Nouvelles fixes

Nos actions en cours

- Organisation de la formation Profamille, psychoéducation pour les familles
=> information et inscription

- Soutien du groupe musical "Les Voix de l'Aube"
=> https://www.youtube.com/@AssociationTP-TP

- Organisation de la formation PSSM (Premiers secours en santé mentale)
=> 24 et 25 février à Sélestat (nous contacter)

Nouvelles

Nous avons besoin de vous (adhésion ou simple don)

https://www.helloasso.com/associations/troubles-psychiques-tous-partenaires

Affichage des articles dont le libellé est familles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est familles. Afficher tous les articles

25 avril 2026

Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés

Les personnes atteintes de schizophrénie ont des difficultés à reconnaître les émotions. Mais ces troubles pourraient aussi exister, plus discrètement, chez leurs proches. Une étude, portée par l’équipe PsyR2, explore les mécanismes cérébraux en jeu.

La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe qui affecte notamment la capacité à reconnaître les émotions, en particulier sur les visages. Ces difficultés ne sont pas anodines : elles sont liées à des problèmes relationnels, un repli social et une moindre autonomie.

Cependant, ces altérations ne concernent pas uniquement les patients. Des études montrent que leurs proches, pourtant en bonne santé, présentent eux aussi des difficultés, notamment face aux émotions négatives comme la peur ou la colère.

Portée par l’équipe PsyR2*, cette étude soulève une question clé : ces troubles pourraient-ils constituer un “endophénotype”, c’est-à-dire une signature intermédiaire entre les gènes et la maladie ?

Une approche plus proche de la vie réelle

Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont étudié trois groupes :
= des patients atteints de schizophrénie,
= leurs frères et/ou sœurs non malades,
= et des personnes sans trouble psychiatrique.

Tous ont réalisé une tâche sous IRM fonctionnelle (IRMf), consistant à reconnaître des émotions sur des visages intégrés dans un contexte émotionnel (et non présentés isolément). Cette approche se veut plus proche des situations réelles.

.../...

Ce texte est une reprise de l’article « Reconnaître les émotions : un indice caché de la schizophrénie ? » publié par le CH Le Vinatier le 14 avril 2026.

Lire l'article complet : 
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés - Santé Mentale

29 janvier 2026

Évaluer la place de l’accueil familial thérapeutique en psychiatrie : un enjeu de recherche et de santé publique

Mis en ligne le 07 janvier 2026

Alternative historique à l’hospitalisation prolongée, l’accueil familial thérapeutique en psychiatrie reste peu évalué en France. Le Vinatier et le Centre Hospitalier d’Ainay-le-Château s’engagent dans une recherche nationale pour mesurer ses bénéfices cliniques, sociaux et organisationnels.

L’accueil familial thérapeutique : un modèle ancien, encore méconnu

L’accueil familial thérapeutique a été l’une des premières alternatives à l’hospitalisation psychiatrique. Il s’est développé lors de la fermeture progressive des asiles.
Son principe est simple : des familles d’accueil thérapeutiques, formées et encadrées, hébergent une à trois personnes vivant avec des troubles psychiatriques sévères.
Ce modèle existe encore aujourd’hui dans plusieurs pays : Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Croatie, États-Unis. Il reste pourtant marginal en France.

Un dispositif toujours actif à Ainay-le-Château

En France, l’accueil familial thérapeutique est principalement porté par le Centre Hospitalier d’Ainay-le-Château.
Actuellement, 228 patients y sont accueillis au sein de 128 familles.

.../...

04 septembre 2025

[Livre] : Un frère

David Thomas ; éditions de l’Olivier ; parution le 22/08/25

« Pendant presque quarante ans, il aura été là sans plus vraiment être là. Lui, mais plus lui. Un autre.»

David Thomas raconte le combat de son frère contre cette tyrannie intérieure qu’est la schizophrénie. Sa dureté, sa noirceur, ses ravages. Depuis la mort brutale d’Édouard jusqu’aux années heureuses, il remonte à la source du lien qu’il a eu avec son aîné et grâce auquel il s’est construit. Lors de ce cheminement, il s’interroge : comment écrire cette histoire sans trahir, sans enjoliver ? Écrire pour rejoindre Édouard. Le retrouver.

23 avril 2025

[Documentaire] La schizophrénie : la thérapie multifamiliale

La thérapie multifamiliale s’adresse à des adolescents ou à des jeunes adultes qui viennent de traverser un premier épisode psychotique, ainsi qu’à leurs familles. Le principe : les regrouper, le temps de quelques jours, afin qu’elles puissent partager leur expérience. 
ARTE Journal s’est rendu en région parisienne, dans l’établissement de santé mentale de Ville-Evrard.

Schizophrénie : la thérapie multifamiliale - Regarder le documentaire complet | ARTE

19 juillet 2024

[Article] : Les familles comme partenaires des soins en santé mentale

Saïd Fattah et le Pr Vincenzo Di Nicola sont les coéditeurs d’un numéro spécial du journal de la WASP (World Assocation of Social Psychiatry) accompagnés du Dr Yann Hodé et du Dr Wydad Hikmat, illustrant la bonne santé du réseau francophone Profamille.

L’éditorial est enrichi d’un article co-écrit avec un pair-aidant stabilisé et actuellement salarié du CH de Rouffach, d’un article sur l’aidant familial et d’une présentation de recueil de poèmes.

15 juin 2023

[Clip vidéo] : Apprends moi la musique

L'Unafam Nord a réalisé le clip "Apprends-moi la musique" pour porter la voix des proches et familles de personnes vivant avec des troubles psychiques. Un témoignage collectif fort sous forme de mise en musique d’un groupe de parole. 

https://www.unafam.org/besoin-d-aide/mediatheque/videos/apprends-moi-la-musique

02 mai 2023

Santé mentale : membres de la famille victimes de stigmatisation par association

Ceux qui éprouvent de graves problèmes de santé mentale sont souvent stigmatisés par la société, mais une nouvelle étude a révélé que les membres de leur famille proche sont également les plus touchés par cette stigmatisation.

Un membre de la famille sur trois des personnes aux prises avec des maladies mentales peu comprises telles que la schizophrénie ou les troubles de la pensée a déclaré se sentir isolé et stigmatisé simplement pour cette relation étroite.

L’étude, qui a été publiée le mois dernier dans le Journal international de recherche environnementale et de santé publique à comité de lecture, voulait se concentrer sur ce que les chercheurs considèrent comme un groupe démographique négligé.

«Nous voulions atteindre un groupe de personnes qui, selon nous, ont été particulièrement marginalisées et l’une des choses que nous avons tout de suite remarquées, c’est qu’il s’agit d’un groupe de personnes qui n’ont vraiment pas été bien étudiées. Et cela montre vraiment à quel point ils sont isolés », a déclaré Joel Goldberg, professeur de santé au département de psychologie de l’Université York, dans un communiqué de presse. « Nous avons constaté que les membres de la famille ne recevaient pas le soutien social dont ils avaient besoin, même de la part d’autres membres de la famille. »

Lire l'article en entier....

https://news-24.fr/sante-mentale-membres-de-la-famille-victimes-de-stigmatisation-par-association/


07 août 2022

[Documentaire ] : Maladies mentales : SOS, familles en détresse

 Maladies mentales : SOS, familles en détresse

Documentaire

Realisateur: Bruno Timsit


Résumé du programme


En France plus de deux millions de personnes vivent avec un trouble psychique sévère : bipolarité, schizophrénie, trouble de la personnalité borderline… Des pathologies qui impactent l'entourage du patient. Soins infirmiers, surveillance médicale, ménage… Les proches doivent souvent assumer seuls toutes ces fonctions dans le huis clos familial.


Maladies mentales : SOS, familles en détresse en streaming - Replay France 5 | France tv


Diffusé le 01/08/22, disponible jusqu’au 08/08/22




24 juin 2022

En eaux troubles : "Quand la schizophrénie s’invite dans les fratries"

Quand la schizophrénie vient percuter une famille, elle bouleverse tout un écosystème.

Elle impacte les liens qui nous unissent, les rôles au sein de la famille, les trajectoires de vie.
Ce documentaire (podcast audio 58mn) propose une plongée intime et sensible dans les témoignages de personnes qui racontent comment le trouble de leur frère, de leur sœur, a impacté leur vie.






13 juin 2022

[Recherche] : Demande d’une interne en psychiatrie à l’AP-HP

Nous avons reçu cet appel à participation :

Serait-il possible, par le biais de votre association, de diffuser un appel à participation sur vos réseaux ou par mailing liste auprès de vos adhérents ? Cela pourrait les concerner, ou concerner un membre de leur entourage.


Je mène dans le cadre de ma thèse une étude sur le vécu et l'aide apportée par les jeunes frères et sœurs de personnes en situation de souffrance psychique. 

Je cherche à recueillir le témoignage de frères et sœurs, entre 12 et 25 ans, de personnes atteintes d'un trouble psychiatrique quel qu'il soit.

Il s'agit d'une étude à petite échelle, dirigée et encadrée par le Dr Pionnié-Dax et Mme Dorard, psychologue MCU. 


La participation à cette étude nécessite le remplissage d'un questionnaire ainsi que la réalisation d'un entretien semi-structuré d'une trentaine de minutes, en visio, par téléphone ou en présentiel.


Ce projet permettra de mieux définir les problématiques et besoins des fratries et ainsi de proposer des pistes d'amélioration pour la prise en charge des patients et de leurs familles. 


Je suis disponible par téléphone ou par retour de mail pour échanger davantage autour de ce projet. 


Pour avoir plus d'informations :



https://docs.google.com/presentation/d/1UIRUy9itW8YkpmMM5v9mLOhiTypw6z6g/edit?usp=sharing&ouid=117418412137986060722&rtpof=true&sd=true


Camille Chalhoub 

06 73 63 56 85

11 juin 2022

[Débat]: Vivre avec un proche atteint de troubles psychiques

Leur fils, leur fille, leur frère ou leur père… souffre de schizophrénie ou encore de bipolarité. Comment ont-ils vécu l’annonce de la maladie? Avec qui peuvent-ils en parler? Quels sont leurs soutiens ? Cinq lecteurs de Notre Temps sont venus courageusement partager leurs expériences.      

Principaux sujets abordés :


Comment avez-vous vécu l’irruption de la maladie psychique dans vos vies ?

Vous avez le sentiment de ne pas avoir été protégée ?

Le sujet est-il difficile à aborder avec l’entourage ?

Comment votre lien avec votre proche malade a-t-il évolué ?

Comment avez-vous vécu cette grand-parentalité ?

Et l’avenir, comment l’envisagez-vous ?


L'Unafam, une association à votre écoute

Reconnue d’utilité publique, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) accompagne l’entourage des personnes vivant avec des troubles psychiques. Écouter, soutenir, former, défendre les droits des personnes concernées et de leurs familles, ainsi que lutter contre les préjugés, sont les missions auxquelles s’attellent 2000 bénévoles dans toute la France.



Débat: Vivre avec un proche atteint de troubles psychiques (notretemps.com)

18 mai 2022

Identifier les aidants les plus vulnérables pour mieux les accompagner

Sur le site du CH Le Vinatier (Mis en ligne le 05 mai 2022)

Le Centre Lyonnais des Aidants en Psychiatrie (Dr. Romain Rey, Centre Hospitalier Le Vinatier) et l'Unafam (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) ont co-conçu une étude visant à identifier les prédicteurs de la dépression chez les aidants en psychiatrie. Louis-Ferdinand Lespine (PhD, psychologue chercheur) a analysé et valorisé les résultats en utilisant une méthode statistique innovante appelée "analyse en réseau".


Quel rôle ont les familles dans l'accompagnement des personnes avec un trouble psychique ?


Les familles sont le plus souvent en première ligne de l’aide en santé mentale. Le terme "d’aidants familiaux" est d’ailleurs entré dans le langage médical. L’accompagnement des personnes vivant avec des troubles psychiques sévères (tels que les troubles schizophréniques ou bipolaires) par un aidant est reconnu, dans la littérature scientifique mondiale, comme un élément déterminant vis-à-vis du pronostic au long cours de la maladie. Ces personnes sont donc des acteurs majeurs du rétablissement de leur proche.

En revanche, la relation d’aide au proche souffrant de trouble psychiatrique sévère constitue une expérience douloureuse, fréquemment désignée sous le terme de « fardeau ». En effet, à la différence des aidants professionnels, les limites du champ d’action des aidants familiaux ne sont pas déterminées et comprennent aussi bien :

  • la réalisation de tâches matérielles, de tâches liées à l’hygiène ;
  • la gestion des activités quotidiennes, au traitement ;
  • un soutien affectif envers des personnes vis-à-vis desquelles elles ne sont pas neutres affectivement.

De ce fait, les aidants familiaux sont souvent dans l’impossibilité de répondre à leurs propres besoins, avec des conséquences délétères sur leur santé physique et un risque élevé de dépression. Les aidants constituent ainsi une population vulnérable qu'il est important de soutenir et d'accompagner.


.../...


Lire la suite sur le site :




07 mai 2022

Schizophrénie : un groupe multifamille pour prévenir les rechutes

Le GH Paul-Guiraud a mis en place un groupe basé sur la psychoéducation et la systémie pour les patients souffrant de schizophrénie et leurs proches.


Depuis 2021, un groupe multifamille d’orientation psychoéducative et systémique est proposé au Centre médico-psychologique (CMP) de Boulogne-Billancourt (GH Paul-Guiraud), pour les patients atteints de schizophrénie et leurs familles. Cette nouvelle prise en charge a été élaborée par une équipe pluridisciplinaire (infirmière, psychologues, psychiatre), qui anime les séances, parfois avec la participation d’un membre de l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam).


La thérapie multifamille (TMF) vise à atténuer l’impact de la pathologie sur le patient et sa famille, à prévenir les rechutes, les ré-hospitalisations et la chronicisation des troubles. Il s’agit de :
– rompre le sentiment d’isolement et de stigmatisation des familles face à la maladie de leur proche ;
– diminuer le fardeau, l’anxiété et la détresse de la famille grâce au partage d’affects et au soutien ;
– informer sur la maladie et aider à mieux la gérer ;
– améliorer la communication entre le patient et sa famille,
– développer les compétences, les ressources et les capacités d’adaptation des familles.


En pratique, chaque groupe fermé accueille 5 à 7 patients avec leurs familles (parents, fratrie adulte) pour 8 séances thématiques de 2 h 30, environ 1 fois par mois. Chaque séance se déroule autour de deux activités qui répondent à des objectifs thérapeutiques définis en amont (développer/renforcer les stratégies de résolution des problèmes, améliorer le bien-être familial ou l’insertion sociale…).

Il s’agit de créer un cadre et un réseau social thérapeutique générateurs de changement et d’apprentissages, en s’appuyant sur le partage d’expériences et de points de vue. Le groupe est particulièrement indiqué lorsqu’il existe un déni des troubles, un haut niveau de stress ou d’épuisement des aidants, un impact élevé des troubles sur les interactions familiales. Présenté au Prix des équipes soignantes en psychiatrie 2021, organisé par la revue avec le soutien de Fondation de France, ce projet a retenu l’attention du Jury.


Schizophrénie : un groupe multifamille pour prévenir les rechutes - Santé Mentale (santementale.fr)

10 février 2022

[Vidéo] : Qu'est-ce qu'on va faire de Jacques ?

Disponible le 18 février sur Arte


À la mort de leur père, Louise, Fabien et Estelle se retrouvent démunis face à leur frère schizophrène qu’ils doivent désormais prendre à leur charge... Avec Maud Wyler et Vincent Deniard, un film juste et poignant sur les conséquences de la maladie psychique au sein d’une famille.


Souffrant de troubles schizophréniques, Jacques, la trentaine, a toujours vécu chez ses parents. Après le décès de sa mère, il a été protégé et choyé par son père, dévoué corps et âme à ce fils différent et fragile. Mais à sa mort, Fabien, Estelle et Louise, les frère et sœurs, doivent envisager l’avenir de Jacques, estimant qu’il ne peut rester livré à lui-même. Désemparé par le deuil et la perte de ses repères, celui-ci fait une tentative de suicide le jour de l’enterrement. À sa sortie de l’hôpital, il regagne la maison familiale, que ses frère et sœurs ont mise en vente, comme si de rien n’était. Il refuse d’aller dans une institution, laissant la fratrie démunie : que faire ? Louise, la benjamine, accepte de veiller sur lui et finit par l’héberger, avec l’accord de son compagnon. Fabien, en revanche, a peu de patience face aux réactions imprévisibles de ce frère envahissant et ingérable. Quant à Estelle, tout à la naissance prochaine de l’enfant qu’elle va avoir avec sa compagne, elle se tient à distance, déléguant à Louise et Fabien le poids des décisions à prendre…

 

Colosse aux affects perturbés, habité par un mal sournois, Jacques fume et boit plus que de raison pour faire taire les voix qui résonnent parfois dans sa tête. Il voudrait peut-être vivre seul, dans une petite maison au bord de la mer ou bien dans un appartement en ville. Mais en est-il capable ? Dévouée et sensible, Louise délaisse en pointillé sa propre vie pour tenir au mieux le rôle de l’aidante, toujours aux aguets, alarmée par les disparitions ou les coups de fil intempestifs… 


Après le remarqué "La fête est finie", son premier long métrage, Marie Garel-Weiss aborde frontalement les ravages de la maladie psychique pour ceux qu’elle affecte directement et pour leur entourage, parents usés comme frères et sœurs dont l’enfance et la jeunesse ont été bouleversées. Récompensé à La Rochelle pour son interprétation de Jacques, Vincent Deniard ("La nuée, Gaspard va au mariage"…) exprime avec pudeur les hauts et les bas d’une âme en souffrance, entre enthousiasmes soudains et détresse profonde. Emmené par une distribution talentueuse (Maud Wyler, Pascal Rénéric, Samir Guesmi…), un film poignant sur un sujet de société rarement abordé à l’écran avec tant de justesse.


Qu'est-ce qu'on va faire de Jacques ? - Regarder le film complet | ARTE

13 décembre 2021

Témoignage : ils racontent comment ils ont grandi avec un frère handicapé

"S'adapter", le magnifique livre de Clara Dupont-Monod, qui a reçu le prix Femina et le Goncourt des lycéens, raconte l'arrivée d'un enfant handicapé dans une fratrie. En écho, trois trentenaires témoignent de la façon dont ils se sont construits avec un frère souffrant d'autisme, de polyhandicap ou de schizophrénie.

Témoignage : ils racontent comment ils ont grandi avec un frère handicapé (femina.fr)




04 mars 2021

Covid-19 : entre confinements et restrictions, l’épreuve sans fin des familles de handicapés

Récit par Vanessa Schneider

[Extrait]
Fermeture momentanée des centres spécialisés, difficultés d’accès aux soins et aux activités… Confrontés aux multiples épisodes de la crise sanitaire, les proches de personnes handicapées ont le sentiment de vivre un long cauchemar depuis un an.

Servane a perdu beaucoup de forces depuis un an, mais elle a gardé son sens de l’humour. Cette Grenobloise de 45 ans raconte sa famille à mots choisis, sobres et précis. Elle est professeure des écoles, son mari chef d’entreprise, leur premier enfant, une fille de 17 ans, va bien. Le second, Antoine, 15 ans, a souffert d’un grave problème d’oxygénation à la naissance, qui a provoqué une paralysie cérébrale très sévère : il ne parle pas et ne peut se mouvoir seul. Depuis l’âge de 4 ans, il est pris en charge en établissement spécialisé. Son frère Arthur, le troisième enfant du couple, est né en mai 2010 avec une surdité profonde. C’est à ce moment-là que Servane éclate de rire : « Le handicap, ici, on en connaît un rayon ! »

Il y a sept ans, cette femme énergique a dû arrêter de travailler, engloutie par la paperasse administrative, noyée dans l’océan des sigles et des acronymes, happée par les rendez-vous avec les professionnels de santé, les multiples prises en charge éducatives et médicales dont ses enfants ont besoin. Elle s’est par ailleurs dévouée corps et âme à une association, Loisirs pluriel, où valides et handicapés se regroupent pour des activités.

Jusqu’à l’arrivée du Covid-19, Antoine était hébergé dans un centre de jour, où il dormait tout de même deux soirs par semaine. « Cela nous permettait de souffler et de nous occuper de nos autres enfants », précise Servane. Le premier confinement, en mars 2020, a bouleversé cet équilibre. Du jour au lendemain, le centre a fermé ses portes, l’auxiliaire de vie chargée de promener Antoine, de lui donner le bain et de préparer sa soupe, a cessé de travailler.

Pendant que son mari continue de se rendre à son entreprise, Servane se retrouve à la maison avec les trois enfants. « En mode robot, en pilotage automatique », comme elle dit, contrainte d’enchaîner les gestes en se répétant : « Il faut que tout le monde aille bien. »

Pas facile avec Antoine : il nécessite une attention de chaque instant et a besoin d’être stimulé, sous peine de régresser. Les autres enfants ont été un peu livrés à eux-mêmes, passant beaucoup de temps sur leurs écrans. « Tous les soirs je me disais : “Je ne vais pas tenir, je vais m’écrouler demain.” Il y a eu beaucoup de larmes, beaucoup de craquages, mais on s’est soutenus entre parents d’enfants handicapés, et j’ai tenu. »

A force de porter son fils, Servane est sortie de cette première épreuve avec une tendinite, des douleurs dans tout le corps, une fatigue physique et psychique extrême. De la colère aussi : « La pandémie a mis en exergue l’approche globale du handicap en France, où il est considéré comme le problème des parents. Il est fou qu’en 2021 on n’aménage pas nos vies d’aidants. Nos familles sont invisibles, car nous ne grognons pas, nous ne manifestons pas, nous sommes trop épuisés pour ça. »

Lire la suite sur lemonde.fr (réservé aux abonnés)