il se passe aux Etats-Unis

Aux États-Unis, où plus de 30 états ont légalisé l’usage du cannabis récréatif, les dernières données du National Institute of Drug of Abuse montrent que les consommations de cette drogue ont atteint en 2022 des sommets historiques chez les adultes en âge de procréer.
"Alors que la lutte visant à réduire les terribles méfaits sanitaires du tabac et de l’alcool n’est que de peu d’effets, ce serait une faute grave de légaliser une source d’addiction supplémentaire", conclut l’Académie nationale de médecine.

D’après le rapport 2022 de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT), la France compte 5 millions d’usagers du cannabis, ce qui en fait la substance illicite la plus consommée au sein de l’Hexagone. Parmi eux, environ 1,3 million sont des consommateurs réguliers et 850.000 sont même des utilisateurs quotidiens.
"En France, le cannabis se consomme sous 3 formes principales. L'herbe et la résine sont les plus courantes, alors que l'huile est beaucoup moins fréquemment observée", précise l’OFDT.